One month in hell

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MessageSujet: One month in hell Jeu 8 Mai - 22:23

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One month in hell…

…Or was it paradise ?


John Clark- R.I.P.

Près d'un mois après mon arrivée, j'avais enfin du temps devant moi. Je me suis depuis construit une petite cabane très simple près de la rivière, juste de quoi dormir un peu. Aujourd'hui, après une semaine bien chargée, j'avais besoin d'un brin de repos : une heure de méditation et un bon bain dans l'eau froide du lac entre les montagnes. J'essayais de méditer régulièrement, ces heures empruntées étaient importantes pour moi, car elles me permettaient de faire le point sur mes journées et de me rappeler ma vie d'avant. J'imaginais parfois mes parents et mon enfance, comment ils me rendaient heureux et tous les efforts qu'ils avaient mis dans mon avenir. . .

L'endroit où je me trouvais, le lac, était un endroit assez paisible et peu passant. Je me trouvais entre deux montagnes, l'une d'elles était éclairée de soleil et de verdure, tandis que l'autre était ombragée et morose. Le sol était brun et froid et des feuilles mortes camouflaient les larges pierres qui entouraient le grand trou d'eau dans lequel j'avais fait trempette moins de deux heures auparavant. Avant de m'installer pour ma méditation, je m'étais lavé, nu dans cette eau claire, seul hormis avec les petites créatures marines qui y vivaient et qui s'étaient amusées à me chatouiller les orteils avant que je les chasse. Une fois tout propre, j'avais balayé un brin les feuilles pour me faire un petit cercle sur la pierre brute.

Dos droit, j'inspire et j'expire. Ce calme ne va pas changer, tu le sais très bien, tu as l'impression que la tempête va arriver, que l'eau, aussi loin est-elle, va te rejoindre, mais il n'en est rien. Tu dois accepter le calme. Ça ne va pas te tuer d'avoir les deux pieds sur la terre ferme. C'est seulement différent. Je n'étais pas habitué à autant de calme. Sur les docks et les bateaux, ce n'est jamais calme, il y a toujours quelque chose à faire, toujours quelque chose qui bouge. J'étais confus, on dirait que malgré toutes mes expériences passées, ici, c'était comme si elles ne valaient rien. Que pouvait bien faire un pêcheur dans une forêt? Il devait apprendre et comprendre rapidement, bien sûr, et c'est ce que je tachais de faire, c'est ce que je voulais faire. Je tenais à me rendre utile,mais je ne savais simplement pas par où commencer. D'abord, j'avais érigé une cabane de pêche, soit un endroit pour ranger mon harpon et ma canne à pêche, près de la plage, là où le poisson se pêchait bien. Ensuite, j'avais essayé d'apprendre à chasser, car on ne pouvait malheureusement pas se nourrir uniquement de créatures marines. Pas assez de lipides, trop sel, trop de mercure. J'avais aussi ma machette qui pouvait servir à faire des sentiers, couper de la canne à sucres - s'il y en avait - ou bien ouvrir des fruits à la coque dure. Avec mes muscles, je pouvais déplacer des choses aussi, comme du bois, des roches et des gens. Présentement, sans mon gilet, on pouvait voir mes atouts : mon torse épais, mais avec des pectoraux à peine détailler, mon ventre plat, mais sans les fameuses tablettes de chocolat et de gros bras bien musclés et forts. Mon dos était bien plus découpé que ma poitrine, semblerait-il, pourtant, moi, je le trouvais ordinaire et sans intérêt. Mes cheveux encore mouillés étaient rouges-bruns, une teinte rare, mais à moins d'y porter une attention particulière, indétectable. Je semblais comme dans une transe, les yeux fermés, les mains sur les genoux. On m'entendait à peine respirer. Mes effets personnels traînaient çà et là, notamment ma canne à pêche avec la ligne et l'hameçon dans l'eau.

Je voulais une prise aujourd'hui et j'attendais avec patience.
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MessageSujet: Re: One month in hell Lun 19 Mai - 0:45

The Pirate King
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Je pensais beaucoup à John ces derniers temps. Attention, rien de malsain, sa barbe, ses poils aux jambes et ce qui se trouvait dans son pantalon n'étaient pas vraiment le genre de choses qui m'attiraient. Oh que non !! C'était son savoir-faire qui m'intéressait et j'escomptais qu'il me rejoigne dans mon projet "grand large".

En réalité, je ne savais pas très bien s'il adhérerait au projet. Nous ne nous étions jamais réellement parlé, à peine vu de loin, trop occupés l'un et l'autre dans nos tâches respectives. Et puis, depuis que le Doc' nous avait envoyé ses pochettes surprises, je m'étais trouvé un nouvel allié* grâce auquel nous avions bien amorcé le travail. Mais même à quatre mains et avec les outils tout neufs trouvés dans les caisses cadeau, nous n'avancions pas assez rapidement à mon goût. Et puis, mon français avait beau être rempli de bonnes volontés, je doutais qu'il ait jamais mis un pied sur un navire de sa vie et, à l'heure où je commençais à douter de mes plans de construction, j'avais besoin d'un allié s'y connaissant bien plus que lui. Donc, John. Je pensais beaucoup à John.

J'avais vite compris que ce mec était issu du même milieu que moi. Un de ceux qui préfèrent vivre les pieds mouillés, les cheveux au vent et sentir le poisson. Du moins, je l'espérais. Et puis la vitesse à laquelle il s'était mis au boulot m'avait impressionnée. En quelques semaines seulement, il s'était construit un abri et avait greffé une cabane de pêche sur la plage. Bref, en un mois il avait été bien plus productif que moi en plus de six. Il faut croire que j'étais bien plus sensible aux distractions qu'offraient ce nouveau monde, distractions m'empêchant, bien entendu, de faire quoique ce soit de concret.

Quoi qu'il en soit, ce type me plaisait bien (non, pas comme ça !) et je voulais son aide.

