It's Cold Outside

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MessageSujet: It's Cold Outside Lun 31 Déc - 2:53

Frostbitten Requiem to a Forgotten Elegy
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IT'S COLD OUTSIDE.

So warm me up, alright ?


STEP FOUR.
« Et à mesure que mes yeux parcourent le chemin diffus que tracent les pages de ce manuscrit ancestral, je ne cesse de me demander si je nage en plein rêve, entre coma et réalité, perdu dans les filaments argenté de mes propres pensés. Ce monde est beau, ce monde est pur, je sens l’herbe qui me chatouille les pieds, j’entends la poule qui jacasse, mais . . . mais . . . Kohaku, qui étais-tu, au final ? »


-

Restes de chemise, foulard acclamé, voile ma vision de rouge. Je sens le plumage de l’ébauche de poule qui vit tranquillement sa vie m’effleurer le bout des doigts. Le monde tourne lentement, un peu comme si je me trouvais de nouveau dans ma caisse de cryogénie métallique. Je fixe le tissu carmin de mon couvre-cou, léthargique. Les journaux de Joshua trainent non-loin de mon corps rongé par une inertie découlant de la contemplation de mon passé, de tous ces événements qui m’ont amené à me retrouver sur ce sol où se côtoient la paille et la terre battue. Mes prunelles fixent le plafond de la hutte rudimentaire dans laquelle je me tiens étendu, abattu par l’envie de retourner sommeiller dans mon cylindre de métal. Je me demande, je me questionne et mes pensées tournent en rond dans mon crâne. Cervelle d’oiseau, aie-je envie de maugréer, tronche de piaf qui s’est laissé berner. Par Kohaku. Par Oliver. Et je regrette, et je regrette tout ce blanc, toute cette technologie, toute cette chaleur humaine dont je n’avais jamais pris conscience.

La poule glousse paisiblement, ses petites serres animant la pièce du bruit de fond qu’elles réalisent lorsqu’elles grattent contre le sol. Je soupire et ma mémoire se charge de se répandre en longues coulisses âcres sur les murs environnants.

Tout de suite après m’être invité, sans réellement avoir attendu d’obtenir d’approbation concrète, dans la demeure paysanne de Lena, je m’étais installé là, dans un coin, et avais extirpé avec une curiosité fiévreuse mes quelques possessions de mon sac. Je les avais tournées et retournées dans tous les sens possibles pour m’assurer qu’elles étaient toujours en bon état. Heureusement, la pluie, l’oiseau-squelette, la panthère rose, les jours passés à l’extérieur ( cela faisait au moins quelques semaines que j’étais arrivé ) et les collisions répétées avec diverses surfaces solides, n’avaient pas suffis à venir à bout de mes précieux objets. Rassuré, je m’étais ensuite emparé des nombreux tomes qui s’étaient chargés d’alourdir mon sac. Les textes rédigés par Kohaku, les écrits imprégnés de tout ce que j’avais toujours voulu savoir.

J’avais passé la nuit entière à lire, à oublier que je me trouvais au cœur d’un monde nouveau, perdu dans une nature farouche, passé la nuit entière à négliger mon estomac grondant son envie d’être nourris. J’avais lu jusqu’à en vomir, à bouts de force, dans une sorte de seau que j’avais trouvé près de ce qui semblait être une couchette. Bile blanchâtre, débris humain. Puis j’avais repoussé le contenant d’une main, loin, pour foutre l’odeur répugnante dans un angle éloigné de ma tête trop vide, trop pleine et je m’étais affalé par terre tel un itinérant saoul jusqu’à l’os. La grande classe, digne des manières qu’on avait piètrement tenté de m’insuffler toute ma vie.

