L'amour est dans le pré

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MessageSujet: Re: L'amour est dans le pré Mar 17 Juin - 16:29

Je suis mère des terres fertiles, j'accueille en mon sein celui qui y chasse
Féminin


Ils avaient tous décidé de torturer la pauvre mère. La rousse donna son fils à Asthon, se parasite qui pour une fois voulait se rendre utile. Autant le laisser faire et ainsi éviter un possible accident. Effectivement, lorsque cette cabale villageoise avait décidé de vouloir soigner cette plait avec les moyens du bord, la jeune mère comprit qu’elle ne s'en sortirait pas sans quelques douleurs supplémentaires, au risque de blesser l’enfant qui aurait été dans ces bras se resserrant contre sa poitrine pour évincer le mal de cette désinfection primaire.

Délivrer de la surveillance du bambin, elle se concentra sur le balafré qui avait proposé l’idée en premier. Le sel était, certes, le meilleur moyen de s’assurer que la plaie soit saine, mais pas la moins douloureuse. Il fallait par contre s’assurer que l’infection ne se mette pas de la partie, une blessure dans ce monde ou la médecine se résumait a une flore inconnue, potentiellement très curative, mais dont la jeune québécoise ne voulait pas en faire les frais si l’expérimentation se retrouvait être un échec total. Elle avait à enfant en charge . . .et possiblement un autre dans peu de temps. Effectivement, avec les doux moments passer avec son protecteur, Olivier se retrouverait peut-être avec un compagnon de jeu plus vite que prévu.

Une nouvelle venue qu’Émilie-Anne avait à peine vue, arriva dans son dos, la surprenant. La surprise, mélangé à la peur de cet attroupement et la douleur de la blessure fit recroqueviller l’impotente sur elle-même, frappant du même coup la main chargée de sel de Théodore. Ce même sel voltigea quelques temps dans les airs pour finalement retomber malicieusement sur la plait tout fraiche.

La substance qui servait à préserver les aliments, servait aujourd’hui à envoyer un message de douleur intense au cerveau de la rousse. Certains disent que les roux sont plus tolérant à la douleur que les blondes ou les brunes, mais la conjointe de Pavel infirmait cette thèse par un cri de douleur, signe qu’elle avait bien reçu les soins. . . peut-être pas comme les gens avaient pensé les lui donner, mais, en tout cas, c’était fait.





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MessageSujet: Re: L'amour est dans le pré Mer 18 Juin - 7:54

Eye Of The Tiger
Masculin




Je m'étais préparé à cette désinfection primitive rapidement, avec l'habitude des gestes qu'on répète. Ne pas laisser la plaie empirer, protéger son camarade Résistant, le soigner, dissimuler ses blessures pour qu'il puisse reprendre sa vie "normale" sans qu'on ne le questionne. Ça avait souvent été fait dans l'urgence, un bâton entre les dents pour éviter d'ameuter les patrouilles. Bref, l'imprévu ne m'était pas étranger. Et pourtant, je fus totalement pris de cours par les évènements.
Alors que j'attendais - vainement - que le grand blond fasse quelque chose pour distraire momentanément Émilie-Anne, the grumpy man (aka l'énergumène) apparut dans mon champ de vision. Mon ancienne colère émergea tout aussi sec, sa seule vue suffisant à la raviver comme neuve. J'eus toutes les peines du monde à ne pas laisser s'échapper des mots acerbes qui se bloquèrent dans ma gorge. Il s'empara de l'enfant, le délivrant des bras de sa mère et j'y vis l'Opportunité. Mais au son d'une voix féminine inconnue, Émilie-Anne se ramassa sur elle-même d'un mouvement brusque qui envoya valser le précieux contenu que renfermait le creux de ma main.
Il avait fallu moins d'une minute à cet enchaînement. Ce furent de très longues secondes qui contemplèrent l'envol, la prise de gravité et la chute des grains de mer. Le temps de cligner des yeux et ils finissaient leur courbe... À même le genou de la rouquine. Moi qui avait tout fait pour que ce moment désagréable ne soit qu'une anecdote, voilà que le sort - pas favorable pour un sou à la jeune mère - en décidait autrement.
Son cri me sortit de ma stupeur et je réagis instinctivement : l'eau restante de ma gourde se répandit sur sa peau claire, emportant avec elle le sel. D'un même mouvement, j'attrapai la bande déjà prête et encerclait son articulation au mieux et en serrant suffisamment pour que le saignement ne reprenne pas abondamment. Je redressai la tête et captai le regard intense et embué de la jeune femme.

« Désolé, je n'avais pas prévu ça de cette manière... »

M'entendre parler ma langue maternelle me surprit. Inconsciemment, le Grumpy m'y avait ramené. Cela faisait du bien et j'en savourais chaque mot, me moquant bien que certains n'y comprennent rien.

« Ça devrait aller mieux maintenant. Mais ce n'est que... du bricolage, Gavin fera bien mieux par-dessus. »

Mon outre, vide, récupéra sa place à ma ceinture et je me relevai.

« Peut-être que quelqu'un devrait t'accompagner là-bas, » suggérai-je, mon regard traînant sur le Grumpy, l'incitant à saisir l'occasion de disparaître de mon horizon.
.



Dernière édition par Théodore Lefaucheux le Sam 9 Juil - 12:48, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: L'amour est dans le pré Sam 28 Juin - 11:22

Invité

Invité
Ethel Lewis - R.I.P.

