Piotr Godunov

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MessageSujet: Piotr Godunov Dim 29 Juin - 14:01

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Piotr Godunov


Si la musique nourrit l'amour, alors jouez - W. Shakespeare



Sexe : Masculin

Âge :  23 ans

Origine : Russe

Nationalité : Ukrainien

Langues parlées : Russe, anglais et un peu de français



Pseudo Hors-Jeu  
Yuri

Avez-vous bien lu les règles ?  
[Code Ok par Loeva]

Où avez-vous découvert Terra ?  
J'y suis depuis déjà un bon moment ^^



Mon reflet
A chacun ses cicatrices, dis-moi, dis-moi ce que tu caches derrières ces jolis yeux.
Je te rencontre tout juste, je ne te connais pas, dis-moi ce que je dois voir.



Piotr est un jeune homme dans la vingtaine et en bonne santé. Il n'est pas très musclé et n'a pas une carrure exceptionnelle, et ce parce qu'il n'a jamais eu vraiment à faire face aux brutalités que connaissent la plupart des habitants de la planète dans ce troublant XXIIème siècle. Il est de taille moyenne, ce qui le rend plutôt grand et fin au premier regard. Il est doté d'un magnifique visage, aux traits fins et bien taillés. Ses yeux sont d'une couleur extrêmement rare: ambre. Son regard est profond et expressif, un miroir trahissant ses sentiments qu'il pourrait pourtant cacher d'un air impassible. Ses yeux peuvent trahir sa joie, sa tristesse, sa colère,... En réalité, il est facile de savoir ce que Piotr ressent rien qu'en fixant son regard. Ses cheveux mi-longs brun clair se mettent à leur gré, mais ne sont jamais trop désordonnés, et ce grâce à une raie naturelle assez prononcée.

Toujours vêtu de façon simple mais élégante, il aime tout particulièrement son vieux blazer en tweed brun qui lui a été offert par ses parents pour ses dix-huit ans. Il l'a gardé pour s'enfuir dans le Nouveau Monde.

Mais la chose qui surprend le plus dans l'apparence du jeune homme, c'est surtout son violon qu'il traîne en permanence avec lui, un magnifique stradivarius hors de prix qu'il a pu sauver du sinistre monde d'où il provenait. Seul instrument qu'il a pu arracher à l'Ancien Monde, c'est une pièce de maître qui vaut normalement une fortune, mais qui dans l'endroit où il se rend retrouve sa seule fonction d'instrument. Ce qui n'est pas plus mal. Ses doigts vifs sont optimales lorsqu'il joue de son violon.



Mon caractère
Ce que tu es devenu . . . Parles m’en. Crois-moi, je vais écouter, je veux savoir.
Dis-moi, qui es-tu, comment es-tu, pourquoi es-tu ?


Piotr se décrit lui-même comme un musicien idéaliste. Il pensait que la musique avait beaucoup de pouvoir sur les gens et les événements, et qu'il pouvait changer le monde en jouant ses mélodies, faire d'elle des messages d'espoir et de vie afin de donner naissance à un monde meilleur. Il voit la musique comme un moyen d'exprimer les plus intenses sentiments humains, ainsi qu'un moyen de guérir les plaies des hommes et mettre fin à leur souffrance. Ces nobles idéaux étaient ses rêves les plus ambitieux, ceux qui le faisaient aller de l'avant dans la vie. Malheureusement, le Régime fut bien trop souvent un obstacle à ses rêves, ce qui le mettait parfois dans le doute. Pouvait-il réellement guérir ces gens? Ou le monde était-il condamné à désespérer? Piotr est donc un être idéaliste mais sceptique dans ses idées. Il ne sait trop quoi penser de cela à présent... Peut être le Nouveau Monde pourrait le rasséréner?

Au niveau de son caractère, cependant, malgré ses hésitations et les nombreuses questions qu'il se pose, il est très déterminé. Lorsqu'il se fixe des objectifs, malgré les obstacles et les hésitations, il cherchera toujours à l'accomplir, car telle est sa nature.

