Attention au coma éthylique

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MessageSujet: Attention au coma éthylique Lun 28 Juil - 23:50

Je suis le plus beau, le plus fort, je suis ton roi, ton dieu tout puissant ; vénère moi !
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Attention au coma éthylique
Fin du 3ème été

Cela faisait bien quelques mois que le jeune écologiste était arrivé sur les terres vierges de ce monde si peu hospitalier. Ici, personne ne se pliait aux moindres désirs du jeune asiatique et tous semblaient vouloir le voir disparaître. Il fallait dire que pendant sa convalescence, il s’était imposé chez un jeune russe et s’était coulée la belle vie dans sa maisonnette.

Asétype de la noblesse, mais surtout snobe, l’ancien riche voulait retrouver les plaisirs de sa vie de l’Ancien Monde. Après tout, il n’était pas venu ici de son plein gré. Forcé, bousculé, suivi, c'est par la contrainte qu’il était revenu à la maison du docteur pour être propulsé dans ce monde sans goût et sans raffinement. Mégalomane sans scrupule, qu’aurait fait Alan Oliver si lui, Jun Hyo Jin, avait touché mot à sa mère quant aux plans antigouvernementaux de ce scientifique de renom? Qu’aurait fait le gouvernement en apprenant l’existence du Projet Terra? Et que faisait sa mère en attendant patiemment son retour. Le Docteur l’avait-il fait passer pour mort auprès de ses proches?

Mais à quoi bon penser au passer? La seule chose que l’homme aux yeux plissés savait était qu’il devait assouvir le sang sale et puant des paysans, ses nouveaux sujets. Effectivement, pour lui, les habitants de terra étaient tous sales à la base, mais utiles que dès lors qu'ils lui obéissaient. Pour assouvir son pouvoir, il allait devoir être plus malin que les autres : endormir leur résistance. Seul, Jun savait qu'il risquerait seulement de trouver l’autre monde, pas l'ancien, mais celui des morts.

Jun, peu après son arrivé, avait entreprit de commencer par faire de l’alcool. De toute manière, il était invalide de sorte à ne pas vraiment pouvoir faire autre chose. Il avait pu récupérer un genre de grosse coquille d’escargot que les paysans du village utilisaient tels des chaudrons, puis il avait été puiser de l’eau dans une hutte laissée sans surveillance. Il avait aussi voler quelques fruits desquels il avait mis la chaire dans son eau.

Les fruits furent mis dans l’eau, l’eau fut mise dans la coquille et finalement la coquille fut mise sur le feu. Son mélange prit quelque temps avant de bien bouillir, mais une fois à gros bouillon, Jun y ajouter aussi quelques miettes de pain avant de recouvrir d’un morceau de tissu propre le fruit de son expérience. Il plaça finalement la coquille dans le coin de la hutte réservé à ses choses et transportait souvent de la braise au pied du chaudron de fortune afin de continuellement en réchauffer son contenu.

C’est seulement rendu à la fin de l’été qu’il put admirer son travail. L’eau à saveur de fruit commençait bel et bien à gouter l’alcool. Il avait réussi! De l’alcool pur et simple. Même qu'au gout, il pouvait supposer que le pourcentage arrivait désormais autour des 9%. Il voulait bien partager sa joie... mais comment et avec qui? Celui qui saurrait en premier ce devait d’être un privilégier, un être qui devrait se considérer chanceux et reconnaissant par la reconnaissance du coréen.

La fête de la lune était au soir, alors l’élu serait choisi en cette nuit de festivité. Marchant vers le grand feu, Jun s’assied au coté de son compagnon de baraque : le Russe au pied marin. Dans ces mains, Hyo Jin avait une corne de bête qui servait de verre. L’être aux cheveux noirs avait choisi cette défense rustique pour contenir le liquide propice au plaisir. Qui sait, peut-être que la blondasse comprendrait la tenue du liquide clair. . . Après tout, les Russes étaient réputés pour avoir bon goût lorsqu'on parlait alcool, non?

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MessageSujet: Re: Attention au coma éthylique Mar 5 Aoû - 20:17

The Pirate King
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Le temps... Une curieuse chose que le temps. Dans un endroit sans calendrier exact, sans rien d'autre pour rythmer la vie des hommes que les saisons, le temps avait-il une réelle importance ? Peut-être pas tant que cela... Nous étions à la fin de l'été et cela faisait environ un an que j'avais posé le pied sur Terra. Belle et sauvage Terra dont le rythme effréné nous faisait souvent oublier nos racines et perdre la notion du temps. Un an, ce n'était rien mais en même temps tellement ; à la fois grain de poussière et totalité de l'univers à l'échelle de ma vie. Elle prenait forme d'ailleurs cette vie. Oh, pas encore une forme bien définie, grande belle et solide, mais certains automatismes, certaines habitudes étaient à présent aussi forts que si je les avais toujours eu. Ça venait structurer le tout, le consolider pour l'empêcher de se casser la gueule. Un an, ça vous change un homme. Je n'appréciais pas forcément cet animal terrestre que j'étais devenu, mais je ne le détestais pas non plus. Il n'était ni mal, ni bien. Un peu rien en fait. Mais cela changerait bientôt. Mes projets me feraient redevenir celui que j'étais et ne plus me contenter d'être son ombre.