Ethel sut tout de suite qu’elle était arrivée au mauvais moment et que personne ne l’attendait, personne n’avait besoin d’elle. Cela lui manquait bien. Elle ne sut que faire un moment puis tous ses souvenirs de cours de survie, tous les remèdes bricolés avec des plantes, tout cela lui revint. Si, elle pouvait être utile, très utile.

Ethel se dégagea du buisson pour venir enter l’homme qui était en train de soigner la jeune femme, et la blessée elle même. Elle dit d’un anglais se voulant très neutre :

- Si vous avez besoin, j’ai quelques connaissances en survie, médecine… je peux faire une petit « atèle » à cette jeune femme…

Se penchant, elle aussi sur la jeune femme, sans lui sourire en regardant le médecin actuel. Puis Aleksei, qu’elle avait saluer quelques instants avant de se baisser, comme pour leur demander leur avis. Elle rajouta pour être concluante :

- Si vous voulez la transporter…

Ethel pensa aussi au brancard, le proposant aux deux jeunes hommes, se relevant comme pour se mettre à la tâche. Les bonnes vieilles méthodes qui s’appliquait il y a déjà très longtemps sur la terre… peut-être par sur terra ?

Il est vrai que la jeune femme s’était un peu invitée dans ce cercle de personnes mais il s’avérait qu’elle serait utile pour transporter la jeune fille mal en point.

S’il Ethel ne s’était pas interposé, un homme l’aurait emportée brutalement sur son dos et sa blessure se serait aggravé se disait-elle en justification. Mais en réalité, elle avait envie d’aborder ses gens, de se faire un peu connaître, enfin, à terra. Se faire… des amis ? Ce mot sonnait faut pourtant dans sa bouche, qui pouvait bien être amis avec elle avec ce qu’elle avait commis avant ? Elle ne méritait pas d’amis… pourtant elle en désirait. Son caractère changeait beaucoup depuis qu’elle était arriver à Terra, ce qui était une bonne nouvelle à proprement dis.


En attendant, un nouvel individu était arriver avant elle et voulait apparemment aider et s’interposé lui aussi, Ethel haussa les épaules et s’éloigna, ils viendraient la chercher si ils avaient besoin de ses services si c’était comme ça, l’homme avait l’air d’être un vrai anglais lui. Si on faisait la réflexion à Ethel qu’elle n’avait pas l’air d’être anglaise, elle dirait que son père était allemand, ce qui était vrai de plus, et sa mère anglaise. Son nom ferait le reste.

Ethel s’assit sur un gros monolithe qui trônait au milieu du champ pour regarder la scène. Soudain, parmi les herbes plus ou moins hautes, elle vit plusieurs objets non identifiables par terre… Elle se pencha pour analyser ses mystérieux éléments et trouva… rien, non, elle avait sans doute rêver. La chaleur faisait-elle halluciner ?

. Action : Fouiller les herbes hautes.
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MessageSujet: Re: L'amour est dans le pré Dim 29 Juin - 9:13

Je suis le son que personne ne fait, je suis l'ombre dans la nuit, et le vent dans tes cheveux
Féminin


Vous avez fouillé les herbes hautes:

Vous avez découvert une grande boite carrée faite de bois ; à l’intérieure, vous trouvez des tas et des tas de morceaux de bois rattachés ensemble par des cordes. Au total vous trouvez que ces morceaux forment trois ensembles identiques. En prenant le temps de survoler le livret qui est attaché à un des ensembles, vous remarquez que ce sont des berceaux en pièces détachées.

Vous trouvez aussi une boite de 24 craies, un paquet de cent feuilles blanches vierges, ainsi que plusieurs petits rouleaux de corde de chanvre, puis deux pierres à feu et en dessous de tout cela, une plane de menuiserie miraculeusement intacte.

Au fond de la boite, il y a enfin un plus gros livre qui renferme des croquis et des explications sur la construction de divers meubles et outils.


Parce que de tous les meubles importants à la vie courante, Alan Oliver sélectionne d’envoyer des modèles, non seulement en pièces Ikea, mais de berceaux. Sincèrement Alan ? C’est carrément malsain.


Art by koyamori.
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MessageSujet: Re: L'amour est dans le pré Mer 2 Juil - 18:02

The Pirate King
Masculin


Je ne comprenais plus rien. Deux secondes auparavant, j’étais seul avec la jeune mère, et voilà à présent que nous étions tout un troupeau autour de la bergère. Mais qu’est-ce qu’ils foutaient là ? J’étais ici le premier ! A-t-on besoin d’être cinquante pour soigner une égratignure ? Je commençais à enrager, assistant impuissant au larcin de mon heure de bonté. Le gamin m’avait été enlevé, et la situation filtrait entre mes doigts comme de l’eau. Et ça parle de toute part, en anglais, en français je crois aussi, puis de nouveau en anglais. Et ça me lance des regards comme si j’avais le pouvoir de lire dans les pensées. Se rendaient-ils compte que j’avais la situation en main avant qu’ils ne se ramènent tous ? Ils dramatisaient autour d’une petite blessure, comme si la jeune fille était à l’agonie. J’avais envie de tous les aligner par terre à grand coup de tartine d’os dans le visage pour leur montrer ce que c’était réellement la douleur. Et ça crie… Ô ces cris.

