Sous un ciel nouveau

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MessageSujet: Sous un ciel nouveau Mer 9 Juil - 20:19

Pionnier
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Pilar avait eu quelques jours pour se préparer au départ une fois arrivée chez le docteur Alan Oliver. Pourtant, elle n'avait rien fait de cela. Aucune question en plus de ce qu'on lui avait expliqué, elle n'était pas d'humeur à discuter. Aucun achat, de toute façon elle ne connaissait rien des États-Unis, en fait elle n'était simplement jamais allée beaucoup plus loin que la campagne et les petits villages près de la ferme alors quitter la maison du docteur lui faisait sans doute un peu peur. Et puis de toute façon, elle avait aussi perdu pas mal de tant à pleurer. Ayant toujours été avec sa famille, la séparation lui semblait au début presque insurmontable. Du coup, le peu d'affaire emporté venait de ce qu'elle avait eu le temps de prendre avant de quitter la ferme et à ce moment-là, elle n'avait pas vraiment prévu de rejoindre un monde inconnu.

Refusant d'être le genre de personnes à rester là, à se morfondre dans son malheur - qui devait être ridicule pour ceux qui avaient toujours eu une vie difficile se disait-elle - c'est seulement juste avant son départ qu'elle décida de se reprendre en main !

Une fois le moment du départ venu, Pilar avec son sac, sa fourrure, habillé d'un chemisier blanc simple et d'un pantalon noir, les cheveux attachés d'une simple queue de cheval s'avança, plus effrayée que déterminée vers l'étrange machine d'Alan Oliver. Une fois dedans, elle fut accueillie par une lumière totalement éblouissante qu'elle se retrouva obliger de fermer les yeux. Jusque là, elle s'attendait encore à les rouvrir dans la même pièce, doutant finalement de tout ce qu'on venait de lui raconter. En rouvrant les yeux, elle fut presque étonnée de se retrouver ailleurs. Un frisson lui parcouru le corps, lui glaçant le sang en même temps. Finalement, elle aurait peut-être préféré qu'il ne se passe rien et être toujours dans la même pièce !
Elle referma alors les yeux sans avoir pris le temps de regarder le paysage qui l'entourait. Et si elle se retrouvait face à un insecte géant ou à un oiseau mangeur d'homme ! Ne pouvant pas laisser plus longtemps libre court à son imagination, elle rouvrit à nouveau les yeux tout en criant tout son soûl de peur de voir vraiment quelque chose d'effrayant. Au final, il n'y avait rien ni personne en face d'elle. Et heureusement qu'elle ne vit personne, sinon elle se serait sentie totalement ridicule qu'on l'entende crier alors qu'elle s'était juste fait peur toute seule pour rien du tout. Pilar étudia finalement l'environnement. Une plaine, des hautes herbes, des rochers. A priori, rien de dangereux.

Elle s'avança enfin un peu dans la plaine pour arriver prêt d'un rocher qui dépassait un peu plus grand que les hautes herbes. Elle posa sa fourrure au pied - elle tenait de toute façon bien trop chaud pour la température - avant de grimper sur le rocher sans trop de difficultés. De là au moins, elle aurait une meilleure vue et n'aurait pas à craindre l'arriver d'une chose plus petite que les herbes.

Une fois sur le rocher, elle fit un tour sur elle-même pour regarder autour dans l'espoir de croiser un signe de vie humaine dans les parages. La plaine semblait parsemer de rochers comme celui sur lequel elle était, certains de formes étranges, d'autre un peu moins. De l'autre côté, elle aperçut une forêt qui n'avait rien d'accueillant. Là-bas, elle n'irait pas seul. Sauf si bien sûr il était question de vie ou de mort !

Elle s'essaya finalement sur le rocher, face à la forêt (après tout, on ne sait jamais ce qui peut en sortir), bu une gorgée d'eau avant de faire l'inventaire de son sac. Du fil, une aiguille, du tissu (qu'elle pourrait toujours utiliser pour se faire une tente si jamais elle n'arrivait pas à se faire un abri), un couteau, quelques vivres, des vêtements de rechanges et sa fourrure poser au pied du rocher et un couteau piqué à Alan Oliver un peu avant le départ. Vraiment, elle n'irait pas très loin toute seule avec ça. Il fallait absolument qu'elle trouve rapidement ceux arrivés avant elle.

