Swag de panda

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MessageSujet: Swag de panda Mar 22 Juil - 18:12

Doctor Of Broken Hearts
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Réveille-toi.
Vis, fais ce que tu veux. Ma tête remplie de bonne pensée, depuis quand je suis comme ça ? Depuis quand je suis devenu comme eux ? Un bourdonnement dans la tête, Il est encore là à hanter mes pensées. Lorsque je vois ce village je vois cet être parfait, ce dieu omniscient. Oh, quelle aliéné je suis, quand est-ce que la folie m'a prise dans ses bras ? J'ai tout oublié, oublié ce que j'étais pour devenir ce qu'il aurait aimé que je sois seulement je ne suis pas un jouet. Je suis Lorenna, sur Terra ou sur l'Ancien Monde je suis et je reste Lorenna. Je n'existe pas afin de satisfaire des besoins pervers et malsains. Je ne dois pas être corrompue par leur belle paroles, leur faux compliments. C'est comme ça que je suis devenue celle que j'étais, c'est comme ça que je me suis fait trahir. J'ai fait confiance, j'étais enivrée par leur paroles et j'ai oublié la vérité : Tout le monde t'abandonnera un jour. Oh quelle belle vérité. Pourquoi me ferais-je avoir une seconde fois ? Pourquoi devrais-je leur faire confiance ? Non, je n'abandonnerais pas qui je suis pour me faire trahir même pour lui.

Je met une peau de bête par dessus mes sous vêtements, les seuls en bon état. Il fait chaud mais jamais je ne sortirais en sous vêtements, même à la fin du monde. Je ne suis pas pudique mais j'ai un minimum d'honneur. Les gens ne doivent pas tout savoir, tout voir. Je ne veux pas qu'il voit ce corps faible et maigre. Je sors ma tête de la hutte et l'air me fouette le visage. Je sens le poids des regrets sur mes épaules, je sens mon corps salies par mes trahisons. Je m'approche du flux d'eau non loin de mon habitat et je me mouille le visage. L'eau me semble glacée, froide mais elle ne me réveille pas assez. Rien ne me réveillera ici, je me dois de partir Un pèlerinage ? Découvrir les terres aux alentours et ne pas à avoir à supporter la compagnie de quiconque. Réfléchir à tout cela, à cet hymen sans aucun sens, cette passion qui me mène à une certaine autodestruction de moi-même.

L'eau me glace le visage et je sens lentement l'afflux de sang dans mon cœur. Ne serait-ce pas l'été ? J'ai toujours été ainsi, insensible à la météo seulement sensible à la médiocre fragilité de mon corps incapable de surmonter la moindre difficulté. J'ai toujours eu ce corps ne sachant pas différencier la température, été et hiver pour lui ne semblent que des appellations idiotes et incongrues. De toute façon il a toujours été ainsi, il ne m'a jamais écouter. Il n'a pas fait attention lorsque je voulais un minimum de formes, non il en a toujours fait à sa tête. Il ne souhaitait pas que j'ai un minimum d'attirance car au fond je ne suis pas attirante. Je suis droite comme un I, je n'ai aucune forme, aucun physique réellement attirant. La seule chose qu'on remarque ce sont mes yeux dédaigneux mais au fond je ne vous hais pas tous médiocrités de l'humanité. Je vous aime car vous me ressemblez, on ne peux que s'aimer dans la médiocrité. Enfermé dans ces murs érigés autour de nous. L'humain a une limite, il ne sera jamais mieux et ne pourra pas être pire. On a atteint le sommet de la médiocrité, tous ensemble.

Quand-est ce que j'ai rejoint cette grande mascarade ? Pourquoi ais-je accepté de faire perdurer ce mensonge de renouveau ? Il n'y a aucune renouveau au final, si on devait mourir c'est qu'il y a une raison. J'aurais du mourir ce jour là mais pour ses beaux yeux, ses saletés de beaux yeux, je suis venue ici et j'ai accepté de participer à cela. Qu'est-ce que je peux faire maintenant à part les aider ? Enfin bref, il est temps pour moi de partir à la conquête du renouveau et de réaliser après 5 jours que je ne sais vraiment pas survivre seule mais après tout pourquoi pas ! Si j'ai évité la mort comme une couarde une fois je pourrais bien faire ma couarde une deuxième fois. Qu'est ce qu'on dit à la mort ? Pas aujourd'hui bien sûr car nous fuyons à toute allure. La mort nous fait peur. Je repars en direction de ma hutte bien décidé à survivre encore une semaine. Je ne suis qu'un problème après tout, les intellectuels n'ont pas réellement leur place ici. Je ne suis même pas un médecin, je n'ai que quelques connaissances dans ce domaine. Non un scientifique ne sera et n'a jamais été une personne de terrain il suffit de laisser cela au brute.


DAMN IT.
Trois jours, j'ai réussi à signer ma mort en trois jours. J'avais donc décidé de m'installer aux étangs vous savez le truc avec un pic à côté. Enfin bref, cela se situait près de la forêt mais assez loin afin d'éviter les animaux étranges. J'ai pris une journée entière à faire mes affaires, à marcher jusqu'à là-bas et à m'installer un minimum. J'avais donc pour l'instant seulement un arbre pour me protéger ce qui était une mauvaise idée. La deuxième journée a été utilisée afin de faire de la cueillette et construire un abri. Nous voilà donc au troisième jour, un animal inconnu a volé les fruit de ma récolte et je n'ai donc pas de nourriture. Je savais bien que je n'étais pas doué et que je n'allais pas survivre mais il m'a fallu seulement 3 jours. J'ai du mal à retenir des vulgarité de sortir de ma bouche, c'est dur, vraiment dur. Le soleil venait à peine de se lever que j'avais remarqué qu'on avait forcé l'entrée de ma demeure. Je ne suis pas doué en construction que ce soit claire. J'avais pris l'arbre de la nuit dernière et un autre non loin. J'ai donc décidé de faire un abri en appentis, le seul abri que je sais faire. J'avais donc un toit en pente recouvert de feuilles, quelques bâtons pour bloquer l'accès. C'était vraiment un abri de fortune.