Assez…


En faisant un grand, très grand, effort pour ne pas frapper le premier à portée de mon bras, je plaquais une main sur la bouche d'Emilie-Anne. Tais-toi donc... pensai-je, tais-toi donc un peu. Je poussais un soupir satisfait en entendant les cris s'étouffer sous ma main puis cesser complètement. Comme elle avait compris le message, j'ôtais rapidement ma main de son visage. Elle n'avait pas dû apprécier ce geste par trop impoli, mais après tout, est-ce que ça m'importait vraiment ? Si ce n'avait pas été elle, c'eût été un tout autre traitement que j'aurai administré. Donc, qu'elle s'estime heureuse et qu'elle continue à pleurer en silence.

Autour de nous tournait un aigle blond. Oh, pas un vrai oiseau beau et majestueux avec des plumes et tout ça non, c’était Ethel qui planait, tournoyait, observant et lançant elle aussi des mots que je n’avais foutrement pas envie d’essayer de comprendre. Puis elle s’éloigna comme elle était apparue, allant se percher un peu plus loin. Je la suivais des yeux, avec une furieuse envie de déverser toute ma frustration sur elle, même si, après tout, elle était certainement la dernière à être fautive parmi les personnes présentes.

Et quelle fut-elle, ma frustration, lorsque je vis la leste blonde trouver à son tour une caisse. C’en était trop, ils trouvaient tous un trésor sauf moi quoi ?! Et sans le faire exprès, juste comme ça, en courant après un mioche ou en se prélassant dans l’herbe. Mais même si les objets étaient nuls, mais même s’ils ne faisaient que nous renvoyer notre propre incompétence quant à notre survie, trouver une de ces caisses était forcément excitant, non ? La joie que l’on devait éprouvé en démontant le couvercle devait être égal à ces instants où, enfants, nous nous jetions ardemment sur un cadeau offert par nos proches. Et je voulais sentir ça, cette merveilleuse sensation que l’on a quand on est certain de découvrir une surprise, quand on la tient au creux de nos mains et qu’il ne tient plus qu’à quelque seconde qu’elle nous soit révélée. Franchement, la vie était injuste, ce n’étaient pas ceux qui le désiraient le plus qui étaient récompensés. J’étais jaloux de tous ces chanceux indignes... et à deux doigts de l’explosion.

Mes yeux, noyés dans une furie silencieuse, se posèrent tour à tour sur tous les protagonistes de la mascarade qui s'était tenue là. Tout d'abord, le balafré, puis Ashton, le gamin, et enfin Emilie-Anne. Je desserrai les dents pour laisser s'échapper quelques paroles sèches :

" Well, I guess it’s gonna be o’ right now, ya no longer need Gavin. Пока!* "

Et j’ai tourné les talons.

Je cherchais des yeux un lieu inoccupé par des pionniers trop nombreux à mon goût dans ce champ d'ordinaire si désert. Le gros monolithe s'imposa alors à moi. Je m'en suis approché pour m'y adosser et me laisser traîner par terre en frottant bien fort mon dos contre lui. Ce contact froid, inexpressif, inhumain, presque hostile, me fit du bien. Il y avait donc en ce bas monde quelque chose fait du même bois que moi, un peu rustique, un peu brut**, inerte et amer.
Avec une certaine animosité j'arrachais les herbes qui m'entouraient et les jetais en l'air de façon désabusée. Auprès de ma plage, je vivais heureux... J'aurais jamais dû m’éloigner de ma plage…**

Quelques minutes de ce génocide suffirent à me calmer, comme si, avec les brins d'herbes, ma fureur s'était envolée au loin, portée par le vent vers une destination inconnue. Cependant, je restais collé à mon cailloux comme lié à lui par une force mystique. Je ne me sentais pas encore assez serein pour réintégrer la communauté.

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: L'amour est dans le pré Dim 10 Aoû - 18:21

Invité

Invité
John Clark- R.I.P.

Écorchures, ampoules et ecchymose, c’est ce que m’avais donné cet escalade, en plus de ce joli paquet bien emballé. J’appréciai son contenu et me permis de prendre l’un des livres vierges pour mon utilisation personnel, le reste allait surement se retrouver chez Gavin, notre médecin favoris. La descente fut plus facile que la montée, à croire que j’avais mémorisé où mettre les pieds pour ne pas tomber ou pire encore me blesser. Du haut de mon perchoir, je me souvins d’avoir entendu miss Larose hurler, alors dès l’inspection du paquet terminer je rejoins le troupeau à la course.

— Hééé… Je entendre toi crier. J’ai… found those things over there. Médicament?

Fis-je en déposant le paquet prêt de ma sauveteuse de cet hiver. Je m’assurai de mettre les rouleaux de bandages bien en évidence sur le dessus et de sécurisé les scalpels pour ne pas qu’on s’y coupe. Bien que je me sente de trop, je savais que ces objets lui seraient plus utiles à elle ou du moins au groupe au tour d’elle qu’à moi.

— I never had the chance to say thanks…Voici un… Cadeau?...Merci! Pour… la fourrure?

