Screaming Stones

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MessageSujet: Screaming Stones Mar 25 Juin - 22:05

Je suis mère des terres fertiles, j'accueille en mon sein celui qui y chasse
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Pierres et cris
Printemps


Une fois arrivée quelque part, il faut se loger, non? Au début, Émilie s’était simplement endormie au pied d’un arbre avec son petit après avoir enveloppé ce dernier d’une couverture. Certes, on lui avait proposé de dormir chez l’un ou chez l’autre, mais elle avait encore le gout amer de la peur des autres. Elle n’était pas antisociale, mais elle était très méfiante.

Aujourd’hui, elle avait décidé de construire un abri pour elle et pour son fils. Émilie-Anne s’était levée en même temps que le soleil et avait creusé un trou de vingt centimètres de creux par trente centimètres de large et cinquante centimètres de long. Ce trou était en forme de parabole et une couverture tapissait le fond. Elle avait installé son fils dans ce berceau et était partie vers le champ de pierre.

La fille mère ramassait des pierres et les ramenait près de l’endroit où elle désirait faire sa nouvelle demeure. Elle voulait bâtir une petite maison de pierres, rien de très extravagant, environs deux mètres de large par trois mètres de long par deux mètres de haut. Ce n’était pas bien grand, mais suffisant pour que son fils et elle-même soient à l’abri des intempéries. Il en était tout de même que l’adolescente eût accumulé un beau petit tas de pierres allant de la taille d’un ballon de basket à celui de poches de lait. À force de transporter des pierres, elle en avait accumulé près du quart de ce qu’elle aurait besoin, ce en une demi-journée. La rousse était repartie chercher deux dernières pierres malgré ses jambes endolories et ces bras épuisés par tout ce travail.

Pendant ce temps, le petit Olivier s’était mis à pleurer, sa mère était trop loin pour entendre ces pleurs qui se perdaient dans le vent du champ. Il avait faim et avait surement besoin d’être changé.





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MessageSujet: Re: Screaming Stones Jeu 27 Juin - 2:34

Frostbitten Requiem to a Forgotten Elegy
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SCREAMING STONES.
Would be a lot better than this hungry child.

STEP SIX.
« J’ai longtemps espéré, après m’être éveillé dans l’une des chambres vides de la demeure d’Oliver, que tout ce qui m’entourait ne soit rien de plus qu’un horrible rêve. On ne m’avait pas cryogénisé, non, c’était simplement Swan qui avait un peu forcé sur les films de science fiction la veille. N’est-ce pas ? Bien sûr que si, bien sûr que si.
. . . Au bout de quelques semaines, je dus pourtant me rendre à l’évidence . . .
»

-

Encore. Toujours. Interminablement. Le même refrain. La même foutue mélodie. Le son du vent, le rythme broussailleux des herbes, les altercations animales environnantes, le crépitement des flammes embaumant le village, les caquètements tranquilles de Poulette.

Et les pleurs lacérants du nouveau-né local. À croire que sa mère, une rouquine effacée dont je n’arrivais pas à me souvenir du nom, ne savait absolument pas comment s’en occuper. Cela faisait un moment, que le bambin s’époumonait solitairement, dans un coin où commençait lentement à s’entasser quelques pierres aux formes irrégulières, hurlant et criant à tue-tête. À ce rythme, il finirait par attirer les prédateurs les plus entreprenants du coin et aucune trace de sa très responsable génitrice, pas même un reflet de mèches rousses, pour le protéger en cas de dangers. Dangers qui se faisaient trop nombreux dans ce Nouveau Monde trop sauvage pour la créature élevée dans le velours, l’argent et la technologie que j’étais. Chez moi, la plus grande menace à mon existence aurait été, excluant bien évidemment Kohaku, quelque chose comme une voiture excédant les limites de vitesse ou un krach boursier, alors qu’ici, je devais me méfier de prédateurs grandioses dont certains ne rechignaient pas à venir rôder près du village. Il y avait déjà eu quelques morts . . . Inutile d’ajouter ce petit à la liste qui ne cesserait de croître. Ce monde était trop sauvage pour moi et pour ce petit être sans défense qui se voyait présentement abandonner à son sort.