Je n'avais pas vraiment de vivre étant donné que je n'en avais pas pris beaucoup de ma hutte. Il me restait un panier ne osier, du savon, quelques habits sale, une couverture, une ficelle et... Une pomme, une miraculeuse rescapée de la nuit que j'avais vécu. J'ai donc pris le soin de laver mes vêtements car si c'est pour mourir de faim autant le faire dans la dignité. Étant donné qu'il n'existe normalement pas beaucoup de personnes qui s'aventurent dans ces eaux j'ai décidé d'aller pêcher en sous-vêtements. Damn, comment je suis arrivé là ? J'aurais du les attendre, ils auraient du me tuer. J'ai survie pour lui mais au final je ne le verrais plus alors à quoi ça sert ? Je suis bloqué à bouffer des feuilles ou bien à m'aventurer dans la forêt. Comme si j'allais m'aventurer dans la forêt avec ces animaux étranges. Je penses que je tiendrais 2 minutes avant de courir comme une idiote par peur d'un bruissement, je n'aurais pas le temps de cueillir ou chasser quoi que ce soit. Me voilà donc les pieds dans l'eau à essayer de pêcher un poisson ou n'importe quoi que je puisse manger. Seulement je ne vois pas grand chose et les rares qui passent son trop rapides pour moi.
C'est décidé je vais devenir un panda et bouffer des feuilles.


Dernière édition par Lorenna Campbell le Jeu 19 Fév - 15:24, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Swag de panda Sam 24 Jan - 15:26

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Il était temps que j'y aille. J'avais pour la troisième fois au moins fait le tour du matériel que j'emportai - couteau, arc, flèches, besace - et plus rien ne me retenait ici sinon une certaine appréhension. Mais j'étais prêt.
D'un pas assuré, je quittai le village en me remémorant les conseils prodigués par Pavel. Devant mon sérieux, il avait accepté de me laisser gérer seul cette chasse, comme un mentor lâche la bride de son protégé. Il était temps que je fasse mes preuves, autant pour lui que pour moi et le gibier ne risquait pas, à priori, de renverser les rôles. Tout naturellement, mes pas me menèrent à la vallée déserte. Je m'arrêtai en bordure, le temps d'analyser le paysage et la situation. J'étais dans le bon sens par rapport au vent mais aucun animal ne semblait présent dans la prairie verdoyante. A perte de vue, il n'y avait que la nature, agitée par une légère brise. Un sourire s'étira sur mes lèvres à la vue des fruitiers, désormais plus légers. Ce serait l'endroit idéal pour une pause avant d'entamer la traque.
Je prêtai attention aux fins sentiers tracés par les mammifères dans les hautes herbes : ces chemins presque invisibles validèrent ma théorie quant à leur passage régulier. Tombant sur des crottes sèches uniquement en surface, j'oubliais toute volonté de m'arrêter à l'ombre du pommier. Tant qu'aucun animal n'était en vue, j'en profitai pour armer mon arc et tirer une flèche de mon carquois. Plus tard, je n'aurai guère le droit de m'agiter et de faire des bruits inutiles. Je vérifiai que rien ne gênait mes mouvements, que les flèches m'étaient facilement accessibles et, satisfait, je m'engageai sur la piste.

J'avais suivi le mince sillage jusqu'aux étangs qui s’épandaient paresseusement dans l'ombre de l'immense pic les surplombant. Je fis fuir quelques oiseaux et petits mammifères mais nulle race de cerf à queue de cheval. « Tu dois savoir être patient. » Très bien.


Clairement, j'aurai dû commencer par épier leurs habitudes. Mais inévitablement, il leur faudrait revenir ici à un moment ou à un autre. Le complexe d'étangs était le seul point d'eau douce à des kilomètres. Je sortis de ma besace une pomme et entrepris de la polir méticuleusement sur mon pantalon. Cette tâche m'absorba si bien que je finis par oublier de prêter attention à mon environnement.
Ce ne fut qu'en entendant l'étrange clapotis de l'eau que je réalisai soudain que quelque chose était là. Me retenant tant bien que mal, je posais ma pomme à terre et, lentement, me préparait à bander mon arc. Sous mes pieds, la terre meuble m'aida à dissimuler ma présence. Pas loin de moi se trouvait une ouverture dans la roche. Ma main se fit plus ferme et bientôt elle se trouva à hauteur de mon oreille. Conscient que je ne pouvais tenir la pose trop longtemps, je m'avançai dans la trouée, respirant de manière mesurée. Mais là où je m'attendais à découvrir un quadripède se trouvait une jeune femme en petite tenue, de l'eau jusqu'aux mollets et trempée. Je m'empressai de relâcher mon bras et de baisser mon arc. Concentrée qu'elle était, elle ne semblait pas s'être rendue compte de ma présence, aussi m'annonçai-je en m'éclaircissant la gorge. L'espace de quelques secondes, j'eus l'impression d'être un monstre plein de crocs et de griffes mais cela ne dura pas.

«I'm sorry, I was not expecting to see someone here. Are you okay ? You seem a little pale. » (« Je suis désolé, je ne m'attendais pas à trouver quelqu'un ici. Vous allez bien ? Vous semblez un peu pâle. »)



Dernière édition par Théodore Lefaucheux le Sam 9 Juil - 13:31, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Swag de panda Ven 13 Fév - 17:27

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Poisson, poisson,
Ils filent, se mouvaient dans le cours de l'eau d'une agilité impossible pour nous hommes, bipèdes dotés d'une conscience. Ils sont fluides, rapides agiles tandis que mes mains peinent à suivre leur mouvement, trop rapides je me retrouve incapable d'attraper ne serait-ce un déjeuner. Trop habitués à mon système de consommation rapide la chasse en est devenue une futilité, une tâche dont je n'ai pas jugé nécessaire son apprentissage. Oui je la laissais aux brutes, ces morons tandis que je m'occupais des chiffres, des solutés, atomes, moles et autres thèmes barbare et scientifique. Je pense que la science fait partie de la société, enfin... Faisait partie de la société. Je ne dis pas par là que je ne regrette pas d'avoir choisie cette voie mais je ne pouvais pas savoir. Ce n'était pas un choix de toute manière, on m'a destiné à faire partie des intellectuels. Certains diront que je prends un air supérieur mais je dis juste par là que je n'étais pas une personnes avec de formidables capacités physiques, si vous le souhaitez on peux même dire que par ces termes je me rétrograde. Enfin tout cela pour dire qu'au final l'intellectuel risque bien de ne pas se nourrir aujourd'hui et peut-être demain allons savoir. Ainsi les voilà bien vengés, l'insociable, la hautaine, la supérieure Lorenna Campbell venait de découvrir des lacunes.