Dis-je dans mon français peu parfait. Bourré de faute et avec un gros accent, je me disais toujours que l’effort était plus important que la clarté des termes utilisés. Je me relevai tranquillement et doucement, ne sachant qu’ajouter de plus. Je vis au loin dans les fleurs la touffe de cheveux d’Alek. Yeux rivés sur Émilie-Anne, je marchais vers Boulgakov pour savoir ce qu’il mijotait. De plus, je me disais qu’à deux on pouvait la transporter sans problème. Je m’approchai de l’homme d’un air motivateur et enjoué, voulant m’assurer qu’il allait suivre mon idée. De loin je pouvais voir sa frustration, je devais donc me préparer un texte, je fis donc un grand détour puis fini par me cacher quelques minutes derrière un grand menhir. Je me murmurais à moi-même pour savoir si j’étais assez convaincant, puis quand j’étais assez certains de moi-même, je refis un dernier tour de ce grand, très grand menhir. Oubliant quelques instants miss Larose et Alek, je regardais cette chose rocailleuse de haut en bas.

— Man… that thing is huge.

Dis-je à mi-voix, d’un air légèrement surpris, puis j’emboitai le pas vers mon compagnon pirate. Je sautai d’une roche et m’approcha de lui vivement, sans être menaçant et lui fit une tape amicale dans le dos. C’est ainsi que je voulais le calmer et le ramener de sa transe colérique.

— Hey buddy, how ‘bout we help the lady out, we are two strong men with enough endurance to transport her in our arms to Gavin, common let’s go!

Simple, motivant et efficace. Cette phrase allait droit au but et était d’un calme irréprochable. J’espérais avoir convaincu l’homme. Je m’éloignai un peu de lui en le regardant avec un sourire empli d’admiration.

— You know you’re the best pirate here. Pirates are kind and helping to the ladies. Come see me at that huge rock once you’re ready.

Puis je retournai voir le menhir colossal qui m’avait tant intrigue, espérant être suivi de Boulgakov. Je m’y accostai le dos, me croisai les bras et attendis, le regardant d’un regard perça que le pirate pouvait surement sentir sur sa nuque, comme un rayon de lumière passant à travers une loupe.


Action - Fouiller près du plus gros monolithe en vue.

Traductions:
 

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MessageSujet: Re: L'amour est dans le pré Mer 13 Aoû - 3:20

Je suis le son que personne ne fait, je suis l'ombre dans la nuit, et le vent dans tes cheveux

Vous avez fouillé près du plus gros monolithe en vue. :

… Et vous n’avez rien trouvé. Après quelques moments au pied de celui-ci, néanmoins, un bruit lointain et familier vous interpelle. Intrigué, vous commencez à chercher, mais prenez un moment avant de finalement découvrir la dernière boite.

À une bonne distance du monolithe, vous trouvez donc enfin une caisse de taille moyenne ; le mystérieux bruit qui vous a guidé jusqu’à elle s’est étrangement tut avant que vous ayez pu l’identifier, mais qu’importe, au moins vous avez la boite maintenant ! Vous notez après une brève observation que celle-ci semble miraculeusement en bien meilleur état que les cinq autres, vous observez également qu’il y a, sur un côté, des trous. Vous constatez en dernier que le coin de cette façade particulière semble plus fragile et décidez finalement de renverser la boite afin de mieux pouvoir l’ouvrir ensuite.

Sitôt cette action posée, le mystérieux bruit reprend avec plus de force que jamais. Tétanisé, vous croyez enfin reconnaitre le bruit et entreprenez en presse d’ouvrir la boite afin de confirmer votre terrible hypothèse.

Dans la boite, ce ne sont pas les trente couches lavables, ni les quarante serviettes hygiéniques en tissus, ou même les neuf échappes de portage entassées dans un coin qui attire votre attention. Ni les deux pierres à feu, ni la corde, ni le sac rempli de biberons rudimentaires, ni le manuel sur la santé des enfants, plus étonnant encore, ce n’est même pas le guide imagé du Kâma-Sûtra que vous remarquez en premier, mais une paire d'yeux bruns qui reflétaient les vôtres.


Petite et menue, la créature qui était habilement attachée d’une dixième écharpe à un amas de couvertures aurait tout aussi bien pu être vous. Elle hurlait quand vous aviez enfin ouvert la boite, mais elle vous regardait désormais en silence, les yeux ronds et nuageux, l’orage prêt à de nouveau éclater dans sa gorge à tout instant.

Elle ne devait pas avoir plus de deux ans, une peau chocolat au lait, des yeux marrons foncés et une tignasse noire très frisée. Elle avait du sang sur le menton, beaucoup de sang, bien suffisamment pour vous faire paniquer. Plus tard vous constaterez avec soulagement qu’elle s’était simplement mordu la lèvre inférieure, probablement lors de l’atterrissage. Le docteur n’avait sans doute pas considéré qu’elle aurait pu se retrouver gravement blessée lors de son arrivée ici, mais après tout, ce n’est pas comme si une vie humaine pesait pour beaucoup dans sa balance divine. Cette enfant n’était pour lui sans doute rien de plus qu’un pari avec la vie qui pourrait, ô, peut-être venir agrandir son beau projet.

Et puis… Vous trouvez encore que le bon Docteur est un héros bienfaisant ?


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MessageSujet: Re: L'amour est dans le pré Mar 7 Oct - 11:30

je suis une actrice qui connaît le jeu qui ne lui fut jamais écrit
Féminin


Nous avions cessé de faire se frôler nos lèvres, mais avons continué de nous embrasser du regard, échangeant de ce qui allait bien au-delà du désir charnel. Immobiles, ce n’étaient pas nos corps qui se lovaient ensemble, mais nos esprits qui s’emboîtaient parfaitement là où nos dieux avaient découpé par éclats nos âmes d’enfant. Je percevais les mots d’Ashton comme si de mes doigts je touchais plutôt que de mes oreilles les ouïr. Ses mots que j’avalais voracement, aveuglément. Des bouts de phrases desquels je tripotais la signification avant d’en laisser le sens me pénétrer avec une telle force qu’il me chavirait jusqu’aux entrailles.