C’est avec cette pensée en tête que je quittai mon poste de garde, ou plutôt ma posture d’aberrante inertie ; je ne comptais rien faire pour le bien de la communauté aujourd’hui, pour me rendre au trou entouré de pierres dans lequel reposait le petit garçon. La simple vision de son petit visage contorsionné d’émotivité noire suffit à m’arracher un soupir et j’appuyai mon index sur l’une de ses joues rebondie, promenant un regard dédaigneux sur la couverture sur laquelle on l’avait étendu. Mon touché amenuisa les pleurs une fraction de seconde, un peu comme si j’avais surpris la créature voluptueuse, avant qu’ils ne redémarrent, leur intensité semblant avoir doublé.

Je soupirai à nouveau, portant l’une de mes paumes à mon front dans un geste exaspéré.

« It would be great if you had been born mute. »

Excessivement bien, même. Un bébé silencieux ne nous mettrait pas dans une position de danger perpétuel, nous permettrait de dormir convenablement la nuit, sans se voir déranger par ses crises nocturnes. L’idée de le jeter dans le Grand-Lac me traversait parfois l’esprit, mais . . . il ne s’agissait là que d’une forme d’agacement imagée. Je n’avais pas l’âme d’un meurtrier. Et puis, l’enfant, lorsqu’il ne faisait pas de bruit, prouvait être relativement adorable. Lorsqu’observé de loin, du moins. Je l’examinai quelques secondes supplémentaires, passant le revers de ma main tout en douceur sur son visage pour essuyer quelques larmes avant de relever les yeux pour croiser le fer du visage de la fautive de l’état lamentable du jeune humain. Cette petite prétendue mère qui se ramenait avec un bon nombre de pierres supplémentaires. Je la toisai mauvaisement.

« What kind of idiot are you ? Only an awful human being would leave a child without supervision in such a hostile environment ! »


-

Traductions.:
 



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MessageSujet: Re: Screaming Stones Dim 30 Juin - 23:23

Je suis mère des terres fertiles, j'accueille en mon sein celui qui y chasse
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Mal, elle avait mal et se concentrait seulement sur les deux dernières pierres qu’elle allait ramener avant d’aller manger. Le vent dans le champ de pierres se faisait sentir et empêchait Émilie-Anne d’entendre Oliver crier, si elle l’avait entendu, mal ou non, elle se serait précipitée pour voir ce qui se passait, mais elle ne découvrit ces cris que lorsqu’elle fut près du berceau improvisé. Un jeune homme, surement dans la vingtaine, se trouvait au chevet du nourrisson. Émilie se doutait que le petit voulait soit boire, soit être changé, mais elle laissa tout de même ses pierres près du tas et accourues près de son ange.

Larose n’eut pas besoin de se rendre au nourrisson que l’homme invectivait déjà, certes elle comprit parfaitement les paroles de ce dernier, mais qui était-il pour lui parler ainsi? Émilie se doutait qu’il ait un jour eu la responsabilité d’assurer sa propre survie en plus de celle d’un enfant en d’à peine deux mois. Émilie devait à elle seule s’organiser pour que le petit ne manque de rien et aussi lui fournir un abri ou il serait au sec. Elle ne voulait pas juger ce garçon trop vite, mais elle ne l’avait encore jamais vu faire quoi que ce soit d’utile dans le village, il fallait aussi dire qu’elle n’était pas là depuis longtemps, mais tout de même.

Émilie était tout de même habituée de se faire insulter pour un rien alors elle prit plutôt l’insulte à son avantage.


- Alors pourquoi tu ne vas pas chercher les pierres à ma place ?

Oui, elle avait parlé en français, l’accent du jeune homme indiquait que l’anglais n’était pas sa seule langue et l’accent avait quelque chose de familier, mais quoi, Émilie n’aurait pas pu le dire. Elle prit tout de même le petit Olivier dans ses bras et lui susurra quelques mots doux qui eurent pour effet de calmer instantanément les pleurs de l’enfant. Olivier était un enfant facile, il ne pleurait pas souvent et avait toujours, ou presque, une bonne raison pour le faire. Une bouffée d’air suffit à la jeune mère pour comprendre que le petit voulait être changé, mais avant d’exposer les vœux ‘’silencieux’’ de son fils, elle attendait la réponse de son congénère.