Ce jour-là, levé aux aurores comme souvent, je m’étais mis en tête de partir à sa rencontre. Et comme je savais où le trouver, j’étais persuadé que dès le début de l’après-midi je l’aurais convaincu et rallié à notre projet. Mais, ne voulant pas le pêcher au saut de son lit, j’étais parti parti l’attendre sur la falaise. Le grand lac était un peu agité ce matin-là, comme sortant tout juste d’une tempête. D’ailleurs, allez savoir pourquoi on l’avait appelé “lac”, cette grande étendue bleue ressemblait plus à une mer, une mer calme certes, mais une mer quand même. Je soupçonnais quelques pionniers citadins qui n’y connaissaient rien d’être les auteurs de cette méprise. Et il allait falloir réparer cela en lui trouvant quelque chose de plus poétique et de plus digne.

J’attendais donc patiemment, le regard dans le vide, réfléchissant à un nom de circonstance sans jamais mettre le doigt sur une idée qui en vaille la peine. L’air était humide et rendait ma peau un peu moite, mais le vent vif qui soufflait en haut de la falaise me faisait oublier ce léger désagrément. Je savais que le marin allait venir ici, je le sentais, je n’avais qu’à l’attendre, l’air de rien, les mains calées derrière ma tête. Une heure passa, puis deux, puis trois... Inutile de préciser que j’étais largement moins sûr de mon coup qu’en début de journée. Délaissant les lignes - qui de toutes manières demeuraient désespérément inertes - je me suis dirigé d’un pas rapide vers sa cabane sur la plage, passant devant Théo’ qui travaillait déjà dans notre petit atelier. Je l’ai rapidement salué, ne prenant pas la peine de lui expliquer pourquoi je continuais ma course. La cabane était ouverte et il y manquait une canne à pêche. Mais où pouvait bien être John s’il n’était pas sur la falaise ?

Je passais en revue rapidement tous les endroits où l'on pouvait pêcher sur Terra. Quelques endroits de la plage, plus à l'ouest, comportaient des rochers sur lesquels on pouvait se poser. Je m'activais donc dans cette direction, en commençant à maudire ce mec et son idée saugrenue d'aller planter sa ligne n'importe où. Je trottinais, envoyant dans les airs des bourrasques de sables qui retombaient - bien évidemment - dans mes chaussures. Au bout d’un certains temps, mes recherches me menèrent à proximité du lagon. Je parvenais à le retrouver aisément depuis que nous l'avions découvert par hasard avec Lenna. Cependant, je ne m'en approchais pas ; John n'était apparemment pas là, et je n'avais aucune envie de me retrouver face aux animaux bizarres de Kaja. Normalement, j'aimais tous les animaux, et surtout les espèces marines, mais j'avais eu de mauvaises expériences avec les chiens... et les chats... sans oublier les chèvres*, aussi je trouvais cet animal vraiment repoussant. La nature avait vraiment un sens de l'humour étrange pour avoir eu l'idée de créer cet étrange mélange. Mais bref, oublions ces bestioles inutiles et revenons à mon problème : mon marin n'était pas là, et je commençais à être très agacé de ne pas parvenir à le trouver. Pour sûr, il allait passer passer un sale quart d'heure quand je lui aurais mis la main dessus.

Je suis retourné sur mes pas, rageant, fulminant même. Je foulais le sol sèchement, ce qui avait le don de faire s’envoler de plus belle le sable qui s’insinuait dans tous les endroits possibles. Et ça m’énervait encore plus.

J’hésitais à rejoindre directement Théo : il n’avait rien fait pour mériter ma mauvaise humeur. Et puis, la faim commençait à me tirailler ; je n’avais rien avalé depuis mon réveil, et ma furieuse escapade m’avait ouvert l'appétit. Aussi je décidais plutôt de faire une “réquisition de bouffe” au village.

Quand je rejoignis enfin le village, l'après-midi était déjà bien entammée. Celui-ci s'était totalement animé, mais je ne prêtai aucune attention aux habitants et me dirigeais directement vers la réserve. Même si le printemps s'était définitivement installé, il n'y avait pas encore de fruits ou de baies, mais nous avions un bon stock de viande séchée dont je pris quelques échantillons. En sortant, les mains et la bouche chargées de viande, j'ai manqué de renversé un chinois. Enfin, je ne connaissais pas réellement son origine, mais pour moi tous ceux qui avaient les yeux bridés étaient chinois. Après quelques excuses prononcées à la va-vite - et la bouche pleine - je m'apprêtais à repartir vers la plage quand je percutai que ce type nous avait été pêché par John. Sans ménagement, je lui demandai alors s'il savait où je pourrais - enfin - trouver ce dernier. Je fus très agréablement surpris lorsque le type me répondit dans un russe presque parfait, et carrément ravi lorsqu’il me conseilla d’aller vers le lac au sud du village. Il n’eut pas besoin de le répéter deux fois, en un éclair je me suis retrouvé là-bas pour surprendre un John assis, dos bien droit, si immobile et calme que c’en était révoltant.

“Hey lobster face ! What the hell are ya doin’ here ? I was lookin’ for ya all the mornin’ “


J'avais résisté à l'envie de jeter un pavé dans la marre, mais pas à celle de le bousculer. M*rde quoi, il ne m'avait rien fait de mal, mais il m'avait fait perdre mon temps, ce qui était pire. Je le toisais, bien droit et le visage fermé. A ce moment-là, j'avais tout oublié de mon projet, plus rien ne comptait hormis ma fureur irrationnelle.

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MessageSujet: Re: One month in hell Mer 6 Aoû - 21:48

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C'est alors que la canne se mît à bouger, une prise l'avait accrochée, mais cela importait peu. Quelque chose m'avait touché brusquement le bras et je me retrouvai à tomber, mes yeux s'ouvrant tranquillement, voyant la jolie scène du lac de biais. Ma prise s'échappait, retour brutal à la réalité crue. Ma pression monta légèrement, je sentais mes nerfs se crisper et je lançai mes bras au-dessus de ma tête pour la protéger tout en collant mon menton à mon torse pour éviter le plus de blessures possible.
Vraiment il m'avait bousculé? Mais qu'est-ce que je lui avais fait? En tout cas, c'était mieux d'être important pour me déranger dans ma première pause depuis mon arrivée dans ce joli monde. C'était très beau, mais très demandant d'être en mode survie vingt-quatre heures sur vingt-quatre. De plus, il m'a traité de homard, ne savait-il pas que je ne venais pas du lac Saint-Jean? Je me remis donc sur pied pour ensuite lui faire un de ces regards de colère noire. Puis je me mis à rire, un rire jaune bien sûr, mais je voulais baisser la tension de l'atmosphère du moment. À quoi bon m'abaisser à son niveau si cela baissait mes chances de survie? Il allait le regretter un jour, le karma s'occuperait de lui. Puis ma bouche, cette fente dans mon visage s'anima et bougea, laissant une voix légèrement roque et étouffer sortir, mes cordes vocales manquaient un peu de pratique en cette jeune soirée.