J’étais en train de m’abandonner à un long frisson de contentement lorsque le cri distant d’Émilie-Anne retentit et rompit notre communion intime. Ashton s’élança vers la jeune mère, mais moi j’étais restée enracinée sur place, sur l’allégorie de notre boudoir mental. Je m’étais mise à sa suite d’une marche carrée et peu entraînée. J’étais bel et bien inquiète pour la jeune rousse que j’affectionnais particulièrement, mais j’étais étourdie par une tendre ivresse et peu pressée de retrouver ces trous et ces coins ; ces rappels de l’audace de mon idole.

Émilie-Anne n’était pas en péril. Un attroupement de gens, soit le village en sa forme la plus abstraite et la moins matérielle, s’affairait autour d’elle, flamme centrale de notre petite peuplade tribale. Elle semblait souffrir un brin, mais rien ne menaçait sa vie.

Vivre. Survivre… Mourir. Je me sentais comme une petite créature perchée qui observait impuissamment des géants s’affairer. Ils essayaient tous de survivre tout en guettant du coin de l’œil la mort, tellement qu’ils en négligeaient de vivre pleinement. Survivre. Était-ce si important ? Qu’est-ce qui avait poussé Oliver à y croire avec autant de force ? Qu’avait-il imaginé de si alléchant dans cette idée de faire subsister la race humaine …

Après tout, ici ou là-bas, la pitance humaine restait la même : tenir bon. Tyrannie, dictature, fascisme. Et puis alors ? Des tempêtes, du froid, des maladies. En somme, la vie frayait son chemin dans toute misère. Vivre n’était pas qu’un état biologique, mais bien un état psychique ; ainsi Alan Oliver n’avait jamais été le chemin vers la vie, mais tout au plus un passage boueux vers son plus maigre paradigme.

Habitée d’un mal de ventre persistant, je m’étais machinalement échappée du cabas villageois. Je n’avais pas envie de voir personne et encore moins de voir les boîtes et leur contenu.

Mon acte de présence auprès de la population n’aura été qu’un brumeux hochement de tête en direction de la malheureuse victime, mais ce sans réel contact sensible. En cherchant un prétexte pour m’éloigner des gens : j’avais daigné m’intéresser à l’altercation entre Aleksei et John, je m’étais éloignée de la masse aussi vite que je m’y étais courtement mêlée par civisme. Je me suis retrouvée seule devant le blond, mais un seul regard échangé avec ce dernier me découragea de feindre tout contact social ; je le connaissais désormais suffisamment pour savoir qu’il valait mieux ne pas le brusquer lorsqu’il abordait cet air délicat. J’avais poursuivi ma déambulation vers le deuxième marin après avoir accordé une révérence compatissante au premier. Je n’avais pas véritablement envie de m’amalgamer, ni avec un ni à l’autre, mais inquiéter la foule en m’isolant était la dernière chose souhaitable à faire, et je voulais conserver le peu d’espace que j’arrivais dans ce champ pourtant trop vide.

Quelques pas de plus et j'étais soudain devant un miroir. Je me voyais pour la première fois depuis des années ; sous des traits plus jeunes, avec une peau plus foncée et avec des yeux moins clairs, mais c'était bel et bien moi ; une petite chose emboîtée et propulsée dans un univers dont elle ne savait rien.

John n’existait plus, Aleksei n’existait plus, Émilie-Anne, Théodore, Ethel et même Ashton n’existaient plus. Le village, le projet, et même Alan Oliver n’existaient plus ; c’était le vide à des infinités à la ronde. Il n’y avait plus que moi, l’enfant et les formes vagues de la boîte qui l’emprisonnait.

Elle pleurait, mais c'est moi qui avais mal. Un gémissement m’avait donné une crampe, un pleur m’avait plié en deux. Mes mains étaient difficilement parvenues, mais sûrement, à se couper un chemin jusqu'à elle et à l'arracher de ces liens. La tête puis les épaules, puis les bras. Je l'extirpai sans forcer des couvertures, déliant en tout dernier une mince bande de tissus qui la liait par la taille à l'image d'un lien ombilical. Sage-femme réinventée, je venais de l'accouchée d'un berceau de bois. Ceci fait, je ne voulais plus la toucher, plus la regarder. John perché par-delà mon épaule était libre d'en faire ce qu'il voulait. Sans me lever, je m’étais pour ma part éloignée en quelques coups de genoux.

