Face au nid du dragon

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MessageSujet: Face au nid du dragon Mar 18 Sep - 19:06

Je suis un volcan qui se noie de l'intérieur, je m’étouffe avec la vapeur qui ne peux s'échapper
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Une étendue immense, profonde, béante cicatrice marquant nos terres. Quelqu'un m'avait vaguement avertie qu'il y avait une...comment cet untel avait-il dit ? Une grosse crevasse ?

Tout ça parce que j'avais voulu me balader. Je n'étais point comme certaines autres filles du village, aventureuse, courageuse, curieuse, non, pas du tout, pas moi. Ce nouveau monde hostile m'effrayait encore, bien que sensible à la beauté des diverses fleurs, aux parfums, aux goûts et aux sensations nouvelles et aux spectacles inédits que nous offrait de temps à autre la faune locale, j'étais effrayée par l'inconnu, par le danger, par la douleur, par l'effort. Sans être superficielles, je suis une fille de ville, le confort fit toujours partie de ma vie, un confort dégoutant, certes, car le ciel sait bien combien j'ai haïs le douillet lit conjugal, comme j'ai voulu m'enfuir de la cage dorée et ornée et de diamant dans laquelle je fus enfermée, mais de là à dormir à même le sol, à manger crue, sans bain, sans douche, toilette, bref, sans eau courante. Sans rien. C'était beaucoup me demander alors que je n'avais jamais voulu, ni même imaginer me retrouver dans une pareille situation.

Mes premiers jours dans ce nouveau monde furent terribles. La nuit je n'arrivais pas à dormir avant les petites heures du réveil, le jour j'étais rompue de courbatures provoquées par les courtes nuits. La pluie, le vent, le chaud, le froid étaient rapidement venus démanger ma peau et emmêler mes pourtant courts cheveux (je n'ose même pas imaginer le malheur de ces filles aux longues tignasses avec lesquelles je cohabitais). Je tentais d'aider tant bien que mal en cuisinant des choses un minimum appétissantes, en nettoyant des vêtements, en aidant aux pèches, bien que je m'étais dévoilée très peu douée en la matière.

J'aimais bien la cueillette, mais nous devions faire attention, car nous ne savions quels fruits pouvaient être nocifs, à long ou à court terme. C'est ce que je faisais, ce matin, avant de mettre le pied au bord du gouffre monstrueux. Un panier confectionné par le docteur à la chevelure argentée, tapissée d'un cuir souple et doux sous le bras, j'étais partie avec une autre fille ramasser de mystérieuses baies azurées, aigres, mais délicieuses qui populent les bois depuis quelques jours déjà. Mangeant au passage quelques rares framboises dorées, trop rarissimes dans cette partie de la forêt pour que nous puissions les avoirs ramenés au village de sorte qu'elles soient substantielles. Mais avec l'autre fille, nous avions trouvé un petit arbre rouge porteur des fantastiques fruits ronds et durs, violets et sucrés dont la coque servait à tant de choses. Nous en avions trouvé quelques spécimens près du village, nous les avions dépossédés de leurs fruits tout l'été durant, mais maintenant que l'automne approchait, les fruits ne poussaient plus ou presque. Cet arbre-là n'avait jamais été touché et de nombreux fruits pendaient encore aux branches, beaucoup d'autres étaient au sol, brisés, juteux, la doucereuse chaire en décomposition exposée à nos yeux et nos narines. Nous avions cueilli, nous avions ramassé ce qui, comestible ou non, était viable et elle était rentrée au village porter notre trésor délicieux, me laissant avec les baies blues, le panier presque rempli que je voulais à tout prix vraiment garnir avant de rentrer.

Suivant les arbustes garnis de bleu, remplissant mon panier qui s'appesantissait de baie en baie, je me fiais à mes maigres connaissances en orientation que les expertes du village s'étouffaient à inculquer aux moins bons (Moi, donc) pour plus tard retrouver mon chemin.