-So what do you want brat? I thought you had something more important to tell me after that fool push.
-Que veux tu le jeune ? Je croyais que tu avais quelques chose de me dire après cette poussé enfantine.


Ces sons étaient moins horribles que je croyais, j'aurais pu, non j'aurais dû l'envoyer se faire voir, mais un bon capitaine sait comment se faire des matelots comme alliées. Je pris quelques secondes pour me rhabiller avant de vider une botte pleine de sable sur la tête du gentilhomme devant moi.

-Whoops I didn't see you there, you're okay?
-Whooops, je t'avais pas vu, ça va?


Boulgakov avait été chanceux que nous n'étions pas sur un navire, cela aurait été un sceau de poisson au lieu d'un bain de sable auquel il aurait eu droit. Bref fini les petits jeux, j'avais des choses à faire avant d'aller retrouver ma maison, je ne pouvais pas simplement gaspiller une journée a ne rien faire, je devais au moins avoir quelques prisent à ramener au village.


Dernière édition par John Clark le Dim 24 Aoû - 16:46, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: One month in hell Jeu 21 Aoû - 19:05

The Pirate King
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J'étais fier, fier comme un paon d'avoir déstabilisé aussi facilement cet homme si paisible. Dans l'attitude qu'il avait eue en se retournant, dans la manière dont il m'avait regardé, et même dans le rire jaune et grinçant qu'il avait lâché, tout reflétait mon infime supériorité. Je me délectais de ces quelques instants certainement éphémères, partagé entre la fureur et la jubilation maligne, un fin sourire narquois au bout des lèvres.

Oui, John n'avait pas apprécié mon intervention. Mais quoi ? Il l'avait cherché après tout. N'étais-je pas la victime dans cette histoire ? Le pauvre bougre qui avait perdu sa journée à la recherche d'un homme tout aussi perdu ! J'avais toutes les raisons du monde d'avoir agi ainsi, et c'est d'un air empli d'auto-suffisance que j'accueillis les paroles du marin.

-So what do you want brat? I thought you had something more important to tell me after that fool push.

Et je ris à mon tour, imitant l'attitude que John avait eue quelques instants auparavant. Il prenait part à la partie, et cela me plaisais. Car jouer à ce genre de ping-pong de vannes n'était pas bien excitant si la personne en face de renvoyait pas la balle. Mais John semblait être au moins aussi doué que je l'étais à ce genre de sport. Je souris à l'idée de la suite des événements et laissais un peu de temps s'écouler. Répondre vite n'était pas le plus important à ce jeu-là, ce qui comptait, c'était les mots employés. Ils devaient être mordants, acerbes et toucher juste, sans avoir honte de faire les plus viles bassesses. Gagner à tout prix en somme. Et j'avais réellement envie de hisser l'étendard de la victoire au mât du bateau qui se nommait amour propre.

Ah, il était loin le navire, le fameux trois mats fin comme un oiseau. Il naviguait dans les limbes de mon esprit trop pris au jeu pour se souvenir la raison première de toute la mascarade.

Cependant, à l'instant précis où j'allais ouvrir la bouche pour renvoyer la balle, cet énergumène changea les règles du jeu. Il me déversa du sable sur la tête avec une abnégation et un détachement proprement révoltant. Comble de l'humiliation, ce sable était contenu dans ses chaussures, et il l'avait déversé sur MA TÊTE ? Mais pour qui se prenait-il ?? Il n'avait tout simplement pas le droit de faire cela !! Au lieu de jouer franc-jeu, il avait honteusement triché ! Avait-il peur ? Même le plus vile des pirates avait un minimum d'honneur à défendre, et cet honneur empêchait de réagir de la sorte, de faire intervenir des humiliations physiques alors que seuls les mots un peu acides étaient lancés. Je voyais rouge. Rouge comme sa saleté de tignasse sur le haut de son crâne. Tignasse que j'aurais voulu insulter autant qu'il avait insulté la mienne.

Qu’à cela ne tienne ! Car si avec les mots j’étais passablement doué, avec les poings j’étais bien meilleur. Et un brin fourbe aussi.

J’attendis dans le silence, le temps que Môssieur daigne enfiler le reste de ses vêtements. La tension montait, chaque micro-seconde qui me séparait de l'instant où il serait le plus vulnérable se faisait lourde, pesante. Je sentais le sang me monter aux joues, affluer dans mes tempes, et faire cogner mon cœur à l'en expulser de sa cage. Mais je teins bon, et lorsque le marin eu les bras intriqués dans les manches du haut de sa tenue, je me lançais sur lui, le ceinturant avec les bras et le poussant de toutes mes forces vers le lac qui se situait derrière lui. Peu m'importait que je tombe avec lui, j'avais l'avantage de la surprise et ce n'était pas un peu d'eau qui allait m'ôter ce savoureux goût de supériorité.