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MessageSujet: Re: Screaming Stones Jeu 1 Aoû - 10:10

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Une voix française, québécoise même, qui me fit la fixer, interdit et surpris, un vague instant. Un parlé commun qui me vrillait le cœur, embaumant mon esprit d’interrogations à la volée et de Swanswanswanswanwilliamswanjesuistellementtellementdésolédenepasvousavoirécouté embrouillés. Je la considérai du regard un long moment, comme si je voyais de l’eau pour la première fois, mes questions pendues au bout des lèvres avant de me raviser, fermant les yeux. Peu importe l’endroit où elle venait, peu importe ce qu’elle pouvait savoir de l’actualité de mon ancien monde, aussi longtemps que nous étions coincés ici, cela n’avait aucune importance. Papillonnant des paupières, je portai mon regard sur le nourrisson maintenant calme, apaisé par la présence réconfortante de sa mère. J’étouffai l’élan de familiarité, les souvenirs –parce ma mère était morte lorsque j’étais enfant et que ça ne se remplace pas vraiment- et fronçai les sourcils. Bouche remplie d’acide, je désignai la rouquine d’un geste du menton dédaigneux.

« Parce que tu n’es pas MON problème. »

Parce que personne ici ne l’était et que je rechignais à la simple idée de m’attacher à autre chose que Poulette dans ce monde hostile. Mes anciennes attaches s’étaient toutes désagrégées, mortes dans les mailles du temps, et qui sait combien de temps les pionniers victime de la folie furieuse d’Oliver tiendraient dans cette nature sauvage et indomptée ? Se préoccuper uniquement de soi-même me paraissait une solution plus viable. L’enfant lâcha un piaillement, plus doux que les pleurs précédents et je le toisai, le regard renfrogné. Cet enfant n’atteindrait pas l’âge adulte, c’était évident et les hurlements désespérés de la mère perceraient le campement lorsque sa mort viendrait. Je pouvais compatir à la perte jusqu’à un certain point, toutefois trop égoïste et centré sur moi-même pour déroger de mon comportement habituel par simple compassion. L’empathie ne me garderait pas envie, n’annulerait pas mes bévues antécédentes.

« Je ne ramasserai donc aucune pierres pour toi et ne prendrai pas soin de ton enfant, non plus. Si tu as besoin de main d’œuvre, c’est par là ! »

Je relevai les yeux sur la jeune mère qui ne me paraissait pas avoir grande expertise dans la fabrication d’abri. Les pierres qu’elle avait laissé tomber sur le sol, bien que de tailles raisonnables, possédaient toutes des formes irrégulières. Il faudrait beaucoup de mortier pour faire tenir le tout ensemble ou des mains assez fortes pour tailler le roc.

Un soupir, bordant l’exaspération, de ce monde, de cet environnement rustique, de cette ingénue au regard trop mature, de cet enfant sans avenir.

« De toute manière, je doute que saches quoi faire avec les pierres que tu as amassé. Tu devrais plutôt aller t’installer chez un des résidents déjà présent. Gavin te laisserait certainement t’établir avec lui . . . »

Le joli médecin laisserait n’importe quoi ayant des seins s’établir avec lui, à mon sens. Bébé gazouillant dans l'équation ou non. Et puis, avoir un docteur à porter ne ferait pas de tort à cette petite dame visiblement dépassée. Heh.



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MessageSujet: Re: Screaming Stones Jeu 1 Aoû - 20:09

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Alors les rumeurs sur ce parasite étaient vraies. Émilie aurait bien voulu lui donner sa chance, mais elle avait horreur des gens qui vivaient au dépits des autres. S’il ne voulait pas l’aider et était venu simplement pour chialer sur le fait que Olivier fessait du bruit, alors il avait frappé à la mauvaise porte. Après il allait oser lui dire qu’elle ne pouvait venir à ces fins? Devoir aller occuper l’habitation d’un autre? Là s'en était trop. Émilie se leva et Olivier arrêta de gazouiller, ressentant la colère de sa merde. Elle s'approcha du jeune homme qui ne devait pas vraiment être plus vieux qu’elle.

-Je n’irais jamais vivre chez personne, je ne parasiterais pas l’habitation des autres et encore moins vivre à leur dépens.