Enfin, revenons-en au vide, au profond nid draconien...si, si, un dragon : argenté et fluide, il est tout au fond, avec des écailles pailletées d'étincelles solaires, il n'a ni tête, ni queue, il est infinie et il se prolonge vers l'horizon doré. Il s'étend devant mes pieds, il était sous mes pieds car avant d'être un canyon il avait bien eu l'air d'une crevasse et j'avais mis les pieds dans celles-ci avant de me trouver face au néant. La peur m'avait saisie, l'étourdissement me prise au ventre. J'en avais presque échappé mon panier, presque. J'avais fait demi-tour, faisant attention à chacun de mes pas que je venais pourtant de faire nonchalamment en sens inverse, juste quelques minutes plus tôt.

Mon coeur battait fort, trop fort. Je dus aller m'appuyer sur un arbre pour reprendre mon souffle court. Pour reprendre mon calme tombé en bas, directement dans le nid du dragon.

Souffrais-je donc de vertige?


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MessageSujet: Re: Face au nid du dragon Dim 18 Nov - 10:35

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Damon Faith - R.I.P.


Depuis combien de temps était-il arrivé dans ce que les gens appelaient le nouveau monde ? Ici, la notion de temps était difficile à appréhender. Le soleil était leur seul point de repère et Damon n’avait jamais eu l’habitude de se fier à cet astre dominant. D’ailleurs, il ne se fiait simplement à personne. Dans son travail, c’était un peu la condition sine qua non si l’on souhaitait survivre plus de quelques années...

Mais ici, ce devait être différent. Il n’y avait pas de conflit à grande échelle, de ce qu’ils savaient en tout cas. Seul ce village existait et pour survivre, l’entraide était le moyen principal. Mais même en le sachant, l’espion qu’il avait toujours été ne parvenait pas à s’y faire. A son arrivée, il avait tout de même accepté de s’installer dans le village, au milieu de ces inconnus. Ca ne l’enchantait pas vraiment, mais cela lui semblait plus sûr pour le moment. En tout cas, c’était ce qui était préférable en attendant de connaître un peu mieux ce nouvel univers.

Ses journées se déroulaient dans une ordinaire banalité, c’était quelque chose de complètement nouveau pour lui. Autrefois, à une période pas si lointaine, il échafaudait chaque jour de nouvelles théories, de nouvelles tactiques pour parvenir à son objectif. Ici, tout était différent. Damon avait l’impression de vivre au jour le jour. Le plus important était de pouvoir subvenir à ses besoins, à leurs besoins même, avant d’oser penser à se créer des réserves.

Ce jour-là, comme tous les précédents, il s’était occupé des tâches dont il avait la responsabilité, même si le terme semblait un peu fort. Mais l’ennui finissant par le rattraper, l’homme s’éclipsa pour visiter un peu ces territoires hostiles. En tout cas, c’était ainsi qu’il les voyait. Pourtant, loin d’être téméraire, Damon commença par emprunter un sentier que, chaque jour, les cueilleurs parcouraient. Il avança ainsi, sans but précis, hormis celui d’échapper à une certaine routine pendant quelques heures au moins.

Tout ce qu’il voyait lui semblait tout droit sorti d’un livre, d’une description quelconque d’un auteur de fantaisie. La Nature elle-même constituait une parfaite énigme... En tant qu’espion, il avait plus souvent connue des intrigues urbaines que rurales. Dans l’ancien monde, de tels paysages lui auraient aussi paru complètement irréels. Mais l’inconnu y était absent, ce danger latent mais omniprésent ici. Chaque plante, chaque insecte pouvait se révéler être un poison mortel qui les emporterait rapidement dans leur dernier monde. C’était comme jouer à la roulette russe. Chaque percée au cœur de ces étendues sauvages était une nouvelle pression sur la gâchette mais personne ne connaissait le nombre de balles que contenait ce barillet... Peut-être qu’aujourd’hui serait le dernier.