Nos deux corps trouèrent la surface calme du lac en un grand « plouf » qui avait dû résonner dans toute la vallée. L'eau fraîche eut vite fait de nous étreindre, de s'infiltrer dans tous les recoins de nos êtres, plaquant nos vêtements à nos corps comme pour entraver tout mouvements. Je lâchais rapidement John pour le laisser revenir à l'air que l'on respire et ne pas le contraindre davantage à s'essayer aux affres de cette apnée obligatoire et soudaine. Et moi, bien qu'initiateur de cette plongée subite, je me surpris à boire la tasse bien malgré moi lorsque, dans son mouvement, il me percuta violemment l'abdomen en se dégageant. Je refis surface en toussant grassement, suffoquant presque. J'étais recroquevillé sur moi-même alors qu'il aurait fallu que je me déploie entièrement afin de retrouver l'air qui manquait à mes poumons n'ayant pas trop apprécié l'eau claire, mais vaseuse, du lac. A ce moment précis, je n'étais plus si fier de l'action que je venais de faire et regrettais amèrement cet élan stupide qui m'avait poussé coûte que coûte à défendre mon honneur. Et, à présent que les vulnérabilités s'étaient inversées, je craignais la réaction du marin qui se tenait tout près.
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MessageSujet: Re: One month in hell Dim 24 Aoû - 16:42

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John Clark- R.I.P.

Le silence était d’or, comme les boutons de mon manteau, c’était divin. J’entendais les oiseaux chantés, comme avant que l’énergumène devant moi n’arrive. Je l’avais bien eu cet idiot! Le sable déverser sur sa tête venait tout simplement d’enrouer son engrenage principal, il était bouche bée. Je terminais d’enfiler ma redingote rouge, puis lui lança une dernière parole. Je me devais de retourner au village faire mes tâches et rapporter du gibier ou du poisson, de plus l'homme devant moi n'avait que perturbé ma personne.

-What happened, cat got your tongue?
-Qu’est-ce qui ce passe, le chat à ta langue ?


C’est alors que je sentis ces mains sur mon torse, son poids prenait le dessus sur le mien et je perdais disgracieusement l'équilibre que j’avais dans mes bottes. Un grand plouc, des battements d’ailes, un peu comme un fusil vidé dans la forêt. Seulement là, c’était un peu plus de trois cents livres de viande qui tombaient comme une pierre dans une mare. Les animaux qui étaient peu habitués au dérangement de leur habitat naturel en profitèrent pour partir, paniqué. J’eus peur, comme les créatures qui fuyaient l'endroit qui était autre fois paisible. Malgré mon amour inconditionnel de l’eau, je savais que cette marre peu profonde pouvait être dangereuse pour mon crâne. Je me laissai donc remplir d’adrénaline et je réagis promptement et férocement, lui donnant un bon coup de genou dans les abdominaux de l’autre pirate et le poussai pour m’en dégager pour aller prendre une bonne bouffée d’oxygène. Quand j’eus repris mes esprits, moins d’une minute plus tard, j’allais pour lui donner un bon crochet de la gauche.

-ARE YOU CRAZY ? I could have cracked my head on a rock!
-ES-TU DÉTRAQUÉ ? J’aurais pu fracassés ma tête sur une roche !


Sauf que mes yeux bien aguerrit de marin virent la frayeur dans les yeux d’Alek, puis je me contentai de l’agripper par le col. Je ne voulais pas ça mort et plus tôt, j’avais eu raison quand je disais que le Karma allait lui régler son compte. Je l’apportai à la nage jusqu’au rivage et lui donna quelques gifles, qui n’eurent pas un grand succès. Son visage était rouge de mes baffes et ces yeux fermé, Aleksei faisait vraiment pompé mon cœur, tout ce que je voulais de lui c'était un petit signe de vie, même une insulte me ferait plaisir!

-Hey, stay with me will yah?
-Hey, reste avec moi tu veux ?


Dis-je, en lui arrachant sa chemise comme si je m’apprêtais à lui faire l’amour. Je massai violemment son torse et il me cracha au visage. Qu’importe, il ne semblait pas respiré. Je m’étendis de tout mon long sur lui, mes boutons d’or glacé touchant son torse nu, ma jambe gauche entre les siennes et mon oreille sur sa bouche pour l’entendre respirer. Rien, même pas un courant d’air! Je pris donc mon courage à deux mains et l’embrassa, lui faisant ainsi le bouche à bouche, comme mon métier de pêcheur de crabe me l’avait appris. Alek allait s’en sortir, pas sans traumatisme psychique, mais au minimum il serait en vie. Ma position sur lui, vue d’un autre angle, pouvait paraitre sensuelle, torride presque. Je souhaitais que personne ne nous voie dans cette fâcheuse situation, rien de l’explication ne me tentait, je voulais l’oublier et ranger nos haches de guerre si vite sortie. Que voulait-il me demander à la fin? Tout cela avait été provoqué par une petite pousse amicale, mon tempérament et mon orgueil l’avait mal pris et voilà, je me trouvais pratiquement sur une scène de meurtre. Je lui massai de nouveau le torse, pensant que quand tout cela serait terminé je l’inviterais à boire du Rhum de ma bouteille autour du feu du village, là où on allait se faire sécher. Peut-être avec de l’alcool dans le sang Bougaklov allait enfin me faire sa requête? Un dernier baisé de la vie et je vie les yeux de ce dernier s’ouvrir, juste au moment où ma bouche touchait la sienne, ou ma jambe était entre les siennes et ou ma main gauche trainait sur son torse pas loin d’un mamelon. Et merde, quelle chance!
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MessageSujet: Re: One month in hell Jeu 28 Aoû - 13:47

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Un bourdonnement aigu me vrillait les oreilles, agrémenté par les tambours de mon cœur. Mon cœur qui s'emballait, cognait à toute vitesse, frappait à tout rompre, se heurtait entre mes poumons comme s’il souhaitait sortir de là et vivre sa vie… mais tais-toi donc mon cœur ! Et l’eau dégoulinait sur mon visage, le long de mes cheveux, de mes vêtements, et ça faisait des “plouic plouic” dans l’eau. Et mon cœur qui tambourinait. Boum boum. Et John qui me hurlait des choses qu’étrangement je ne parvenais foutrement pas à entendre. Boum boum. Plouic plouic. Tout se mélange, tout s’entremêle, tout se brouille. Les sons, les images, les odeurs, les sensations. Tout m’échappait, se dispersait. Insaisissable... Comme cet air qui ne voulait plus rentrer dans mes poumons. Mais les gouttes d’eau tombaient, et mon cœur battait toujours, et John s’affolait encore. Boum boum. Plouic plouic. Et les oiseaux volent, les poissons nagent. Rien n’a de sens. Ils vivent, je meurs. Rien n’a de sens.