Je pensais à tout cela en regardant le feu ardent qui dansait lorsque Jun vint s'asseoir à mes côtés. Jun, cet espèce de chinois parasite - un pléonasme - qui s'était incrusté chez moi depuis quelques temps. J'étais à la fois ravi et désappointé de sa présence, car si j'étais heureux d'avoir enfin un peu de compagnie le soir, j'en aurais préféré une plus utile, plus sympathique et avec plus de seins. Comme quoi, on a jamais ce qu'on mérite.

Cela étant, sa présence avait fait de mon abri un lieu singulier, car nous nous y réunissions parfois avec mes deux acolytes constructeurs de bateaux, nous mangions, parlions, rions, ensemble. Nous engueulions aussi parfois. Et puis, par un hasard complètement fou, il se trouvait que John connaissait déjà le brutal bridé, ce qui nous avait fait découvrir des traits de sa personne insoupçonnés - comme son immense… fortune. Bref, une vraie bande de joyeux lurons. Et même si depuis quelques temps notre frenchie semblait vouloir s’éloigner de lui, l’ambiance chez moi était des plus agréable, rivalisant parfois avec la fête de la lune, souvent trop calme ou trop sage à mon goût.

Je décollais mes yeux des flammes pour les poser sans malice sur Jun. Depuis quelques temps, mon chinois préparait quelque chose derrière mon dos, je le sentais. D'ordinaire, il ne faisait absolument rien de ses journées - du moins, je le supposais - mais il avait entreposé un chaudron dans un coin de l'abri, dont il prenait soin tous les jours et m'interdisait formellement d'en approcher. Je ne m'en formalisais pas réellement, après tout, ce type était foncièrement étrange, et s'il désirait faire des choses dans son coin je n'allais pas en faire une maladie. C'était son problème après tout, et tant qu'il n'intervenait pas dans mes affaires, pourquoi irais-je m'occuper des siennes ? Je le laissais donc à ses activités solitaires, me concentrant sur mes projets qui m’emmèneraient bientôt sur les flots.

Le feu brûlait avec vigueur, ignorant tout des nuages de mon esprit, se moquant de l'animation qui l'entourait. Ce soir était un soir de pleine lune, et donc tout le village s'était activé pour les préparatifs de la fête lui étant dédiée. Depuis que Piotr était arrivé avec son violon, la fête prenait de plus en plus des allures de vraie sauterie, et j'attendais avec impatience son arrivée pour pouvoir apprécier des airs entraînants qui feraient danser les femmes. Cela me nouait généralement le ventre de les regarder, mais me procurait également un certain plaisir. Et on ne crache pas sur un peu de plaisir, quand bien même il vous rappelle qu'un an peut-être une éternité.

Je toisai Jun d'un air surpris, car il tenait en main un objet particulier : une corne d'un quelconque animal qui - heureusement pour Kaja - ne ressemblait pas à celle des chatchèvres. Et cette corne contenait quelque chose, quelque chose que l'horripilant oriental semblait prendre plaisir à boire. Non, en fait, il y avait plus que du plaisir dans son regard, il y avait, une sorte de fierté ou d'arrogance encore plus présente que d'ordinaire - si jamais c'était possible. J'avais l'habitude qu'il me regarde de haut et n'en avais que faire, mais là c'était différent... et je ne comprenais pas ce que signifiait cet air. Que pouvait-il boire ainsi ? Ce n’était certainement pas de l’eau, il n’aurait pas cette attitude pour si peu. J’imaginais alors toutes sortes de choses peu réjouissantes ; ce mec était assez tordu pour essayer de me jouer un mauvais tour. Je défis mon regard de lui pour le plonger à nouveau dans les flammes. Mais je le voyais toujours du coin de l’oeil se délecter de sa boisson mystérieuse et ça m’énervait.

Puis, tout à coup, je compris ce qu'il avait fait. C'était l'évidence même : il avait volé du punch prévu pour la fête ! Et cette putain de fierté sur son visage venait de là, du plaisir malsain d'avoir commis un menu larcin. Peut-être cela l'excitait-il de se croire un grand criminel ou je ne sais quoi... mais ici tout le monde s'en fichait pas mal de qui prenait quoi ! Et si bien entendu le festin devait être intact pour que tout le monde puisse en profiter, faire un ou deux prélèvements n'était pas mal vu. Iil me faisait rire avec sa belle tête de vainqueur. Vraiment, ces gens venus de familles riches à en crever ne connaissaient réellement rien à la vie. D'un geste vif, je lui piquai son verre et me levai, profitant de la faiblesse encore tangible de son bras tout juste valide. J'avais soif moi aussi, et je lui montrais ainsi ce qu'était un vrai chapardeur. Doucement, je portais la corne à mes narines pour apprécier l'odeur des fruits. Cependant, ce n'avait pas exactement l'odeur du punch habituel. Intrigué, je trempai mes lèvres avec prudence.