L’astre entamait sa lente descente à l’horizon quand il arriva devant le vide. Une crevasse profonde dans laquelle serpentait une rivière qui, à cette hauteur, avait l’allure d’un faible ruisseau. Les parois abruptes descendaient vers ce filet brillant, ne laissant que quelques prises éparses pour un aventurier téméraire voulant l’atteindre. Ce n’était pas un trait de caractère auquel pouvait prétendre Damon, et rejoindre cette eau tumultueuse ne faisait pas partit de ses objectifs. Maintenant que la luminosité diminuait, tout ce qui l’intéressait, c’était de rejoindre le camp. La nuit, ce nouveau monde parvenait presque à l’effrayer... Pendant des années, il avait lutté dans des situations impossibles, sans que cet influx d’angoisse ne le dérange, mais il avait alors la sécurité de la technologie, la confiance, sa connaissance. Ici, les cartes étaient redistribuées et l’inconnu que cela représentait le faisait douter. Il allait faire demi-tour quand il distingua une silhouette un peu plus loin.

Cette vision fut comme une sirène d’alarme. La tension se propagea dans tout son corps, pourtant, sa capacité de réflexion ne fut pas touchée, des années d’expériences qui lui permettaient de conserver toute sa lucidité. Silence et analyse. Les bases de la réussite. Si c’était un animal, il ne valait mieux pas se faire remarquer. En théorie en tout cas, mais dans ce monde, trouver de nouveaux savoir pouvaient aider à la survie. Damon s’avança donc, à pas de loup, en direction de l’ombre. L’avait-elle remarqué ? L’ancien espion ne pouvait le savoir à cette distance. Il vit la silhouette tituber en direction de la forêt et cette manière familière de se déplacer le rassura. Il s’avança jusqu’à distinguer une chevelure orangée lui rappelant vaguement celle de quelqu’un du campement. Hésitant encore un peu, il resta à cette distance rassurante avant de placer à voix basse, un murmure à peine audible qui sembla chuter directement dans les profondeurs du canyon...

« Are you ok ? »

Rien de plus. Et en anglais, c’était la langue la plus couramment utilisée dans l’ancien monde, et cela avait laissé des traces jusqu’ici. Difficile d’utiliser un langage comme le russe quand celui-ci était minoritaire. Et la priorité n’était pas encore à l’apprentissage d’une nouvelle langue. Pas encore en tout ca...
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MessageSujet: Re: Face au nid du dragon Sam 5 Jan - 20:35

Je suis un volcan qui se noie de l'intérieur, je m’étouffe avec la vapeur qui ne peux s'échapper
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Je retrouvais lentement mon haleine perdue : elle revint tranquillement d’elle-même, saccadée et difficile, certes, mais bel et bien. L’air qui entrait trop rapidement dans ma bouche se bloquait parfois dans mon nez, m’obligeant à inspirer plus fort, ou même à tousser. Mon cœur, lui, battait trop fort, le réflexe futile de glisser une main à l’intérieur du col de mon t-shit, main sur la base de ma gorge, ne m’offrit que peu de réconfort si ce n’est celui de m’assurer que mon cœur ralentissait, seulement pas suffisamment rapidement.

L’autre main tenait encore fermement l’anse de mon panier d’osier. Les fruits étaient saufs, au moins, ça aurait été une grande perte, surtout en cette période préhivernale où la nourriture, surtout les fruits et légumes, se faisait de plus en plus rare. Ça n’ira pas en s’améliorant, malheureusement. L’hiver m’effraie terriblement, déjà que je répugne les conditions de vie qui sont les nôtres maintenant, je n’ose point imaginer ce qu’elles seront lorsque nos terres serrons couvertes de neige, que nous n’aurons sous la main aucun moyen de nous réchauffer autre que le feu et les peaux, que l’on n’aurait rien à manger sauf de la viande et quelques produits que nous aurions séchés, qu’il sera difficile de cuisiner les pauvres choses qui resterons et que nous n’aurons même plus accès à l’eau vive pour nous laver…J’en viens parfois à penser que nous ne survivrons pas cet hiver, enfin…Les autres peut-être, mais pas moi. Certainement pas moi.