Elle se laissa un instant pour dire au revoir à son ancienne vie, prise d'un instant de nostalgie, tout en observant la forêt qui bordait le champ de pierres. Son oncle, sa tante, ses cousins qu'allaient-ils leur arriver maintenant ? Peut-être viendraient-ils la rejoindre un jour ? Mais elle savait qu'elle ne pouvait pas s'accrocher à cette idée. Ils étaient bien trop terre-à-terre pour croire au projet Terra. Et que pouvait faire son père en ce moment ? Pilar ne savait même pas si sa mère était encore en vie. Elle toucha rapidement ses boucles d'oreilles, vérifiant ainsi que les perles étaient bien toujours là. Bon ! Elle ne pouvait pas rester toute la journée sur ce rocher. Elle se releva, restant debout dessus.

« ¡ Hola ! » cria-t-elle du haut de son rocher avant de redescendre, prête à vivre son aventure dans ce nouveau monde !
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MessageSujet: Re: Sous un ciel nouveau Jeu 28 Aoû - 12:00

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Je m'étais levé tôt ce matin après avoir dénoué mes muscles secs et encore endoloris de la veille. L'étudiant rebelle que j'avais été n'avait pas l'habitude de tant de tâches physiques et épuisantes. Vivre sur Terra demandait chaque jour de vouloir survivre et pour cela, de faire le maximum pour améliorer les conditions de chacun au village.
D'un naturel plein d'entrain, je ne rechignais pas à l'effort, n'hésitant pas à me proposer partout dès que de l'aide était requise. Pour l'instant, les gens étaient encore un peu rétifs. La seule raison que je voyais à cette retenue était gravée à jamais sur mon visage. Difficile de croiser mon regard quand la seule chose qui attire votre œil est cette grande marque rouge qui me défigure. Mais je savais que ce n'était qu'une question de temps avant que cela ne change. En gagnant le cœur de certains, je serais admis au cercle.

Tout en accomplissant les tâches que j'avais commencé, mes pensées divaguèrent jusqu'à Lola. Au final, mes mains tendues n'avaient pas été toutes vaines et, depuis quelques temps naissaient sur ses lèvres de timides sourires qui n'existaient que pour moi. Elle avait su, par de subtils moyens parfois très détournés, m'apprendre le fonctionnement du village et ses règles de bases. Je le devinais dans ses hésitations et ses silences, ce n'était pas quelque chose qu'elle avait l'habitude de faire et chaque fois que je le pouvais, je la remerciais du regard. À mon tour, j'espérais bien que je pourrais faire profiter un nouvel arrivant de ses informations pas mal utiles. À vrai dire, j'avais hâte de pouvoir me ruer au champ de pierre pour découvrir une tête inconnue ! Plusieurs pionniers étaient arrivées après moi mais je n'avais jamais eu l'occasion ou la possibilité de devenir celui qui les aurait accueillis. Peut-être pourrais-je me proposer à cette tâche ? Être le guide des nouveaux venus jusqu'à notre humble concile. Y penser me fit sourire avant que je ne me reconcentre. Il me fallait encore vider les eaux stagnantes qu'il faudrait remplacer et rapporter de quoi permettre à un autre de raviver le feu de ce que j'appelai la Grand'place.
Alors que je vidais dans le chaudron principal les outres en cuir patiemment confectionnées par la douce Émilie-Anne, la Lueur explosa. Aveugle quelques secondes, je m'abritai derrière ma main libre. Malgré la récurrence du phénomène, j'avais du mal à m'habituer. Sa vision entraînait toujours un désagréable picotement le long de ma joue gauche. Mais il fallait se ressaisir ! Quelqu'un venait de poser deux pieds neufs sur Terra. Et cette fois-ci, rien ni personne ne pourrait m'empêcher d'être là.