Le nez d’Émilie s’était légèrement froncé sur ces paroles. C’est yeux bleus semblaient s’être assombris et un vent fessait voler sa courte chevelure, faisant presque croire que le feu de la rage commençais doucement à la consumer.

-Et dis moi, Monsieur, qu’est-ce que tu as de mieux à faire?

Ces deux bras s’écartant aux derniers mots pour démontrer son agacement

-Tu dois peut-être aller enquiquiner Lena, n’est-ce pas elle que tu parasites? Tu sauras, jeune écervelé, que je ne suis pas ici pour être un fardeau comme certain, mais plutôt pour aider et avoir une vie meilleure. Après, je sais parfaitement ce que je fais de ces pierres!

Émilie était vraiment fâchée, mais elle évacuait aussi son stresse sur lui, elle en avait un peu honte, mais elle étain fatiguée, à bout de nerf et ce mec se la ramenais pour l’énerver et la faire sortir de ces gonds. Il voulait l’emmerder, alors elle s’organiserait pour ne pas le laisser faire. Sa proposition d’aller vivre c’est Gavin était totalement stupide aux yeux d’Émilie. Anne avait peur de se retrouver encore face à un homme, seule dans le noir. Elle voit en ce moment même quelques images de Gervideo. Les moments qui avait menées à la conception d’Olivier et qui avait détruit par le fait même son innocence. Imbécile.






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MessageSujet: Re: Screaming Stones Dim 22 Sep - 3:35

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« Lire. J’ai mieux à faire dans mes livres. »

Réponse automatique, prononcée gauchement, ponctuée d’un regard abaissé qui communiquait mon malaise soudain. Pas le malaise d’être un fardeau, du moins pas celui d’être un fardeau pour Lena et ce village de timbrés grandioses, non. Il s’agissait davantage des souvenirs qui pullulaient dans ma tête, qui n’arrêtaient jamais et qui me donnaient envie de me tordre les mains comme un enfant qui retient ses larmes alors qu’on le gronde. Elle ne comprenait pas, il n’y avait rien à comprendre. Je ne cherchais ni sympathie, ni compassion, barbouillant mon chemin en ce Nouveau Monde de calomnies verbales constantes, ne cherchant pas à m’impliquer, m’enfermant dans les paroles zigzagantes de Kohaku Joshua, les scènes décrites par ses mots, ses interprétations de ce qui l’entourait. Et ses commentaires sur mon existence, assénés comme des massues. Quelque part, dans un mode de pensée qui n’avait ni valeur, ni incidence sur le déroulement des choses ici-bas, les pages de ses livres, mes raisons de vivre le moment présent, car je n’arrivais trop à comprendre pourquoi je l’étais toujours, en vie.

Ce dantesque Joshua. Ce connard d’Oliver. Je mordis ma lèvre

J’avais mieux à faire dans les livres.

« Et oui, je vais aller parasiter Lena. Parce que tu sais quoi, petite ? C’est ce que le gens comme moi font. »

Comme j’avais parasité Lawrence après la disparition de mon père, m’enroulant dans les couvertures à motifs criards dérobés à la couche de Kohaku, me postant inerte devant la télévision. C’était peut-être pour ça que cette créature, immatérielle et hilare, m’avait banni ici. Comme un rebus dont on ne voulait plus, dont on ne savait plus trop quoi faire. As-tu réussi, sale toquard, as-tu réussi ? À défaut de mordre ma lèvre une seconde fois, j’enfonçai mes incisives dans ma langue et la toisai de mon regard miel, lui rendant sa rage du regard, la piétinant de mes pupilles.

« Ils parasitent et ne se préoccupent que d’eux-mêmes, because life fucking taught them better ! »

Parce que c’était comme ça, c’était comme ça, c’était comme ça. Parce que ça avait été comme ça dès l’instant où il m’avait accroché du regard, bébé Ashton gazouillant dans une infirmerie, loin des regards adorateurs de ses parents, perdus sous la loupe inhumaine d’un gaillard terrifiant. C’était comme ça et pour survivre je devais foutre l’éthique sous la semelle de ma botte, devait regarder droit devant. Moi. Moi. Moi. Parce que la vie m’avait appris à considérer les choses ainsi.

Ou parce que mes regrets m’avaient enseigné ce qu’était la perte.

