[X] The sky looks pissed, the wind talks back

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MessageSujet: [X] The sky looks pissed, the wind talks back Mar 2 Juil - 6:25

je suis une actrice qui connaît le jeu qui ne lui fut jamais écrit
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The sky looks pissed, the wind talks back
Ashton, seriously, just shut the fuck up and be nice.


L’hiver était officiellement mort quelques semaines plus tôt ; la neige n’était plus qu’un souvenir. Nous eûmes droit à une période de beau temps alors que la neige fondait encore, après quoi il plut beaucoup, lavant les sols des amas gris de terre enneigée, puis il reneigea deux fois : cette neige fondit évidemment très rapidement, après quoi nous eûmes de nouveau quelques jours de pluie, s’en suivit de chaleurs étouffantes se mutant en froids humides dès la lune tombée.

Passer ces journées à travailler sous un chaud soleil, couvert de la tête au pied par l’humidité insupportable pour ensuite, après une transition trop courte pour vraiment être observable, avoir froid et grelotter sous les fourrures, le corps encore couvert de cette même maudite humidité qui ne semblait jamais partir. Je ne me souviens pas qu’il ait fait si humide lors de mon premier printemps et j’espère franchement que c’est cette année qui fait exception. Je me souviens des nuits de ce premier printemps où, seule, je m’inquiétais de l’avenir de ce monde. C’est fou combien en un an, les choses changent : j’étais passée de l’attente inespérée de compagnon à l’envie prenante de renvoyer la moitié de ceux-ci directement d’où ils venaient, ou bien de les tuer, tout simplement. Résistant à cette envie gratuite et peu prolifique, je m’efforçais de rendre chacun utile, œuvrant parfois dans l’ombre afin qu’ils restent motivés et concentrés sur leurs tâches, aidant dès que je le pouvais les gens, non pas à finir leurs tâches, mais à être plus apte à les exécuter. Il y avait des gens d’office plus utile ou indépendant que d’autres, pas nécessairement les deux ensembles ; les ermites solitaires qui ne passaient que parfois, pour prendre ou donner des nouvelles, par exemple, pas bien plus utiles que certains autres, en mon opinion.

J’eus trouvé Ashton, ce matin, qui ne faisait rien, qui lambinait en solitaire dans l’abri que je me voyais forcée de partager avec lui. Cet être demandait un peu plus de tact que certains autres ; j’avais l’impression que si j’arrivais en lui disant que nous allons de ce pas lui faire son propre abri…Il aurait un choc, il ne voudrait pas, il ferait une crise ou je ne sais qu’elle autre ânerie encore et au final, rien ne se passerait. Il me fallait l’apprivoiser : y aller doucement et commencer par lui faire pratiquer une tâche facile et peu à peu l’habituer à plus. J’y réfléchissais depuis quelques jours, je n’avais seulement pas idée de quelle tâche serait suffisamment facile – et utile- afin de commencer cet entrainement vers l’activité et l’indépendance. La réponse m’étais venue, éclairée de rayons solaires filtrés entre des branches touffues, alors que, penchée dans un fourré, j’achevais un pauvre renard noir qui se serait pris la pâte dans l’un de nos collets, et que j’aperçut, non loin, des points roses, des points oranges et des points bleus. Des baies. Quelques jours plus tôt, des filles du village avaient voulu en ramasser, mais la récolte fut peu fructueuse, aujourd’hui, néanmoins, la population de fruits semblait avoir fortement augmentée !

J’étais retournée au village, laissant la dépouille du renard à une âme bénévole motivée à s’en occuper et je m’étais précipitée vers mon abri. Asthon y était, bien évidemment, le nez plongé dans ses bouquins. Il m’avait accordé un regard vitreux lorsque je l’avais interpellé. Je dus finalement aller le tirer du sol par l’épaule pour qu’enfin il daigne suivre mon élan. Je ne lui avais pas dit ce que j’avais en tête, je me doutais qu’il se serait défilé, mais j’avais espoir qu’alors une fois rendue sur place, peut-être concèderait-il à participer à la cueillette que je nous prévoyais.