La vallée tournoyait tout autour de moi, le ciel se renversait, à moins que ce fus moi. J’ai de nouveau transpercé le drap du lac et me suis couché pour la dernière fois dans ce lit ondin, retrouvant la chaleur épaisse des langueurs lacustres. Mon corps, puis mon visage ont disparu dans l’étendue aquatique. Je n’essayais plus de retrouver la surface, je n’essayais plus de me débattre pour empêcher l'inévitable. J'étais étrangement détendu et anxieux à la fois. Je me laissais simplement couler. J’appréciais ce calme régnant dans les profondeurs de l’eau. Je le chérissait. Et tandis que je sombrais vers le sommeil éternel, des remords, des regrets, et des milliers de pensées traversèrent mon esprit.

Les gens disent que l’on voit une lumière très intense quand la mort arrive ; comme dans la machine du Doc’ Oliver. Mais je ne voyais pas de lumière, pas de flash, pas de grand tunnel, simplement des ombres. Des ombres géantes, comme une nuit d’encre qui se propageait dans l’eau pour venir m’absorber peu à peu en elle.

C’était étrange, mais ce noir commençait à m’effrayer. C’est normal, me disais-je, d’avoir peur lorsque sa fin arrive inéluctablement. Et puis, pour la première fois depuis des années, j’avais réellement le sentiment de perdre quelque chose d’important en disparaissant. Quel gâchis. Les ténèbres envahissaient ma vision, et pourtant je voyais clairement certains souvenirs. Comme s’ils poussaient devant mes yeux juste assez concrètement pour que je puisse les regretter, mais pas assez pour que je puisse m’y raccrocher. Même mourir, apparemment, ce n’était pas simple. Rien n’est jamais simple.

Je revoyais ma tante en train de me lire des histoires, Pavel faisant apparaître une bouteille de vodka par magie, la mer déchaînée, le village de Terra pendant la fête de la lune, puis le lac, puis la mer, encore et encore. *

Puis le noir l’emporte... Adieu ma vie ! Finalement, tout ça n’aura été qu’un bel et grand gâchis. Adieu le monde, je te quitte pour un autre… encore.

.

.

.

Puis je rouvris à nouveau les yeux !
Un million d’informations, un million de sensations se bousculaient en moi, tellement que je ne parvenais plus à rien comprendre. Sortir de la douce pénombre de l‘étreinte de la mort vers ce foisonnement de vie avait quelque chose de douloureux. L’air rentrait de nouveau dans mes poumons en force et brûlait tout sur son passage, les paysages, les visages étaient de nouveau nets et leurs couleurs agressaient mes yeux. Quant aux sons.. ils m’assourdissaient, tout semblait extraordinairement bruyant ; du vent dans les arbres aux bruissements des vêtements humides de John qui, penché sur moi, se relevait. La nature toute entière me criait qu’elle existait, qu’elle était bien vivante et, qu’apparemment, moi aussi. Je ne compris pas tout de suite par quel miracle ça avait été possible, malgré l’évidence flagrante de la réponse.

Je me redressais à mon tour, la tête tournante comme un lendemain de grosse fête, et toussais encore quelques fois. C'était à la fois désagréable et bon comme sensation. J'avais dû rester K.O un certain temps pour me sentir aussi groggy. Je ne parvenais pas encore à tout comprendre, les choses se percutant dans ma tête pour ne produire qu'un grand chaos intérieur. Mais peu à peu, la scène qui avait dû se dérouler se dessinait en moi, et je n'étais pas certain de l'aimer. La chemise ouverte, John penché au-dessus de moi une main sur mon torse.. du moins, il m'avait semblé la sentir à cet endroit. Bref, autant d'indices sur une scène de sauvetage d'une lascivité vraiment flippante. Je déglutis à l'idée que cet homme puisse m'avoir... embrassé. Non !! Non !!! NON !!! Mon premier baiser sur ce nouveau monde ne pouvait pas venir de... de ça !! NON !!!

Je me sentais en colère, gêné, humilié… et reconnaissant malgré tout. J’étais triste, heureux, euphorique, démuni… Trop de sentiments contradictoires pour que je puisse les gérer correctement après cette épreuve. Je décidais alors de les ignorer purement et simplement. Me renversant vers l’arrière, je me couvris les yeux des mains pour retrouver le noir réconfortant que j’avais dû quitter. Dans le noir rien n’existait, rien n’était vrai, tout était permis...*

Mes mains devinrent humides. Je pleurais. Je pleurais pour toutes ces sensations enfouies qui ne parvenaient pas à s’exprimer autrement. Elles s’évacuaient en dégoulinant sur mon visage, le long de mon cou, dans des spasmes lents mais continus. Putain.
Je mis un temps fou à retrouver mon calme et le courage de revoir le monde en face. Je pus constaté avec étonnement que John était toujours à mes côtés. J'étais incroyablement gêné, pas seulement pour ces baisers langoureux échangés, mais aussi pour toute cette histoire finalement bien ridicule qui avait failli se terminer de façon si tragique. Je n'avais pas envie de rentrer, je n'avais pas envie de croiser le regard des autres habitants, comme si toute l'histoire était gravée sur mon visage. La gêne et la honte d'avoir été aussi con me heurtaient en pleine face. C'était rare et déstabilisant comme révélation, du moins, assez pour que je n'aie pas envie de les affronter si tôt. Mais la présence de John tout humide n'aidait pas non plus à les faire disparaître. Putain... quelle galère. Je soupirai et regardai mon sauveur, les yeux encore rougis et enflés.

" If only you had nice nibbles... " dis-je avec une voix bien plus rauque et cassée que d'ordinaire.

J'avais essayé de détendre l'atmosphère et, à ma manière, de le remercier.


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MessageSujet: Re: One month in hell Sam 11 Oct - 19:28

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John Clark- R.I.P.