« Il n’y a pas de vie meilleure, juste une mort certaine, juste de la souffrance inévitable. »

Du froid sous mes paupières, je pouvais presqu’encore sentir les engelures. Je fixai le petit être, garçonnet maintenant silencieux avec un dédain plus désespéré qu’exaspéré. Cette rencontre virait au vinaigre. Je me reculai, inspirai et papillonnai mes paupières pour recouvrer mon calme. Comme si je ne lui avais pas crié dessus, sur elle, cette petite mère fragile, quelques secondes auparavant. Mes traits qui s’était raidi sous l’émotion se détendirent et retournèrent à leur moue ironie, hautaine, coutumière, figeant le vent dans une placidité renfrognée. Je lorgnai à nouveau l’enfant avant de me concentrer sur sa génitrice, passant ma langue sur l’intérieur de mes dents inférieures en un mouvement contemplatif.

« Tu auras beaucoup de chance si ton fils survit jusqu’à la fin de la saison. »

Je l’espérais presque. Juste trop peu pour désirer m’en mêler.

Parce que c’était comme ça.



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Dernière édition par S. Ashton Awyer le Ven 14 Mar - 13:08, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Screaming Stones Lun 6 Jan - 11:23

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L'autre québécois n'était vraiment pas commode ; un vrai parasite qui allait jusqu'à demander à Émilie pourquoi le docteur avait accepté sa candidature au projet. Plus que s'il ne faisait seulement qu'être présent et ne rien faire pour aider les autres, il détruisait le moral des gens et profitait gratuitement des installations. Il ne servait à rien de vouloir parler avec lui, il voulait une seule chose : vivre sa petite vie en clamant haut et fort à tous que notre vie était finie, mais que savait-il de notre vie ? Il semblait être un sale gosse de riche qui n'eut jamais vu ce qu'était la misère.
S'il voulait provoquer la jeune mère alors il allait être servi.

-Et que sais-tu de la vie ? Crois-tu qu'à mon niveau, mon fils aurait mieux été traité là-bas? Je n'étais qu'une paysanne des côtes du Saint-Laurent, à part la terre et la servitude, je n'aurait pas aspirée à mieux !

Sur ces paroles, Émilie releva sa manche, montrant de multiples cicatrices.

-Tu crois qu'il aurait pu survivre dans ce monde où les riches font ce qu'ils veulent ? Où voir un medecin est presque impossible et que meme si par miracle on arrive à avoir une visite, c'est sans la promesse d'un suivi. Moi, je tente ma chance, je tente d'avoir un avenir meilleur ici.

Émilie se leva, le regardant avec haine le prétentieux qui se tenait face à elle.

-Ici, je peux espérer un avenir et ce n'est pas en me disant que tout va échouer et que tu vas aider. Moi, j'espère et je fais tout pour la réussite de la colonie, mais toi! Toi, tu ne fais rien.

Les cris de la femme étaient devenus des sanglots. Non mais, c'est qu'il avait vraiment le don de démoraliser les gens.




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MessageSujet: Re: Screaming Stones Ven 14 Mar - 13:08

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Malgré l’inspiration, le recul et cette tentative vaguement échafaudée de la contempler d’un regard dérisoire, dédaigneux, l’ingénue génitrice revint à la charge, ses cheveux roux semblant flamboyer de cette antipathie que je lui inspirais forcément. Le désir de prouver brillait dans les fenêtres ouvertes de ses yeux, mais n’arriva qu’à pincer l’une des cordes amères rattachée à mon cœur. Elle ne me prouverait rien du tout, car j’étais camper sur ses positions qui se dessinaient en constance sous mes paupières, des cauchemars éveillées qui hantaient la totalité de mes pensées. J’aboyai un rire dénué d’humour, la neutralité quittant de nouveau mes traits pour se fondre en une contorsion hargneuse.

« Et tu aspires à mieux ici ? Tu es prisonnière d’un environnement qui te domine littéralement ! »

Elle relevait sa manche, dévoilant une série de cicatrices profondes, des marques d’abus plus que d’abandon, les restes de la difficulté de la vie de ce futur que je n’avais jamais trouvé viable d’explorer autrement qu’en arpentant les kilomètres entourant la clinique d’Oliver, autrement qu’en fourrant mon nez dans les quotidiens gangrénés qui laissaient circuler l’information au mieux nantis. Il n’était pas possible pour moi de m’y faire une place, car rien de cohérent ne pouvait expliquer mon apparition dans leur univers et que je serais bien vite devenu un rat de laboratoire entre des mains plus perfides que celles d’Oliver si je m’étais manifesté.