Je serrais deux paniers rapidement attrapés contre ma poitrine. Nous étions au milieu des bois. «Yeah, so.... Let’s just get some berries, ok ? » Pause. Je l’observe avec attente, espérant sincèrement qu’il montre un minimum d’intérêt, mais je soupire bien vite. « Don't even try to run away if it's not with this basket full of berries. I mean, you do know you have absolutely no chance of escaping me here, don't you? So, hey, let’s make this easy and kind of pleasant for both of us, kay ? » je lui avais flanqué son panier dans le ventre en cours de monologue, juste suffisamment fort pour lui faire bien comprendre que je pourrai faire usage de force si besoin était. « So…I've seen some azure berry, and even some early prosperous berry ! And I believe I did saw some little pink unknown fruits too.» Je n’en voyais cependant pas pour le moment, ni des roses, ni des orangés… Je crois qu’elles étaient un peu plus au nord, là où il y a de grands arbres. Mais il y avait tout de même un beau buisson de baie d’azuré à disposition.


Dernière édition par Lena M. Oliver le Sam 4 Avr - 22:38, édité 11 fois
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MessageSujet: Re: [X] The sky looks pissed, the wind talks back Mer 12 Mar - 21:40

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THE SKY LOOKS PISSED, THE WIND TALKS BACK
I cannot seem to operate that you my love are gone.

STEP SEVEN.
« Kiss me like you would kiss the sky; get me so high that I won’t be able to tell my left from my right. It’s in those little moments where Lawrence would be away and that you would back up against the wall, inviting and smiling, that I’d feel as if, for once, you were really seeing me for who I was. How foolish I was, how foolish I am. I still want you so bad. »

-

Des mots perlaient contre le doré de mes iris, des traces d’encre aux couleurs variées teintant un papier trop épais pour être transpercé. Des images fusaient dans les remparts de ma tête, des arabesques me semblant presque plus vivantes que la forêt s’étendant au-delà de la falaise des pêcheurs. Bien sûr, il s’agissait de ses mots, de ses images, de ce qu’il m’avait laissé, de tout ce qui me restait de lui. Ses termes peignaient le paysage d’une contrée nippone où la jeunesse qu’il n’avait jamais pu secouer collait aussi à la peau du monde qui l’entourait. Une dame à la chevelure de feu et aux ailes brisées qui serpentait de manière désorganisée dans une ville qui ne se lassait de contempler les couleurs qu’elle abandonnait dans son sillage, un homme translucide, apparemment grisant, arborait un haut de forme métaphorique et servait du thé aux malheureux qui ne parvenaient plus à munir leurs cerveaux eux-mêmes, créant des alambiques pour jouir de la métaphysique des termes. Ethel Dawkins colorierait éternellement le monde, dans ces pages et Yui Valentine, défiant la mort, ne mourrait jamais.

Il y avait des dizaines de personnages, des idylles et des tombeaux, des murmures que j’imaginais avoir été soufflé dans le plus absolu des secrets contre ces pages raturées d’encre. Puis, il y avait le ciel, un homme, où du moins c’était ce qu’on le prétendait être, qui se dressait, plus vif que les autres images, répété si souvent que je n’arrivais plus à me le détacher de la rétine. De longs cheveux noirs et ces démons bleus dans les orbites, une langue équilibrée et un corps de marbre souple. Joshua le décrivait comme étant une immensité stellaire, une infinité temporelle, ce que personne mis à part l’immatérialité ne pouvait atteindre.

J’entendais sa voix et mes souvenirs se mêlaient aux textes et il me susurrait, paisible, les yeux levés contre ce bleu qu’il vénérait tant : « Aucun humain ne peut toucher le ciel, Ashton. »

Prévisiblement, tu ne t’étais jamais considérer comme tel, hein, Kohaku ?

Alors que mes prunelles s’apprêtaient à s’engorger de nouveaux des lettres, qui après des heures entières passées à lire me semblaient se fondre les une dans les autres, les vibrations familières des pas de Lena contre le sol de la hutte me parvinrent et je levai les yeux, la considérant d’un regard vaporeux, la mâchoire légèrement pendante, comme si de la voir apparaitre là m’emplissait d’une profonde confusion. La vie que je ne vivrais jamais se dissipait de ma réalité et mes synapses hurlaient le concert du désir de pouvoir la garder. Lena, elle, m’entrainait affronter ce monde que je vomissais trop souvent et mes jambes s’entrechoquaient dans la soumission que sa force m’imposait.

Je la suivis, malgré moi. Toujours malgré moi.

