Je peux tout expliquer !

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MessageSujet: Je peux tout expliquer ! Jeu 19 Juin - 20:57

Je suis l'ermite de la forêt
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Emmet frissonna. Griffona les derniers mots sur le papier. Il allait bientôt en manquer. Peut-être que ça le déciderait enfin à parler à … et bien, à quelqu'un! Il soupira et roula le parchemin pour le ranger dans son paquetage. Sa gorge grattait un peu, mais le plus dur semblait être passé.

Il s'était permis de mentir un peu, il avait eu des hallucinations. Des cauchemars. Il entendait des bruits de pas qui tournaient autours de sa cachette. Des voix qui l'appelait. Des coups de feu. Peut-être des gens étaient-ils réellement passés tout près. Gem était sorti, il était temps qu'Emmett sorte de cette grotte. Il empestait l'urine et se sentait simplement immonde. La grippe l'avait probablement immobilisé trois, peut-être quatre jours. C'était bien assez pour lui. La neige avait entièrement fondu et il pouvait se permettre de croire qu'une petite rivière serait assez chaude pour qu'il puisse s'y laver.

Il y avait bien évidemment le ruisseau dans lequel il puisait son eau. Il ne restait plus qu'à espérer que ses marques soient toujours visibles. À chaque fois qu'il faisait ses va-et-viens, Emmett grattait sur ses petits symboles. Chaque symbole lui indiquait la distance par rapport à sa tanière. Un vestige des apprentissages que lui avaient laissé ses comparses du Canada. La distance lui sembla plus longue qu'avant, mais la grippe et les jours passés au lit n'y étaient sûrement pas étrangers.

Une fois arrivé à bon port, le jeune homme entreprit de suspendre de petits pièges sonores afin de s'assurer de ne pas être surpris cul-nu dans l'eau (ce qui aurait été fâcheux pour tout le monde). Il en avait déjà placé auparavant, ça ne lui prit donc pas plus de quelques minutes. L'eau lui fit un bien tellement fou. Allongé sur de petits galets, bercé par le courant. De minuscules poissons frissonnaient autours de ses jambes. Elles lui semblaient si maigres. Il faut dire qu'il n'avait eu qu'un repas par jour depuis qu'il était malade.

Il se permettait à rêvasser. Se demander si ces petites choses qui frayaient entre ses jambes le prennaient pour une sorte de dieu ou pour un gros poisson quelconque.

-Je pourrais vous appeler Arsène. Ça sonne plus comme une espèce qu'un prénom, t'sais.

L'ermite se pinça l'arcade du nez. Voilà qu'il vivait avec un ours et qu'il parlait à des poissons. On se croirait dans un Disney...

Un son lointain le tira de ses pensées. Un toc. Toc. Toc. Toc.
Toc. Toc. Toc. Toc.

Le piège! Son sang ne fit qu'un tour. D'un bond, Emmett s'éjecta de l'eau et attrapa son pantalon. Sautillant d'une jambe à l'autre, il l'enfila et attrapa le reste de ses affaires. D'où ça venait? À gauche? À droite? Merde! Merde! Merde!

D'un second bond, il roula sous un buisson. Il valait mieux rester ici maintenant. Oui. Ici c'était bien. Il pourrait voir la personne arriver et partir. Ça avait intérêt à ne pas être un putain lapin. Si c'était le cas, il avait intérêt à courir vite. Très. Fucking. Vite. Il aurait qu'à sortir son arc.
Son arc.
Son arc...
Qui se trouvait là-bas. Au bord de l'eau. Il sentit son cœur en chute libre dans sa poitrine. Il ne sentait plus rien. Il était mort. Finalement, ce serait bien que ce soit un lapin. Ce serait vraiment parfait. S'il vous plaît faîtes que ce soit un lapin.


Dernière édition par Emmett Robertson le Jeu 21 Mai - 2:03, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Je peux tout expliquer ! Sam 21 Juin - 21:42

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Un lapin!

Oh, comme c’est beau de voir ce petit animal bondir joyeusement, là-bas, après de longues minutes interminables de marche! Des heures, même! J’ai tellement, tellement faim! Pourquoi y a-t-il fallu que je quitte le village d’une manière si hâtive? J’aurais pu apporter ma canne à pêche, quelques fruits, n’importe quoi! Non, non, il a fallu que je parte, que je bondisse sur la première occasion que j’avais de partir, victime de la pire impulsion que j’aie jamais ressentie! Aleksander, Aleksander a encore disparu, mais, cette fois, l’enclos n’était pas ouvert. Hans ronronnait tout doucement, trop simple pour comprendre que son frère s’était égaré, encore!