De l'alcool !!! Non ?!!! Ce, ce n'était pas possible ! Je bus de nouveau une gorgée pour confirmer l'information que mon cerveau ne semblait pas vouloir croire. C'était bel et bien de l'alcool, pas très fort, fruité et pas très bon, mais de l'alcool tout de même ! C'était donc ça qu'il fabriquait depuis des semaines dans mon abri ?? Comment ? Comment avait-il fait? Et comment avait-il pu me le cacher ? A moi, qui l'avait accueilli alors que j'aurai pu le jeter comme un malpropre !! A cet instant, je ne savais plus très bien si je devais l'aimer ou le haïr. Cela faisait longtemps, si longtemps que je n'avais pu boire quelque chose de plus fort que du putain de jus de fruit.
L’émotion m’envahit tout à coup et la chaleur me montait aux joues, comme si toutes les sensations liées à l’ivresse revenaient en moi. C’était exquis.

Did… Did ya’ do that ? ” lui ai-je demandé, pointant le verre toujours en main. N’attendant pas sa réponse, mon corps choisit pour moi ce que je devais penser et je lui tombai dans les bras, en répétant “спасибо*”.

Je me remis de mes émotions, quittai son étreinte et avalai le reste du verre d’un trait.

I hope you’ve got an other one, I intend to drink tonight ‘til throw up ! And you will too. Everyone should drink it !

J’espérais qu’il serait d’accord.

Traductions:
 

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MessageSujet: Re: Attention au coma éthylique Mer 20 Aoû - 23:10

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Définitivement, l’Asiatique avait réussi à attirer l’attention du pirate. Ce dernier avait cru à tort que sa fierté venait d’un simple chapardage de jus de fruit. Il réalisa d’ailleurs bien vite que le fruit de cette fierté était bien mérité.

Le blond chopa la corne des mains de son colocataire snobinard et en but son contenu. Bien qu'en temps normal, le dégénéré aurait piqué une colère face devant ce geste, à ce moment-là, il était d’humeur joyeuse et riait plutôt de la gueule du marin ; il le laissa même prendre ce qui restait d'alcool. Lorsque le fond ne put plus fournir du précieux breuvage, le russe s’exclama qu’il en voulait davantage, il avance même qu'il allait en donner à tout le monde, mais ce sans consulter le tortionnaire... ce qui le fit encore plus rire.

Il faut comprendre que ses réserves étaient limitées, donc à moins que le russe soit une fillette, il ne pourrait pas parvenir à l'état d'inibriété convoité. Jun le trouvait très peu raffiné de penser à ainsi consommer à ce point. Pourquoi autant chercher le déboire à travers ce nectar des dieux? Après tout, il valait mieux en profiter, le savourer, que de le gaspiller en vomissures infectes et en souvenirs éphémères qui disparaitraient dans les songes de la nuit, restant qu'à ceux qui, contrairement à ce que voulais le maitre pêcheur, auraient su rester sobre.

L’idée de faire boire les gens vint quand même titiller l’imagination du salopard. Tant qu'à y être, pourquoi ne pas faire boire les gens à leur insu ? Qui sait, peut-être qu’il serait ainsi plus facile pour lui de frôler les peaux des belles, fraiches et jeunes amazones de son territoire... Il ne restait qu'à trouver un moyen de faire passer en douce de précieux liquide.

-
J’en ai suffisamment pour partager, mais pas autant que tu voudrais, blondasse ! Le Coréen prit un air songeur. On pourrait en mettre dans le punch?

Son regard libidineux et complice, il attendait l’approbation de son compère.






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MessageSujet: Re: Attention au coma éthylique Sam 30 Aoû - 21:42

The Pirate King
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Il riait, je riais, nous riions. C'était agréable cette explosion de joie si simple et naturelle. Le rire, au final, n'était pas légion sur Terra - ou alors, il était bien caché - et j'avais la chance d'être l'un de ceux à qui cela arrivait le plus. Peut-être qu'ayant toujours connu ce genre d'ambiance dans mon autre vie, j'avais su, ici, m'entourer de ceux qui pourraient recréer un ersatz de cette atmosphère si cher à mon coeur. Dans le labeur, dans la misère, le rire guérit bien des peines et des misères me semblait-il. Bref, nous étions en train d'apprécier pleinement ce temps de respiration, d'abandon total à ce plaisir simple.