Restait le fait que ces cicatrices ne me prouvaient que davantage à quel point mon pseudo-choix n’aurait rien changé à mon existence. Rester là-bas, venir ici, c’était . . . perdu d’avance. Je m’étais damné en m’abandonnant à ce sourire enjôleur et toutes ces promesses trop gauchement interprétées. On ne brillait que si on était le ciel, dans son monde, que si on était le feu ou une entité qu’il n’arrivait pas à résumer par le simple état d’être humain. J’avais été son expérience, une graine à faire grandir pour mieux la voir périr. Il avait réussi, et moi, j’avais perdu en triple.

Que savait cette petite mère à la con, au final ? Il n’y avait dans ses certitudes que des espoirs indélébiles que le temps viendrait peindre et écorcher. Je vomissais l’espoir, le chargeais de regrets. Qu’allions nous accomplir ici ? Nous construirons un modique village que les successeurs chanceux des uns se chargeront d’agrandir et le cycle recommencera. On parlera des pionniers survivants dans les livres d’histoires que les plus érudits auront rédigés, mais on oubliera tous ces morts, qui pourtant viendront probablement en plus grand nombre que la masse vivante. Je mordis l’intérieur de ma joue pour empêcher ma voix d’atteindre des décibels trop élevés, désignant l’enfant d’un geste plein de brusquerie.

« Tu crois qu’il va survivre ici !? Tu crois que Gavin va pouvoir faire quoique ce soit si ton gamin attrape une pneumonie ? Tu crois que ce sera plus facile ? La seule chose qui a changé, cette fois, c’est que si ça tourne mal, tu ne pourras blâmer personne d’autre que toi-même, car tu as fais ce choix. Celui d’être ici et tu ne pourras plus jamais retourner en arrière ! »

Tu as fais ce choix. Tu as fais ce choix. TU as fais ce choix.

Les larmes coulaient le long des joues de la pionnière et j’étais le miroir rageur de son état, mes yeux luisant des souvenirs qu’elle enfonçait sans le savoir trop profondément dans ma trachée. Je hoquetai sur mes mots, tressaillant en un long tremblement qui semblait provenir de nulle part, le désir de pouvoir retourner en arrière hurlant si fort dans ma poitrine qu’il paraissait me déchirer de l’intérieur.

L’enfant me tétanisait et, même si je ne le voulais pas, je voyais toutes les manières dont il pouvait périr, dont il pouvait disparaître. Il n’y avait rien à faire, dans ce monde, mis à part lutter pour sa propre survie. Certaines situations nous forceraient indubitablement à laisser les autres derrière et, à ce moment, les gens commenceraient par abandonner les éléments les plus faibles. Cet enfant. Moi aussi, peut-être. Et c’est pourquoi m’attacher, essayer ne servait strictement à rien. Je m’étais éveillé, vide, vide, vide et ce vide persistait comme les engelures fantômes contre mes doigts, ne me quittant vraiment jamais.

« Effectivement, je ne fais rien. J’ai abandonné. J’ai abandonné le jour où je me suis réveillé dans ce criss de lit tout blanc avec fucking Olicon qui me jaugeait du regard en se moquant. J’ai abandonné le jour où je me suis rendu compte qu’il était impossible pour moi d’avoir de foutus papiers d’identités dans votre réalité. J’ai abandonné le jour où j’ai réalisé que depuis le départ, il avait eu l’intention de m’enfermer dans une caisse sans savoir si j’allais y survivre ! »

Il n’y avait que Lena qui pouvait se douter, mais qui n’était pas assez curieuse pour s’en préoccuper, que Lena qui avait vu la confusion se peignant sur mon visage lorsque j’avais réalisé que plus d’un siècle s’était écoulé sans que je ne m’en sois rendu compte. Mes paroles n’avaient aucun sens, mais cette sale rouquine avait brisé un truc, quelque part, et je lui crachais un venin dépourvu de cohérence dessus.