« Je suis désolé, je ne m'attendais pas à trouver quelqu'un ici. Vous allez bien ? Vous semblez un peu pâle. »

Soudainement mon cœur sursaute, oui mon cœur car le reste de mon organisme trop surpris cesse de fonctionner une fraction de seconde. L'information monte lentement à mon cerveau, centre des informations.. Un homme, un homme qui parle, J'ai du mal à réunir toutes les informations, j'ai du mal à raisonner logiquement. Trop dur, trop compliqué et mon cerveau semble avoir abandonné toute idée de raisonnement. Moi en sous-vêtement qui cherche à capture un poisson, un homme qui se trimballe avec un arc et me demande si je vais bien. Haha. Je ne sais pas pourquoi mais la première chose que mon cerveau ordonne à mon corps est d'avoir un rire nerveux. Pas de cacher mon corps dénudé ainsi ni de demander à cet homme d'avoir la gentillesse de me dire son identité et d'avoir la politesse de bien me laisser le temps d'aller chercher mes vêtements. Mon cerveau souhaite rire, seulement rire comme une idiote. Oui les voilà bien heureux et fier de voir ainsi la très chère Lorenna incapable de réagir. Je me retrouve sans aucune conscience juste ce petit rire nerveux et étouffé tel un rictus incontrôlable.

J'essaye d'ordonner à mon corps de reprendre le contrôle, redevenir ce qu'il devrait être cependant celui-ci souhaite aimer me laisser ainsi, il prend un vicieux plaisir à me voir ainsi. Il sembles que tous soient contres moi, même moi. Ce n'est pas nouveau, je n'entends rien de désolant. J'aime me dire que ce n'est qu'une suite d'évènements logiques, lorsqu'on ne cherche pas à s'entendre avec les autres et de socialiser alors il est normal de se retrouver seule et abandonné. On survit à ça, on survit à tout même si on ne le souhaite pas. Alors d'une certaine manière je suis encore là, je suis ici et mon corps m'appartient qu'il le souhaite ou non. Mon pou se calme et il me semble que je suis capable de reprendre le contrôle de mes fonctions primaires, mes traits tirés par ce petit rire nerveux semblent bien vouloir reprendre leur état habituel.

Je décrypte la situation et j'essaye d'en tirer avantage. Cet homme a un arc, j'ai faim. Le rapprochement est rapide. Il est un chasseur, je ne le suis pas. Tout se met en ordre et je me dis que finalement tout semble s'enchaîner. Une étrange sensation de satisfaction me prend alors comme si ce raisonnement logique me satisfait, comme si ma vie se résumait à cela : une suite d'enchaînement logique. Enfin tout cela pour dire que l'intellectuel en moi ne me laisse pas en paix, il souhaite que tout soit logique et je le hais pour cela. M'être fait dénoncer comme une rebelle n'avait rien de logique pourtant il m'a forcé, c'est à cause de lui. Dieu aussi ! Il s'est dis que le fait de trouver un homme plus intelligent et amical signifiait l'Amour or ce n'est pas vrai. L'Amour je ne le connais pas, si ça aurait été l'Amour alors j'aurais du rester auprès de lui et mourir dans ses bras mais me voilà ici, lâche et couarde, répugnante et inutile.

« Je m'en doute. Oui, juste un peu faim. Excusez-moi pour la tenue. »
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MessageSujet: Re: Swag de panda Sam 23 Mai - 14:56

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Ma présence lui fit perdre tous ses moyens, seul un petit rire nerveux lui échappa. Afin de lui laisser le temps de récupérer ses esprits, je fis le point sur la situation. Mon cerf n'était clairement pas là et, à cause de la jeune femme, il ne risquait pas de se montrer. Tant pis, je rentrerais bredouille et ferais mieux mes devoirs pour la prochaine sortie. Actuellement, il me semblait qu'elle avait plus besoin de mon attention que le gibier. Elle n'avait manifestement pas beaucoup mangé ou dormi depuis un certain temps.

« Je m'en doute, dit-elle enfin. Oui, juste un peu faim. Excusez-moi pour la tenue. »

Ce ne fut qu'à ce moment-là que je réalisai à quel point elle était mal à l'aise avec sa "nudité". Ayant avisé son paquetage sur la berge, je m'empressai de lui tendre sa tunique en détournant le regard. Lorsqu'elle fut plus vêtue, je me laissai aller à la détailler. Menue, elle ne semblait pas taillée pour la survie et elle ne dégageait aucune étincelle tenace à l'inverse de Lola. Cela m'intrigua d'autant plus qu'elle était manifestement seule ici. Je fouillais un instant dans ma besace et en tirait une pomme que je lui tendis :

« A bit hungry, huh ? Slight understatement... » ajoutai-je avec un sourire, veillant à ne pas la brusquer. (« Un peu faim, hein ? Léger euphémisme à mon avis »)

J'attendis qu'elle ait fini de dévorer le fruit (elle n'en perdit pas une miette, rongeant le trognon au maximum) avant d'attaquer mon interrogatoire et en profitait pour déposer mes affaires.

« So, how long have you been there ? I can't replace you at the village. » (« Alors, ça fait longtemps que tu es par là ? Je n'arrive pas à te situer au village. »)

Relevant les yeux vers elle, je m'aperçus qu'elle ne quittait pas des yeux mon arc. Histoire d'en être sûr, je le repris en main puis en changeait. Et effectivement, ses pupilles étrécies de fatigue le suivirent, comme hypnotisée.