Grand mélomane, il ne vit presque que pour la musique. Il ne jure également que par elle, toujours en constante recherche de nouveaux morceaux à jouer, de nouvelles mélodies à apprendre ou bien même parfois à créer lorsqu'il a le temps. Les nombreuses partitions et manières de jouer qu'il connaît en font un violoniste très polyvalent. Lorsqu'il joue, il s'évade et se laisse porter par la musique. C'est comme s'il n'avait plus contrôle de son corps et qu'il vagabondait dans un autre univers, ressentant les émotions même des notes émises par son instrument. En clair, il est né pour être un maestro et ne se fait pas prier pour jouer lorsqu'on lui demande. Si la musique adoucit les mœurs, la sienne libère les émotions les plus profondes chez lui... et les autres.

Dans ses relations sociales, Piotr place l'amitié et l'amour sur un piédestal. Ils sont pour lui des aboutissements, des choses rares à protéger et à chérir. Le jeune russe est très fidèle autant envers ses amis que ses amants. Il avait beaucoup d'êtres chers dans l'Ancien Monde, et a connu quelques aventures amoureuses avec des femmes séduites autant par l'homme que par son talent. C'est une personne qui établit facilement des liens empathiques avec les gens qu'il côtoie, parfois par l'intermédiaire de sa musique, parfois par son tempérament philosophe et plein d'émotion.


Mon histoire
Tu as peut-être été beaucoup de personnes différentes,  mais ceci est à propos de ce que tu es présentement.
Dis-moi qui tu es et dis-moi comment tu l’es devenu.  



Le Gala

La scène était sombre. Pas une lumière n'illuminait son sol de planches lustrées et douces. Piotr se tenait au centre de celle-ci, dans le noir complet, seulement guidé par les sons des murmures grandissant en face de lui. Les gens prenaient place. Le russe le savait, tous aussi pourris les uns que les autres. Des généraux aux mains plus couvertes de sang qu'une armée d'assassins, des fonctionnaires ayant indirectement condamné des milliers de personnes, de riches industriels tuant leurs ouvriers sous-payés au travail, et bien sûr, les pires de tous, la famille pour laquelle on l'avait fait venir jusqu'au prestigieux Opéra Bastille récemment rénové, les Anghel. Cette famille de psychopathes avait organisé un gala mondain, qui s'avérait concerner une bonne partie du gratin du Régime. Et il allait jouer pour eux. Avec son violon. Le simple sens de cette action semblait souiller tous les principes fondamentaux du jeune Piotr, ce qui faisait monter en lui de la colère. Mais il se ravisa, conscient que ce serait bientôt à lui de se produire.

Il n'eut pas à attendre encore longtemps. Les chuchotements s'estompèrent lorsqu'un homme traqué par un projecteur monta calmement sur scène, un micro à la main. Un immense sourire aux lèvres, ce dernier déclara:

"Ladies and gentlemen, mesdames et messieurs, we have a big surprise for you tonight. Coming from the Kharkiv region in Ukraine, we brought you a fabulous violonist, a prodigy who's only nineteen, ladies and gentlemen. An incredible artist, and such talented! Piotr Godunov!"

Un, deux, trois... projecteur. La lumière agressive de l'opéra révèle le jeune prodige, comme elle révélerait un prisonnier en fuite. Piotr sentit tous les regards se poser sur lui alors qu'il ne cillait pas, le regard perdu dans la masse noire et anonyme que formait son public. Des applaudissements retentirent, emplissant la salle et grondant dans les oreilles du violoniste. Le jeune ukrainien n'avait jamais réellement saisi l'utilité des applaudissement avant la représentation. Il n'avait pas encore joué, comment pouvaient-ils savoir, à moins de déjà le connaître ce qui l'étonnerait, s'il était bon ou non? L'un deux le connaissait déjà en réalité; Gervideo Anghel. Le seul homme à s'être endormi durant sa représentation au Bolchoï. Un barbare sans culture et sans goût pour elle. Un animal selon Piotr. Heureusement que d'autres personnes ici appréciaient sa musique...