Je ne sais pas trop combien de temps j’ai dormi, ni depuis combien de temps je me suis éveillé. L’incrédulité rampe dans mes muscles tel un poison. Je n’arrive pas et n’ai pas la moindre envie de me mouvoir, je ne veux pas penser à l’univers qui s’étend dehors. Je me contente de me repasser en boucle les phrases les plus percutantes des manuscrits que j’ai réussi à lire. Peut-être, quelque part entre le moment où je me suis réveillé et celui qui s’écoule présentement, que j’ai pleuré. Ma conscience de ce qui m’entoure est partiellement refoulée et se limite à cette hutte, à cet oiseau incapable de voler et à tous ces souvenirs imaginés qui se glissent dans ma tête, mythes fantasques dont je m’abreuve tel un envieux ménestrel.

Je sens pourtant l’hiver qui pointe et qui accompagne la description vivide d’un matin de Février banal passé hors du DAILY DOSE. Kohaku avec son café à la main, Swan avec son bagel au fromage de chèvre et moi, jeune préadolescent, qui guettait les automobiles qui passaient en m’interrogeant sur le printemps.

J’avais chanté ce matin là, selon le journal. Chanté l’innocence en copiant de ma voix les vieux lyrics de la chanson d’ouverture d’une vieille série télé japonaise. Kohaku souriait, quand ne souriait-il pas ?

« Shine, bright morning light. Now in the air, spring is coming. »

Ma voix s’élève, faible et douce.

Tout me semble si loin. Je veux fermer les yeux et me réveiller chez moi, en Angleterre, loin des plans dantesques de Kohaku et des projets mégalomanes d’Oliver.


TRACKS.
.//Hack Sign OST – Fake Wings


Achievement Unlocked !
Succès ! Tu as accompli un défi : Traiter du fait de vomir.
Tu peux désormais disposé de l'icône ci-dessus à ta guise pour afficher ton accomplissement !



I'll Always Strive to Shine for You.


Dernière édition par S. Ashton Awyer le Mer 26 Juin - 0:19, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: It's Cold Outside Mer 17 Avr - 1:44

je suis une actrice qui connaît le jeu qui ne lui fut jamais écrit
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    L’hiver, doux hiver.

    Le ciel sait, parce que je le lui ai crié maintes fois, alors que je me retrouvais seule dans un coin sympathique, - quelque part avec de l’écho de préférence - combien je hais l’hiver. Il est porteur de maux, de faim, de froid, de sous-alimentation et si par miracle nous nous sortons tous indemne, c’est lorsqu’il partira, alors que nous serrons faibles et que le printemps éveillera virus et bactéries que nous risquions de trépasser. J’ai passé mon premier printemps, seule, à m’inquiéter pour les autres, puis mon été essayer de nous établir en anticipant l’automne et finalement mon automne à faire des réserves à anticiper l’hiver. Pour le prochain printemps je craignais les maladies, mais j’avais quand même hâte de le voir pointer plus que le bout de son nez que par les chauds zéniths que nous avions déjà la chance de parfois avoir. L’hiver a au moins un avantage : nos provisions de fruits et légumes se conservaient longtemps dans la neige...malheureusement, bien que son éphémère conservation se trouvait allongée, la réserve commençait à se faire courte et d’office présentement non-renouvelable. Sinon l’hiver, c’était carrément de la merde. Pas moyen de faire de savon, d’essayer de faire du tissu, même le cuire était plus difficile à tanner. Les seules choses que nous pouvons faire étaient de chasser, de pécher et d’essayer de faire de petites choses avec ce que nous avions protégé du gel…Comme sculpter, coudre, bref, plein de choses rendues inutiles tellement elles avaient déjà été faites maintes et maintes fois depuis le début du temps froid.