Cependant, la remarque que Jun me remmena vers une réalité bien plus triste. Il ne souhaitait pas gaspiller le fruit de plusieurs semaines de travail dans une seule soirée. C'était à la fois raisonnable et foncièrement injuste. Mais si quelqu'un ose un jour prétendre que je suis un homme de raison, laissez-moi vous dire qu'il se trompe grandement. Peut-être Jun avait-il connu l'abondance dans sa vie, mais moi qui ne l'avais jamais ne serait-ce qu'approchée et, de fait, j'avais une tout autre opinion que je comptais bien défendre. Quand la vie nous offre une surprise, un cadeau inattendu et agréable - comme ce chaudron - il faut s'en saisir tout de suite et l'utiliser, le savourer, s'en délecter... Bref, lui faire honneur. Lorsque l'on ne sait jamais de quoi le lendemain sera fait, lorsque l'on n'a pas la certitude d'être encore vivant la semaine suivante, tous les prétextes étaient bons pour cueillir les roses de la vie et vivre l'instant, pour ne pas découvrir, au seuil de la mort, que l'on n'a pas vraiment vécu*. Et par conséquent, jouir de cette bénédiction éthylique !

Argumentaire sans faille en tête, je m'apprêtais à me lancer dans un long discours contre l'oriental bridant mes envies quand ce dernier me fit une proposition que je faillis ne pas entendre tant j'étais déjà parti dans mon futur monologue. C'était une de celle que l'on n'attend pas, mais qui vous ravie instantanément tant elle est simple et efficace - en un mot génial. Corser le punch de la fête !!! L'idée parfaite, si simple à réaliser et dont les effets pourraient être des plus intéressants car imprévisibles. Je lui fis immédiatement part de mon adhésion totale et sans faille à ce plan d'enfoiré foireux.

A bien y regarder, je n'étais pas certain que Terra ait gagné au change en nous accueillant tous les deux. Question bien-être de tous et solidarité, nous ne pesions pas lourd dans la balance, mais question égoïsme, coups bas et mise en danger d'autrui, nous étions les rois. Peut-être était-ce pour cela qu'au fond, malgré notre différence de milieu social par trop évidente, nous nous supportions si bien. Mais, le tout était d'assumer, non ? Et nous assumions parfaitement - et persévérions.

Je me rassis auprès de Jun, entourant ses épaules d’un bras et me penchant vers lui afin que nos prochaines paroles soient murmurées comme dans une confidence : " We need a plan ".

Pour ma part, il n'y en avait qu'un seul qui prenait toute la place dans mon esprit et empêchait certainement les autres de se faire une petite place. C'était simple, très simple. Et c'était ça la beauté de la chose, sa simplicité, car quand un plan est trop complexe, neuf fois sur dix il foire*. Il nous suffisait de créer une diversion, quelque chose d'assez grand et obscur pour que les gens présents s'éloignent assez longtemps afin que nous puissions verser le contenu du chaudron dans le punch déjà présent sur la table. Jun, en tant qu'auteur de cette grandiose idée, aurait mérité de s'en charger seul, mais j'avais un peu peur qu'avec son bras tout juste remis il y parvienne seul, et puis, je n'avais pas très envie de jouer les plantons à faire le guet sans prendre part à la ruse. J'avais envie de pouvoir m'en vanter autant que lui plus tard. Mon abri étant proche, la substitution se ferait relativement rapidement et, normalement, sans problème.

J’en fis rapidement part à Jun, toujours à voix basse, avant de rajouter “ Have ya’ a best idea ?

J’espérais qu’il soit d’accord avec moi, et surtout qu’il trouve une bonne idée pour la diversion que nous devions créer afin que tout fonctionne. Dans cette drôle d’histoire, il était clair - et cela me faisait mal de l’admettre - que c’était lui le cerveau de l’opération - ou du moins, celui par qui rien ne se serait passé - alors je lui faisais une confiance aveugle. Quoi qu’il propose, je serais partant ! La promesse du divertissement à venir était bien trop belle pour que je me dégonfle devant le premier méfait à accomplir.


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MessageSujet: Re: Attention au coma éthylique Dim 26 Oct - 20:00

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Que dire à la suite du marin? Il fallait trouver une diversion. Dans son esprit tordu et dénué de toute valeur quant à la vie – sauf quant à la sienne – Jun pensa rapidement au meurtre et à la destruction. Parce qu’après tout, pourquoi pas ? Après tout, ce monde pouvait bien être construit et reconstruit à volonté, surtout que les bases actuelles étaient de la rigolade. Un monde inutile, un monde qui ne méritait sa place qu’en tant qu’expérience scientifique, et d'un scientifique fou de surcroît. Si seulement Jun avait pu apporter du matériel et quelques esclaves... Il aurait pu se faire un beau petit palais dans un coin isolé et perdu. Mais non! Il devait rester discrèt, et paradoxalement très actif de peur que les nabeaux qui lui servaient de compagnons ne puissent plus parvenir à combler ses besoins de base... Ce bien que l'idée même qu'ils puissent le négliger soit une insulte considérable à la grandeur et à son rang.