« Alors, à quoi bon ? À quoi bon réussir ici ? Qu’est-ce qu’il y a à réussir, hein !? »

J’ai tout perdu et, ici, il n’y a encore que davantage à perdre.



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MessageSujet: Re: Screaming Stones Lun 7 Avr - 23:35

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Frustration. Voilà le mot qui qualifiait le ressentiment de la rousse envers Ashton. A quoi bon parler avec lui, autant parler à un arbre ! Il n’écoutait rien et restait enfermé sur lui-même, enfermé dans la pensée que rien ne pourrait être réussi en dehors de ce monde. Il était pourris jusqu’à la moelle de ses idéologies stupides et sectaires. Émilie-Anne ne savait en rien ce qui s’était passé en se garçon pour qu’il soit si persuadé de sa mort imminente, mais elle était certaine que son négativisme était dû à son passé.

Elle l’écouta parler, tout en refusant tout ce qu’il lui disait. Non son fils n’allait pas mourir car elle se battrait, saignerait et s’épuiserait pour lui espérer une vie meilleure, une vie en dehors de la tyrannie. L’environnement la dominait, mais que ce soit ici ou ailleurs, l’environnement la dominerait toujours. Des soins de santé? Dans l’autre monde il n’aurait pas plus survécu. Comment trouver un médecin? Trouvez l’argent pour le payer, l’hospitalisation, les médicaments? Il fallait être riche pour avoir tous ces soins, ou du moins, plus haut placé que simple servante au service des grands du monde.

Et puis… et puis… mais de quoi il parle? Était-il fiévreux? Ashton semblait délirer, divaguer vers un monde dont il était le seul connaisseur. D’où venait-il avant? Cela importait peu, mais il semblait si bouleversé à cause de cette ancienne vie. En tout cas, c’était l’incompréhension totale pour la jeune femme. Le voilà parlent de lui et d’abandon, de responsabilité. Non, cet enfant n’était pas négatif à en être maladif, il était malheureux. Voilà la conclusion de la mère.

Les traits de Larose s’adoucirent et les larmes cessèrent de couler alors qu’elle préféra fixer l’homme encore en pleurs devant elle. Comprendre sa souffrance, comprendre ce qu’il vivait, comprendre simplement. Voulait-il simplement que quelqu’un le comprenne?

-Ashton, je ne comprends pas? Que t’est-il arrivé?

Le vent soufflait, emportant quelques effluves du champ de pierres : l’odeur caractéristique du foin, de la paille en décomposition et de la terre humide encore gorgée de la fonte des neiges. Le printemps, signe de vie et de renouveau. Cette saison où la vie s’active et recommence doucement. Un soleil réconfortant, pas encore assez chaud pour bruler, juste suffisamment pour réchauffer, jamais trop, juste assez pour voler des sourires sur les visages des gens. Ce même soleil qui descendait doucement pour retourner dans son lit, allant doucement vers son repos, finir sa course, pour mieux la recommencer le lendemain.




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MessageSujet: Re: Screaming Stones Mar 17 Juin - 20:35

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La tempête, le calme et l’apathie.

L’orage qui brusque comme la combinaison de nos terreurs nocturnes, séchant sous le soleil printanier qui descendant doucement pour se réfugier dans l’horizon, prenait fin presqu’aussi rapidement qu’il s’était profilé. Les vents de notre altercations descendaient pour redevenir la simple brise qui, les odeurs et les textures, portait. Le paysage rural qui nous entourait s'apaisait, une finition, une pause et si j’avais désiré y apposer une attitude hautaine, en contrepartie à ma crise vocale, ne perdurait sur mes traits qu’une profonde fatigue noyée de larmes qui séchaient au gré des souffles de l’air.