Un bruit au loin résonna dans mes oreilles, le rythme de mon cœur, déjà affolé, augmenta encore. Je guettais désormais pour une bête, espérant de toutes mes forces voir un chapin sortir d’un fourré.

    « Are you ok ? »

Mon cœur manqua un bon, pas au sens figuré, je le jure, je l’ai senti sous mes doigts, sur ma poitrine, dans mon col. La voix, un murmure à peine audible, résonna dans mes oreilles. Je ne sais pas si j’en étais rassurée ou non, il y avait quelqu’un, il n’y avait sans doute pas de bête, mais où était-il ? Je regardais autour de moi avec un affolement non dissimulé. La voix ne me disait rien, c’était sans doute quelqu’un que je ne connais pas, ou du moins à qui je n’avais pas beaucoup parlé, il me frappa pourtant que les quelques mots anglais fussent logés d’un accent celte semblable au mien.

    « Yah, m’totally fine, obviously…Where are yah? »

Ma voix, bien que tremblante s’enleva forte, pas assez pour qu’on m’entende des milles à la ronde, mais plus que lui dont les mots n’avaient été à peine plus qu’un murmure que je n’aurais sans doute pas entendu si je n’avais pas été alerte a un danger contre lequel je n’aurais pu me défendre.

S’il me demandait comment j’allais, il ne devait pas être bien méchant, si ?

Pardon pour le long retard ! Mon temps des fêtes a été pas mal chargé.



Dernière édition par Lola O'Ceann le Sam 9 Mar - 14:08, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Face au nid du dragon Lun 11 Fév - 2:32

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Damon Faith - R.I.P.


Un éclair traversa son regard. De l’amusement ? Ce n’était pas les trémolos de sa voix, plutôt inquiétants si proche du vide, mais cette ironie qui berçait ses propos. Il aimait tellement ce trait de caractère et en avait fait grand usage dans son ancienne vie. Cela lui rappelait les vestiges de ce qu’il avait été et à cette pensée, un pincement au cœur remplaça sa frivolité. Il ne pouvait continuer à vivre dans le passé. Personne n’y trouverait un intérêt. Lui encore moins sachant que ses « partenaires » dans cette aventure avaient, en général, une dent contre le gouvernement qui l’avait engendré... Avancer, toujours avancer se répétait-il.

Et Damon le fit une nouvelle fois, quittant la protection des arbres pour s’approcher de la rousse. En agissant de la sorte, il se voulait rassurant même si tous ses sens étaient en éveil. Courageux, mais pas téméraire, et c’était en effet le cas. On ne survivait pas longtemps dans son métier sans suivre cette expression. L’homme cilla. Il recommencer à s’apitoyer, remuant ce qui était terminé... Secouant la tête pour chasser cette pensée, son corps fut parcouru d’un frisson. Le froid ou... Non, ce ne pouvait être que le froid. Mais peut-être était-il préférable de ne pas trop traîner ici. Le temps de la mettre en confiance et ensuite, direction le campement.

« Here, don’t worry. But what were you doing here, alone ? »

Sa voix était plus forte, un peu plus assure, mais conservait une certaine douceur. Pourtant, cela sonnait peut être comme un reproche... Après tout, il avait plus l’habitude de manipuler les gens, se moquant de ce qu’ils pouvaient ressentir, plutôt que de les ménager. Ce qui ne servait à rien dans ce nouveau monde où seule l’entraide devait exister d’après ce qu’il avait compris. Les jeux de pouvoir, les trahisons... Tout ce qui avait détruit l’ancien système devait disparaître... Aussi, ses maigres talents ne lui étaient désormais d’aucune utilité. Et, à cet instant, il se sentait comme un de ces adolescents cherchant à approcher la fille de ses rêves... La seule différence ici était la motivation. Damon souhaitait simplement rentrer et les mettre tous d’eux à l’abri. N’était-ce pas là le concept de cette aventure ?