Voilà que la tâche était accomplie, la vie de l’autre marin était sauve. Un seul baisé de la vie avait suffi, hélas c’était un de trop. Ce baisé avait éveillé en moi un sentiment nouveau, une nouvelle facette de ma personnalité déjà si complexe. Je l’avais grandement apprécié. Oh sur le coup, c’était étrange et dégoutant, un homme qui embrasse un homme n’était pas une chose favorable dans ma tête, mais plus j’y réfléchissais, plus je me rendais compte qu’au fond de moi c’était une bonne chose à faire et à recommencer, dans une situation moins dramatique bien sûr.

«If only you had nice nibbles... » Disait Alek avec une voix bien plus rauque et cassée que d'ordinaire.
«Si seulement tu avais des seins…»


Il n’avait pas apprécié la chose et je pouvais le ressentir, mais comment allais-je lui avoué que moi c’était tout le contraire ? Ah et au diable, j’allais y réfléchir un autre jour, je devais sauver le mental d’Alek, je ne voulais pas qu’il sombre dans la dépression le jour où il avait frôlé la mort. J’eus un vague souvenir d’une bouteille de vitre que j’avais apporté. Je l’avais caché dans la maison de mon hôte, Gavin. Ce trésor enfouis au fond de mon esprit pouvait être la clef de notre réconfort mutuel.

-Hey buddy…wanna have a drink?
-Hey l’ami…tu veux à boire?


Dis-je, en lui frôlant l’épaule de ma main gauche, avant de lui faire une tape d’encouragement. Je m’accroupis tout près de lui pour un instant, regardant au loin l’horizon d’arbre de l’autre côté de la flaque qui avait été le lieu de notre dispute. Dispute pour quoi d’ailleurs ? Je n’en avais même pas le moindre soupçon, pas même la première tâche d’encre que pouvait contenir la première lettre du premier mot sur un bout de papier. Néant, c’est ce que je savais de la visite originale et impromptu de Bougaklov. Cela n’importait peu, la journée s’étirait et s’allongeait, la température allait bientôt drastiquement d’abaissé avec l’amené de la nuit, nous devions nous rendre au feu. Avec ma boisson si bien conserver de l’ancien monde nous pourrions fêter jusqu’aux petites heures.

-I think I have some Rhum at the village, common, get up and stop crying already!
-Je crois que j’ai du Rhum au village, allez, debout et arrête de pleuré à la fin !

Dis-je avec un peu de moquerie dans la voix avant de mettre ma tête sous son aisselle droite pour l’aidé et le force à ce relever. Aujourd’hui je me fis une promesse grâce à cette pagaille, je me promis de ne plus être un nombril dans l’univers de mon moi-même. Je jurai sur les aventures qui suivrais et sur les mers que j’allais un jour conquérir que j’ouvrais mes bras au monde. Je n’allais plus être un trou de cul de service, j’allais être présent pour les gens. J’allais casser mon moule de narcissisme et devenir une personne au grand cœur, qui ne pense pas à lui, mais au groupe. Fini les «je» et les «moi», ils allaient devenir «tu» et «nous».

Dis-moi quelque chose et je vais l’oublier. Souvent mon paternel m’a dit et répéter d’apprendre à partager, que plus tard de tout gardé pour moi, émotions, richesses et biens matérielle n’allait que m’apporter tristesse et malheur, mais pour ces milliers de fois où il me la répété, il n’y en a pas une ou je l’ai vraiment écouté de bon cœur, je l’ai fait par obligation. Aujourd’hui je m’éveille et je comprends ces leçons ardues qu’il me répétait sans cesse. Aujourd’hui je ne l’ai pas oublié.

Enseigne-moi comment le faire et je m’en souviendrai. Je dois remercier ma mère de m’avoir poussé à fond dans mon amour de la mer, sans elle aujourd’hui quelqu’un serait mort. Elle m’a appris la détermination et la force d’avancer. Être fort pour deux personnes ce n’est pas dût a tout le monde, grâce à cette enseignement, quelqu’un survie aujourd’hui.

Faite moi participer et je comprendrai. Dr. Oliver est peut-être le pire des monstres pour nous avoir envoyé une être vivante dans une boite de bois, mais sans lui jamais je n’aurais compris ce qu’est être une vrai famille. Je participerais désormais à la survie du groupe commun, pas juste à la mienne. Merci à la vie pour cette grande leçon.
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MessageSujet: Re: One month in hell Mer 22 Oct - 21:09

The Pirate King
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Après ma remarque qui m'avait arraché la gorge au passage, j'avais pudiquement détourné les yeux de l'autre marin pour les plonger sur l'herbe. Je ne parvenais pas à relativiser la situation, malgré mes efforts de plaisanterie douteuse. La tête me tournait encore un peu et, perdu, je ne parvenais pas encore à enregistrer toutes les informations qui me submergeaient. Certes, je voyais la luminosité baisser, je sentais l'air devenir plus frais sur ma peau nue et mes vêtements trempés, j'entendais le bruit que le vent provoquait parmi les feuilles des arbres mais, malgré cela, rien ne parvenait à me convaincre qu'il nous faudrait rentrer au village. Rien n'était cohérent dans ma tête. J'avais envie de rester planté là jusqu'à la fin des temps, ne faire plus qu'un avec cette rive humide et fraîche, si calme et pourtant débordante et grouillante de vie minuscules. Je n'y avais jamais fait attention auparavant, mais lorsque l'on regardait bien, on voyait tous les insectes qui s'activaient dans les herbes rases, sur la terre trempées, entre les petites pierres. J'étais fasciné par ce spectacle.

En un après-midi, j'étais devenu un expert de la vie inattendue. Je m'en sentais être à part entière, voire ambassadeur. Et je voulais encore rester avec mon peuple minuscule, si discret mais si vivant.

J'entendis à peine la phrase que John prononça. Il était comme ailleurs pour moi, même si je le voyais concrètement à mes côtés. Loin de mes pensées, loin de mes envies, loin de tout. Mais il s'obstinait à venir chambouler mon monde parfait de petits riens faisant un tout. Je crus vaguement comprendre qu'il était question de boire un verre... Attends, il était sérieux là ? Comme si je n'avais pas assez bu aujourd'hui !! Pour une fois dans ma vie, je n'avais pas la tête à ça.