-

« Ah. You’re trying to get me moving again. How desperate of you, Lena. »

E t si, initialement, le fait de se faire tirer du confort de la hutte m’avait arraché à ce qui semblait être un lourd sommeil, il y avait maintenant ce sourire goguenard sur mes lèvres. Une arrogance empruntée à un autre grondait au cœur de mes pupilles comme une maladie et je me vautrais dans ma méprise du monde s’étendait tout autour, apposant aux champs et aux forêts le goût amer de la défaite, projetant ma rancœur sur ceux qui croisaient mon chemin. Lena, en l’occurrence. Lena, contrainte de me subir, vivant avec moi dans le premier nid humain ayant vue le jour dans ce Nouveau Monde, sur Terra, Lena qui devait constamment composer avec mon attitude nauséabonde.

La poigne de fer qu’exerçait la chasseresse sur mon poignet était donc incontournable et m’en défaire n’était pas une option, si bien que la seule possibilité qui s’offrait à moi fut celle de calomnier, de geindre, de persiffler, contre elle, contre Oliver, contre le sol que nous foulions, empruntant des montures pompeuses aux faux dieux des panthéons avec la ferme intention de pouvoir dédaigner tout de bien haut.

Je n’étais pas assez stupide pour m’enfuir aussi longtemps qu’elle me prouverait être alerte et la manière la plus rapide de pouvoir retourner feuilleter les journaux de Joshua était donc de me plier aux ordres de Lena. Je contemplai le panier qu’elle avait plaqué contre mon torse avec insolence, m’écartant du rejeton simulé d’Oliver pour valdinguer vers le premier buisson de baies qui se dévoila à ma vision. Les espèces de mûres dorées, que je surnommais avec affection, et des regrets plein la bouche, les « Heal Berries » en l’honneur d’un jeu vidéo que mon paternel m’avait montré trouvèrent donc vite leur place dans mon panier probablement tressé in Gavin Land. Je contemplai les fruits un moment, me rappelant les souvenirs que leur surnom me communiquait, des pixels colorés et des combats polygonaux, mais la manœuvre devint rapidement lassante, si bien qu’au bout de quelques minutes, je lançai dans l’air :

« So . . . picking berries, eh ? I was getting to the good part. There was a samurai and a dimpled smile. And I know why he likes the color blue so much, now. »

J’orientai ma tête vers Lena, entrouvrant mes lèvres pour enfoncer l’un des trésors sucrés dans ma bouche, le roulant contre ma langue un instant, l’écrasant, avant de l’avaler. It wasn’t fucking wasting if I was fucking eating it. Déjà, ma main en attrapait un autre, les subtilisant à mon panier à peine rempli.

« Why do you even bother with me ? It’s futile. »



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MessageSujet: Re: [X] The sky looks pissed, the wind talks back Sam 4 Avr - 22:33

je suis une actrice qui connaît le jeu qui ne lui fut jamais écrit
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The sky looks pissed, the wind talks back
So glide away on sloppy hills and promise not to promise anymore.


Il criait, il geignait ; c'était de peu qu'il ne grognait pas en fuyant sa leste, s'étranglant, et se résignant enfin afin d'éviter la métaphore douloureuse de la strangulation.

Ashton dédaignait le panier et la tâche qu'il représentait avec une hauteur presque féline. Museau haut et babines étirées vers le bas ; il était un étrange hybride entre un canin mal dressé et un félin fier et orgueilleux... Mon séjour sur la Terra et mon observation de la faune locale m'évitait l'inutile tâche de trancher quant auquel le représentait vraiment.

- I guess it's beacause I'm an idiot. All muscle and no fucking brain... So just pick up the damn berries and MAYBE I won't punch you. Dis-je, à demi sérieuse, le sarcasme brodant mes mots, mais l'intention bien motivée dans un coin de mes humeurs.

Il n'était certainement pas comme les autres bêtes du genre humain avec lesquels je m'inalpais religieusement. Ashton ne semblait pas apprécier l'action de vivre, ou bien il ne la percevait pas, ni ne la considérait par-delà le linceul qui la séparait de celle de survivre. Le pâturage humain qui enjolivait les Alpes villageoises prouvait jour après jour que la première n'était pas qu'une stricte évolution de la seconde, et surtout que les deux étaient compatibles. Pour ne pas dire qu'elles étaient un beau couple, une paire d'âmes sœurs : ici ou là-bas, on devait toujours travailler, sacrifier quelque chose pour le bien de notre vie bonne…

Nous nous étions défiés en parcourant la forêt de la falaise. Piques sarcastiques et commentaires crachés en guise de pas. Finalement, nos mains, à défaut de pincer, de claquer, de frapper, trouvaient des fruits et les arrachaient des buissons frileux. Des fruits de silence. Des fruits de colère. Des fruits de tension. Des fruits de passions. Des fruits.