C'est à peine si je pris le temps de ranger les outres, tête en bas pour qu'elles sèchent, tant je bouillonnais d'impatience. Je m'élançai vers le champ de pierre comme si ma vie en dépendait. Le village avait été construit à peine plus de cinq kilomètres du point d'arrivée des voyageurs, protégé par les collines en son dos. On aurait pu croire qu'il serait facile de le repérer depuis le cercle de pierre grâce au feu perpétuellement allumé mais il n'en était rien. Les plus anciens (dans l'ordre d'arrivée et non d'âge !) redoutaient que certains pionniers se soient à jamais égarés dans les terres vierges de toute humanité de Terra. Mon idée de guide ne me parut plus si incongrue au final.
Un cri me tira de mes pensées et m'entraîna plus vite encore dans sa direction. Au loin, en plissant les yeux, j'aperçus une silhouette, de plus en plus précise à mesure que je réduisais la distance. C'était une jeune femme aux cheveux bruns, de belle allure. Soudainement, tout empressement me quitta : ce voyage, autant à travers l'espace que le temps, était déboussolant. J'avais cru être mort, brûlé vif, aux prises avec de mauvais souvenirs. Je n'aurais pas aimé être assailli sans espoir de second souffle dès mon arrivée. Elle se campa face à la forêt, pensive. À quoi pensait-elle ? Sa famille, ses amis ? À ce qu'elle avait abandonné et ne retrouverait plus jamais ? J'essayai de me souvenir si le docteur m'avait prévenu de tout cela avant mon départ. Pas de retour en arrière possible, no second thought. Pour ma part, je n'avais rien à regretter, mes géniteurs ne m'ayant guère portés dans leur cœur. Mais c'était évidemment loin d'être le cas pour tout le monde. Se posait-il seulement la question de ce qu'on advenait ? Dans ma tête résonnait les cris de stupeur qu'avait soulevé la découverte de cette pauvre gamine, même pas trois ans et envoyée comme un vulgaire colis désincarné. Je déglutis avec difficulté.
Finalement, elle se releva, attrapa ses affaires et lança un appel au monde qu'elle devrait désormais considérer comme le sien. Jugeant le moment opportun, je lui répondis d'un franc et sonore "Hey salut !", encouragé d'un mouvement de bras.

« Wanna come to the village and have some rest ? » (« Tu veux venir au village et prendre un peu de repos ? »)



Dernière édition par Théodore Lefaucheux le Sam 9 Juil - 12:36, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Sous un ciel nouveau Lun 1 Sep - 20:47

Pionnier
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    C'est juste après avoir crié pour saluer le monde que j'entendis un salut de réponse. Un français ? Contente de ne pas être seule, j'aperçus un peu plus loin un homme qui me faisait signe, je le lui rendis en agitant les deux bras. Heureusement, il y avait quelqu'un pour m'accueillir parce qu'en y réfléchissant, je ne savais pas trop quelle direction prendre et seule ici je n'aurai sans doute pas fait long feu. Mes affaires dans les mains, je me précipitais vers cette nouvelle rencontre.

    « Wanna come to the village and have some rest ? » Un village ? C'était une nouvelle rassurante, sans doute était-il déjà bien installé et je les espérais accueillant. N'ayant jamais vécu sans ma famille, je n'étais pas sûre de pouvoir supporter la solitude, surtout dans ces circonstances. Ma famille ... que je ne reverrai jamais. Mais être accueilli était déjà plutôt prometteur pour la suite. Je me retournais rapidement pour regarder une nouvelle fois là où je venais d'arriver. Maintenant, il était trop tard pour revenir en arrière. J'avais encore un pincement au cœur à cette idée, je ne reverrai plus mes proches, plus jamais.

    Essayant de quitter ces nouvelles pensées, je fis un sourire en regardant le jeune homme, peut-être un peu trop exagérer pour qu'on ne devine pas qu'il était loin d'être naturel. « Salut ! » lui répondis-je. « With pleasure. Je peux parler français si tu veux ?» Mais toujours avec un fort accent espagnol.

    J'étais face à lui, sans doute avais-je l'air peu avenante avec mon chemisier boutonné jusqu'en haut et ma frange coupée tout ce qu'il y a de plus droite, alors que j'étais tous le contraire. Lui, il était quand même bien plus grand que moi, mais ce n'était pas suffisant pour que son étrange cicatrice sur son visage ne soit pas la première chose que je remarquai. Cette ancienne trace de brûlure, je l'aurai sans doute tout naturellement touchée, démangée par la curiosité si ça ne m'avait pas fait penser au feu ... que je ne pourrais pas allumer. Tout en bougonnant et sans lui laisser le temps de répondre quoique ce soit, je me mis à fouiller dans mon sac pour m'en assurer, je n'avais pas pensé à prendre de quoi allumer un feu. « Rhaaa ! » Et ce docteur, il ne m'avait rien dit non plus !

