La forêt de la falaise - D'une nuit noire

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MessageSujet: La forêt de la falaise - D'une nuit noire Lun 12 Nov - 10:42

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R.I.P. - Teva Riddell

Ce ne fut qu'après, ce qui me sembla un éternité, que je m'arrêta net. J'étais exténuée et je m'écroula contre un gros arbre à la lisière de la forêt. Dans ma poitrine, mon coeur se déchaînait. Il battait tant qu'il rythmait, ponctuait, ma vision. Après ces longue minutes, voire des heures, de sprint continu toute ma force me quitta au moment même où j'atteignis un gros arbre gris. À bout de force, je contournai l'arbre, en rampant, et m'y laissa choir. J'avais baissé mes gardes, je n'avais plus la force de m'affoler. Faible. déshydratée. Une chorale de battement de coeurs. Je croyais y laisser ma peau. L'univers, autour de moi, tourbillonnait incessamment. Qui avait eu l'idée folle d'envoyer une jeune femme, n'ayant jamais vu le monde de ses propres yeux, dans un endroit qui lui était inconnu? J'y laisserais ma peau dans les premières heures, j'en étais persuadée. Et puis plus rien, le néant.

Si auparavant il faisait un noir d'encre, à présent plus rien ne semblait exister. Il y avait le bruissement des feuilles, des pépiements aigus ou mélodieux, mais plus d'images. J'étais, après cet effort prolongé, devenue momentanément aveugle. Il y avait plus de deux ans déjà que, un soir d'automne, je m'étais enfuie de la maison de mon père pour découvrir ce qu'il y avait de l'autre côté des montagnes. Cependant, je n'avais aucunement le droit de m'aventurer plus loin que les limites de notre terrain puisque ma santé pouvait être défaillante n'importe quand. Pendant cette escapade, j'eus à courir et, sans étonnement ici, j'avais fait un black-out. Un voisin m'avait trouvée et ramenée à la maison. Mon père, qui n'avait pas été au courant de ma sortie avant mon retour, fut en rogne contre moi. Soudainement, j'y repensais et je pris conscience d'à quel point, la mort de mon père m'avait été, en quelque sorte, favorable. Favorable, oui, car je pouvais circuler librement dans la nature sans me soucier de l'accord parental. Favorable puisque j'allais vivre une nouvelle vie dans un Nouveau Monde.

Je ne sais pas combien de temps je restai dans les vapes, mais lorsque je me réveillai, l'aube allait bientôt poindre. Ce fut le gazouillis des oiseaux et un craquement, non loin de moi, qui me tira de ma torpeur ce matin-là. J'ouvris péniblement les yeux, j'avais la vue trouble. je ne voyais que des formes. Je ne savais plus où j'étais et il me fallut un certain temps pour me souvenir de la veille : les préparatifs, le laboratoire, les adieux d'Alan, la nature à perte de vue, puis la bête.
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MessageSujet: Re: La forêt de la falaise - D'une nuit noire Mer 5 Déc - 17:42

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Gavin Matthew - R.I.P.


J’ai de quoi être fière de moi : je ne me suis pas perdu ! Pas que j’ai un mauvais sens de l’orientation, seulement je suis une horrible tête en l’air, un voyageur sur nuage, un étourdi lunaire des deux faces…Bref, j’ai tendance à me perdre parce que ma tête s’engage sur de grandes quêtes imaginaires et fantastiques et que mes pieds ont la fâcheuse tendance de la suivre alors que le reste de mon corps est mandé ailleurs. Aujourd’hui je n’ai pas eu ce fâcheux problème, ou bien si, seulement la fortune m’a fortuitement portée au bon endroit… je ne sais plus trop. Comment me suis-je rendu ici, déjà ?

Quoi qu’il en soit ! L’important est bien que je me sois rendu à destination, non? …Non ? Bon, eh bien…Passons. Je suis donc ici pour …Pourquoi, déjà ?