On mélangeait les fruits bleus et les fruits dorés. Et enfin nous trouvâmes des fruits roses, ou plutôt des fleurs. Ou quelque chose entre les deux.

- They smell sweet enough. I believe they are the pink fruits Félicie told us about.

La jeune femme avait décrit des petits cœurs roses poussant de lierres qui embrassaient les arbres de cette zone. Les petites formes arrondies étaient toutefois plus foncées et moins fermes que ce que la donzelle avait décrit : sur mes doigts s’étendait un liquide rougeâtre alors que j’en pressais le fruit amoureux. Après tout, Félicie en avait parlé il y a déjà quelques lunes, et nous avions également vues de plus fermes baies prospères.

Le fruit pleurait, ou bien saignait, ou bien les deux. Le cœur de la forêt pleurait des larmes de sang à notre passage. Voilà qui était réjouissant. Mon propre cœur s’étranglait alors que je serrais la fleur entre mes doigts et qu’une hémorragie de nectar les inondait et dégoulinait jusqu’à ma paume.

Ashton parlait pendant que j’étudiais. Je ne me formalisai pas de ses commentaires envolés, parce que je doutais que ce qu’il pouvait être en train de faire avant que je l’entraine travailler ait pu être bien pertinent.

- Do you think they’re good ?

Demandais-je finalement à Ashton en lui tendant une petite poignée des baies roses et humides. Après avoir englouti une dernière poignée de baies prospères, il ne se fit pas prier pour y gouter, et j’en pressai moi-même une contre mes lèvres. Les fleurs avaient bon gout : la pulpe fragile rappelait subtilement le gout du bleuet, mais avec la texture d’une laitue épaisse, alors que le nectar lui, était beaucoup plus parfumé et un peu aigre comme le jus de framboise.

- They are great ! M’exclamais-je, sincèrement surprise d’apprécier autant le tourbillon doux et acidulé.

Je léchai également les sillons tachés sur mes doigts en me promettant d’encourager les cuisinières à en faire un jus ou une liqueur. J’en cueillis et mangeai quelque trois autres avant de commencer une récolte plus prolifique. Le cœur léger et chaud, je glissais dans mon panier des baies roses sans être capable de m’élever le gout et la texture de la tête, sans être capable d’éloigner l’idée d’en dévorer quelques autres. Et après tout, on voyait du rose partout. Après quelques minutes de travail seulement, mes doigts étaient de nouveau dans ma bouche, les fruits dans ma gorge : la fraicheur chaude dans ma gorge avide. Le fruit était doux, mais chaque bouchée tiédissait mon ventre, et maintenant ma gorge, et plus tard mes mains, et, finalement, les moindres parcelles de mon être. Soudainement, les piqures des ronces sur mes doigts étaient très pénibles. L’ombre était froide, les rayons du soleil, brulant, mais le vent sur ma peau me semblait merveilleux. J’avais de plus en plus faim, et de plus en plus de mal à ne pas glisser entre mes lèvres les fruits qui, bizarrement, ne semblaient plus aussi autarciques qu’au début. J’étais subitement fatiguée, vaguement consciente que mon état n’était pas normal, mais surtout légère: j’avais la tête qui flottait dans une béatitude engourdissante. J’avais toutefois les paupières lourdes et les yeux glissants. En titubant, mon dos rencontra un arbre dont l’écorce fascina aussitôt mes doigts, et ce pendant de longues minutes.

Un peu plus tard, lors d’un frôlement, le tissu de la chemise d’Ashton qui rencontra mon coude me sembla impossiblement doux, quoiqu’un peu râpeux en même temps. La sensation était perturbante et intrigante, alors mon coude retrouva volontairement le tissu, puis ce fut le reste de mon bras, et enfin ma main qui trouva le vêtement. La main pleine du textile goutait en serrant et en flattant. Je me tenais debout, à sa droite, les yeux fermés ; je ne faisais que palper et caresser le tissu en oubliant tout le reste, en ne me consentant que sur le grain de l’étoffe. Éventuellement, la peau rencontre la peau et l’expérience recommence : le derme caresse le derme, la main serre le bras, remontre sur celui-ci et cherche à en ressentir toutes les fibres afin de comprendre la sensation que son contact engendre.