Je n’aurais jamais pensé qu’une chachèvre alexandrienne pouvait sauter si haut.

Si c’est bien Aleksander qui s’est échappé de cette manière.

Si ce n’est pas quelqu’un qui s’en est emparé.

Mais qui aurait pu bien faire une chose aussi immonde, improbable, sans m’avertir?

J’ai tellement peur pour lui! Et s’il lui était arrivé quelque-chose? Certainement qu’il n’a pas eu autant de chance que la dernière fois, qu’il ne s’est pas retrouvé au même endroit, si près du village.

Je sais, j’ai cherché, et ça me donne des frissons dans le dos à penser qu’il aurait pu s’égarer plus loin encore.

Trop loin.

Jamais plus je ne partirai sous une impulsion, jamais!

Même si je dois retrouver Aleks’ avant que quelque-chose ne lui arrive.

Je sens un soupir s’extirper de mes lèvres alors que j’avance précautionneusement vers l’animal, qui, encore, ne se doute pas de ma présence. J’arriverai à le calmer, dans le cas contraire, mais… Seulement si j’arrive à me faufiler jusqu’à lui.

Mon ventre grogne sauvagement et ma main vient se planquer sur lui, tentant de calmer ne serait-ce qu’une parcelle de sa rage. Bientôt, ventre, bientôt.

Ça me fait extrêmement mal de devoir tuer cette petite bête innocente, mais, dans un monde où la survie est la clé, je n’ai pas trop le choix.

J’ai faim et si je ne mange pas, je risque de ne jamais retrouver Aleks, puisque moi-même je serai morte.

Il sera laissé à la nature, à lui-même, dans un endroit hostile, et il risque la mort et je ne peux PAS accepter ça.

Non. Alors, maintenant, là, je vais manger ce lapin et je vais me foutre de mes principes de piscivore et devenir momentanément plutôt omnivore. Carnivore.

Whatever.

Le lapin – qui lui-même ne ressemble pas nécessairement à un lapin, mais c’est l’animal dont il semble se rapprocher le plus, alors le terme me semble approprié – continue de bondir pendant quelques pas alors que je me cache, quelques mètres plus loin, de lui, avant qu’un bruit nous surprenne tous les deux. Un bruit de bois qui se cogne sur quelque-chose. Je me redresse, presque trop vivement, regardant autour de mon regard hétérochrome, mais ne voyant rien de plus que de la verdure.

Un pic? Peut-être une variante de pic, même si je ne le vois pas. Le bruit, naturellement, résonne assez loin, dans mes souvenirs.

Le temps que je regarde où ma proie était il y a de cela quelques secondes qu’elle est désormais plus loin. Génial, mon repas s’évade et j’ai toujours extrêmement faim.

Je me décide finalement à sortir de ma cachette pour me diriger avec des pas un peu plus rapides vers l’animal. Le bruit continue – probablement que le pic a trouvé quelque-chose d’appétissant, dans son arbre, qu’importe où il se trouve.

Voilà que la lapin me voit et je vois bien qu’il est sur le point de bondir et ma gorge se serre.

Non, repas, ne t’enfuis pas!

« Oh, no, no no no, shhhhh. »

Je m’abaisse pour être plus au niveau de l’animal qui me contemple avec des yeux effarés, tendant ma main vers lui.

La curiosité l’emporte. Il ne bouge plus. Bénissons ma capacité exemplaire d’empathie étrange avec les animaux, même si, l’utiliser comme ça, c’est presque de la triche.

Je tricherai pour avoir ce repas, c’n’est pas grave, j’en peux plus, je meurs de faim.

L’animal fait quelques bonds vers moi avant qu’un bruit ne vienne déranger mon entretien avec celui-ci. Derrière. Le lapin prend peur, mais je suis plus vive et me jette sur lui, l’immobilisant dans mes bras et caressant doucement sa fourrure. Tentative vaine pour le calmer.

Mourir dans la peur, ce n’est pas agréable, même pour un pauvre animal sauvage, alors si je pouvais lui donner un tout petit calme juste avant de l’assassiner cruellement, ce serait parfait.