    « Discúlpeme ! » lui dis-je en revenant au jeune homme devant moi. « I'm Pilar and you ? » Ne se décidant pas trop sur la langue à adopter, je me lançai finalement dans un flot de question, en français. « Vous êtes ici depuis longtemps ? Le village est loin ? Vous êtes bien installé ? Ce n'est quand même pas un dragon qui vous a brûlé ? Il y a de la nourriture ? Vous êtes nombreux au village ?» Me rendant compte que je ne lui laissais pas le temps de placer un mot, je finis par me taire tout en posant une main sur ma bouche. En l'enlevant, au moins cette fois, je lui fis un sourire sincère, mais timide. Rester triste, ce n'était clairement pas dans ma nature, même s'il y aura sans doute encore de nombreux bas à traverser. Mon sac dans une main et ma fourrure sur l'épaule, j'espérais ne pas avoir eu l'air trop bizarre, mais tous les nouveaux avaient sans doute autant de questions que moi à poser.
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MessageSujet: Re: Sous un ciel nouveau Ven 19 Sep - 14:05

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Elle ne mit pas longtemps à arriver à ma hauteur. Je l'accueillis avec ma question, jugeant que savoir que la civilisation avait commencé à peupler ce nouveau monde était une information des plus importantes. Après tout, le doc', n'ayant aucun moyen de savoir si son projet était une réussite ou un échec, n'avait pas prévu de brochure pour vanter les mérites de son camp de vacances survivaliste. Enfin, depuis ma venue peut-être avait-il étendu ses activités, il balançait bien des gamines dans le néant.
Elle ne me répondit pas de suite. Sa tristesse était encore visible au coin de ses yeux et elle ne semblait pas pouvoir abandonner son ancienne vie aussi facilement que moi. Mais lorsqu'elle le fit, ce fut une étrange musique à mes oreilles : entre français et anglais, sa voix teintée d'accents chantants hispaniques me perturba quelques secondes. Elle attaqua ce silence en me détaillant de haut en bas, comme on le fait, consciemment ou pas, avec toute nouvelle personne que nous rencontrons. Bien sûr, son regard s'attarda sur ma cicatrice mais cela ne me dérangeait plus désormais. Heureusement, je n'étais pas pour autant retourné vers mes travers d'adolescent rebelle, je ne m'en pavanais plus. Ici, tout le monde avait un passé difficile et me comporter comme à l'époque n'aurait réussi qu'à blesser certaines âmes du village. Mes yeux suivants son regard comme pour guetter sur quoi elle s'attardait, je finis par l'observer à mon tour.

Elle était plus petite que moi, d'au moins une tête, ce qui me donna l'impression d'être terriblement grand ou bien au bord d'un précipice. Sa longue tunique boutonnée tout le long de son buste contrastait violemment avec le morceau de nuit qui encadrait son visage : d'un noir de jais, sa chevelure aurait pu lui donner des airs sévères mais le discret sourire que je devinais dans ses traits l'en empêchait. Soudainement, elle se mit à fouiller son paquetage comme si une idée l'avait mordue. Avait-elle oublié quelque chose lors de son départ ?
Elle ne me laissa pas le temps de le lui demander car elle enchaîna immédiatement : ne sachant manifestement quelle langue choisir, elle m'assaillit en espagnol, en anglais et français avec aisance. Et dire qu'il m'avait fallu plusieurs jours pour être plus à l'aise à mon arrivée ! Ce ne serait sûrement pas son cas. Un sourire m'échappa quant, au milieu de beaucoup de questions utilitaires, elle céda à l'impulsion d'en apprendre plus sur ma blessure. Il s'élargit de plus belle quant elle réalisa qu'elle me submergeait sans me laisser le temps de lui répondre.

« Haha, une par une les questions ou tu n'auras pas l'ombre d'une réponse ! J'aurais oublié la première avant que tu n'arrives à la dernière ! »

Instinctivement, j'ébouriffais sa frange. Mon sourire se répercuta sur son visage comme un rayon de pleine lune au milieu de la nuit. Je me retrouvai en elle, curieuse et avide de savoir. Je lui répondis tout aussi en vrac, joueur :