Enfin, Jun fit un signe de tête à sa blondasse, puis extirpa un morceau de bois des flammes. S'assurant que seul son comparse désigné ne puisse le voir, il lança le bout de bois enflammé sur un abri non loin. L’abri, constitué principalement de paille et de bois, prit rapidement en feu. Des gens crièrent un peu avant de se mobiliser de sorte d’apporter de l’eau et des couvertures pour éteindre le feu naissant. Naissant, mais pas moins menaçant.

-
Ça fait le travail? S'exclama-til.

Sans demander son reste, l’asiatique se dirigea vers la maisonnette qu’il avait réquisitionnée et où il croyait avoir donné le droit à son comparse de vivre.

Le fils de la noble famille montra le butin au garçon des rues qui le suivait. Les gens étaient pour la plupart partis aider, faisant des allers-retours entre le ruisseau et l’abri avec des coquilles d’escargot géant pour en arroser les flammes.

Heureusement que les lois de la physique ressemblaient à celle de l’autre monde. L'eau éteint le feu. Ne sait-on jamais, ça aurait pu être tout autre. Cette bulle de pensée amusait grandement Jun.





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MessageSujet: Re: Attention au coma éthylique Dim 7 Déc - 21:29

The Pirate King
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Quand je vis Jun une branche enflammée à la main, j’eus peur de le voir faire quelque chose de vraiment stupide et dangereux. Et cette peur se vérifia en quelques secondes. La torche vola dans les airs pour aller se percher sur le toit d’une maisonnette non loin - heureusement, ce con s’était bien gardé de viser la mienne - et prit tout de suite l’envie de dévorer l’amas de paille qui le constituait. Non mais qu’est-ce qui était arrivé dans la vie pour de ce mec pour qu’il soit aussi con ??? Quand je pensais diversion, j’imaginais faire un gros bruit, libérer un mouton, ou juste créer une dispute violente qui attirerait tout le monde... mais pas ça !! J’étais horrifié par la facilité déconcertante de mon complice à faire des choses sans se soucier des conséquences. Un feu, au village, ce pouvait être effroyable, voire mortel. On n’était pas sur terre avec des pompiers et des canadaires ! Mais il était trop tard pour les états d’âme : j’avais été l’instigateur de ce drame, j’étais mal placé pour regretter… Déjà, les habitants effrayés se ruaient vers les flammes afin d’éteindre ce qui pourrait dévaster l'entièreté du village. Moi, je ne parvenais pas à bouger, scotché sur place par l’attitude désinvolte de mon compagnon. Cependant, je ne pouvais pas rester planté là, l’air de rien, à regarder les villageois s’agiter.

J'ai alors profité de l'affolement pour filer discrètement vers mon abri. Jun s'y trouvait déjà, l'air de rien, et soulevait avec un peu de peine la lourde coquille remplie du divin breuvage. Je l'aidais dans son entreprise, ce qui n'était pas forcément de tout repos. Une coquille, ce n'est pas comme une casserole, il n'y a pas de poignée ni rien qui puisse faciliter son transport et, en plus, ça glisse. Armés de prudence, nous avons vite trouvé un système pour marcher de concert tout en préservant précieusement le contenant. Lorsque nous ressortîmes de l'abri sombre, nous fûmes éblouis par la lumière des flammes de la maisonnette encore en feu. Ce spectacle eut le don de m'hypnotiser à moitié, gênant notre progression au point de manquer de tout renverser au sol. Je me ressaisis rapidement, craignant désormais de provoquer les foudres de mon complice. Je savais trop bien de quoi ce psychopathe était capable pour le mettre en colère... Nous parcourûmes les quelques mètres qui nous séparaient du banquet et posâmes notre présent dessus. Je ne pus m'empêcher de lâcher un soupir de soulagement lorsque les deux surfaces s'entrechoquèrent légèrement. J'essayais de me concentrer sur notre tâche, sur ce qu'il y avait de plus proche, les plus infimes détails, les plus infimes bruits, pour ne pas me perdre à nouveau dans l'agitation qu'avait provoqué l'incendie.

En un simple regard échangé, l’asiatique et moi nous sommes compris et nous avons soulevé le récipient pour transvaser son contenu dans la coquille plus grande encore renfermant le punch. En une dizaine de seconde notre méfait avait été accompli. Une dizaine de seconde qui me parut bien longue en réalité. Je me concentrai frénétiquement sur le bruit de liquide qui se verse et qui se mêle, mais je ne pouvais m’ôter de la tête que cette coquille, si elle avait été remplie d’eau, aurait été bien plus utile à cet instant. La fierté que je pensais ressentir se faisait attendre, remplacée par un sentiment bien plus acide. J’osais tout de même recroiser le regard de mon acolyte, lui tendant une main ferme pour nous féliciter de notre réussite.