« I mean, it’s nearly night. And there are animals and also the weather now... It’s going colder these days... »

Pour des paroles rassurantes, il y avait sans doute mieux à trouver, et même lui s’en rendait compte. Il se passa la main sur le menton en réfléchissant, frottant cette barbe naissante qui était bien plus difficile à faire disparaître qu’auparavant. Elle lui donnait l’impression de vieillir quand l’eau lui renvoyait son reflet, d’autant plus avec cette chevelure blanche qui le caractérisait. Etait-ce un bien ou un mal ? Dans cette situation, cela pouvait se révéler positif, même si il avait sans doute passé son état de forme optimale depuis quelques années maintenant. Mais il n’était pas encore à enterrer.

« F**k it. I’m worth nothing for this kind of speech. » Bref passage d’agacement avant de prendre une bonne respiration pour diminuer sa tension. Il se frotta vigoureusement le visage avant de continuer plus calmement. « Sorry... Should we walk to the village now or you want a bit more rest ? »

Ce n’était pas encore gagné mais il y avait du mieux... On n’apprenait pas à être cordial en un clin d’œil. Il fallait du temps, et fort heureusement, maintenant, il en avait plus que de besoin ou presque.

Pas de soucis... Je suis pas très rapide non plus.
Dis moi si la couleur n'est pas lisible pour toi, je la changerais. ^^
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MessageSujet: Re: Face au nid du dragon Dim 9 Juin - 15:31

Je suis un volcan qui se noie de l'intérieur, je m’étouffe avec la vapeur qui ne peux s'échapper
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La figure pâle émergea graduellement des ombres du boisé,  il était blanc comme un fantôme et provoqua en moi à peu près autant d’inquiétude qu’une véritable apparition l’aurait fait.  Je le connaissais de couleur, car il était difficile à manquer avec sa pilosité branche, malgré qu’il ne fût pas le seul à être paré de cette couleur inhabituelle.  Contrairement à beaucoup de gens, avoir un ancien militant de l’état ne me dérangeait pas particulièrement. Ayant été élevée sur les genoux des soldats transformés en de sympathiques chalands qui foulaient jadis le sol de la taverne de mes parents. Tueur de sang-froid, soldat de l’état, aucun de ceux fréquentant notre maison ne restait bien longtemps terrifiante avec un repas chaud dans le ventre et quelques verres de notre meilleur vin dans le sang, les habitués devenaient presque des amis, surtout avec moi, la petite serveuse, surtout alors que je n’étais vraiment qu’une enfant et qu’il était façile pour eux de grassement me soudoyer en friandise pour une coupe de vin de plus, peut-être, mais aussi pour le plaisir d’avoir l’impression de faire le bien, pour avoir l’impression de se racheter à tous les enfants du monde qu’ils auront privés de parents, d’amis, de n’importe quoi alors que sur mon vissage se déchirait des sourires innocents et heureux à la vue d’une sucette multicolore. Ce n’était donc pas la rumeur de ce qu’il exerçait autrefois comme activité. C’était autre chose, bien qu’en vérité je n’aurais su dire quoi.   Son ton doucereux, masquant maladroitement un certain empressement, sonnait un peu faux et bien que je savais, ou du moins je m’obstinais à croire, que tout le monde ici était bien intentionné, je suis restée figée, daignant à peine cligner des paupières, les lèvres pincées.    

Étrangement, c’est son moment de frustration qui réussit à finalement me mettre en confiance.   La tension nerveuse qui m’habitait s’envola en même temps que son agacement, peut-être parce que cela me convainquit naïvement que si il était aussi nerveux et maladroit, il devait être gentil.   Enfin, j’osai respirer et m’y donna à cœur joie, par grande goulée d’air.