"We are proud to present, as an introduction, the famous "Waves of the Danube" from J. Ivanovici!"

Nouvelle vague d'applaudissement. Le projecteur du présentateur s'éteint, ne laissant que celui de Piotr, comme un immense doigt pointé vers quelqu'un. Il se savait étudié, jaugé, peut être même admiré. Alors, avec les plus grand sérieux de monde, il prit son violon, le posa sur son épaule. Posant sa tête à l'endroit prévu à cet effet, il se saisit de son archet... et la musique put alors commencer.
Les doigts dextres et l'archet de Piotr se mouvaient avec grâce sur l'instrument, d'abord lentement, démarrant la mélodie avec le plus de profondeur possible, donnant tout son poids à la musique. Les notes s'échappant du stradivarius emplissaient la salle, silencieuse, littéralement emportée par la douce mélodie slave créée par l'artiste. Augmentant le rythme, la musique parut faire un bond dans la vivacité, ravissant les oreilles des spectateurs. L'Ukrainien était l'oeil du cyclone. L'endroit le plus serein de la salle où commençaient à régner des émotions vivaces. Des larmes coulaient, des sourires se dessinaient, et chacun se délectait des harmonieuses vibrations sonores s'échappant du violon. 

"Les Flots du Danube" était une magnifique introduction, selon Piotr. Elle ravissait les cœurs et en empoignaient d'autres. Mais quelle que soit la personne qui l'écoutait, la réaction allait dans trois sens différents; la béatitude, la mélancolie, ou la totale indifférence. Cette troisième réaction était bien souvent le lot de barbares du genre de Gervideo. Mais il espérait qu'au moins un membre de cette famille malsaine appréciait la musique. Continuant sa mélodie, faisant glisser l'archet le long des cordes tendues, faisant voyager ses doigts d'une corde à l'autre, il surprit toute l'assemblée par un soubresaut dans les octaves, rendant le passage plus aigu. Cette initiative personnelle semblait beaucoup plaire au public, bien qu'il ne pouvait voir leurs visages. Son don d'empathie lui faisait cependant ressentir toute cette félicité. Malgré qu'ils soient pour la plupart des hommes et des femmes cruels et égoïstes, ils semblaient apprécier grandement la musique de Piotr.

Les dernières notes étaient les plus sensibles, car elles se devaient d'être parfaites afin de rendre la mélodie inoubliable. Ralentissant la cadence, l'archet et les doigts magiques de l'Ukrainien créèrent les dernières notes du magnifique chef-d'oeuvre danubien. Des notes lentes, tirées en longueur, apportant une dimension presque irréelle à la mélodie. Signant l'arrêt de la musique sur un dernier long coup d'archet poignant, le vide emplit alors la salle...
Et fut immédiatement comblé par le tonnerre d'applaudissements des spectateurs, se levant tous pour une standing ovation bien méritée. La lumière illumina la salle entière, permettant au violoniste de mieux percevoir son public. Ils étaient très nombreux ce soir... Mais il nota en particulier la présence de la famille dirigeante, tous restés assis et applaudissant avec moins de verve (hormis Benjamin) à la performance musicale du jeune prodige.

Esquissant une grande révérence, Piotr releva ensuite une mine réjouie et, alors que les applaudissements résonnaient encore au sein de l'Opéra, il se retira de la scène pour aller dans les coulisses. Il y fut accueilli par son oncle et mentor, Grigori. Avec sa chaleur habituelle, il étreignit son neveu.

"Bravo, grandiose! Tu t'es encore surpassé, Piotr, je suis fier de toi!"

Les mots de son oncle étaient francs et sincères, et firent sourire le jeune homme. Plaçant une main sur l'épaule de Grigori, il répondit:

"Avec tes conseils avisés..."