La force de continuer d’imposer ma fureur interne à cette rouquine innocente, bien que naïve, s’estompait doucement. Elle était maternelle, cela allait sans dire, d’une férocité et d’une douceur qu’on ne pouvait qu’associer qu’au parcours d’une génitrice enhardie du désir de protéger et de voir grandir sa progéniture. Mon défaitisme se verrait systématiquement rabrouer et enseveli sous la force de sa résolution et, même si je n’y croyais pas vraiment – comment croire que cet univers dans lequel on nous avait envoyé des prétextes en bouches, mais aucune compassion en main, pouvait abriter la possibilité de voir un enfant s’épanouir sans heurt – et si cet enfant ne plongeait pas à sa mort, il plongerait assurément dans la douleur. La douleur physique, la douleur émotionnelle. Cette douleur qui émane des questions qu’on se pose en grandissant et auxquelles personnes ne pourrait apporter de réponses. Si cette petite créature ne mourrait par d’une mort physique, la déchéance et l’émoi mental finirait par le rattraper. Il souffrirait, il souffrirait comme nous souffrions tous.

Un soupir éreinté franchi doucement la barrière de mes lèvres et je me rapprochai du bambin par l’intermédiaire de quelques foulées. Il gigotait passivement, encore trop jeune pour réellement comprendre que l’univers dans lequel il était né ne pourrait jamais vraiment lui apporter d’autre qu’une quête perpétuelle visant à assouvir sa survie. Il mènerait, toute sa vie, une vie qui aurait beaucoup plus de chances d’être courte que longue, une bataille contre cet environnement trop récemment découvert pour être maîtrisé. Il verrait des gens qu’il aime périr de manière grotesque et la dureté de cette existence se graverait dans sa chair. Il n’aurait pas de doux souvenirs pour l’aider à s’endormir la nuit, mais se heurterait au cynisme moderne porté par quelques uns des habitants les plus récalcitrants.

« Je suppose que j’aimerais bien partager ton espoir, mais que je n’y arrive pas, parce que des vieux sourires chuchotés contre mon oreille me rappellent que c’est stupide d’espérer. Et que j’ai déjà trop espéré en vain. »

Je ne répondis pas à la question de la rouquine, car, après tout, même si quelqu’un était disposé à croire un mot de la situation farfelue qui m’avait poussé à atterrir dans le champ de pierre, mon récit était si saugrenu que jamais je n’aurais su par où commencer. Par la mort de ma mère, par les cheveux d’oncle Will s’éparpillant contre les vertèbres de mon cou, alors que nous regardions l’album photo laissé en libre-service lors des funérailles. Par le sourire de Kohaku, la damnation au goût plus amer que sucré, mais qui avait su créer chez moi une dépendance dont je ne me remettrais probablement jamais. Non, je ne répondis par à la question d’Émilie-Anne, trop faible, trop confus, loin d’être prêt à faire face à ces mots qui s’étaient fossilisés en mon cœur le jour de mon éveil dans la demeure d’Alan Oliver. Il n’y avait rien à dire. J’avais tout perdu. Tout. Une réponse aurait été futile, valait mieux lever les yeux au ciel ou les plonger dans l’humidité de la terre.

Mes doigts frôlèrent le limon du trou creusé par la jeune mère, Émilie-Anne, et je soulevai l’enfant de mes paumes, le portant dans les airs pour venir l’appuyer contre ma clavicule. Je l’observai d’au travers de mes cils, appréhendant le calme soudain de sa posture et susurrai d’une voix neutre :

« Well, little munchkin, we shall teach you how to be silent as soon as we can. Won’t we ? »

Je berçai l’enfant avec une désinvolture calculée, laissant mes mouvements le promener avec une fluidité que je jugeais sécuritaire. Plus sécuritaire que de le laisser moisir dans un gros trou poussiéreux dans tous les cas. Je soupirai de nouveau, tranchant encore une fois la silhouette de l’ingénue adolescente de mon regard. Si le dédain s’était adoucit, la sévérité et le jugement persévéraient. Je ne la croyais pas à la hauteur de ce monde, de cette vie, et son espoir m’effleurait comme une maladie plutôt que comme une bénédiction.

Mais.

L’humain avait toujours su rêvé d’or et de merveilles dans le creux du soir et je ne faisais pas exception à la règle, même si ma conscience me prévenait que de croire, que de me nourrir de trop d’optimisme, ne mènerait qu’à davantage d’amertume.

Des petits doigts se refermèrent autour de l’une de mes phalanges et je m’adressai à elle tout en levant les yeux au ciel.

« Parions sur votre survie, alors. Si ton enfant et toi survivez l’année, je te ferai une fleur. Celle de ton choix. »



Traduction:
 



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