    « I guess I’m okay. But …yah seem really eager to go back…Have yah seen something that I haven't? “


Dis-je, d’abord calmement, puis soudain plus nerveuse. Parce que tous les jours nous venions dans ces forêts pour ramasser des fruits, des feuilles, du bois. Il y a toujours un danger, certes, mais ce n’est pas un péril inhabituel, même pour une peureuse comme moi.    J’avais peur de tout, en général. Le moindre petit bruit me faisait sursauter et seule ma motivation à ne pas être complètement inutile me faisait m’aventurer seule dans les bois. Les premières fois ça avait été le pire, maintenant j’étais presque en confiance avec le boisé… Mais pas trop quand même, surtout pas quand quelqu’un d’autre semble inconfortable, ça, ça me rend paranoïaque.    

Je suis vraiment désolée du retard, je n’ai pas beaucoup eut de temps, ni d’accès à internet depuis un moment. J’espère que ma réponse te convient quand même.
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MessageSujet: Re: Face au nid du dragon Sam 31 Aoû - 6:52

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Damon Faith - R.I.P.


Avait-il dit quelque chose qu’il ne fallait pas ? Se connaissant, cela était tout à fait possible, mais le trentenaire ne voyait pas quoi. D’un autre côté, ce n’était que ses débuts dans les conversations réelles alors certaines subtilités devaient lui échapper. Peut-être était-ce une question de ton... En tout cas, il crut d’abord être parvenu à la stresser davantage plutôt que de la détendre. C’était tout lui, la maladresse d’un homme habitué à la solitude et à la suspicion. Heureusement, avec le temps, il parvenait à oublier ses réflexes d’antan, même si cela n’était pas instantané. D’ailleurs, comme pour suivre ses pensées, la jeune fille sembla se détendre quelque peu. Un soulagement pour Damon qui n’aurait pas su comment la mettre en confiance. Surtout si elle avait entendu parler de son passé... Il représentait un peu le loup dans une bergerie pour certaine personne.

« No, nothing like that. But I don’t really like to walk in the forest when the sun is down. »

L’homme haussa alors les épaules comme s’il n’en savait pas plus lui-même sur cette restriction qu’il s’imposait. Ce n’était pas tout à fait vrai, mais était-ce une bonne idée de dire à une personne plutôt peureuse que l’on redoutait la présence de prédateurs encore non identifiés ? Malgré ses maigres connaissances en relations humaines, il était certain que non. Damon s’approcha ensuite, silhouette à la fois inquiétante et rassurante dans la nuit... Mais sa peau aussi pâle que ses cheveux étaient blancs ressemblait à un phare dans cette obscurité à peine percée par la lune. Peut-être que cela faisait aussi de lui une cible plus voyante, mais encore une fois, mieux valait en rester aux côtés positifs dans cette situation. Et puis, il avait un certain entraînement, il pourrait toujours essayer de la protéger si elle souhaitait rester là un peu plus longtemps...

« But don’t worry, if you wanna stay here a bit longer, I’ll wait with you. »

Damon observa alors la jeune femme, guettant une réaction, un indice, mais la pénombre rendait la tâche difficile. Ou peut-être perdait-il ses anciennes capacités ? C’était tout à fait possible après tout, comme beaucoup de choses, il fallait de l’entraînement pour pouvoir se maintenir à un niveau d’excellence. Mais ici, il n’en avait plus besoin. Quels ennemis avaient-ils ? Des animaux, des plantes... Personne à infiltrer, pas de nations qui pourraient leur déclarer la guerre... Ils n’étaient qu’un petit groupe d’autochtones cherchant à survivre, rien de plus.

« Oh... Maybe you had kind of a mission to come here ? Do you want some help to end it faster ? »

Il parlait trop. Lui-même s’en rendait compte, mais pendant les silences, le trentenaire ignorait totalement comment réagir aussi essayait-il de combler aussi simplement que possible. Au fond, Damon espérait simplement qu’elle déciderait bientôt de prendre le chemin du retour. Ne seraient-ils pas plus en sécurité là-bas ?

Comme pour répondre à son questionnement, un bruit fusa des profondeurs de la forêt. Celui-ci poussa la rousse à porter son regard vers la direction du village, et ils s'y dirigèrent prestement, attentifs aux dangers invisibles.
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