J’avais mal au cœur, j’avais du mal à respirer. Débordée par des montagnes d'émotion, je cherchais à nouveau Ashton du regard. J’avais besoin d'une ancre, d'un pied, d'une tour, parce que j’avais l’impression de me noyer, mais aussi de m’envoler sans pouvoir battre des ailes. Ashton n'était pas comme tous les paysans que mon divin père envoyait ici. Ce n'était pas faute d'être capable qu'il ne faisait rien d'utile ; comme un oiseau exotique, il préférait simplement se laisser dépérir, plutôt que de vivre en captivité. Sa cage rustique était une métaphore, un procédé imaginaire qui traduisaient la façon dont il était arrivé ici par des barreaux invisibles, mais solides. En mon sens, il avait en quelque sorte raison : nos patriarches nous avaient bel et bien envoyés dans leurs utopies avec l'intention de nous enfermer : Alan, d’une part, avait scellé nos destins en une ligne étroite que nous devions suivre afin de perdurer, ce au profit d'une idée plus lourde que nous encore. En quelque sorte, je me rebellais moi aussi contre lui ; continuer sa volonté était accessoire à notre survie, mais vivre était un mouvement qui le défiait en soi. Vivre malgré lui, vivre sans lui, vivre mieux que lui. Impie d’un culte dont j’étais l’avatar, si je pouvais trouver moyen de vivre et de faire vivre les autres autrement que pour lui, je le surpasserais.


-Let’s prove him wrong Ashton. Let’s prove them all wrong. Lui dirais-je enfin dès qu’il serait suffisamment près de moi.

Nous n’avions pas besoin d’Alan Oliver, ou de personne d’autre pour vivre ; nous étions une petite nation que bientôt nous serions fiers d’être, et nous érigerions une civilisation différente qui aura ses propres biens et ses propres maux. Nous n’étions pas et ne serons jamais perfection et nous ne pouvions pas espérer isoler uniquement la bonne nature de l’être humain. . .

Car nous n’étais pas tous de bons partisans et ceci n’était l’éden. Amen.

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MessageSujet: Re: L'amour est dans le pré Mar 7 Oct - 11:31

Frostbitten Requiem to a Forgotten Elegy
Masculin


« The fields are filled with desires, all voices crying for freedom, »

Aussitôt avais-je eu l’enfant entre les bras, m’étais-je empressé de m’éloigner de la cacophonie humaine qui crépitait autour d’Émilie-Anne, l’unique mère locale, lui accordant un sourire suffisant avant de déguerpir. Je n’avais guère envie de trainer trop longtemps autour de visages dont les jugements me barbouillaient la peau et, qui plus était, je n’avais aucunement l’intention de laisser le garçon au livre venir me réclamer son dû de si tôt. Certainement pas avec Olivier dans les bras. L’enfant aux noms gangrénés, pour tous les problèmes qu’il causait, m’apparaissait comme un havre, une échappatoire, un fragment de cet univers désopilant auquel il me serait toujours possible de m’accrocher en souriant. Mieux valait pour moi de le tenir éloigné des altercations résultant de mes comportements peu reluisants.

« But all in vain they will fade away, there's only you to answer you, forever. »

Je m’étais donc rapidement éloigné, rythmant mes pas au gré d’une chanson mélancolique, satisfait de constater, qu’à priori, Émilie-Anne ne subirait aucune séquelle permanente. Les bras du petit Olivier s’étaient enroulés autour de mon cou et il gazouillait, accompagnant mes chants, moins agité maintenant qu’il se voyait éloigné de la fébrilité des autres pionniers. Bien sûr, il gigotait toujours un peu plus qu’à l’habitude, gonflé par cette énergie incombant à tout enfant de son âge, mais sa force ne comparait nullement à la mienne et il semblait suffisamment amusé par le chant – ou plutôt, par l’imitation – pour ne pas criser.

« Blinded minds, you are singing a glorious hallelujah. »

Les hautes herbes chatouillaient nos membres, rideaux de chairs végétales, et, vraiment, il n’y avait strictement rien d’étonnant au fait que Milianne se soit enfoncée les pieds dans une boîte, craquant le bois dans sa hâte de protéger son fils. Fils dont les doigts s’accrochaient aux vaguelettes capillaires qui coulaient contre ma nuque, tiraillant doucement, chantonnant innocemment. Un oisillon gazouillant sa vie.

Je profitai de la quiétude momentanée qui régnait – l’orage de boîtes me paraissait avoir cessé – pour, encore une fois, laisser mon regard pivoter, décrire un arc, aller se perdre, sur toute l’immensité du champ. Du moins, jusqu’à en attraper Lena.

Je n’avais pas porté attention à ses mouvements lorsque le cri d’Émilie-Anne était venu rompre notre léthargie humectée d’ironie suintante, mais ressentais toujours l’exaltation du vide dans laquelle sa présence m’avait propulsé. Elle avançait, idylle aux membres puissants, progressant avec une assurance diluvienne au travers des rochers et des végétaux jusqu’à en atteindre la forme d’un autre mec dont je n’avais cure du nom ou de l’identité. Je la scrutai avidement, le rouge du sang n’ayant toujours pas quitté ma langue et les larmes dans ses yeux barbouillant toujours ma conscience. Je la fixai, songeant à une réalité alternée dans laquelle elle n’aurait pas à être prisonnière des circonstances imposées par un homme qui n’avait d’égal que la gangrène de son égo. Un univers dans lequel ce havre serait son dessein tout autant que son choix, un monde dans lequel les racines originelles auraient été arrachées de leur terre avant d’être jetées dans les flammes de ressentiments. Un monde sans Alan Oliver, sans Anghel, un monde où elle serait née d’une fleur. Un endroit juste pour elle. `

Puis, il y eut une chute, une fissure.