Je regarde autour de moi, penseur. L’automne a déjà pris racine ; les arbres ont lentement commencés à enlèver leurs épais mentaux, ceux qui n’étaient pas déjà totalement nus se cachaient encore sous de minces couches de couleurs affriolantes, celles-ci tombaient déjà dans une longue valse sensuelle que je me plus à comparer à un strip-tease. Vous savez comment se dit strip-tease en français ?Effeuillage.

Les odeurs de l’automne flottent partout ; les effluves de musc et d’humus affluent sous chaque pas, L’humidité colle aux vêtements...Ici l’automne n’est pas la saison des pluies comme elle le fut pour beaucoup d’entre nous. Les pluies torrentielles avaient été choses communes pendant l’été, surtout vers la fin. Depuis le début – approximatif- de l’automne, il n’avait plu qu’à quelques reprises, mais l’humidité était terriblement pesante! Tellement qu’on sentait l’air sur la peau comme si nous nagions dans une source tiède.

Certaines espèces des champignons – que nous savions depuis peu comestible- poussaient à une vitesse incroyable depuis quelque temps. Était-ce pour cela que j’étais venu ? Je ne crois pas…Il me semble même, d’ailleurs, que deux filles du village étaient déjà sur cette tâche. Moi je ne quitte que rarement le village au cas où quelqu’un aurait besoin de me trouver d’urgence pour mes services de médecin. Les seuls moments où je me permets de partir sont ceux où je dois faire des choses que seul moi sais faire.

Ramasser des plantes pour les étudier ?

Mon observation de mes alentours continue. Le vois là-bas une petite plante rampante que nous savons toxique, même en toute petite dose. Par là j’en vois une autre qui n’a montré aucun effet immédiat et je l’étudie encore ; j’en ai déjà plusieurs pousses au village. Mes yeux se plissent sous l’effort de la réflexion. Je…Je….

Enfin, mes yeux se posent sur un petit arbre-ronce nu, il n’y a plus de fruits ni rien,plus que des branches flexibles et des épines. Un sourire éclaire mon vissage. De bois pour les vanneries, bien sûr ! Note à moi-même : à l’avenir, toujours trainez sur moi quelque chose pour me rappeler ce que je cherche.

Couteau à la main, j’entame la tâche ardue qui est de défaire les nœuds épineux de ronces pour récolter de longues tiges plus ou moins droites. Plus tard quand je rentrerai au village, j’entreprendrai d’en enlever les épines.

Ça m’auras pris du temps et c’est moche mais bon. Vive la fin de session.


. . . . . . . . . . . . . Meh.
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MessageSujet: Re: La forêt de la falaise - D'une nuit noire Sam 16 Fév - 19:06

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R.I.P. - Teva Riddell

Les premiers rayons du soleil s'étaient frayé un chemin parmi le feuillage dense des arbres dessinant la folle danse de leur cime sur le sol. Ayant passée une nuit affalée direcetement sur le sol, je me mis à grelotter de plus belle. J’avais si froid après avoir passé cette première nuit dehors sans être à l'abri des intempéries que le moindre mouvement m'était pénible. L'humidité des environs s'était saisie de moi jusqu'à la moelle.

Ce ne fut qu'après plusieurs minutes que j'arrivai à maintenir les yeux ouverts et ce ne fut qu'un peu plus tard que je me souvins de l'endroit précis où je me trouvais. Cependant, une question se posait : comment allais-je faire pour trouver le campement? D'aussi loin que je me rappelais, le Docteur m'avait expliqué qu'il n'avait pas de contact de retour avec l'Ancien Monde par conséquent, il n'avait pu avoir de cartographie des lieux. Je n'avais aucun moyen de pouvoir m'orienter dans ce monde sauvage hormis les repères laissés par la nature ou par la colonie. Avaient-ils laissé des indices? D'un oeil trouble, je balayai les alentours à la recherche d'un élément humains, mais, il n'y avait rien. Rien que les arbres...