Tout prenait des allures de déjà-vu à mesure que j'y repensais. Moi qui faisais une connerie, un autre qui me sauvait les fesses, puis une bouteille sortant d'on ne savait où qui venait pour arranger les choses. Tout me replongeait dans les souvenirs de mon arrivée sur Terra et cette fameuse journée avec Pavel. Mais Pavel ne m'avait pas langoureusement roulé de patin lui ! Toute la différence était là. Et puis, je redoutais l'instant où, enivrés par les doux effluves de l'alcool, la sombre soirée se répète et que nous en venions à échanger nos histoires les plus sordides... Si tant est que nous avions pires dans nos passés que l'expérience récente de ce baiser. Un frisson me parcourut le corps.

La nuit tombait emportant avec elle le froid qui venait mordiller la chair, engourdir mes membres, infiltrer mes os. L'air glacé finissait de m'amarrer à ma rive. C'est alors que subitement je dérivai, contraint de quitter la terre sans y avoir été préparé ; John m’avait soulevé sans m'avoir demandé mon reste et me réitéra son offre de boisson que, cette fois-ci, je compris sans difficulté. Je sentais bien qu'il essayait de me remonter le moral, mais je ne parvenais pas à me raccrocher à cette bouée de sauvetage là, encore trop ancré dans les profondeurs de mes sentiments et souvenirs.

Je me laissai m'entraîner au loin sans y opposer aucune résistance, comme une parenthèse, un sursis, me laissant porter par les bras sûrs de cet homme qui se démenait apparemment pour me faire retrouver la surface. Oubliant le temps et m'oubliant sûrement un peu moi-même aussi, je ne fis aucun effort pour alléger mon poids sur son épaule. L'envie m'abandonnais. Je m'abandonnais. Je profitais du plaisir pas si désagréable de se faire soutenir, assister, porter. Hey, après tout, c'était aussi ça Terra, s'aider les uns les autres, non ?

Nos pas raisonnaient à l’unisson dans la lumière étrange caractéristique du crépuscule. Plus le paysage du lac s’estompait, plus je reprenais des forces. Mais plus les contours du village s’esquissaient et plus je prenais peur aussi. Le village me faisait secrètement trembler, tant et si bien que je stoppai soudainement notre marche pour me défaire de l’étreinte sécurisante de John, de crainte qu’il ne me sente frissonner comme un petit animal fragile.

Alors que je n'avais pas décroché un mot durant le trajet, ne répondant même pas aux phrases que John me lançait, je rompis l'harmonie de notre marche. J'avais envie de parler, mille choses se percutaient pour sortir la première de ma bouche close. Mais elles restèrent prisonnières de ma gorge. Alors, dans un regard encore piquant, je lui tendis une perche. Se promettre sans le dire, seulement par nos oeillades, de ne jamais laisser échapper un mot sur toute cette histoire, du moins, pas sur la dernière partie. Les noms d'oiseaux, la bataille, après tout cela pouvait devenir drôle avec le temps. Mais la fin... brrrrr, hors de question que quelqu’un d’autre soit au courant. Ça n’avançait à rien et puis… ça me gênait affreusement. Oui, il fallait qu'il se taise pour mon bien… Et le sien ! Car s’il l’ouvrait, je ne donnerais alors pas très cher de sa vie le jour venu.

Je remarquai juste que nous nous trouvions près du champ de la maison de Pavel et Emilie-Anne. Tout était formidablement calme et rien dans les alentours ne semblait pouvoir troubler ce pacte secret. C’est alors qu’un bruit vint briser l’agonie du silence. Une ombre déformée par les lueurs pâles et tremblantes des couleurs du jour et de la nuit s’épousant s’étira devant nos pieds.* Incrédules, nous nous sommes jetés à terre, dans les jeunes pousses du champ afin de nous mettre à l’abri de cet “on-ne-savait-quoi” forcément inconnu et potentiellement menaçant.

Je n'avais pas réellement peur, l'ambiance étant trop irréelle pour m'atteindre, mais je me sentais incroyablement frustré d'être à nouveau le témoin impuissant de cette journée qui n'en faisait qu'à sa tête. Je pris John sous un de mes bras, le serrant fort contre moi et ma main vint recouvrir sa bouche pour qu'il ne lâche aucun bruit. Intérieurement, je bouillonnais, envahis par un effet de ras-le-bol. Mais je restais calme, figé, ne fixant mon attention que sur l'ombre immense se dirigeant vers nous d'un pas lent.

Puis, je la vis enfin, la créature à qui appartenait cette silhouette : grande, majestueuse, impétueuse... une... licorne !

Sur le moment, je ne sus comment réagir face à la vision fantastique de cet animal. Je me sentais à la fois fasciné et désemparé. Bouche-bée, je regardais, les yeux plein d’étoiles, l'élégant équidé aller le long du champ, brouter un peu d'herbe, humer l'air chargé des odeurs de printemps. Il me sembla même le voir jouer avec la brise fraîche. C’était magnifique. Extraordinaire. Je ne sais combien de temps nous sommes restés ainsi, blottis l'un contre l'autre à admirer la fabuleuse créature évoluant devant nos yeux. Cependant, quand elle s'enfuit enfin, alertée par des bruits au village, nous sommes restés plusieurs minutes lovés ensemble dans un mutisme nécessaire. Puis, lentement, nous nous sommes relevés. Subitement, la proposition de John ne me parut plus aussi stupide. Je savais que je n'avais pas rêvé, mais j'avais du mal à croire que ce fut bien réel.

Ok, I actually need a drink, lâchai-je sans m'en apercevoir.

Quand la vie s'obstine, quand la nuit fait des siennes, autant abdiquer...**


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MessageSujet: Re: One month in hell Dim 7 Déc - 16:04

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John Clark- R.I.P.