Ça n’explique, cependant, toujours pas le bruit que je viens d’entendre. Alors je me retourne, juste au même moment où les feuilles bruissent, juste là-bas.

LE BUISSON BOUGE. Il y a quelque-chose, dans le buisson.

Les yeux écarquillés, je me relève, le lapin à la main, avançant tout doucement vers celui-ci.

J’arrive à distinguer dans l’ombre du buisson quelque-chose. Fronçant les sourcils, je me rapproche, empoignant quelques branches de ma main libre pour révéler ce qui se cache, là.

Un… un homme?

Attend.

Pourquoi est-il tout mouillé? Est-ce qu’il a de la fièvre? Oh mon dieu, s’il a de la fièvre, va falloir le soigner. Vraiment. Très rapidement.

« Are you okay? You look sick. »

Oh non. Je suis à des heures de marche du village. Y’a aucun moyen que je puisse rejoindre Gavin d’ici.

… D’ailleurs, il est tellement lunatique que, même si j’étais à côté, il m’entendrait crier, il l’oublierait la seconde d’après.

Les hommes.

« Don’t worry, I’ a vet! » Lance-je dans un anglais muni de mon plus bel accent Norvégien. « I can help. Sort of. »
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MessageSujet: Re: Je peux tout expliquer ! Mar 23 Sep - 0:10

Je suis l'ermite de la forêt
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- Mars, peut-être


Les feuilles sont, somme toute, fascinantes. Leur fonctionnement semble pensé de A à Z; elles récoltent l'énergie contenue dans les rayons du soleil et les acheminent dans tout le reste du corps de la plante pour lui fournir l'énergie nécessaire à sa survie en complément de l'eau recueillie par les racines. Sans la feuille, aucune plante de cette forêt (à l'exception du pin, mais nous reviendrons sur le pin), ne pourrait survivre, grandir et devenir un jour un arbre. Ou un buisson. Dans le cas qui nous intéresse, nous parlerons des feuilles d'un buisson qui, quand on y réfléchit, ne faisaient que leur travail de feuille en restant en place. C'est probablement la faute d'Emmett, qui s'était précipité dans les buissons avec tant d'empressement (un adorateur de la nature, dirons-nous) qu'il en avait fait voler une bonne quinzaine et ce n'est, en fin de compte, pas la faute des plantes si la fine couche d'eau qui recouvrait sa peau les obligeaient à rester collées un peu partout sur lui. Non ce n'était pas leur faute.

Mais Emmett détestait chacune d'entre elles à ce moment précis de son existence. Probablement pas autant que les toutes petites branches qui, sournoises, lui avaient ouvert les bras et le torse, mais les feuilles collées dans les plaies le forçait à penser à autre chose. Autre chose de déplaisant, certes, mais autre chose.

Une femme.

En un sens, il se sentit soulagé. Il se demanda si ce n'était pas sexiste. Il se demanda si ce n'était pas ridicule de sa part de s'inquiéter de ce qui pouvait être sexiste. Il y aurait d'autre temps pour tenir ou ne pas tenir un débat mental sur ce qu'une pensée pouvait avoir comme impact sur la liberté et les sentiments du sexe féminin. Aussi laissa-t-il cette pensée s'évaporer doucement pour céder sa place à des idées plus sombre.

Que faire?

Aucune idée.

Great.

Il pouvait dire de là où il était qu'elle avait deux pieds. Qu'elle avait la peau blanche. Elle n'était pas très musclée, mais … ça allait. Elle regardait un lapin. Il pouvait encore s'éclipser par derrière. Il fit un pas et les feuilles – divine création que le monde se doit de contempler avec émerveillement et curiosité- décidèrent, surement en voulant s'écarter de son chemin de peur de lui faire plus de mal, s'entrechoquèrent violemment et firent, bien malgré elles, ce qu'Emmett pût qualifier de boucan pas croyable.

On aurait pu croire qu'un homme des bois aurait fait preuve de plus de discrétion. On pourrait aussi essayer d'être discret déguisé en tas de feuille trempé avec un restant de fièvre et les lèvres bleuies par le froid. L'impatience n'était pas dans son caractère, mais Emmett se sentait impatient de partir. Il entendait sa voix.