De bras en coudes, on se retrouve face à face… Mes yeux sont lourds, mais regarder quelqu’un ne m’a jamais semblé aussi fascinant. Des morceaux satinés de peau, des fourmes, des courbes, du crème, du rose, du brun, les éclats de couleur mouchetés sur le noir de ses yeux, la texture charnue de ses cheveux. Ses cheveux avaient l’air doux et mes yeux suivaient les mèches alors que j’essayais d’en deviner la texture, et que j’empruntais celle de sa peau... Ça ne fonctionnait pas. Maintenant incapable de résister, je finis par glisser une main au long de sa nuque, et par empoigner les couettes foncées.

- Ashton . . .

Parler était une action étrange : le message électrique, l’activation des cordes vocales, la vibration dans la gorge, l’éclat sonore envolé : le besoin d’exprimer ma confusion se perdit dans un gémissement étouffé.

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MessageSujet: Re: [X] The sky looks pissed, the wind talks back Mer 29 Juin - 23:48

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I’ll never say I’ll never love, but I don’t say a lot of things.
And you my love, are gone.
.
-

Dégustation, déglutition, la mécanique de mon corps se voyait enrayée par l'imaginaire de son poing se fracassant sur ma joue. Une baie entre les dents, puis une autre entre les doigts, je contemplais la sévérité diligente de sa silhouette, coincé dans un mouvement qui ne trouvait pas sa fin. Il y avait des muscles brodant son corps d'un fer organique qui saillait contre le tissu de sa courte robe et qui s'agençait, dans une union dénotant l'effort, avec les ecchymoses et les cicatrices qui la recouvraient. Les plaies vieillies étaient facilement perceptibles de par-dessous le halo de pilosité qui sinuait sur les reliefs de sa peau et qui s'évinçait dans le néant, là où la rudesse du travail avait créé des marques plus récentes. Une épilation labyrinthique offerte par la douleur et remarquée pour le sang qui l'accompagnait plutôt que pour un soi-disant esthétisme. Le tout dissonait de la féminité que la société de mon époque aurait cherché à lui souffler dans les pores, détonait avec le portrait de la femme-guerrière que mes repères médiatiques m'avaient présenté.

Pourtant.

Je l'entrevoyais rire, lui, Joshua, dans une mutilation éhontée de mes croyances. Je l'entrevoyais s'accrocher aux paupières de son ciel colossal, pourfendant des conceptions sur lesquelles mon cerveau n'avait jamais réellement su s'arrêter, me pointant du doigt un détail auquel je restais aveugle.

Je devinais ses seins, sous sa robe. Je leur imaginais un galbe plus solide que celui auquel j'étais accoutumé, quelque chose que le travail acharné des muscles n'aurait jamais à envier au faisceau démentiel des stroboscopes. Quelque chose que mes paumes n'avaient pas trouvée contre la fragilité mensongère du plexus de Joshua. Elle emplissait mes yeux, la progéniture vicié du mégalomane, celle qu'on aurait pu qualifier d'enfant de cœur en avait-il seulement eu un, et, lui, ma damnation, Kohaku, vrombissait entre mes synapses. Le bleu au-dessus de nos corps, masqué par quelques branchages, me faisait tourner la tête. Je n'avais qu'une envie, contradictoire à mes observations, qui se résumait par l'abandon de mon panier encore trop vide au profit d'un retour dans une hutte que je préférais trop sombre. Je n'avais que faire des futilités de ce monde condamné.

Je n'avais que faire d'elle.

Elle me tendit une poignée de ces fruits-fleurs que nous avions dénichés, laissant couler entre mes doigts le liquide qui avait taché l'encolure de ses habits, striant d'un rouge framboise mes ongles et les replis de ma peau. J’en testai les gondolements, pressant mes phalanges contre une surface rendue collante par les fluides carmin qui s’en échappaient. La pulpe, poreuse, fragile, se fripait sous mes doigts. Sa tentative de m’écarter de notre hutte s’éparpillait au gré des baies, s’écartelait entre celles qui atterrissaient à l’intérieur de nos paniers et celles qui roulaient contre nos langues. Je les portai à mes lèvres, ces fruits roses, mon ongle s’affairant à perforer leur chair, pendant que Lena, surprenante dans son engouement, s’extasiait de leur saveur. Ses yeux brillaient d’une curiosité diluvienne que je ne lui connaissais point. Ses mains délaissaient le travail, modifiaient leur trajectoire, pour porter les petits cœurs sucrés jusqu’à sa bouche plutôt que jusqu’à son panier. Des rivières sanguines coulaient le long de son menton. L’expressivité qu’elle affichait dissonait avec la violence taciturne qu’elle avait promis d’apposer contre ma mollesse, opposant une impulsivité adolescente à sa rigidité coutumière. Elle semblait ravie, abasourdie, soudainement portée à un excès morfal qui prenait source dans la nouveauté des fruits-organes. Ses cheveux glissaient contre ses joues, ses cils flottaient au-dessus de ses pommettes. Fascinant mon cœur barbouillé au fusain, elle me portait à un mimétisme de ses gestes qui laissait exploser, entre mes dents, les relents acidulés de notre découverte et qui engluait toute mon attention sur les ballants de sa silhouette.