« Je m'appelle Théodore mais tu peux de suite passer à Théo, c'est bien mieux. Tu en as de la chance d'être trilingue ! Moi, je parlais à peine anglais en arrivant ! Il y a... trois mois maintenant, je pense. Tu imagines que je n'ai même pas pu voir les dernières neiges ! Il est à au moins quelques kilomètres, je ne me suis jamais trop posé la question à vrai dire mais le terrain est facile, tu verras. Si tu veux, je peux porter ta fourrure, ce sera encore plus simple ! Il y a plusieurs bâtisses, du simple abri à la vraie maisonnette. Et bien sûr qu'on y trouve de la nourriture, nous ne vivons pas d'amour et d'eau fraiche, enfin, pas que ! Pour le nombre, difficile à dire, certains habitants sont pires que des fantômes, ajoutai-je à voix basse tel un conspirationniste. Ils trainent en forêt, à la plage... On ne voit que rarement le bout de leur nez !
» Quant à ça... C'était un dragon ENORME ! Des écailles rouges comme des braises attisées, une fumée d'un noir de suie qui lui sortaient des naseaux et un regard mauvais... Heureusement, il avait une très mauvaise vue et il m'a plutôt bien manqué. »


Tentant de garder mon sérieux, je repris mes distances, lui laissant le temps de tout digérer. Je me sentais léger comme la bise : c'était la première fois depuis très longtemps que quelqu'un osait me parler de cette... tâche qui ouvrait mon visage en deux. Même si ça avait été détourné et presque poétique, je lui étais reconnaissant d'avoir oser mettre des mots dessus et non pas de se contenter de ces regards biaisés dont la plupart des villageois semblaient friands.

« Tu ne trouves pas que j'ai un peu de dragon en moi maintenant ? » lui demandai-je en me penchant vers elle pour ne lui présenter que le bon profil.

Je me promis, après cette ultime singerie, de me contenter de l'escorter au village.



Dernière édition par Théodore Lefaucheux le Sam 9 Juil - 12:40, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Sous un ciel nouveau Mar 23 Sep - 20:14

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      Mon flot de questions l'avait plutôt fait sourire qu'autre chose. Et j'étais heureuse d'être accueillie par un sourire dès mon arrivée. Etait-ce le cas pour tous les nouveaux arrivants ? Si c'était vrai, alors les habitants semblaient très organisés. Après tout, le projet existait déjà depuis un certain temps, suffisamment pour que ceux qui l'ont précédé se soient déjà confortablement installées.

      M'ébouriffant la frange, il me rappela inévitablement un souvenir d'enfance. Souvenir amer, puisque c'était une de ses premières rencontres avec les amis résistants de mes parents. Et c'était bien ces activités de résistances qui m'avaient coûtés mes parents, ma famille. Ne pas savoir ce qu'il devenait, ne pas savoir non plus ce que j'allais devenir - ooh - je crois que je me serais encore effondrée en larme comme ses derniers jours chez le docteur si je n'avais pas été en face d'un visage souriant. Me poussant ainsi à rester forte, je me pris même à croire à un avenir meilleur ici où tout était encore possible. De toute façon, si je voulais le meilleur, il allait falloir que je m'en donne les moyens et se morfondre dans le chagrin ne m'aiderait pas.

      Du coup, je n'écoutais pas très attentivement ses réponses alors que pourtant tout information quant au nouveau monde étaient sans doute des plus importantes pour survivre les jours à venir et mes quelques affaires ne suffiraient pas à me faire tenir bien longtemps. Malgré tout, le fait qu'il ait proposé de tenir ma fourrure ne m'échappa pas et je lui tendis tout naturellement ainsi que mon gros sac - accompagné d'un grand sourire - après tout, quitte à marcher beaucoup, autant être à l'aise. Même si je ne m'attendais pas sérieusement à ce qu'il prenne les deux.

      Finalement, il récupéra réellement toute mon attention dès que j'entendis le mot dragon. UN DRAGON ?! Je le regardais, les yeux ébahis sans dire mot et fit un pas en arrière. Théodore reprit également ses distances laissant un court instant de silence s'installait avant de me demander s'il n'avait pas un peu de dragon en lui. Bien sûr ... il se moquait de moi, après tout je l'avais bien cherché avec toutes mes questions. Mais l'idée me donna toute de même des frissons dans le dos.

      Penchait vers moi, je m'autorisais à lui toucher sa cicatrice du bout des doigts. Elle était de toute façon bien trop petite pour avoir été causée par un énorme dragon ! Et même si je mettais déjà brûlée quelques fois en entretenant le feu de cheminé ou en tentant de cuisiné, je ne pouvais pas imaginer la douleur qu'une telle brûlure avait pu causer. Ces lézards de feu géant n'existait bien que dans les livres, mais peut-être qu'il existait des personnes bien pire pour pouvoir infliger ce genre de blessures.