Mes sourcils s’affaissèrent, mon souffle se trancha et je parcourus avec une inquiétude malade les mètres qui me séparaient d’elle, entortillant Olivier à l’intérieur de mes bras de sorte à ce que le fouet des herbes ne l’indispose pas, de sorte à ce que seule ma chair soit rougie par leur morsure. Je courais, soudainement étouffé par cette vision d’un corps tombant sans que je n’aie joué un rôle dans sa dégringolade, tétanisé par l’identité même de celle qui se pliait à en disparaître derrière le rideau végétal.

J’émergeai sur la scène d’une pièce de théâtre au dénouement vicieux, mes synapses flanchant les unes après les autres de sorte à ce que je me retrouve coincé, debout, à genoux, replié, sans être apte à piper le moindre mot, à émettre la moindre hypothèse. S’esquissait en mon corps une implosion mentale qui désintégrait dans son parcours la moindre aptitude à réagir, à comprendre, imposant un vide froid qui laissaient des engelures fantômes engourdir mon corps.

Je tremblais peut-être, acteur d’un rôle éploré, serrant le corps d’Olivier trop fermement, sans vraiment me rendre compte que le monde n’avait pas cessé de tourner, que je ne me trouvais pas au cœur d’une image figée. L’horreur bougeait, un miroir difforme qui gonflait mes sens de néant. Un miroir que j’entrevoyais parfois dans les yeux d’une autre, mais que je ne voulais pas voir se répercuter ailleurs que dans nos prunelles respectives.

Je.

Non.

Les mains potelées d’Oliver s’enfonçaient dans mes biceps et il chuintait son malaise de sorte à ce que ses petites plaintes maladroitement balbutiées percèrent le halo noir – non, blanc, la teinte de mon désespoir – qui m’avait enserré la gorge. Je clignai des yeux, hagard, adoucissant mon étreinte et laissant le garçon choir sur mes cuisses.

Elle était petite, dégagée d’un amas de tissus ensanglantés, les yeux noyés d’une fureur effrayée qui s’extirpait de sa gorge sous la forme de sons rauques et irrités. Derrière sa fragile silhouette, un cercueil de bois qui émulait le métal recouvrant celui de mes souvenirs. Une graine jetée à l’aveuglette dans un sol, une existence sans valeur propre, un outil remplaçable. Parce que tu n’es qu’un amas d’os et de chair modelé par la conscience d’une mentalité qui dépasse la tienne.

Pourquoi ?

Je reniflai mes larmes et ma dérision, imaginant le visage sobre d’Alan, alors qu’il installait la fillette dans la caisse, peu soucieux de l’absence de morale qui engluait son geste, son regard rivé sur un horizon qu’il ne verrait probablement jamais. Le roi fou, le père martyr, le narrateur de notre tragédie.

Olivier tendait les doigts vers elle, effleurant son menton sanglant de la pureté de sa curiosité d’enfant.

Paradoxe.

Mon cœur creva mille fois et encore une, déversant son mal à la manière d’une plaie infectée, le pus giclant contre ma gorge et hors de mes yeux. J’enfonçai mes dents dans l’intérieur de la chair de mes joues pour retenir les sanglots qui secouaient mon corps.

Après le vide venait le torrent et je ne demandais soudainement pas mieux que de retourner dormir dans ce congélateur centenaire qui avait injecté dans mes veines le flux de trop d’années. On s’habituait au vide, tâtonnant de part en autre de notre univers pour trouver un moyen d’y échapper, mais flottant en son intérieur sans réellement le souffrir ou l’intelliger.`

Le torrent lacérait, déchirait, tuait. Il rappelait et brusquait les images qui ne quittaient jamais vraiment ma tête à un rythme si rapide qu’elles semblaient soudainement toutes plus réelles qu’elles ne l’avaient jamais été. Les cheveux de Lawrence, les yeux de William, les paumes d’Alexander et le sourire de Joshua. Ses lèvres s’étirant et avalant les paroles de Lena, les écrasant, les démontant.

Ne me déçois pas, Little Tree.

Ma voix trembla et je sentis le tracé de mes incisives contre mes joues lorsque j’arrivai enfin à me souvenir comment écarter les lèvres. Je ne cherchai pas à déposer mon regard sur Lena, à rompre mon contact avec cette petite fille qui sculptait une statue mouvante et déshumanisée de l’œuvre d’Oliver. Une incarnation moins incarnée que Lena, mais presque davantage maltraitée. Elle n’aurait jamais la prétention d’avoir le moindre choix.

De ce côté-là, Lena et moi étions presque choyés.

Presque. Parce que nous étions aussi très stupides et que nous tâcherions de faire en sorte que celle-ci ne le soit pas. Cette absence de souvenirs deviendrait sa force.

Et moi, je continuerais à me noyer.

« To prove Joshua wrong, I would have to die. The only thing expected of me is to live. »

Mes doigts tremblotaient contre les brins de verdure repliée et je fixais, le superposant à la réalité, le constat effroyable du demi-miroir qui gigotait piteusement devant moi. Je ne m’étais jamais vraiment demandé pourquoi il m’avait fichu dans cette capsule, dans quel de ces jeux dantesques il m’avait projeté. Non. Je m’étais simplement dit qu’il n’aurait pas d’autre choix que de réellement me regarder pendant la fraction de seconde durant laquelle il m’utiliserait pour braver le temps.