Mais son oncle ventru lui coupa la parole.

"Ha non! Ne fais pas ton modeste! Au fait, je reviens d'une entrevue très particulière avec quelqu'un de très particulier... Tu veux savoir qui c'est?"

"Mais tu m'as dit que j'avais bien joué... Tu n'as pas assisté à ma représentation?"

"Si, l'entrevue s'est passée pendant ta représentation, mais l'homme à qui j'ai parlé y assistait également. Et ce n'est pas n'importe qui, ha ça non!"

A voir l'état quasi euphorique de son oncle, Piotr ne pouvait que se réjouir. Peut être un mécène aux tendances mélomanes lui commanderait quelque composition ou lui demanderait de jouer concertos et mélodies dans un grand opéra? Avec des milliers de scénarios inondant sa tête, l'Ukrainien demanda alors à son oncle:

"Dis-moi."

"Benjamin Anghel! Il est quasiment époustouflé par la maîtrise que tu as de ce violon à ton âge. Il voudrait te voir jouer plus souvent et te propose d'intégrer l'Orchestre philharmonique de Paris, comme il y est souvent! C'est une aubaine, Piotr. Un aboutissement. Tes parents seraient fiers de toi, tu sais?"

La nouvelle fit un choc au musicien. Il ne s'attendait pas du tout à cela. Oh, on l'avait déjà repéré lorsqu'il était très jeune, et le Bolchoï lui était apparu comme la chose la plus grandiose qui pouvait lui arriver, mais se produire dans l'orchestre parisien? C'était comme toucher de la main un de ses rêves les plus fous. Il avait du mal à contenir sa joie. Il serait donc officiellement le plus jeune violoniste à avoir jamais joué dans l'Orchestre philharmonique de Paris?

"C'est... c'est... je... quand veut-il me voir?"

"Je crois qu'il ne faut pas trop le faire attendre, qu'en dis-tu?"

Et avec une mine radieuse, Piotr suivit son oncle à grands pas en direction des balcons VIP.


Le carton

La vie à Paris était à la hauteur de ce que Piotr avait espéré. Occupant une place de choix à l'orchestre, il avait également entamé une liaison avec l'une de ses collègues violonistes, Michelle Laroche, de six ans son aînée. Son magnifique appartement en bord de Seine lui offrait une magnifique vue du beau Paris, même si une petite fenêtre éclairait également sur la situation de certaines banlieues plus pauvres. Vivant avec son oncle et, à certaines occasions, sa nouvelle compagne, il menait une vie de rêve dans une ville mythique. Certains soir, lorsque Benjamin Anghel était en ville, des fêtes étaient organisées. Convié à celles-ci, le musicien ravissait les oreilles des invités avec son violon. De riches partisans du Régime lui passaient commande de compositions ou lui demandaient de venir se produire lors d'événements importants. Tout était en fait géré par son oncle Grigori, avec son accord bien sûr.

Aux différentes fêtes, galas, représentations et soirées mondaines auxquelles il était invité, il se devait d'être présent pour les convives, discuter avec eux de choses triviales ou encore de son prodigieux talent pour le violon. Mais Piotr était bien vite fatigué par tous ces faux-semblants. Il voyait bien que ses interlocuteurs étaient souvent superficiels ou aux notions artistiques restreintes. Non, il préférait s'entretenir avec les autres artistes des soirées. Il avait donc passé de nombreuses minutes à parler des arts avec des violonistes polonais, des pianistes français, des peintres anglais, des danseuses exotiques espagnoles, et bien d'autres. Ces mêmes danseuses exotiques avaient grandement inspiré Piotr pour l'une de ses compositions, "Nuit hispanique". Sa passion grandissante pour les arts moins classiques et plus populaires s'affirmait, même s'il n'en disait rien à personne, sauf peut être à Michelle.