Cependant, je n’eus pas le temps de serrer sa main dans la mienne. Le toit de la maisonnette s’était écroulé avec fracas, provoquant en moi un violent sursaut. L’espace d’une seconde, je revis les explosions sur le bateau, et je perdis l’équilibre. C’était loin du vacarme sordide auquel j’avais assisté quelques années auparavant, cependant, cela avait ravivé en moi des souvenirs douloureux. J’avais l’impression de sentir de nouveau la poudre, l’iode de la mer, la tôle qui froisse sous la chaleur et le sang qui brûle. Je restais au sol quelques instants, incapable d’entendre quoique ce soit de plus. Je tentais de calmer ma respiration haletante et de dissiper les brumes de ce souvenir pénible.

Puis, encore vacillant, je me relevais à l'aide de la table, bien décidé à ne pas me laisser bouffer par les démons de mon ancienne vie. Qu'ils retournent dans l'enfer duquel j'avais réussi à m'enfuir !

Plus loin, les villageois semblaient gagner leur guerre du feu. A coup de grandes couvertures étouffant les flammes et de coquilles géantes remplies d'eau, ils parvenaient à apprivoiser le feu qui, au final, n'avait pas rongé dans son appétit féroce la totalité de la maison. Il n'avait eu le temps que de s'attaquer au toit et ce dernier s'étant effondré - sans doutes était-il bien mal fait ! - les plus courageux avaient réussi à le maîtriser. Derechef, je me précipitais dans mon abri et ressorti avec une de mes propres fourrure. En repassant devant l'asiatique qui n'avait pas réellement bougé, je lui glissais d'un air malicieux :

“ I make an alibi for both of us ! “
*

Et je me suis précipité vers les derniers soupirs du feu. La chaleur était, malgré la faiblesse du brasier, presque intenable et je me mêlais aux habitants pour donner des coups bien placés à cet être gourmand dont nous craignions tous les langues avides. Dans la confusion générale, j'étais certain que personne ne remarquerait mon arrivée tardive. Par contre, ils se souviendraient tous de moi après la bataille, essuyant mon front noirci par la fumée ou échangeant des accolades de joie avec tous les soldats du feu improvisés. Mais, pour l'heure, l'ennemi n'était pas tout à fait mort, et je lui assenais sans relâche des coups comme pour le faire taire à jamais, comme pour qu'il ne puisse révéler aux autres qui lui avaient fait goutter au plaisir coupable de la destruction. La sueur coulait le long de mon visage, trempait tout mon corps, la fumée m'empêchait de respirer correctement, mais je continuais, je frappais comme un diable renvoyant son petit démon désobéissant en enfer. Je frappais fiévreusement, enterrant à chacun de mes coups ma culpabilité. Je frappais. Mon sang bouillonnait. Je frappais. J'avais dans les yeux un brasier. Je frappais...

Bientôt, nos efforts eurent raison de la bête qui agonisa avant de rendre son dernier souffle de fumée noire et viciée. J'éclatai de joie, infiniment soulagé par sa mort, car avec elle, j'avais l'impression qu'en moi un poids latent était mort ce jour-là. Je me sentais libéré... et épuisé. Ma petite séance de boxe avec mes culpabilités incarnées en feu sacré m'avait complètement vidé. Je souris gaiement à l'idée de me désaltérer avec notre punch amélioré. Je me suis donc dirigé vers la table bien remplie du festin, invitant tous les héros du jour à m'imiter.

La soirée promettait d'être belle...


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MessageSujet: Re: Attention au coma éthylique Jeu 8 Jan - 12:10

Eye Of The Tiger
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Je regardais mon visage dans la vasque, ne sachant trop que faire. J'avais pris de bonnes résolutions, j'avais gonflé ma volonté... Et voilà que tout partait en vrille avant même que ça ait réellement commencé.

La fête de la Lune était une soirée assez paradoxale pour moi. D'un côté, il y avait l'ambiance, les retrouvailles et le partage. De l'autre... ce détail insignifiant. Vraiment, un détail de rien du tout. Un détail... Énorme ! Péninsulique ! Le feu de joie. De loin, il était magnifique. De près... C'était la panique ! J'en adorais l'idée mais ça me terrifiait. Et je n'avais bien sûr parlé à personne de ce charmant problème.
Aussi, mes fêtes de la Lune étaient assez... schyzophréniques. Je trépignais toute la journée, m'activant partout pour les préparatifs, avant de trouver soudainement moult et moult raisons de ne pas trop rester dans les parages. Alekseï se foutait toujours de ma gueule, prétendait que j'avais peur qu'une fille s'impose (bien évidemment, il pensait à Lola). Et je le confortais dans cette idée en rougissant, dissimulant au fond de moi mon secret.
Seulement, cette fois, j'avais décidé de prendre au mieux sur moi. Après tout, nous étions de plus en plus nombreux et les festivités étaient un peu plus élaborées à chaque nouvelle lune. Bref, cela devenait une véritable fête, l'instauration d'une tradition qui nous était propre, complètement séparée du folklore de l'ancien monde. Je n'avais qu'à pas m'approcher du feu, voilà tout.