    L’idée de juste se coucher dans nos huttes et de ne rien faire était tentante, même pour moi, à vrai dire, je l’ai fait, parce que de toute façon il ne me servait à rien de chasser tous les jours et que je n’avais rien à faire…mais au final, je m’étais lassée au bout de deux jours et avait dès lors préféré me balader sans raison dans le froid plutôt que de rester emmitouflée sous ma couette de fourrure de chapins à ne rien faire. L’envie de rester simplement dans ma hutte aurait pu survivre plus longtemps, peut-être, si j’avais pu la réaliser en paix. Parce que… Ashton, un ancien patient de mon oncle - Pour lequel j’ai longtemps eu à jouer le rôle d’infirmière, d'ailleur.- eut décidé de crécher chez moi. Il n’avait mis aucun effort ni demandé d’aide pour avoir son propre abri et utilisait le mien depuis son arrivée. Sans dire qu’il est pathétique, je dirais que je le trouvais déjà plus attachant lorsqu’il était cloué au lit de la chambre voisine à la mienne, chez le docteur. Il m’empêche de dormir la nuit, m’énerve quand j’essaye de rester tranquille le jour et surtout, surtout, surtout, ne fait rien de productif. Par contre, à l'occasion, j’aime bien l’entendre râler contre mon oncle.

    Ce matin, comme la température n’était pas trop froide, j’étais allée dans les cavernes des collines pour essayer de trouver de ses gros escargots que j’avais aperçu peu avant le débuts de l’hiver, mais je ne trouvai rien. Ou bien ils s’enfonçaient sous terre comme les petits escargots, ou bien se camouflaient si bien en pierre dans le noir que je l’ai eut manqués. Tout cela pour dire que j’étais rentrée bredouille au village, j’avais les pieds glacés et je n’étais pas de bonne humeur. La jolie gueule de Gavin me passant un commentaire agacement suave n’améliora aucunement mon état d’esprit.

    J’avais juste envie de m’étendre dans mon lit et de fixer le plafond, juste ça…Mais évidemment... Ashton, encore lui. Il était là : entendu comme une loque à travers la pièce de fortune, divaguant, sans doute exprès, juste pour passer le temps. Poulette la poule était là, pourtant, si je la laissais entrée la nuit et les jours très froids, elle aurait aujourd’hui dû être en train de profiter du soleil chaud.

    Je prends une grande inspiration ; mes poumons s’emplirent d’une odeur fétide. J’expire, tremblante de frustration. Ashton. Ashton. Encore et toujours Ashton. Je retire les jambières de fourrure, puis ma parka chaude. La neige, bien tassée contre les murs de bois et de peaux, isolait suffisamment pour être confortable, même presque nu. Mais nue, je ne l’étais pas. Je portais ma petite robe beige d’été préférée, mais absolument rien d'autre. Ashton ne semblait même pas avoir pris conscience de ma présence. Plus dégoutée par lui que par le contenu d’un certain sceau, je flanquai ce dernier en dehors de la hutte : déjà l’air était moins étouffant. Ma gorge se racla dans un grognement sonore, mais il le l’entendit point, ou bien l’ignora. Il ne portait d’attention qu’à Poulette en observant le plafond que je m’imaginais contempler quelques minutes plus tôt. Je l’enviais quelque peu, le jalousais en quelque sorte, l’accusant mentalement de m’enlever ce menu plaisir, surtout.

    Je me ruai vers lui avec lenteur alors que des épines de froid transperçaient mes pieds en plein décongèl. Il ignorait encore ma precense, même alors que je me tenais toute près de lui, poings sur les hanches. « Ashton » Susurrais-je doucereusement en glissant un pied sur son ventre, le trainant lentement sur sa poitrine, ajoutant progressivement du poids jusqu’à me rendre à sa gorge. « You should go see Gavin if you're sick. » Je savais pertinemment qu’il n’était pas malade, ou en tout cas je ne le croyais fermement pas. « You wouldn't want to hand on your sickness over me, would you not. » Dis-je mielleusement en pesant un peu plus fort sur la base de son cou.





Traductions:
 



Dernière édition par Lena M. Oliver le Mer 26 Juin - 22:50, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: It's Cold Outside Mer 1 Mai - 17:39

Frostbitten Requiem to a Forgotten Elegy
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Les mots m’étourdissaient encore, filtrant dans mon esprit comme des papillons porteurs de malheurs, baignant dans ma tête d’élan nostalgiques mal foutus et embaumant la hutte des airs lointain que ses souvenirs me poussaient à chanter. Je revoyais l’illusion d’un sourire suintant d’arrogance, le panneau sur lequel était inscrit le nom du bar et des mèches dorées, douchées de soleil, qui virevoltaient sous la brise que laissaient les véhicules passants.