Et ce fut à la sortie d'un de ces galas que le destin du jeune violoniste bascula. Sortant au bras de sa compagne d'une réception en l'honneur du mariage du maire de Paris, le musicien fut apostrophé par un homme étrange, tout de sombre vêtu et portant un vieux carton affublé de ce qui semblait être une tache de vin. L'homme lui dit simplement:

"Monsieur Godunov. Ceci est pour vous."

Piotr, intrigué, regarda l'homme d'un air amusé.

"Hum... Et en quel honneur? Et déjà, qui êtes-vous?"

"Quelqu'un qui doit vous donner ça, c'est tout. Rien d'autre. Alors prenez-le, ça m'arrangerait."

"Moi ça ne m'arrangerait pas. Je ne sais même pas ce que..."

Le violoniste n'eut même pas le temps de finir sa phrase que le carton lui était pressé contre sa poitrine. Dans un geste instinctif, il porta ses mains au carton, juste au moment où l'étrange personne retirait les siennes. A présent "propriétaire" du carton, il regarda d'abord celui-ci, puis l'homme en face de lui, qui lui répondit en s'éloignant sans un regard derrière lui:

"Prenez-en soin. Adieu."

Après avoir ruminé sa mauvaise fortune, Piotr rentra finalement dans son appartement, mais sans Michelle. Posant le carton sur la table, il se demanda s'il devait l'ouvrir. La plupart des scénarios dans sa tête étaient mauvais. Un bébé? Une bombe? Une arme? Ou pire, une tête? Peut être même des objets qui, s'ils étaient retrouvés chez lui, le feraient accuser d'un meurtre qu'il n'avait pas commis?
Se recomposant rapidement, Piotr passa une main dans ses cheveux et décida qu'il ne pourrait pas savoir tant qu'il n'avait pas ouvert. L'artiste maudit la théorie du chat de Schrödinger... et ouvrit le carton. Ce qu'il y trouva à l'intérieur fut stupéfiant!

Rien de ce qu'il n'avait imaginé. A l'endroit où il aurait bien vu une tête décapitée ou une bombe à retardement se trouvait une pile de livres, de partitions et de vieilles cassettes et disques. La curiosité piqua le jeune prodige; qu'est-ce qu'on venait de lui refiler? Des dossiers compromettant? Non, les partitions de musique semblaient compromettre cette théorie... Il s'en saisit et les regarda de plus près. "Sonate de l'Homme bon"? "Les champs de la Liberté"? "Ode à la Liberté"?

Le jeune homme commençait à comprendre... Il regarda les couvertures des livres: "La démocratie occidentale", "La Révolution française", "Gracian Anghel: comment défendre la démocratie?"... Il lâcha le dernier, tout à coup réalisant ce qu'il avait entre les mains. On venait de lui donner un moyen de se faire exécuter; tous ces ouvrages, textes, partitions, et même films étaient censurés. Il y avait assez dans ce carton pour faire boucler tout Paris. Piotr fut alors saisi d'effroi; qu'allait-il faire?

Il fallut plusieurs jours au jeune artiste pour se décider. Il était tiraillé par deux sentiments, peur et curiosité. Il craignait que le Régime ne le fasse emprisonner, ou pire, s'il trouvait ce carton ici. D'un autre côté, tout cet art censuré, ces partitions interdites, ces livres prohibés, ces musiques et films non autorisés... Il ne pouvait résister à la tentation d'écouter et lire tout le contenue du paquet. Après des jours donc, il se décida enfin.

Prenant son courage à deux mains, il ouvrit la boîte et se saisit du premier disque qui se présentait à lui... "Three hours of celtic fibble by Bridget Regan"... Curieux. Du violon irlandais?