Je fus ramené au monde réel par le brouhaha ambiant. Quelqu'un me secoua l'épaule et je fus de nouveau apte. Mes pensées oublièrent le feu et mes mains se concentrèrent sur leur tâche. J'attrapai le seau tendu et le plongeai dans la vasque avant de le rendre. Et de recommencer. Encore. Et encore.

Lorsque les flammes moururent enfin, j'aspirai la plus grande goulée d'air que je pus avant de m'écrouler au sol, tremblant. Ma honte était saine et sauve, tout le monde pensant être passé à ça - À ÇA ! - du désastre, elle se noya dans leur peur. Alekseï fut un des premiers à se remettre debout. Et son mouvement nous permis d'en faire de même. Pour certains, pour moi, c'était la première véritable catastrophe depuis notre arrivée. De fait, il me fallait à boire.
J'attrapai un bol et le plongeai dans la vasque pleine de jus. Sa couleur me rappela ma sortie insouciante avec Lola et nos acrobaties dans les branches. Plus que jamais, j'estimai que ce serait ma récompense. J'avalai d'un coup d'un seul ma boisson, manquant de m'étouffer. Elle avait un goût étrange et fort. Puissant. Je la sentis descendre en moi et me réchauffer les entrailles, encore froides de terreur. Ça faisait du bien. Une chaleur réconfortante, loin de celle du feu. Du coin de l'oeil, je regardais celui qui deviendrait le plus grand feu du mois. Pour l'instant, il n'était qu'un petit feu, stable et calme, sur lequel rôtissaient brochettes et viandes. Pour l'instant, il me plaisait bien.
Je me resservis et, croisant le regard d'Alekseï, lui levait mon bol :

« To an unforgettable Moon Festival, Aliochka ! » (« À une inoubliable fête de la Lune, Aliochka ! »)




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Dernière édition par Théodore Lefaucheux le Sam 9 Juil - 13:21, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Attention au coma éthylique Jeu 5 Fév - 20:30

Je suis le plus beau, le plus fort, je suis ton roi, ton dieu tout puissant ; vénère moi !
Masculin


Le marin d’eau douce avait parti le balle et tout le monde suivait, tous allais boire de se punch sous la surveillance discrète de l’asiatique qui ne pouvait sourire, satisfait que sa supercherie fonctionne. De tout manière, c’était certain pour ce pauvre écologiste que sa fonctionnerais, après tout, il était plus intelligent que ces être stupide qui c’était démener pour éteindre une feu d’une habitation qui n’était même pas occuper.

Jun s’approche d’Aleksei et de Théodore, passant un bras autour de chaque épaule pour les rapprocher de lui. Son air mesquin et pleinement satisfait de son mauvais coup pouvait laisser craindre certaine chose, mais la soirée s’annonçait belle.

-On va s’amuser se soir! N’est-ce pas, comparse?

Jun fit un clin d’œil à Aleksei, tout aussi coupable que lui des futures aventures de la soirée. Il fallait profiter de ce cadeau du dieu tarer, profiter de cette soirée qui s’annonçais bien : deux magnifique feux de joie, des ‘’gonsese’’ pas trop mal foutu et de l’alcool! Ce liquide qui réchaufferais le cœur de tous le bas ventre de certaine ou encore la tige de d’autre.

Que de belle penser pour l’asiatique qui se garderait bien de prendre d’avantage de punch. Il n’était pas stupide au point d’encrasser ses penser par de l’alcool basse conception, ni de ne plus réfléchir complétement au point de mettre sa vie en danger ou encore de ne pas se souvenir des basses qui se passerait en cette nuit que les étoiles, grâce à leur manteaux tisser de mille rayons lumineux, recouvraient de splendeur.

Jun rie a plein poumon, la fête reprenait doucement, dieux merci, un violoniste était là pour réinventer la musique, chose capital qu’il fallait ramener de l’ancien monde, la musique classique ou encore moderne. Il fallait désormais trouver quelque chose pour enflammer, mais cette fois de façon figurer, la bande de villageois encore exténuer de leur premier combat contre le feu





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MessageSujet: Re: Attention au coma éthylique Mer 10 Juin - 12:56

Pionnier
Féminin


Pilar assistait à sa première fête de la lune ce soir-là. Après avoir participé aux préparatifs avec les villageois, c’était totalement impatiente de participer à cette soirée de festivité qu’elle arriva devant le grand feu de camps central.

La nuit s’annonçait prometteuse. Pourtant, ne connaissant pas encore beaucoup les habitants de Terra, Pilar s’isola un peu, face au feu. N’osant pas s’immiscer dans les discussions de groupe déjà entamées, elle resta un peu à l’écart, observant tout ce petit monde se réunir. La fête de la lune était devenue une vraie coutume pour les habitants. A les regarder, c’était même un peu plus que ça. Un vrai événement nécessaire au groupe pour échapper aux lots quotidiens qu’offraient ce nouveau lieu. Une journée et une nuit indispensable pour la cohésion, les liens du groupe autant que par les préparatifs qui prenaient la journée que par la fête en elle-même.