« Oh, no, no no no, shhhhh. »

Emmett s'immobilisa, presque malgré lui. Elle n'avait pas prêté attention au bruit. Il l'observa un instant. À mesure qu'elle se déplaçait, l'étrangère lui révélait petit à petit les détails de son visage et de son corps. C'était une étrange situation, comme si elle se dévoilait tranquillement à lui. Il se sentait traqué il y a un instant, à présent, il était curieux. Curieux et autre chose.

Le lapin semblait dans le même état que lui. L'inconnue l'attrapa comme si de rien était. Il semblait hypnotisé.

Le mot sorcière ne lui traversa pas l'esprit une seule seconde, mais elle peut traverser la vôtre si vous vous en donnez la peine. Emmett, lui, était animé d'un sentiment tout autre. Une peur froide. Une peur de calme. Il était trop calme et trop appeuré en même temps. Il ne sentait plus le froid qui le gagnait tranquillement. Il tremblait dans les feuilles.

Cette étrangère comptait-elle vraiment chasser ce lapin? Ce pouvait-il que la confiance se fasse violer ainsi. Il entendit son ventre. Lui même avait tué les lapins. Il savait ce que c'était d'être coincé entre son estomac et ses sentiments.

Elle n'avait rien sur elle pour lui donner la mort qu'elle voulait lui donner. Elle se tourna vers lui et leur regard se croisa à son insu. Cette femme n'avait jamais tué. Il ne le savait pas, mais il l'avait décidé. Ses mains n'avaient jamais tué de fourmi. Elle était en capacité de le faire, mais ne l'avait jamais fait. Elle souleva le lapin et fit un pas.

L'ermite recula.

Ses esprits n'étaient pas tous très clairs. Ils s'embrouillaient entre eux. Il crut, un instant, voir de la lumière qui émanait de la jeune femme et en vînt à la conclusion que quelque chose devait être un mirage et que ce devait être sa santé mentale qui l'était. Il sortit du buisson mit la main sur son sac. Il était prêt à s'enfuir. Il se serait enfuit. Il l'avait toujours fait. Sa tête lui pesait affreusement. Elle continuait d'avancer, il l'entendait. Il voyait le lapin qu'elle serrait contre elle. Le protègerait-elle s'il décidait de les attaquer? Il avait déjà tué un lapin.

Il se rappela d'histoire d'enfant dans les bois et de loup. Où y es-tu?

Emmett se sentait sale et il avait peur. Embrouillé. Allait-elle devenir le loup s'il la laissait faire? Il attrapa une poignée de tranches de viande séchée et sortit du buisson en titubant.

Il se représentait cette scène comme celui de l'ermite souillé de sang se présentant à un ange. Et il se rappella qu'il était probablement en plein excès de fièvre et qu'il était plus prudent de se calmer.

-

Il baissa les yeux.

« Are you okay? You look sick. »

Tiens. Pensa-t-il.

« Don’t worry, I’ a vet! »

Il tendit la main tenant la viande, sans relever les yeux. Il était conscient qu'il vascillait peut-être un peu.

« I can help. Sort of. »

Don't worry, I'm ok. I'll protect you. I'm ok. Don't become like me, I'll protect you.

Il fit un autre pas, la main en l'air.

Don't worry. I'll be ok. Take it and go away. You don't need to kill it if you don't want to. It's not something you should do. Please stay who you are. Please don't let it change you. The world doesn't need to know that you are still untouched. Reste qui tu es, mon ange.

C'est drôle comme les visages changent. Il se rappelait de paroles qu'il n'avait jamais entendu.
Prends-le et sauves-toi pendant qu'il est encore temps. Sauve-moi aussi en passant.

- Tiens. Dit-il. M-Maintenant sauves-toi.

Esti de mongol.


Dernière édition par Emmett Robertson le Jeu 21 Mai - 2:02, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Je peux tout expliquer ! Mar 30 Déc - 3:39

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Il émerge des buissons comme l'aurait fait un animal apeuré. Je n'aurais pu qu'à peine penser autre chose en ce moment. L'analogie est simplement trop parfaite – quelque chose dans son regard me le signifie.

Étrange sentiment. Devrais-je me sentir aliénée dans cette forêt sortie tout droit d'une autre dimension ou devrait-ce être lui qui devrait se sentir ainsi? Pour une raison quelconque, j'ai du mal à nous voir dans le même bateau. Je ne l'ai jamais vu au village, non plus – c'est difficile à concevoir. S'est-il perdu, il y a de cela longtemps, et se serait abandonné dans la forêt pour y vivre?