« I haven't got a thing today, don't dream of a feast. I came to pursue a deer here but he will not show itself in our presence. SorryDésolé. » (« Je n'ai rien eu aujourd'hui, ne rêve pas d'un festin. Je venais justement traquer un cerf ici mais il ne se montrera pas en notre présence. Désolé. »)

L'air qu'elle afficha me pinça le cœur. Sans le vouloir, elle ressemblait à un animal un peu traqué qui aurait entrevu une échappatoire mais n'aurait pas eu le temps d'en profiter. Il était clair que retourner au village n'était pas une option, pour une raison ou pour une autre elle tenait à être ici. Cherchait-elle à se prouver quelque chose ? Peut-être mais je me faisais fort de parvenir à lui rappeler insidieusement qu'elle pouvait compter sur nous autres, villageois. Aussi commençai-je à réfléchir à ce que je pourrais faire pour elle, histoire qu'elle tienne encore quelques jours, le temps qu'elle change d'avis. Après, si elle voulait mourir là, seule, c'était son problème, j'aurais fait ce que je pouvais.
Elle essayait de pêcher lorsque je m'étais rendue compte de sa présence. Enfin, si on pouvait appeler sa technique pêcher... Peut-être que la voie était là. Je fis un rapide inventaire de ce que j'avais emporté. Rien ne pouvait soudainement devenir un filet, je craignais qu'on arrive pas à grand chose. Peut-être en utilisant une cape ou bien tout simplement la besace ? Encore faudrait-il réussir à les amener dedans... Mon regard se promena un instant sur le complexe d'étangs. Aux endroits où naissaient les trois grands cercles d'eau se trouvaient des rétrécissements par lesquels ils communiquaient l'un dans l'autre. L'endroit paraissait stratégique.

« Then like that, you want to fish? I may have an idea! » (« Alors comme ça, tu veux pêcher ? J'ai peut-être une idée ! »)

Et ni une ni deux, j'ôtai mes vêtements, ne gardant que mon pantalon de toile et entrai dans l'eau.
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Dernière édition par Théodore Lefaucheux le Sam 9 Juil - 13:39, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: Swag de panda Dim 21 Juin - 13:18

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Ma pauvre condition d'être humaine me rattrapa aussitôt. Je sentis une sensation rebutante entre mes côtes, une sensation de creux et de néant. J'avais faim, horriblement faim et mon regard le trahissait. J'étais une bête apeurée à la recherche de vivre. De plus ma peau à nue et l'air qui se frottait contre celle-ci me déroutait. J'étais en situation de faiblesse et cela me semblait sempiternel, un cercle vicieux qui ne cesse jamais d'arriver. Aussitôt que je vais bien et que je suis satisfaite, je réussis à tout rater par égocentrisme. C'est ma faute, je ne peux que me le reprocher mais j'aurais aimé comme tous réussir seule. J'aurais adoré regarder la vie droit dans les yeux et lui dire qu'elle n'a qu'à aller se faire foutre mais je succombe inéluctablement, je me laisse emporter par les méandres de ma vie. Je me noie dans le regret, j'ai pour ombre la mélancolie et pour lumière le désespoir. Seule je ne suis rien mais entourée j'échoue tout, je les déçois et ils me haïssent. Doux destin qu'on ne peux jamais changer, joyeuse vie qui n'est pas la mienne.
Il détourna le regard. Je le comprends après tout que veux-t-il regarder ? Mon corps n'a rien d'admirable. J'ai été formé comme une brindille et je suis heureuse de ne pas connaître mes créateurs car je leur en aurai voulu pour m'avoir donner ce corps que je n'ai jamais souhaité. Ces jambes trop fines incapable presque de supporter mon poids, trop grandes et maladroites puis ce ventre creux et enfin cette poitrine mais peut-on la nommer poitrine ? Cela s'apparente plus à un torse d'homme qu'autre chose. Définitivement je n'étais pas une œuvre d'art et il a bien fait de détourner son regard... Il me tendit alors mes accoutrements. Je m'habillais aussitôt heureuse de cacher ce corps que je ne supportais pas.

« Un peu faim, hein ? Léger euphémisme à mon avis »

Je détournais alors mon regard vers lui, il souriait. Malgré sa brulure à l'œil, que je n'osais pas regarder, il semblait amicale. Il me tendait une pomme reluisante, je n'osais pas lui dire qu'il m'en restait une par peur qu'il me reprenne la sienne. C'est idiot, il me l'a donné mais pourtant... Je la pris à pleine main et admirait ses reflets. J'avais si faim et cela me semblait miraculeux. Il était mon sauveur. Je mordis la pomme à pleine dents, le jus sucrée et acide dégoulina sur le long de mon menton. Je mâchais lentement afin que mon cerveau comprenne l'information : je mange ! Je n'en perdis pas un bout, je la dévorais jusqu'au trognon et m'essuya enfin le menton. Le goût sucré et acidulé me resta en bouche et il me sembla que j'étais désormais apte à réfléchir.

« Alors, ça fait longtemps que tu es par là ? Je n'arrive pas à te situer au village. »

Cela fait 3 jours... Après tout il n'y a pas de quoi se vexer j'étais assez discrète au village et pas grand monde me connaissait et je ne sortais que rarement à part pour recevoir ma ration et proposer mes services. Mes services de plus ne me forçaient pas à discuter longuement et rencontrer des gens, j'étais utile mais pas plus que ça... Oui, j'ai bien fait de partir, il n'y a là rien à regretter et cela le confirme bien. Je n'osais pas lui répondre par honte de lui dire la vérité et je n'osais pas lui mentir car je lui devais un service. De plus mentir n'est que futilité et cela ne sert à rien, cela a mené en partie à notre ancienne humanité pourrie jusqu'à la racine. Je fixais alors son arc avec ardeur, la pomme m'avait rassasié mais j'aurais espéré qu'il ait quelque chose de consistant. C'était égoïste d'ainsi en vouloir plus mais j'avais faim et le goût de la viande me manquait terriblement.