Après quelques tentatives, je renonçai à me tenir debout et m'adossai a même l'arbre qui m'avait servi... d'abris. Je laissai échapper un gémissement empli de toute la détresse qui m'habitait. J'étais perdue en un lieu à la fois prodigieux et effrayant. La cime des géants de la forêt semblait former un dôme à la limite des cieux et ne laissait que très peu de lumière atteindre les fougères. Le sous-bois, lui, laissait les créatures grouiller comme bon leur semble. J'étais seule et effrayée.

Déjà à la limite de mes forces, je me laissai choir et me mis à sangloter doucement. Le froid, la peur et la soif me paralysaient à cet endroit. Trois grands ennemis de la survie qui allait sans doute me faucher à la vie dès mes premiers instants en ce monde. Le docteur m'aurait envoyée ici en vain...


Dernière édition par Teva Riddell le Mar 5 Mar - 14:41, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La forêt de la falaise - D'une nuit noire Lun 4 Mar - 16:59

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Gavin Matthew - R.I.P.


Lentement j’enfonçais mon petit couteau sous l’écorce, glissant lentement, presque langoureusement, dépeçant lentement le cœur pâle de sa chair rigide et rougeâtre. J’ai lentement évité, en contorsionnant le poignet, une épine que j’aurais manquée ; celle-ci se détacha partiellement de la branche avec le reste de l’écorce et il ne me fallut qu’un petit coup de couteau pour enlever la protubérance restante par la suite.

Ma branche totalement nue, je la contemplai longuement avec une certaine fierté amoureuse avant de me souvenir que j’avais prévu ramasser toutes mes branches et ensuite les adoucir une fois revenu au village. Je ferme les yeux, pousse un soupir. J’allais réellement devoir me défaire de mon étourderie maladive avant de me retrouver à, je ne sais pas, nettoyer l’éraflure de quelqu’un alors que je devais suturer une plaie dont l’hémorragie l’aurait tué avant que je ne me rende compte de mon inattention. Non, ça, ça n’arrivera pas : j’ai toujours été un horrible étourdi, mais avec des patients c’est différent. Je soupire de nouveau avant de recommencer l’épluchement d’une nouvelle ronce, puis roulai les yeux et soupirai violemment en réalisant mon acte. Soit. Je crois avoir suffisamment de ronces de toute façon. Il est temps que je retourne au village où je pourrai écorcer mes branches de cœur joie, puisque c’est vraisemblablement ce qui l’enchante présentement - tout en gardant un œil averti et des mains disponibles auprès des gens qui auraient besoin de mes talents.

Je me levé donc, rangeant le tas de branches entre les attaches improvisées de mon sac de sortis, bien décidé à me rendre sans détour au village, ignorant même, au moins au début, les gémissements que j’identifiai d’abord à un animal quelconque. Mon attention s’y reporta seulement après qu’elle se soit d’abord posée sur une plante rare dont j’étais presque certain qu’elle était un puissant hallucinogène – j’en avais pris une fois, une toute petite quantité, afin de la tester, ce que je fais souvent avec diverses fougères, fleurs et fruits que je trouve- . Mains gantées, je la prise par les racines, la fourrant dans un petit bol de paille prévu à ce genre d’effet, placé tout au haut de mon sac de fortune, avec un peu de terre afin de pouvoir peut-être la transplanter dans mon petit jardin personnel plus tard. Après cela, il me prit quelques moments pour me souvenir de ma résolution, malheureusement le son mystérieux avait désormais trop activé mon imagination. Couteau à la main - étourdi, certes, mais pas insouciant – je me dirigeai le plus souplement que je le pu vers la source du bruit. Quelle ne fut pas ma surprise en apercevant non pas une bête blessée, mais une demoiselle.

Longs cheveux d’acajou en bataille, par endroits trempés même, tombaient sur ses épaules, tenait follement sur sa tête trop pale. Je passai mon couteau dans ma ceinture, m’accroupissant, posant mes coudes sur mes genoux, pensif. Je n’étais pas bien loin d’elle. Sans doute me verrait-elle si elle daignait sortir de son désespoir précoce ; lever la tête en occurrence.