L'échauffouré enfin terminé, Aleksei et moi nous nous dirigions vers le village pour se reposé et possiblement discuté. Le très beau et attirant russe d’un blond d’or s’était accosté sur mon épaule pour une partie du trajet. C’était un délice, un moment que je ne pouvais laissé passé. Un seul baisé avait allumé un petit quelque chose dans mon cerveau d’Homo sapiens sapiens. Au cours de ma jeunsesse, j’ai appris que cet organe contenait plusieurs connections , je me doutais bien qu’en se moment le trois quart d’entre eu s’agitaient pour me mettre des images louches dans mon imaginaire, pendant que les autre nous gardait dans le bon chemin. Tout au long de la route, j’imaginais lui et moi sur la plage dans le sable, son torse et ces yeux prêt des miens, sa bouche contre la mienne. Je m’étais dit, plutôt, que j’allais l’oublier et que je me concentrerais sur la survie, mais je n’y arrivais pas. Puis dans un soupir déprimé, je souffla dans son oreille quelques mots.

-I…..liked it….whatever it was…..
-J’ai…..aimé…...peu importe ce que c’était….

Puis, je continuai le reste du chemin en silence, admirant la nature. Pas de technologie, ni de bâtiment à étage, simplement des arbres à perte de vue. C’était étrange et relaxant à la fois, malgré le risque de se faire surprendre par un être vivant à tout instant. Tant de liberté, pas de règlement, simplement le respect de l’autre et l’aide mutuel entre survivant. Pourtant je me sentais coincé, trop de terre pas assez de mer. Je pensai à mon bateau et à ma liberté lors des journées de pêche. Nous devions construire un bateau ou même encore plus petit, un canoë, quelque chose qui flotte ! Je suis un pêcheur, je bois du rhum, je parle en bon marin, je m’amuse sur les femmes et je vais en mer. Un pêcheur comme dans les histoires de mon enfance, avec un grand chapeau noir et un cache-oeil, pas un homme avec son filet dans une flaque d’eau qui monte au genou. Je suis un maître du harpon, je la lance dans l’eau de la vie et attrape des gentes dames et les apporte sur ma maison flottante, pas des petits poisson rouge dans le milieu d’un boisée ! Le maître pêcheur n’étaient pas vraiment un titre qui m'allait bien, même si tout mes compagnons de voyage me nommais ainsi. En se moment je me sentais plutôt comme un insulaire, habitant de l'île. Je devrais plutôt dire prisonnier, mais je n’avais pas été forcé d’y allez.

Je me sentais comme un homme sur le bord de la mer qui courrais vers elle, puis plus je m’approchais de l’eau, plus la plage s’allongeait. Au loin dans la mer je pouvais voir un phare qui éclairait tout. Tout sauf moi. J’étais là dans le noir, oublié des créatures marines, laissé de coté comme si je les avaient abandonnées. Je courais plus vite, m’enfonçant à chaque pas et voyant baissé la marée et s'enfuir de moi. Plus l’eau baissait, plus j’avais soif: Soif de vivre, soif d’aventure. D’ailleurs je ne vivais pas, je survivais, regardant le phare de mes souvenirs de mers devenir rien de plus qu’une lumière oubliée au bout du monde. Un albatros ce mît à volé au dessus de ma tête, dans ce petit monde imaginaire que j’avais créer dans ma tête lors de la ballade. Cet oiseau que certains considérait des bombardier à purin me donnait plutôt l’impression d’être un vautour affamé. L’insulaire devenait donc un repas, une carcasse dans un désert, un désert entourée d’eau qui jamais ne touchait son île. Une île toujours sous l’ombre des palmiers dont même la lumière du plus puissant phare ne pouvait éclairé le moindre grain de sable, la moindre roche. Rien de vivant dans cette île trop sèche, pas même l’insulaire voulant être marin. Rêve brisé ? Peut-être.

Perdu dans ma tête, j’eus une faiblesse et tomba, laissant l’instant d’une seconde Boulgakov à son sort. Je revins, enfin, dans le monde réel, pourtant même si le coup m’avait réveiller et eurté, je croyais rêver encore plus qu’il y a quelques secondes. Je voyais un cheval trop clair pour être blanc. Il était plus blanc que la neige tombant en Alaska, c’était magnifique ! Après plus d’observation, seul sa magnifique crinière doré venait gâché le tout. Ces alors que je vis une corne. Une licorne ? Je devais encore dormire, car c’était impossible. Cette journée, ce baisé, ce sentiments d'affolement générale dans mon corps après avoir fait l’acte de sauvé la vie du roi des pirates, tous partie. Puis je sentis quelqu’un sur moi, l’autre était revenu brisé la sensation de rêve, il c’était carrément blottit sur moi, me donnant une embrassade et regardant le même mirage que moi

-A….freaking…..unicorn.
-Une…...putain…..de licorne.

Dis-je subjugué lorsque je me remis sur pied, alors qu’elle s'enfuit avec les bruits du village. Quelques temps après, il aquiesa avec moi sur le fait que lui aussi avait soif de boisson alcoolisé. Je lui demanda de m’attendre au feu et de le faire grand et puissant s’il le pouvait, pendant que moi j’allais récupré ma somptueuse potion de vie chez le docteur du village. Je pris aussi n’importe quoi qui pouvait servir de verres et apporta du pain et d’autre petites choses pour ce remplir la pense.

-Haha, fiesta, ladies and sirs, pick your poison !
-Haha, fiesta, mesdames et messieurs, choisissez votre poison !

Dis-je vraiment très très fort pour attiré les gens du village. J'espérais que tous viennes, je décapsula ma bouteille et pris la première gorgé de mon unique et dernière bouteille de rhum. La soirée allait être belle, je me sentais déjà enivré par l’alcool puis de l'au-delà me vint une chanson que je chantais a tue-tête, vers après vers.

♪♫An old man by a seashore at the end of day
Gazes the horizon with sea winds in his face
Tempest tossed island, seasons all the same
Anchorage unpainted and a ship without a name
Sea without a shore for the banished one unheard
He lightens the beacon light at the end of world
Showing the way, lighting hope in their hearts
The ones on their travels homeward from afar
This is for long forgotten light at the end of the world
Horizon crying the tears he left behind long ago♫♪

The Islander

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