« Je n'ai rien eu aujourd'hui, ne rêve pas d'un festin. Je venais justement traquer un cerf ici mais il ne se montrera pas en notre présence. Désolé. »

Je ne sus pourquoi mais cela me dépita profondément. Pourtant ce n'était pas sa faute mais de la mienne, il était venu me voir et avait abandonné sa proie. Il n'avait pas à s'excuser c'était plutôt à moi de m'excuser. Pourquoi suis-je venue ici après tout ? Je l'ai décidé et maintenant je devrais en affronter les répercussions de ce choix. Je n'ai aucunement à lui en vouloir et il n'a aucune raison de dire désolé. Si j'ai fais ce choix c'est pour me prouver quelque chose et si je ne réussis pas c'est ma faute. Je suis prête à faire face à toutes les conséquences qu'elles soit minimes ou non.

« Alors comme ça, tu veux pêcher ? J'ai peut-être une idée ! »

Il enleva alors ses vêtements hors son pantalon de toile et je ne pus m'empêcher de pousser un son d'étonnement. Il entra dans l'eau sans hésiter et je ne sus quoi faire... N'aurais-je pas pu mourir seule ? Je ne peux pas lui en vouloir de me sauver et de vouloir tout arranger cependant je m'en voulais d'avoir besoin d'aide et je craignais le décevoir comme je l'ai fais dans toute ma vie. J'empoigne ma fierté à deux mains et je ravale ma peur. Je le suis et mes jambes s'enfoncent doucement dans l'eau azur. Je le regarde un instant et puis j'essaye de parler clairement sans laisser la honte prendre le dessus :

« Merci et tu n'as pas à t'excuser c'est de ma faute. Dis moi si je le fais mal... »

Puis je lui adressais un sourire avant de me pencher dans le flot impétueux en essayant de trouver un animal agile et rapide qui ne cessent de filer dans l'eau.

« Je m'appelle Lorenna sinon et cela fait trois jours que je suis ici, avant je résidais au village mais je n'étais pas très active. »

Puis je rougissais d'ainsi me dévoiler à un inconnue mais il le méritait après tout, il m'a aidé et sans lui cette sensation rebutante de creux ne serait pas partie.
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MessageSujet: Re: Swag de panda Jeu 16 Juil - 14:00

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Je frissonnai au contact de l'eau sur mon ventre : elle était fraiche et cela me fit le plus grand bien, d'autant plus que le soleil se rapprochait de son zénith et qu'avec lui montait la chaleur. Mes jambes troublèrent la surface jusque là parfaitement lisse et de petits poissons s'éparpillèrent dans un éclat argenté. Je n'avais jusqu'à présent pas réfléchi à leur présence dans le complexe : comment étaient-ils arrivés là ? Aucun affluent ne descendait jusqu'au Grand Lac, cette mer qui entourait ce qui semblait, en définitive, n'être qu'une île. Notre île. Aussi, me remis-je à penser à toutes ces petites choses qu'on ne pouvait - et pourrait peut-être pas avant des années - expliquer sur notre nouveau monde. Le niveau du Grand Lac avait-il été plus haut, les piégeant en se retirant dans ce qui deviendrait de petits lacs ? Ou bien, à l'instar des fruitiers trop ordonnés, avaient-ils été placés là...

« Merci et tu n'as pas à t'excuser, c'est de ma faute. Dis moi si je le fais mal... »

Le son de sa voix hésitante me rappela à ce que j'avais entamé et je reportai mon attention sur elle. Quelque chose en elle semblait fêlé et la fragilité que cela lui conférait l'auréolait étrangement. Qu'avait-pu être sa vie pour la laisser ainsi démunie ? Elle plongea ses longs bras dans l'eau claire, n'attrapant entre ses doigts qu'un vaporeux reflux d'eau, seule trace du passage d'un barbeau trop rapide. Je l'observais y mettre toute la bonne volonté du monde mais elle avait déjà éprouvé cette technique et elle ne fonctionnait pas.

« Je m'appelle Lorenna sinon et ça fait trois jours que je suis ici, avant je résidais au village mais je n'étais pas très active » ajouta-t-elle comme pour me détourner de ses essais infructueux.

« Théo, répondis-je en l'assaisonnant de mon plus grand sourire. I think we will have to go further, at the bottom of the rocky peak. » (« Je crois qu'on va devoir aller plus loin, au pied du pic rocheux. »)

Je récupérai ma besace sur la berge et remplis mes poches de graines des graminées qui poussaient, insolentes, proches de la source d'eau. J'espérai que cela suffirait pour leurrer la friture jusqu'au moment fatidique où il serait trop tard. Vu leur taille générale, il nous en faudrait trois ou quatre avant de combler nos deux appétits. Il allait falloir que je les stocke d'une manière ou d'une autre jusque là mais je repoussai l'idée d'un geste mental, il serait toujours temps d'y revenir au moment dit.
A condition de ne prélever que le nécessaire, sans perturber l'équilibre fragile qui l'habitant, le complexe se révèlerait peut-être comme une excellente réserve à poiscailles. Je lui intimai un mouvement de tête et repris la marche vers ce que j'espérai être le meilleur endroit pour parvenir à nos fins.

« It will be easier to catch one where the ponds almost slipt up. You'll hold the knapsack and, if seeds don't work, I'll try to steer them to you. I hope you're patient ! » terminai-je, espiègle. (« A l'endroit où les étangs se séparent presque, ce sera plus facile d'en piéger un. Tu tiendras la besace et, si les graines ne marchent pas, j'essaierai de les aiguiller dans ta direction. J'espère que tu es patiente ! »)



Dernière édition par Théodore Lefaucheux le Sam 9 Juil - 13:47, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Swag de panda Mar 18 Aoû - 21:32

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J'hésitais. C'était un étranger après tout mais je n'avais ni père ni mère pour me prévenir des dangers liés aux étrangers. Ma vie n'a été composé que d'étranger et leur passage dans ma vie, sans repères je m'étais égarée et j'avais donné mon cœur à des inconnues en espérant recevoir une affection en retour. Je m'étais étouffée sous la pression des autres, je n'étais qu'une pâle copie de moi même. J'étais Lorenna, pas celle qu'on aimait mais celle qu'on aimait haïr. J'étais conforme à leurs besoins, j'étais facile à détester au point où je m'en suis détesté moi et ce corps. Tout ça de leur faute et leur besoin narcissique de modeler le caractère d'une personne et de choisir leur statut. Jalousée par les hommes d'être plus intelligente, moquée par les femmes pour avoir ce travail, mon célibat et mon physique. J'étais le rejetée de la troupe, l'animal trappu et faible qu'on abandonne pendant l'hiver. Comment pourrais-je faire confiance encore ? Je ne pourrais pas mais au moins feigner, au moins essayer.
J'ai souris et j'ai hoché la tête. Un inconnu de plus, un inconnu de moins ma vie n'en sera pas moins compliquée.