Vu l’état de ses vêtements, elle ne devait pas été ici depuis longtemps…Depuis hier peut-être ? Il avait plu...Y avait-il eu orage aussi ? Je ne sais plus, je n’ai pas porté attention de ma hutte, les mains entortillées dans le début d’une corbeille de paille. Sans doute, sinon quelqu’un l’aurait déjà trouvé avant moi.



. . . . . . . . . . . . . Meh.


Dernière édition par Gavin Matthew le Mar 8 Avr - 18:32, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La forêt de la falaise - D'une nuit noire Mar 5 Mar - 17:08

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R.I.P. - Teva Riddell

Bien que je fusse d’ordinaire d’un naturel optimiste, tout espoir de survie semblait m’avoir quittée car la veille m'avait subtilisé la moindre parcelle de force. Dans ma course effrénée, mon corps, dès lors en mode survie, avait eu recours à toute l’adrénaline que pouvait fournir mon système. Puis, je m’étais écroulée, exténuée, par un tel effort. De plus, une nuit de sommeil sans rêves ne m’avait nullement revigorée. Bien pis encore, tous les muscles de mon corps vibraient tant de douleur que chacun de mes mouvements me mettait les larmes aux yeux.

Ainsi, le poids de mes sanglots ne provenait pas uniquement de ma peur provoquée par toute cette mésaventure, mais aussi de la lancination de ces six cents et quelques muscles qui constituaient le corps humain. De plus, je faisais preuve d’une immense fatigue morale autant que physique. Ah! Allais-je y laisser ma peau? Que se passerait-il ensuite? Tant de questions se bousculaient en mon esprit et tous semblaient mener vers la même fin tragique. Il me semblait que, si soudainement, l’univers entier s’acharnait sur ma personne. Depuis quand, me demandais-je, étais-je devenue aussi fataliste? Mes larmoiements, qui s’étaient calmés, laissèrent place à une respiration sifflante; après tant de larmes et de hoquets, chaque goulée d’air ne glissaient pas sans la moindre entrave vers mes poumons.

Puis, des branches craquèrent près de moi. Et si c’était la bête de la veille qui m’avait retrouvée? Encore en position fœtus, je craignais de relever la tête et d’y retrouver ce dont je craignais tant. Pourtant, dans ma stupeur, je ne songeais même pas à écouter, à faire cet acte que l’on apprend tôt ou tard dans la petite enfance. Hormis les réactions mécaniques face à la peur, soit l’augmentation des pulsations cardiaque et des sueurs froides, mon cerveau ne me dicta rien. J’étais momentanément paralysée. Quelle andouille je devais faire! On ne m’avait certainement pas recrutée pour mes talents extraordinaires face aux dangers…

Ce ne fut que lorsque quelques minutes se furent écoulées que, par un effort surhumain, je levai les yeux vers la source du bruit. Je me rendis aussitôt à l’évidence : tous mes sens étaient altérés par ces mésaventures puisque ma vue, accentuant mon désespoir, était trouble. Non, ce n’était guère dû à mes larmes… Malgré cet inconvénient, je me rendis compte que l’étrange cochon n’était pas en vue et que la silhouette qui se dressait à mes côtés me semblait plutôt inoffensive. Cependant, je n’arrivais pas à identifier son origine…Était-ce un animal ou un homme? Ma vision était réellement trouble et ne semblait point vouloir se corriger.

J’inspirai avec difficulté une goulée d’air humide afin de pouvoir parler puisque je ne risquais rien à tenter le coup. Dans le pire des cas, il n’y avait rien et j’étais dans un délire. Or, nul mot ne sortit de mes lèvres lorsque je les entrouvris, afin de m’enquérir de la situation, sauf une sorte faible gémissement. J’avais la gorge encore en feu, le teint cadavéreux et ma peau suintait de sueur froide.

Et puis, pour une seconde fois depuis que j’avais déposé les pieds sur ces terres extraterrestres, je perdis connaissance.
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MessageSujet: Re: La forêt de la falaise - D'une nuit noire


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