L'hécatombe

Piotr écoutait encore cette magnifique mélodie gitane qu'il avait découvert quelques années plus tôt lorsqu'il avait entrepris d'écouter toutes les chansons contenues dans le carton. Cela faisait trois ans maintenant. Il avait lu des livres sur la démocratie, écouté des airs sur la liberté et vu des films racontant toutes sortes d'histoires. En regardant "La Liste de Schindler", il avait non seulement pris conscience de la ressemblance entre l'Allemagne nazie et le Régime de fer, mais il avait également appris à jouer une nouvelle mélodie au violon; la bande originale poignante du film. Mais tout cela était bien entendu resté secret.

Seuls Michelle et Grigori savaient pour l'histoire du carton. L'avouer à son oncle lui avait donné des sueurs froides, mais en réalité, il détestait autant l'Etat que lui apparemment, et avait même insisté pour regarder les films intéressants avec lui!
Michelle quant à elle avait plutôt marqué ses distances après cette révélation. Piotr comprenait cela, elle avait une bonne place et une vie aisée. Ce carton représentait un danger pour son confort, et surtout un danger pour son compagnon. Du moins, telle était la pensée du musicien...

Avec le temps, il avait diversifié sa maîtrise du violon. Après avoir surpris tout le monde à l'orchestre en interprétant "The maid behind the bar", une mélodie irlandaise, Piotr manqua également de se faire prendre lorsqu'il interpréta le "Sonate de l'Homme bon" pour des citoyens. En effet, il s'était fait très discret et s'était glissé dans une sorte de cabaret populaire afin d'y jouer du violon. Manque de chance, un membre du Bureau de la Censure semblait avoir entendu la mélodie interdite et avait fait appeler la Garde de fer. L'Ukrainien leur avait échappé de justesse, et il n'avait plus eu l'envie d'escapades nocturnes après cette mésaventure.

Puis vint ce jour du 5 juillet 2199. Piotr était assis dans son divan en train de lire "La Commune de Paris" lorsqu'il entendit frapper avec force contre sa porte. Avec une célérité étonnante, il cacha le livre sous le sofa et se précipita vers la porte, regardant par le judas. C'était son gros oncle Grigori, le nez pissant le sang et l'air apeuré. N'hésitant pas une seconde, son neveu lui ouvrit et le laissa entrer. L'homme regarda le musicien et lui dit, la peur dans les yeux:

"Ils savent Piotr!"

"Quoi? Ils savent quoi?"

"Pour le carton! On nous a balancé!"

L'Ukrainien regarda son oncle, incrédule. Qui d'autre connaissait l'existence du carton? Michelle?

"Ca ne peut pas être Michelle."

"Alors qui d'autre? Tu l'avais seulement dit à nous deux! Et je ne te trahirais jamais, tu le sais bien... Regarde, des gens sont venus m'agresser après m'avoir demandé mon nom!"

Piotr regarda le nez enflé de Grigori. Il ne pouvait pas croire que Michelle ait pu le dénoncer... Dans quel but? Pour obtenir une prime? N'était-il donc rien de plus à ses yeux? Plus le temps passait et plus le musicien commençait à éprouver des doutes, à se demander si son oncle n'avait pas raison. Cela aurait très bien pu être elle... C'était même sûrement elle...
Perdu dans ses réflexions, le violoniste fut secoué par son oncle qui lui dit:

"Pas le temps de réfléchir! On s'en va d'ici! Allez, il faut s'en aller, sinon on est mort, Piotr! On est mort!"

Attrapant son violon et son archet, il se mit alors à suivre Grigori qui se hâtait d'atteindre la voiture. Alors que la voiture démarrait, l'oncle ne faisait que divaguer, s'interrogeant lui-même sur ce qui l'avait pris de regarder ces foutus films au lieu de les jeter et de ne plus en parler. Mais Piotr savait qu'il n'aurait jamais fait une chose pareille...

Puis il y eut un accrochage. Une voiture tenta un tête-à-queue sur celle de son oncle. Qui était-ce? Un agent de l'Etat? Comme s'il avait entendu cette question, le conducteur répondit par l'affirmative en sortant un pistolet-mitrailler et en tirant sans pitié sur l'arrière de la voiture. Piotr s'abaissa, et Grigori commença à slalomer sur la route, tentant d'éviter les autres automobiles le mieux possible. Le poursuivant s'acharna sur la carrosserie avec quelques rafales en plus avant d'être semé dans le dédale des rues parisiennes. Relevant la tête, Piotr regarda son oncle se tenir l'épaule et continuer de conduire.