***

Nous étions rentrés au "campement", la pêche fut plutôt bonne et le ciel se teintait d'un doux orangé annonciateur du réveil des étoiles. Le vent nocturne caressait les chevilles, prenant son temps avant d'arriver. Il était espiègle et inattendu, jouant avec les feuilles se faisant passer pour un animal lorsque les hiboux hululent, lorsque seul les clapotis de l'eau se font entendre et que mes paupières sont lourdes mais que la crainte m'entaille l'estomac. Je rêvais d'une nuit de calme ce soir, aucune terreur, aucun souffle haletant et enfin aucun bruit dérangeant mais bon la réalité sera sûrement toute autre. Je ballais donc à l'idée même d'un sommeil reposant mais bon j'aurais l'estomac plein ce soir et c'est déjà bien, il faut se satisfaire de tout ici bas. Les étangs étaient beaux à ainsi refléter le ciel et ce paysage rappelait pourquoi j'adorais demeurer ici. La nature était intacte et là où mes yeux se posait il n'y avait que beauté.
Je secouais la tête, mes pensées vagabondaient hors je n'étais pas seule cette fois-ci. J'allumais les bûches restantes du campement et le feu se mit à chatoyer doucement puis enfin les flammes dansèrent dans le vent, s'agitant comme des enfants. Je jetais un coup d'œil vers mon nouveau camarade ou bien mon sauveur. De toute façon ce ne sont que des termes qu'on se collent. Nous n'avons pas tellement parlé, j'ai laissé échapper que je vivais seule, que j'étais un médecin et... C'est tout. Qu'ai-je d'autre à dire ? Je ne narre pas ma vie à des gens que je viens de rencontrer et puis qu'est-ce ma vie ? Pas grand chose, il serait possible de la résumer en une seule phrase... Enfin bref je n'allais pas le laisser là sans parler.

- Tu te joins à moi pour dîner ? Tu peux passer la nuit ici, il commence à se faire tard. Après tout c'est une pêche commune.

Je m'assis donc à même le sol et tapotais à côté de moi pour l'insinuer à venir. Je balançais ma tête en arrière et mes cheveux vinrent caresser le bas de mes omoplates. Il faudrait que je les coupe, je ne l'ai pas fait depuis mon arrivée... Le jour où je reviendrais au village je le ferais, si ce jour arrive. Puis je disais tout doucement comme un secret qu'on susurre au vent :

- La nuit est belle ce soir.


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MessageSujet: Re: Swag de panda Sam 3 Oct - 14:44

Eye Of The Tiger
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Au final, le temps avait filé sans qu'on s'en rende compte. Nous avions bien fini par faire quelques prise mais notre méthode n'était décidément pas brevetable. Plus arrosés qu'arroseurs, sans mot dire, nous avions pris la route jusqu'à son campement. Au-dessus de nos têtes se dévoilait lentement la voûte étoilée. Ah ce ciel ! Sans nuages, aussi clair que l'eau que nous quittions, j'aurais pu me perdre des heures dans sa contemplation. Le vent se perdit dans les hautes herbes en un long souffle et attira mes pensées ailleurs. Avec tout cette agitation, j'en avais oublié mon but premier. Quelque part gambadait mon cerf, inconscient d'avoir gagné un répit.
Je détaillai à nouveau Lorenna sous cette nouvelle lumière qu'apportait le feu fraîchement ravivé. Elle était plus décontractée qu'à notre rencontre. Fatiguée, sûrement, de la lutte contre les eaux pour attraper notre pitance, accusant le coup face à la survie qui dirigeait ses actes.
Pourquoi vivait-elle seule, si loin du village ? Sa seule aide face à la nature sauvage était sa détermination, qui se révélait aussi efficace qu'un couteau mal affûté. Pas du genre à extirper les explications, je m'étais contenté des miettes qu'elle me laissait sans pour autant manquer d'être prodigue en conseils variés.

« Tu te joins à moi pour dîner ? Tu peux passer la nuit ici, il commence à se faire tard. Après tout c'est une pêche commune. »
« Gladly. » (« Avec plaisir. »)

A ces mots, je me laissais glisser au sol près de l'âtre. Sur notre route, j'avais récupéré un morceau de bois mort mais dur pour embrocher nos prises. Machinalement, je sortis mon couteau de ma poche et en testais le fil de mon pouce.
Tout ce que je savais d'elle au final était qu'elle avait été médecin. Je m'étais retenu de lui suggérer que nous pourrions avantageusement avoir besoin d'elle au village. Après tout, Gavin suffisait à la tâche pour l'instant. Et puis, je n'étais pas certain qu'elle soit particulièrement à l'aise à ses côtés.