J'aurais pu faire pareil. Je ne l'ai pas fait. Allez savoir pourquoi.

Mais est-ce son cas?

C'est étrange comment, pendant ma longue lancée, il me fixe, s'approchant tout doucement. Mon regard se détourne du sien qu'un instant, celui où j'aperçois la viande et je fronce les sourcils. A-t-il vu que j'avais faim?

Enfin… Considérant l'animal que je tiens dans mes bras en ce moment, ça ne pourrait être plus exact. Mais il y a encore quelque chose dans cette conversation sans parole aucune qui me trouble. Comme s'il se considérait lui-même comme un danger, il tend son autre main, sa paume vers moi, alors que la viande séchée, de son autre main, est toujours à ma portée.

Et il me répond. Finalement, il me répond.

Mais je n'ai rien compris. Et cette incompréhension doit se voir sur mon visage, dans mes sourcils froncés et ma moue concentrée. Les secondes passent, interminables. Il ne dit rien d'autre, continue de me regarder de ce drôle d'air, une main en l'air comme un voleur, l'autre continuant de me tendre cette nourriture qui me fait de l'œil autant que lui semble m'en faire. J'éclaircis ma gorge, comme incertaine.

« I'm… Sorry. I don't understand what you're saying. Do you... Do you speak English? My name – » et je me pointe, ma main libre se posant délicatement contre mon torse, signe assez universel pour se désigner. « – is Kaja. »

C'est drôle comment, dans certaines situations, on tend à oublier ce qui se passe pour se concentrer sur ce qui paraît être le moins pressant. J'avais presque oublié ma faim quand je l'ai vu. C'est dur de continuer d'avoir faim quand quelqu'un semble avoir besoin d'aide.

Et il a sans aucun doute besoin d'aide. Je n'ai pas besoin d'un doctorat en médecine pour l'affirmer. Il est beaucoup trop pâle et son regard est distant – ou trop fixe.

Je prendrai la nourriture. Oui, je la prendrai, mais pas avant d'avoir la certitude qu'il va bien. S'il me la tend, cependant, je ne vais pas la refuser. Je ne vais juste pas la prendre maintenant, c'est tout.

Doucement, je repose l'animal par terre, un petit tapotement de tête et un grattement d'oreille s'ensuivent avant que je ne me relève. Je me relève et je fais un pas vers l'homme.

« It's very nice of you. The food, I mean. But – look. » Je prends sa main, celle m'ayant tendu la nourriture, dans la mienne, avant de venir refermer ses doigts sur celle-ci de mon autre main, mon regard se fixant dans le sien. Il est toujours aussi distant, tremblant – la fièvre, ça doit être la fièvre. Et comme pour confirmer, je viens poser mon poignet sur son front. « You're burning up. You need help. Medecine. Something! And I can't leave you like this. »

Je ne suis même pas sûre qu'il puisse me comprendre. S'il ne me comprend pas, je dois avoir l'air vraiment étrange. Ou pas. Il ne doit pas être si délirant pour ne pas comprendre que je veux l'aider, non? Le Docteur n'envoyait pas des gens fous dans le Nouveau Monde, après tout.


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MessageSujet: Re: Je peux tout expliquer ! Jeu 21 Mai - 2:02

Je suis l'ermite de la forêt
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Elle n'a aucune idée de ce qu'il raconte. L'imbécile se mord la langue et amène sa main vide dans sa nuque pour la gratter vigoureusement. Il pourrait croire que c'est l'usage entier de la parole qu'il avait perdu s'il n'avait pas passé l'hiver à se parler tout seul. L'anglais! C'était tellement loin. Comme une gifle d'un passé austère et lointain qui lui rappelait qu'il avait existé malgré tous ses efforts pour l'oublier.

Du calme semblait lui dire son cerveau. De quoi avait-il l'air, lui qui avait un jour été chef d'une escouade entière. Un meneur d'hommes (et de femmes) et maintenant il ressemblait à … un fantôme. Un animal. Effrayé par les hommes. Et par lui-même. Mais il y avait toujours eu une raison pour laquelle l'animal avait peur de l'homme. L'homme est un prédateur, il chasse. Il ne s'est jamais arrêté de chasser, depuis qu'il s'est rendu compte qu'une arme pouvait l'emporter sur tout le reste. Et l'arme en question pouvait être la confiance.