Ma conscience s’aiguisait contre les filaments de l’air, s’hérissait au contact des feuilles contre ma peau et à l’ouïe de la manière dont sa salive chuintait contre les muqueuses de sa bouche. J’avais la sensation aigue d’avoir faim sans réellement savoir de quoi je désirais me sustenter. Mes prunelles ne la lâchaient plus et la notion de travail s’était complètement estompée au profit d’une tâche plus viscérale. Je connaissais cet engourdissement, connaissais le parcours de mes phalanges entre les baies jusque dans les environs de son corps. Il y avait souvent eu de ces moments, baignés de promiscuité, à l’époque où les boîtes de nuit s’alignaient sous mes yeux d’étudiant frivole. Les dialogues de ces nuits là étaient restés soupirés contre des parois méconnues, contre les tuiles salies d’appartements obscurs. Maintenant, alors que l’illusion de son poing fermé matraquant ma joue se transformait en sa paume ouverte contre ma nuque, je les entrevoyais, ces nuits, se murmurer sous le soleil, dans les hautes herbes d’un monde se désolant de verdure et d’air pur.

Je trouvai ses lèvres, taisant l’écho d’une incertitude qui remonterait le long de ma gorge une fois la fièvre passée, étouffant l’apparence plaintive dans laquelle elle avait enrobé l’un de mes prénoms. Je fus tenté, une vague seconde, de quémander son jumeau pour voir vibrer à l’intérieur de sa tête l’entièreté de mon identité. Celle-là même que Joshua avait portée à l’inexistence par ses machinations et que le docteur n’avait pas cherché à rétablir par désir d’offrir un rat supplémentaire à son projet. Lena, pendant une longue année, avait été la seule validation confirmant que mon cœur battait dans davantage qu’une enveloppe évidée. J’aspirai son souffle, laissant mes jointures remonter le long de ses flancs pour s’entrechoquer contre ses côtes. Ses cheveux balayaient mon visage d’ombres, sectionnaient la clairière sauvage de fils capillaires qui plongeaient mes yeux grands ouverts dans une contemplation tamisée de ses expressions.

L’acide qui perlait contre mes sens m’enfonçait dans une accalmie sensorielle et je murmurai contre sa mâchoire, m’écartant et descendant le long de son visage, que la situation présente n’avait rien d’une bonne idée. La certitude d’encore me mettre les pieds dans les plats ne suffisait toutefois pas à me désintéresser de nos contacts et je glissais sa robe conte sa peau brunie par le soleil, dévoilant sa nudité au miel fondu de mon regard. Il n’y avait plus rien à deviner et se dévoilait à mon attention tous ces détails que j’avais préalablement observé d’au travers le couvert de ses vêtements. Ses seins m’évoquaient des pétales séchés et arrondissaient doucement les lignes solides de son torse qui coulait pour devenir une série d’abdominaux sculptés. Mes doigts les trouvèrent avidement, exacerbant dans leur hâte une chaleur qui ne cessait de monter.

« Lena . . . », susurrais-je contre l’une de ses clavicules, mes ongles crissant contre le satin de sa peau, pendant que ma main libre s’affairait à ramener ses cheveux vers l’arrière. Il y avait dans la déresponsabilisation, dans l’absence de contrôle, un sucre revigorant que j’étalais sur sa chair et je nous imaginais tomber à la renverse dans ces fruits du désir qui avaient dallé notre passage jusqu’à ces palpations fébriles. Je rapprochai ses hanches des miennes dans un frémissement sautillant.

Je comptais les palpitations de son cœur contre mes lèvres, testant l’élasticité d’une peau que je n’aurais jamais cru pouvoir être aussi agréable au toucher, m'attardant par convoitise de voir la sensation s'épuiser.

Dans ses journaux, Joshua avait parlé de dévorer le ciel. Je contemplais l’idée, égaré dans la moiteur sirupeuse des végétaux, réalisant distraitement que, comme lui, je m’accaparais quelque chose de plus grand que nature.



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