Lointain, les plumes humectées d’humidité du volatile effleurant de temps à autres mes doigts, le monde me semblait si lointain, dissonant. Comme si cette réalité dans laquelle je gisais, étendu comme un cadavre à même un sol rustique, n’existait pas vraiment. Si bien qu’il me fallu un moment, drogué à même l’essence des mots que j’étais, avant de réaliser que c’était bel et bien Lena qui me parlait et non un mirage, que c’était bien Lena qui trainant son pied jusqu’à ma gorge et non un songe. C’aurait été possible pourtant. Les ton cyniques ne prouvaient pas bien difficile à émuler. Pas par mon esprit, dans tous les cas. Je clignai des yeux, batifolement de cils la précisant à ma vision, cheveux sombres, regard clair, et corps très clairement défini sous ce bout de tissu qu’elle appelait une robe. On devinait très aisément la courbe de ses hanches, le détail de sa poitrine, au travers du vêtement et je fus tenté, mais pas au point de m’exécuter, de lui rappeler que le fait d’être une pionnière d’un monde nouveau n’excluait pas la possibilité d’un viol. Les humains ne sont pas toujours une espèce très civilisé.

Elle ne semblait pas particulièrement ravie. Quand le semblait-elle ? Les commissures de ses lèvres tressaillaient vers le bas, ses sourcils esquissaient le fantôme d’un froncement et elle se tenait debout, prostrée dans le genre de posture qui rappelle une mère qui gronde, son pied appuyé contre ma gorge juste assez lourdement pour faire retentir une alarme. Sa voix ne s’agençait pas vraiment avec ce que son langage corporel me communiquait, doucereuse, comme si l’on avait trempé sa langue dans un pot de miel, réminescente de la présence d’un poison et d’une force inouïe entre les synapses de cette jeune femme. Je levai une main, poussant mollement sur sa cheville pour qu’elle retire son pied, mais autrement, je demeurai immobile, appréciant mon inertie, ne souhaitant pas délaisser entièrement le monde des rêves. C’était idiot, de s’accrocher bêtement à des bribes de vérité qui ne possédaient plus la moindre influence dans ce monde paumé et envahi de nature sauvage. Mais le son du rire que le vent emportait jusqu’aux cieux et ces prunelles aux tréfonds suintant de mystère glissant sur ma silhouette comme des vigiles divines secouaient mon âme de la plus tortueuse des manières.

Impuissant face à moi-même, regrettant, regrettant sans toutefois avoir la force de me calomnier. À quoi pensait Swan, maintenant que je n’étais plus constamment roulé en boule sur leur canapé, se demandait-il, lui, où j’étais passé ? S’inquiétait-il ?

« Pas malade . . . », déclarais-je sans grande conviction, voix partiellement obstruée par la pression enfoncée sur mon cou. Je pivotai ce dit cou, contorsionnant brièvement mes vertèbres et allant posé mon regard sur le plumage de poulette, ainsi que sur les manuscrits qui trainaient non loin d’elle. J’aurais peut-être dû les ranger parmi mes affaires, ceux-là, histoire que Lena, ou qui que ce soit d’autre, ne tombent pas dessus.

M’enfin, il était trop tard pour retourner en arrière. Et ça, j’estimais le savoir mieux que personne.

« Juste . . . étourdi. »

Précision qui n’intéresserait certainement pas Lena, mais qui apposerait la certitude au fait que non, je n’étais pas malade. J’étais juste dépassé, déprimé, envenimé. Je voulais partir, mais pas n’importe où. L’éden que je souhaitais retrouver n’existait plus nulle part. Qu’un souvenir trop précis et lacérant. Je n’avais pas besoin d’aller voir Gavin, la seule chose que cet homme m’apporterait serait davantage de brouillard, parce que la teinte de sa pilosité . . .
Elle était très, très, très claire, n’est-ce pas ?

Je gloussai un rire sans humour qui s’éteignit sur un grognement tressaillant, mouillé, étirant mes doigts pour accrocher le plumage doux de Poulette.