« La nuit est belle ce soir. »

Elle avait surtout bel effet sur la jeune femme. Définitivement détendue, elle semblait avoir oublié jusqu'à ma présence. Je m'éclaircis doucement la gorge. Je n'étais pas aussi à l'aise qu'elle, nous n'étions que dans un campement rudimentaire sans avantages de terrain face aux prédateurs. Mais je ne prononçais rien à ce sens. Cette nuit, je me ferais fort de lui éviter d'être boulottée par une joyeuse panthère rose de passage.
J'entrepris de déposer arc et flèches proprement à mes côtés, faciles d'accès en cas d'attaques, avant de sortir les poissons de ma besace. Ils n'étaient pas très gros mais feraient l'affaire. Je n'avais encore jamais vidé de poissons, aussi me fiai-je aux gestes répétés sur les lapins (sous la supervision de Pavel) et les appliquai, à quelques exceptions près, sur le fretin.
Une fois les poissons déposés au-dessus de braises soigneusement entassées, à distance raisonnable des flammes principales, je me retournai vers elle et commençai, sur le ton de la conversation :

« So, how did you came here Lorenna ? What made you flee the Old world ? I believe it was my parents first. » (« Alors, comment en es-tu arrivée là Lorenna ? Qu'est-ce qui t'as fait fuir l'Ancien Monde ? Moi, je crois bien que ce sont d'abord mes parents. »)



Dernière édition par Théodore Lefaucheux le Sam 9 Juil - 13:50, édité 6 fois
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MessageSujet: Re: Swag de panda Ven 11 Mar - 14:57

Doctor Of Broken Hearts
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« Alors, comment en es-tu arrivée là Lorenna ? Qu'est-ce qui t'as fait fuir l'Ancien Monde ? Moi, je crois bien que ce sont d'abord mes parents. »


Je relevais délicatement le menton et je sentis la brise effleurer délicatement mes temps. L’atmosphère était teinte d'une douce mélancolie et le sujet de l'Ancien Monde me paressait inéluctable. L'Ancien Monde... Je l'oublie doucement, son seul souvenir est entouré d'une épaisse buée noirâtre. Le seul fait d'y penser me rend sale, j'ai l'impression de m'enfoncer dans les plus sombres recoins de mon être. Cependant on ne peut effacer le passé et je sais que celui-ci fait partie intégrante de mon être. Je suis, j'étais, je serais et cela peu importe les évènements. Cet enfant maigre et pâle au regard rancunier et froid c'est moi d'une certaine manière. Il suffit de plonger votre regard dans le mien et vous la verrez cet enfant qui a peur de l'avenir. C'est peut-être cela... L'avenir qui m'a poussé à venir ici ou bien est-ce la Mort qui planait sur moi ? Était-ce la douce lumière d'un meilleur futur ou bien la peur qui me serrait la poitrine ? L'espoir ou l'égoïsme et la crainte ? Je ne savais plus à ce moment ce que je m'étais dit... Cela m'avait paru normal comme choix, mourir dans ses bras dans un monde décadent ou vivre dans cette nature innocente. Toute personne normalement constituée aurait fait le même choix, il n'y avait rien d'égoïste. Non, non je suis normale et raisonnée. J'ai fait le bon choix, j'ai eu raison... Ou tort ? Je ne saurais jamais.
C'est horrible, j'avais l'accablante sensation que je regretterais à jamais mes choix. Je serais inévitablement insatisfaite de moi-même, mais cela fut toujours le cas. Rien qu'aujourd'hui lorsque je tourne ma tête vers cet homme je le vois comme un être assuré, fort, indépendant. Il est si grand que son ombre m’enveloppe. Moi je ne suis rien, un amas de chair avec une conscience poussé par un instinct de survie, incapable de vivre seul et avec une assurance si minime qu'on ne me remarque pas. Je ne serais jamais heureuse de mes actes, de mon comportement. Il est là en face de moi et la seule chose à laquelle je pense c'est qu'il m'a sauvé, nourri et qu'il cherche même à faire la discussion. Que faire ? Rien, accepter la fataliste vérité.

« Mon avenir dans l'Ancien Monde n'était pas très radieux, j'étais considérée comme traitre de la patrie et on souhaitait ma mort alors bon le choix de venir ici m'a paru judicieux. Ce n'était pas du courage comme vous autres, mais une obligation. »

Je baissais le regard et je ne pus m'empêcher de sourire, gêné. C'est la première fois je pense que j'ai parlé des raisons de mon départ avec quelqu'un de réel. Ça faisait du bien je me sentais plus légère. Je m'en voulais moins, l'avouer à voix haute c'est me punir d'une certaine manière. L'odeur du poisson montait délicatement dans les airs. C'était agréable, mais j’espérais que cela n'attirerait pas les animaux sauvages. On était seulement 2 enfin un et demi. Face à lui je suis inférieure donc demi. Enfin mon ventre émit un petit grognement seulement il fallait attendre que le poisson soit prêt. J'aurais aimé faire la discussion, le silence me mettait mal à l'aise. Mes oreilles étaient vides et mon crâne rempli. Mauvaise pensées, critique, remords... Mon sourire se transforma en doute et je me mordis la lèvre inférieure, il devait se dire que j'étais asociale, à éviter, étrange, moche, ingrate, stupide. J'avais la gorge serrée, ce n'est pas ma faute... J'aimerais être comme eux, être venue par choix et savoir discuter. J'aurais adoré me faire des amis comme tout le monde, mais lorsque je les vois je ne pense qu'à moi. Je me dis qu'ils ne m'aimeront pas, je me dis que je suis stupide et que je ne vaux pas la peine.

« Merci. » balbutiais-je trop gênée pour parler distinctement

Je n'avais toujours pas osé relever mon regard et je voyais au sol s'agiter quelques insectes. Je traçais comme un enfant des cercles dans la terre avec mon doigt. Je ne sais pas ce qui m'a pris c'était stupide. J'aurais pu relever le visage, le regarder droit dans les yeux... Non il a fallu que je le dise doucement. Il le mérite pourtant ce merci, enfin il m'a aidée et ce n'est pas rien. Beaucoup auraient détourné le regard et auraient continué leur route. Seulement il s'est arrêté. Ah, je suis ingrate, je m'invente des histoires pour éviter de faire face. Lui aussi a ses doutes, ses peurs et pour autant il arrive à me parler droit dans les yeux, il n'est pas faible. Je ne dois pas être faible, je dois survivre. Si je suis partie de là-bas c'est pour vivre alors je dois surpasser toutes ces pensées. Je relève mon regard vers lui et j'essaye de prendre une mine assurée, cela ne fait pas très naturel, mais après tout...