Intemporel. Le ciel était intemporel et avalait les plus douces de ses expressions et je le jalousais avec une amertume saline. Détruire ma vie n’avait pas suffit à faire en sorte qu’il me considère comme autre chose qu’un jouet grandeur nature et une fois sa lubie passée, il m’avait probablement oublié. Ou non, pas oublié, car Joshua n’oubliait jamais vraiment, mais il avait probablement sourit, un sourire désopilant, sifflotant le chant dystopique dont il ne se séparait jamais. Le chant des mains, disait-il, les mains qu’Aliss avait guéries.

J’eus un haut de cœur, ma voix chevrotant et mon visage se figeant dans le marbre d’une réalisation qui glaçait la cognition et le sang circulant dans les veines du corps. Une certitude qui faisait mal.

« No. Not even that. I actually do not have anyone to prove anything to. I was sent here on a whim, a toy used up in some fleeting game. I never mattered, nor alive, nor dead. »

Un sanglot lacéré, flétri, chétif et mes yeux se fermant dans un abandon momentané.

« There’s nothing to prove. »

Toutefois, ma situation n’avait pas besoin de devenir la leur. Il n’y avait qu’un Alan piétinant un trône invisible pour les tenir en laisse et, cette laisse, Lena avait la force de la couper et j’avais la connaissance nécessaire pour ne jamais laisser cette petite créature l’entrevoir.

Glissant mon bras par-dessus l’épaule d’Olivier, j’allai effleurer la joue de la petite métisse, la considérant gravement, ébouriffant ses mèches indomptées de mes phalanges. Un sourire, dévasté. Je m’approchai d’elle, rampant lentement sur mes genoux, portant ma main derrière ses omoplates pour l’approcher de moi.

« Little Flower . . . come here. »

Dans ce monde sans-dessus-dessous, dans cet univers dans lequel nous allions immanquablement réitérer les erreurs de nos pères, j’inspirai longuement, le goût du renouveau se mêlant à celui de la défaite.

Je ne pouvais pas abandonner maintenant, même si cette partie finissait par me porter jusqu’à l’orée du néant, du vrai, du non-sens qui désintégrerait mon existence dans l’atmosphère. Non. Parce que comme cet enfant aux cheveux noirs qui attendaient que ses parents rentrent le jour de son anniversaire, je continuais d’espérer. Si je menais son jeu à terme, il n’aurait pas le choix, non ?

Peut-être que je pouvais lui prouver. À lui. Juste à lui.

Regarde-moi.

« She needs a name. »


Traductions :
 



I'll Always Strive to Shine for You.
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MessageSujet: Re: L'amour est dans le pré Jeu 20 Nov - 14:48

Eye Of The Tiger
Masculin




Je me retrouvais aux côtés d'Émilie-Anne, comme un con. En l'espace d'une seconde, la foule attirée par ses cris s'était dissipée comme une nuée de papillons. J'avais espéré que quelqu'un se propose, au moins pour m'aider, pour accompagner la jeune mère jusqu'aux mains expertes de Gavin. tant je me sentais un peu trop étranger pour être réconfortant. Mais il n'y avait plus que moi. Tout le monde s'était rassemblé ailleurs. Peut-être qu'une nouvelle caisse avait été découverte mais, à cet instant, cela ne me faisait ni chaud ni froid.
Je fis signe à Émilie-Anne que je revenais, le temps de voir si je pouvais dégoter un volontaire. J'aurais aimé que ce soit Ashton, pour qu'il disparaisse de mon champ de vision mais aussi parce que c'était lui qui avait Olivier. Ce qui ne l'avait pas empêché de déserter à son tour. Que pouvait bien contenir cette caisse pour mobiliser à ce point l'attention de tout le monde ?

Évidemment, rien ne pouvait me préparer à ce que je finis par découvrir à mon tour. Posée dans les herbes folles, à une coudée d'Ashton se trouvait une petite fille. La plus petite fille qu'il m'avait été donné de voir en un quart de siècle d'existence. Ses grands yeux plein de larmes dévisageaient nos visages avec une simplicité à couper le souffle. La scène en était surréaliste tant tout le monde autour d'elle semblait figé. Même Olivier ne se faisait guère entendre.
Ce ne fut que quand Ashton me cacha l'enfant quelques secondes que je pu rassembler mes idées. Le doc l'avait envoyée comme une vulgaire marchandise ! Au vu de l'état de plusieurs des caisses, c'était même miraculeux que la gamine s'en soit si bien sortie. Physiquement du moins. Peut-être aurait-elle la chance de ne jamais se souvenir d'autre chose que de tous ces yeux braqués sur elle.

Je ne pouvais rien faire ici. Et je craignais trop que l'on me demande de m'occuper de l'un ou l'autre des enfants pour m'attarder. Tant pis pour le volontariat, Émilie-Anne allait devoir se contenter de moi comme béquille d'appoint jusque chez notre véritable médecin. Et hors de question de lui parler de la nouvelle venue. Ce n'était pas le moment de lui retourner l'esprit et l'estomac à l'idée du terrible châtiment auquel Alan Oliver avait exposé une si petite âme.

« Ashton te ramènera Olivier quand Gavin t'aura examinée. Il a l'air d'avoir les choses bien en mains, donc ne t'inquiètes pas. Concentre-toi juste sur le trajet » lui suggérai-je en passant mon bras dans son dos et le sien par-dessus mon cou avant de la soulever.
.



Dernière édition par Théodore Lefaucheux le Sam 9 Juil - 12:50, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: L'amour est dans le pré


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L'amour est dans le pré

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