« . . . je crois que c’était stupide de venir ici. »



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MessageSujet: Re: It's Cold Outside Lun 27 Mai - 23:46

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    La verdure de la forêt, le piquant des montages, l’odeur des marais ou encore celle de la mer que je fuyais jusqu’à peu me manqua soudain. L’arôme qui régnait dans la hutte, l’ambiance tendue et le dégout que mon colocataire forcé m’inspirait …La nature ne valait pas tout…ça. Un bruyant soupire s’échappa de mes lèvres alors qu’Ashton poussait mollement ma cheville inquisitrice, je soulève doucement celle-ci au contact de sa main moite, mais la menace qu’elle retombe et l’étouffe de nouveau reste figé en l’air, à quelques centimètres de sa gorge, l’équilibre entier du reste de ma stature reposé dans mon autre pied, ce dernier heureusement plus stable encore que le monumental caillou phallique trônant la vallée déserte. Les sons qui sortirent ensuite de la bouche d’Ashton sonnèrent faux à mes oreilles : l’alignement des onomatopées ne fit pas toute suite de sens au creux de mon tympan, l’accent qui les reliaient ensemble pas plus. Les quelques bases de français que m’avait inculqué mon docteur d’oncle refirent rapidement surface, suffisamment pour que je comprenne ses premiers mots. « Then what in bloody hell are you doing in my …” Mais il enchaina, cette fois avec quelque chose de plus étendue que quelques syllabes, quelque chose de bien plus compliqué à comprendre. Je compris deux mots : stupide et ici. L’un car il se disait à peu près de la même façon dans le français déformé d’Ashton que dans mon anglais natal, l’autre de mémoire. Je savais que le reste était composé de verbe ; des verbes que j’avais déjà entendus, qui m’étaient familier, qui titillaient le fond de mon esprit et je ressentais des définitions se ruant à la limite de ma compréhension, mais j’aurais eu besoin de réentendre ses propos afin que le dernier pont se forme entre ma mémoire refoulée et mon intellect actuel. L’état mou et amorphe de Sacha, ainsi que le ton lyric qu’il eut employé en disait bienheureusement long sur son état d’esprit. Il avait le mérite de concevoir sa situation, il savait qu’il n’avait pas ça place ici. Il devait se douter que je le pensais aussi. Où pas, ne sait-ont jamais avec lui. Sinon peut-être ne savait-t-il pas que je le pensais bien avant de le trouver mi- poupée de chiffon, mi- épouvantail ivre-mort de lassitude sur le sol de ma maison, accompagné de ma poule domestique qu’il s’eut approprié à force de rester avec elle alors que je m’afférais à faire survivre le fœtus de civilisation que nous avions pour but de concevoir. « Well. Just fucking live with it. » Articulais-je lentement, pesant chaque mot. Mon pied frôlant, parallèlement à mon propos, son épaule, la paume du pied trouvant sa joue en un mouvement soudainement sec, empreint de la frustration qui m’habitait. Cette dernière m’avait trouvé dès la seconde où je n’avais plus été la seule habitante de cet univers, elle longeait mon ventre, rongeant ma patience et ma sérénité comme la vermine tue lentement un édifice nocuité d’encore bien d’autres maux. L’inquiétude, le stress, la frustration, l’anxiété étaient à la fois des maux et des symptômes causés par les actions d’autrui parasitant ma paix intérieur.

    Ce n’est que quelque instant plus tard, après avoir marché vers l’extrémité la plus loin de lui trouvable dans la hutte, dos à lui, que je culpabilisai un peu, soucieuse de peut-être lui avoir fait mal avec cette gifle du pied d’office plus pesante que l’aurait été une autre ,avec une main, habitée de la même émotion.

    J’essayerai de faire quelque chose de gentil, éventuellement. Quelque chose d’utile, aussi. Quelque chose comme le trainer dans les bois et lui apprendre à vivre ici. Utile et bon pour lui. Satisfaite de cette résolution, je m’assieds au sol en prennant une grande inspiration, déterminée à ignorer son existence pour le reste de ma soirée.