« Merci pour m'avoir aidée. C'était gentil de ta part, je ne pense pas que tout le monde l'aurait fait. Merci beaucoup. »

C'était déjà mieux, maladroit, mais mieux. Il m'a aidée et je n'aime pas exploiter les personnes de manière ingrate. Il m'a donné du poisson, sa pomme... Je me lève et je me dirige vers mon abri de fortune de la nuit dernière, j'extirpe la pomme rescapée de la nuit dernière et je repars vers le feu. Je ne peux m'empêcher de lui adresser un sourire avant de lui tendre la pomme.

« Cela ne se fait pas, donc bon pour te montrer ma gratitude je te donne mon seul bien. Ce n'est pas grand-chose... »
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MessageSujet: Re: Swag de panda Jeu 16 Juin - 16:16

Eye Of The Tiger
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Le silence avala mes questions et je reportai mon attention sur les étincelles du feu. J'avais bien apprivoisé Lola, je devrais réussir à en faire de même avec Lorenna. Mais il s'éternisa. Peut-être avais-je un peu trop forcé ma chance...

« Mon avenir dans l'Ancien Monde n'était pas très radieux, j'étais considérée comme traitre de la patrie et on souhaitait ma mort alors bon le choix de venir ici m'a paru judicieux. Ce n'était pas du courage comme vous autres, mais une obligation. »

Si elle n'avait pas été aussi sérieuse, j'aurais pu éclater de rire. Du courage ? De l'égoïsme oui ! Si le courage avait fait partie de mes qualités de l'époque, il s'était bien caché. De la pure bravade, même lorsque je posais minutieusement mes petites bombes sur les échangeurs des rails de la ville. Je n'étais résistant que pour faire enrager mes géniteurs dont l'honneur valait bien trop cher pour qu'ils ne se risquent à me dénoncer. Ils se contentaient de se garder à l'écart de toute éclaboussure possible, se réservant un déni complet de toutes mes activités si je venais à me faire choper ce qui, inévitablement, m'arriva. Mais ça m'avait donné goût à la liberté certes relative dans le contexte politique d'alors mais sans limites dans ma petite vie d'anonyme. M'enfuir n'aura été que la plus égoïste de toutes mes décisions, ne supportant plus la cage dorée dans laquelle je vivais. Et elle prétendant ne pas en avoir ? Elle avait dû tout quitter pour ses choix, pour sauvegarder sa vie, essence première de son existence.
Elle murmura quelque chose que je n'entendis pas, les yeux fixés au sol, sur les entrelacs que dessinaient ses doigts dans la poussière. « Merci pour m'avoir aidée. C'était gentil de ta part, je ne pense pas que tout le monde l'aurait fait. Merci beaucoup. »

Je la regardai d'un nouveau regard : pas faite pour la survie ? Sa vie précédente n'avait rien à voir avec celle qu'elle se retrouvait à vivre maintenant, et pourtant, elle était encore là. Alors, oui, elle avait beaucoup de choses à apprendre mais elle s'en sortirait. Elle se leva et fouilla son abri de fortune. Elle en revint une pomme à la main et me la tendit.

« Cela ne se fait pas, donc bon pour te montrer ma gratitude je te donne mon seul bien. Ce n'est pas grand-chose... »

Devant son insistance, je m'emparai du fruit, emprisonnant un instant ses doigts sous les miens. Ce dont elle avait besoin, c'était avant tout d'une renaissance. D'un bain purifiant qui diluerait les péchés qu'elle s'accrochait aux pieds comme des boulets de prisonnier.

« Would you join me to the lakes ? demandai-je, ma main retenant toujours la sienne, I think I forgot something there. » (« Tu m'accompagnerais jusqu'aux lacs ? Je crois que j'y ai oublié quelque chose. »)

Sans lui laisser plus de temps à la réflexion, je me mis en route, pomme en main. La nuit était claire, le ciel dégagé, on y voyait aussi loin que possible. J'entendis derrière moi ses foulées et elle me rattrapa, sans un mot.


L'eau était un véritable miroir, reflétant les milliards d'étoiles dont on pouvait voir la lueur. On n'aurait pu rêver mieux pour se réincarner. Je pénétrai l'eau jusqu'à ce qu'elle me chatouille les genoux.

« Do you trust me ? » lui demandai-je, main ouverte, tendue. (« Tu me fais confiance ? »)

Elle hésita. Ma folie passagère l'effrayait certainement, mais elle avait déjà fait tout ce chemin... Elle avança jusqu'à moi. Je plongeai mes mains dans l'eau encore tiède du jour et les ressortis en coupe remplie.

« This night is the one of your revival. You have more courage in you than you think and it's time to embrace this new existence with all the strength you possess. This water is as pure as your new life. What you made in the past led you here. Good. However, it doesn't have to define you. A new world opens you arms and it waits only for you. As your future, it unfolds itself at your feet, you just have to move forward. » (« Cette nuit est celle de ta renaissance. Tu as plus de courage en toi que tu ne le penses et il est temps d'embrasser cette nouvelle existence avec toute la force que tu possèdes. Cette eau est aussi pure que ta nouvelle vie. Ce que tu as fait par le passé t'a menée ici. Bien. Pour autant, cela ne doit pas te définir. Un nouveau monde t'ouvre les bras et il n'attend que toi. Comme ton futur, il se déroule à tes pieds, il te suffit d'avancer. »)

Avec douceur, je lui versai l'eau sur les cheveux, la regardant ruisseler jusqu'aux pointes, sur les arêtes de son visage, le long de ses bras. Sans un mot de plus, je l'attirai plus loin encore, jusqu'à ce que le fond se dérobe à ses pieds. Et, l'encourageant d'un regard bienveillant, je l'incitai à s'immerger complètement. Lorsqu'elle ressortit de l'eau, ruisselante, je la guidai jusqu'au bord.

« With the water left your past. It is now part of the lake. You could always find it here but he does not prevent you from moving forward anymore. » (« Avec l'eau est parti ton passé. Il fait désormais parti du lac. Tu pourrais toujours le retrouver ici mais il ne doit plus t'empêcher d'avancer. »)
.



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