Une voix lui revint en mémoire, une voix qu'il s'était efforcé d'oublier. La voix ne voulait plus rien dire pour lui, mais les mots ne partaient pas. « Je ne fais qu'obéir aux ordres. » Il regarda sa main tendue, un long moment, puis releva les yeux vers la jeune femme.

Elle n'était pas effrayée. Ni de l'homme, ni de l'animal; ni de ce qu'il pouvait faire ou avoir fait. Il se retrouvait soudain l'égal de l'animal et cela lui causait une si grande peur et une si grande paix en même temps. Il était tout ce qu'il y avait de plus beau et ce qu'il y avait de pire. Et elle le regardait avec la même compassion et la même peur que n'importe quel autre animal.

Elle lui donnait cette égalité à laquelle il aspirait tant et fuyait de la même façon. Emmett passa sa main devant sa bouche et se gratta le menton. Il devenait sentimental devant une inconnue.

Il toussa en détournant le regard.

Sa gorge lui faisait souffrir. Un grattement terriblement désagréable, pas tout à fait comme des aiguilles, mais plutôt comme si de minuscules coupures se produisaient en même temps à chaque secondes dans sa gorge.

Ce n'était pas le moment de faire de la métaphysique.

Kaja.















Kaja.

Il cligna des yeux. Ce nom. Il ne l'avait jamais entendu auparavant, mais il lui … donnait une impression. Il n'avait pas de mot à mettre sur celle-ci, mais il savait qu'il avait définitivement une impression.

-Kaja, répéta-t-il.

Le lapin passa à côté de lui par petits bonds nonchalant. Il ne craignait ni le chasseur, ni la jeune femme. Ni le dieu, ni le diable, ne put-il s'empêcher de penser. Sa main se pose sur la sienne. Désemparé, il regarde son poignet se poser sur son front, l'imaginant bien s'embraser comme dans ses vieux films où les monstres brûlent dès qu'un objet saint les touche. Il n'aurait pas eu de surprise.

Il n'aurait pas eu tant de peine que cela au final.

Il faut bien comprendre qu'Emmett n'avait jamais eu l'intention d'en finir avec quoi que ce soit, soyons bien clair. On ne survit pas un hiver entier seul dans la forêt quand on est un tant soit peu suicidaire. Mourir, c'est facile quand on est seul. Emmett n'était pas un homme suicidaire, il était un homme seul. Ce n'était pas la même chose.

Quand on est seul, on a de la difficulté à aborder la mort d'un mauvais œil. Il est difficile de ne pas avoir envie de mourir quand la majeure partie de votre journée consiste en vous demander à quoi tout cela mène. Le plus déprimant, c'est quand on trouve la réponse à la question.

Emmett n'était pas suicidaire, l'important est là.

- I'm… commenca-t-il en levant les yeux au ciel pour mieux trouver ses mots. I'm sorry. I'm not well. It's not. I'm not a maniac. I'm not dangerous…

A qui mens-tu? Tu n'es pas dangereux? Toi?
Il se mordit l'intérieur de la joue.
Menteur.

-I'm sorry. I'm not well.

Menteur.

-I'm truly sorry.

Il posa sa main libre sur celle de la jeune femme. Sur celle de Kaja. On aurait dit… On aurait dit…

-It's dangerous … to go alone… take… this…

Sa voix était rauque, son regard s'éloignait derrière elle, vers le passé, vers le futur. Oh non, pas celui avec les enfants. Sa femme allait probablement avoir un très mauvais goùt pour les prénoms.

-Just… take it and run.

Il plongea soudains son regard dans le sien, suppliant de tout leurs reflets aciers. Si seulement il n'avait pas été là. Il n'aurait jamais dû être là. Pas ce soir là, pas il y a longtemps.

-Please, I'm fine. I'll get Gem to help. I'm alright. I'm always alright.

Il était à genoux déjà, mais il se sentait défaillir tranquillement.

-Please, save yourself.

Elle ne semblait pas prête a en démordre et son esprit semblait lentement partir en fumée. Son regard se voila.

-I'll get Asha to... help...

Il vit sa main vasciller vers sa joue d'ivoire, il se sentit l'effleurer alors qu'il basculait vers le sol lentement.

-Save yourselnbkjbbnbmbk.

L’atterrissage ne fût pas aussi grandiose que la descente.
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