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MessageSujet: Re: It's Cold Outside Ven 19 Juil - 17:44

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Ça faisait mal, son pied claquant contre mon visage, la réalisation que Swan ne pouvait pas s’inquiéter, car il était mort, probablement enterré, voir même oublié de la descendance qui lui restait. Il me semblait que dans le monde d’Oliver, le monde de Lena, le monde duquel tous ces gens déboulaient pour atterrir ici, n’accordait pas le luxe de se souvenir à la population qui l’habitait. Donc, ça faisait mal, cette gifle plantaire, cette gifle mentale. Et ce mal se chargeait de m’étourdir davantage que je ne l’étais déjà.

« It’s not like I ever had a choice to begin with. . . »

Lena s’était éloignée, partie évacuer son dédain à l’autre bout de la hutte sans que Poulette ne la suive, les plumes blanches du volatile toujours accrochées dans mes phalanges. Elle ruminait la frustration qui tirait ses traits, alors que je m’asphyxiais sous le poids de choix auxquels je ne pouvais remédier. Donnez-moi une seconde chance ! Je choisirai la bonne options, cette fois, je ne le laisserai pas m’assujettir à son sourire, ne le laisserai pas faire de mon âme des lambeaux à enrouler autour de ses canines. Donnez-moi une seconde chance !

Une seconde chance . . . C’est ce que ce Nouveau Monde, Terra, était pour la plupart de ses présents habitants, une opportunité de repartir à neuf, loin des élucubrations mauvaises de la famille dictatoriale qui régnait dans ce qui avait jadis été chez nous. J’appuyai mes coudes contre le sol humide, me redressant sur mon postérieur et toisant silencieusement Lena d’un moment, cherchant à la blâmer pour sa frustration à mon égard, mais ne trouvant que plus de lassitude dans ma contemplation. Las de ce monde, las de cette inertie et las de ce que je devrais éventuellement faire pour ne pas mourir.

Je fléchis mes jambes et me propulsai vers l’avant, atteignant, pour la première fois depuis de nombreuses heures, une position debout. Je refoulai le tournis qui me déchira le cerveau, noyant mon estomac d’une nouvelle envie de vomir. J’attrapai une inspiration lente pour calmer mon organisme négligé et orientai mon visage, une fois mon que l’univers eut cessé de tanguer, vers Lena.

« . . . I’ll go fishing before it gets too cold. »

J’appuyai ma langue contre l’intérieur de ma joue, réceptionnant un goût amer et vicieux, le goût du regret et des actions irréfléchies et soupirai.

« . . . And wash my mouth while I’m at it. »

Les joints de mes épaules craquaient sous chacun des mes mouvements, libérant une tension douloureuse qui stressait mes muscles. Puis, attrapant au hasard une peau de bête tannée qui trainait dans un coin, je m’en enveloppai hâtivement avant de quitter la hutte, aucun au revoir ne dépassant mes lèvres.

Une routine, un moment, une habitude. Voilà ce que ce moment, court et condescendant, avait été. Car aucun de nous deux ne gérait entièrement notre présence sur Terra, car si ce monde m’atterrait, elle, c’étaient les gens qui s’en chargeaient. Certains aspects de cette existence ne nous convenaient pas, nous aurions préféré nous en passer. Je crois que tous les habitants du Nouveau Monde partageait notre ressenti jusqu’à un certain point, sauf peut-être ceux pour qui la vie de l’autre côté s’était faite suffisamment infernale pour qu’ils ne souhaitent plus jamais y songer. Le fait restait que par moment, tous et chacun ressentaient le besoin de passer leurs nerfs sur leurs compères, moi plus que tout autre.

C’était une routine, une habitude, qui ne changerait pas.

« Sweet blowing wind
Singing down the hills and valleys
Keep your eyes on me
Now we're on the edge of hell
Dear my love, sweet morning light
Wait for me, you've gone much further, too far.
»

FIN.






Traductions.:
 



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