"Tu es blessé?"

"Aucune importance, j'conduis là. On doit aller dans un aérodrome pas loin de Paris. Accroche-toi!"

Et sur ces mots, il appuya sur l'accélérateur, grillant les feux rouges et tentant de semer d'autres voitures tentant de se joindre à la course-poursuite.


L'aérodrome

Les phares crevèrent l'obscurité de la nuit, alors que la voiture du gros Grigori, en très mauvais état, arrivait en trombe sur le terrain de l'aérodrome. Freinant sur quelques mètres, l'automobile s'immobilisa. Les poursuivants n'allaient pas tarder à arriver. Piotr ouvrit la portière de sa voiture, allant de suite s’enquérir de l'état de son oncle. Ce dernier ouvrit la porte de la voiture et fut rejoint par son neveu. Il put alors voir qu'il était effectivement blessé; deux impacts traversaient l'épaule gauche de Grigori. Le résultat fit hoqueter Piotr de stupeur et porter une main à sa bouche. Mais son oncle le saisit par l'épaule.

"T'en fais pas, Piotr. Va rejoindre l'avion! Un nouvel avenir t'attend!"

L'Ukrainien regarda alors dans l'autre direction, voyant se profiler devant lui, bien que dans la pénombre, une grande coque de métal. Devant la voiture se trouvait un avion. Le violoniste, perplexe, demanda:

"Mais... tu sais piloter un avion, toi?"

"Pas moi. Je me suis arrangé avec un ami. Tu pars pour l'Amérique..."

"Alors allons-y maintenant! Y a pas de temps à perdre!"

Et alors que le musicien achevait sa phrase, deux vans noir d'encre se précipitèrent sur la piste de l'aérodrome, freinant dans un crissement abominable. Les portes s'ouvrirent à la volée, laissant entrevoir des silhouettes sombres à l'intérieur. Grigori attrapa alors son neveu par le col et lui dit, tout en le poussant en direction de l'avion:

"Dépêche-toi! Vis ta vie, la mienne est faite! Va-t-en! Et bon voyage!"

Des tirs commencèrent à éclater, des balles à siffler aux oreilles de Piotr qui se dirigeait instinctivement vers la porte ouverte de l'appareil. Il regarda en arrière pour voir son oncle lui lancer son violon, qu'il attrapa avec précaution au vol. Puis, se cachant derrière la voiture, l'homme blessé sortit... une arme à feu?! Piotr n'avait jamais été au courant que son oncle avait un pistolet sur lui!

"Viens!"

Grigori se mit alors à tirer comme il le pouvait en direction des voitures noires, qui lui répondaient par des tirs de plus en plus intenses. Se cachant du mieux qu'il pouvait derrière la voiture, il regarda son neveu et lui dit:

"Non, Piotr. Cette fois, t'as plus besoin de moi. Fini les opéras et les orchestres, tu te débrouilles sans moi maintenant."

Puis une main attrapa le violoniste par l'épaule et le traîna à l'intérieur de l'avion. Surpris et déséquilibré, il tomba à l'intérieur, son violon calé sur la poitrine afin de ne pas l'abîmer. Il releva les yeux pour voir un homme lui tendre une main et lui dire:

"Mr Godunov, levez-vous. Nous devons partir, des hommes nous tirent dessus!"

Piotr, chamboulé, attrapa la main et se releva. C'est à ce moment là qu'il reconnut l'homme à tout faire de Benjamin, Laurent. C'était donc lui, l'ami dont parlait Grigori? Et d'ailleurs, où était Grigori?!