      Je le regardais quelques instants sans dire un mot avant de finalement décider de rentrer dans son jeu : « Il te manque encore quelques écailles et je ne vois pas non plus de fumée qui te sort du nez » Lui répondis-je finalement amusée. « Le regard mauvais n'y est pas non plus ».

      Je finis par exploser de rire à en tomber par terre. C'était sans doute un peu excessif, mais j'avais l'impression de me libérer en même temps des angoisses causées par mon arrivée. Et dire que j'aurai bien été capable de me laisser avoir. « Et ce dragon à la mauvaise vu qu'est-il devenu ? » barbouillais-je entre deux rires, rendant la phrase peu compréhensible avec l'accent espagnol, tout en lui tendant le bras pour qu'il m'aide à me relever.

      Reprenant mon souffre tout en tentant de garder un ton des plus sérieux : « Plus sérieusement, ta cicatrice me semble plus vieille que ton arrivée ici - a priori - mais ce n'est pas grave si tu ne souhaites pas me dire ce qu'il t'est arrivé. » lui dis-je rongeai tout de même par la curiosité.

      « Alors, le village est par où ? » Après tout, ma vie d'avant était loin d'être déplaisante et si j'avais vraiment pu avoir le choix, jamais je n'aurai quitté ma ferme. Mais maintenant que j'étais là, je devais commencer à tout reconstruire autour de moi et il était temps de faire un pas de plus vers cette nouvelle vie.
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MessageSujet: Re: Sous un ciel nouveau Jeu 20 Nov - 13:20

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L'espace d'une minute, je crus en avoir fait trop avec cette histoire de dragon. À coup sûr, elle allait me classer dans la catégorie des mecs bizarres à éviter. Je commençais à me sentir bête, penché vers elle ainsi et considérais de plus en plus la possibilité d'attraper son sac et manteau pour m'enfuir la guider au village où elle retrouverait des gens normaux. Mais je n'eus pas le temps de mettre ce plan à exécution. Ses doigts se posèrent avec douceur sur ma chair meurtrie.
J'avais l'habitude de la frôler, c'était même devenu un geste instinctif lorsque j'étais inquiet, anxieux ou enclin à la nostalgie, mais personne d'autre n'avait encore touché cette nouvelle peau. C'était frais. Et étrange. Tellement étrange que j'hésitais entre prolonger le contact ou y mettre brutalement fin. Cette nouveauté me perturbait. Et amenait de nouvelles questions : est-ce que quelqu'un d'autre, un jour, toucherait cette marque indissociable de mon être ? Ou devrais-je à nouveau feindre la normalité en la dissimulant ? Il était clair qu'elle inquiétait pas mal de mes contemporains. Comment réagiraient-ils si mon visage reprenait soudainement un aspect... humain ?

Pilar me ramena au présent en démontant le mythe du Théodorus à pointes avant d'exploser de rire. Un rire si puissant et sonore qu'elle se retrouva sur les fesses. Un œil extérieur aurait finalement décrété que c'était elle, la folle. Mais c'était un rire franc qui nettoyait ses peurs, ses doutes. Une sorte d'exorcisme en fin de compte. Il lui fallut plusieurs minutes pour s'en remettre. Et quand ce fut fait, elle leva vers moi ses grands yeux et une main que je m'empressais de saisir.

« Plus sérieusement, la cicatrice me semble plus vieille que ton arrivée ici - a priori - mais ce n'est pas grave si tu ne souhaites pas me dire ce qu'il t'est arrivé. »

Ah, la curiosité...

« Je te raconterais ça une autre fois... ou peut-être pourrais-tu essayer de deviner au fil du temps. J'accepterai d'entendre même les plus farfelues de tes propositions ! »

À vrai dire, je n'avais plus envie de parler de ma marque. La trace de ses doigts était encore bien vive sur mon épiderme, comme refusant de se dissiper. Je sautais sur l'occasion quand elle reparla du village.

« C'est par là, à quelques kilomètres. On y sera vite, le terrain n'est pas dur. Tu verras, on est déjà pas mal avancé au niveau technologies modernes ! Enfin, pour nos moyens... » ponctuai-je d'un sourire.

D'un mouvement ample, je chargeai son sac sur l'épaule avant d'épousseter un peu sa fourrure. Ma tâche de guide débutait maintenant et Terra comptait désormais une nouvelle habitante.
.

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