Alors que l'avion démarrait, le musicien entendit une dernière rafale de balles. Saisi d'effroi, il se dirigea vers un hublot, juste à temps pour voir son oncle s'effondrer à terre, criblé de balles. Le corps continuait à bouger car les hommes tiraient encore. L'avion lui-même n'essuya que quelques tirs, s'envolant bien vite.

Le jeune prodige s'effondra au sol, la tête dans les mains, en sanglots. Il venait en une nuit de perdre sa compagne, son oncle, et sa vie. Pendant de longues minutes, il resta assis là, laissant libre cours à sa tristesse. Toute cette pagaille, et pour quoi? Pour de misérables œuvres censurées! Qu'était-ce donc que cette parodie d'Etat qui se permettait de laisser mourir de faim des citoyens mais déployait des sommes astronomiques à la chasse au dissident? Cela ne rimait à rien pour Piotr, qui, inconsolable pendant un moment, resta le visage dans les mains...

Ce fut Laurent qui le releva, l'épousseta et lui dit alors avec un air sérieux:

"Monsieur Benjamin Anghel vous offre la liberté, monsieur Godunov. Cet avion se dirige vers les Etats-Unis. Vous vous rendrez dans le Michigan sous un faux nom, avec de faux papiers, que voici. Une fois sur place, vous prendrez contact avec le Dr Alan Oliver. Il a développé un projet tout à fait intéressant qui, j'en suis sûr, piquera votre curiosité."

Donnant les papiers à Piotr, le majordome se dirigea ensuite vers la cabine du pilote afin de s'entretenir avec lui. Morose, le musicien regarda ses papiers... Sergueï Khoulak. Alors voici sa nouvelle identité? Pour combien de temps devra-t-il la conserver?

Et puis plus encore, quel était ce projet dont parlait Laurent?

Avec des tonnes de questions mais de maigres réponses, une larme coula le long de la joue de Piotr, plongeant ensuite sur son passeport falsifié. En avion pour un pays inconnu, avec un but inconnu, le jeune Piotr se demandait ce qui pourrait lui arriver de bien à présent...
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MessageSujet: Re: Piotr Godunov Mer 2 Juil - 19:53

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Invité
Equipement emmené sur Terra:
-Son violon
-Des vivres pour quelques jours
-Quelques livres et partitions
-Crayon et papier
-Une couverture
-Une trousse de secours (contient seulement quelques bandages et des attelles en bois)


Dernière édition par Piotr Godunov le Dim 6 Juil - 8:07, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Piotr Godunov Jeu 3 Juil - 15:33

je suis une actrice qui connaît le jeu qui ne lui fut jamais écrit
Féminin

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J’ai tout lu, j’ai tout aimé ! Ju’ semblait penser que la fin était un peu incomplète, mais je suis d’avis que c’est bon. Considérant que tu connais déjà ton chemin, je conclus que le manque d’info quant à la rencontre avec Oliver implique que Piotr s’y est rendu sans encombre et qu’il a passé les examens médicaux du docteur sans accroche.

Le seul truc est au niveau de l’inventaire. Ne t’en fais pas, on a réussi à s’entendre sur le violon! Malgré que ce soit un peu abusé dans la liste des choses que l’on accorde, fondamentalement, on ne veut surtout ni plastique, ni métal, mais comme les plus couteux des violons sont en temps normal exclusivement faits de bois et munis de cordes de nature animale, nous acceptons de faire une exception puisque c’est un DC et que nous te savons actif et fiable.

Par contre, tu comprends qu’on devient plus pointilleux sur le reste de l’inventaire ! Le sac de couchage, avec ses coutures complexes et ses fermetures éclaires devient un peu trop abusé, nous te demanderons de te contenter d’une couverture toute simple.

J’aimerais aussi avoir un sous-inventaire de la trousse de secours, s’il te plaît.

Allons, plus que ça et c’est bon !
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MessageSujet: Re: Piotr Godunov Dim 6 Juil - 8:08

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Up ^^
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