La soirée était douce et agréable … Du moins jusqu’à cet étrange moment où la panique gagna tout le monde. Sans trop savoir comment ni pourquoi, le toit d’un abri s’était mis soudainement à prendre feu. Heureusement, la réaction des villageois fut rapidement coordonnée pour éteindre le feu et Pilar se mêla aux autres, suivant les instructions données par certain, afin de réduire cet incendie en cendre.

Le feu fut rapidement éteint sans avoir le temps de se propager plus loin qu’au toit de l’abri d’où il avait démarré. Pilar était essoufflée des efforts fournis pour éteindre le feu, mais elle avait réussi à garder son sang-froid tout le long de l’incident. L’agitation de se calma rapidement grâce à un blondinet qui se décida vite à retourner près du ‘’festin’’, une idée approuvée par la plupart des habitants qui firent de même.

Pendant ce temps, elle aperçut également Théodore, qui l’avait accueilli quelques temps auparavant. Elle le vit s’écroulant un instant au sol, peut-être même tremblant. Pilar voulut le rejoindre mais celui-ci partait finalement déjà se désaltérer. Au vu de sa brûlure au visage, elle avait imaginé que cet incendie serait dur à vivre pour lui que ce qu’il avait laissé paraître. Il semblait s’en être très vite remis : son inquiétude s’était du coup tout de suite envolé vers le toit de l’abri.

Elle le regarda une dernière fois avant de rejoindre les festivités, se demandant tout de même comment l’incendie avait pu se produire. Le feu de camps était a priori trop éloigné pour en être la cause et elle n’avait rien vu d’autre à proximité pouvant causer ce départ de feu sur le toit. Après avoir rejoints les autres près d’un énorme coquillage rempli de boisson qu’elle ne savait pas alcoolisé. Après s’être également servie, Pilar se tourna enfin vers Théo, ne voulant pas non plus passer la soirée toute seule. Il était maintenant accompagné du blondinet et sans doute d’un chinois.
‘’Salut Théo ! Dur, dur l’incendie, ça va ?’’ puis s’adressa aux deux autres par un simple bonjour en anglais accompagné d’un sourire. Elle leva ensuite son verre avant d’en prendre quelques gorgées, qu’elle but grimaçante. « Esto es … de alcohol ? » dit-elle avant de finir sa boisson.


Achievement Unlocked !
Succès ! Tu as accompli un défi : Traiter de la consommation d’alcool.
Tu peux désormais disposé de l'icône ci-dessus à ta guise pour afficher ton accomplissement !
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MessageSujet: Re: Attention au coma éthylique Dim 2 Aoû - 19:24

The Pirate King
Masculin


Fort heureusement, le brasier n'avait as entamé l'amour des villageois pour le foyer plus petit qui dansait innocent. Couvert de suie et de sueur, certains étaient partis, mais une poignée de pionniers rejoignait peu à peu la scène de la fête. Mon tout nouveau complice, Théodore, me rejoignit près de la table et but un verre d'une traite. J'étais trop enthousiaste à cet instant, l'esprit trop occupé par notre mauvais tour, pour voir ou comprendre que ce dernier était troublé. Je ne le connaissais pas encore vraiment bien. Tout ce que je pouvais en dire, c'était que sa compagnie et son entrain étaient agréables. Et puis, il ne rechignait jamais à la tâche, et ça, c'était plus qu'inespéré pour un branleur comme moi. À sa façon de boire, je me suis demandé un instant s'il n'avait pas senti, grâce à un sixième sens que seuls les Français posséderaient – après tout, c'est un peuple étrange – le petit « plus » apporté à la boisson. Je me demandais s'il avait déjà noté que, d'ordinaire, je n'apparaissais jamais aussi tôt à cette fête. En effet, je m'arrangeais toujours pour ne pas participer – ou si peu – aux préparatifs ! Certains villageois auraient ainsi pu trouver ma présence étonnante, ou miraculeuse, mais concernant Théodore, je n'en étais pas persuadé. Et puis, après tout, l'incendie était un bon prétexte. Du moins, ce serait mon prétexte si jamais la question m'était posée.

« À une inoubliable fête de la Lune, Aliochka ! »

Mais oui ! Sans nuls doutes cet homme avait un sixième sens !

Je lui rendis son sourire, vidai un autre verre rapidement avant de me resservir et de me faire asservir par mon complice aux yeux bridés. Cette décontraction, cette nonchalance avait tout de même le don de me crisper un peu, mais je ne pus cependant pas réprimer un sourire en guise de réponse au clin d'œil qu'il m'avait glissé. J'ai répondu à Jun une banalité, je ne sais plus laquelle exactement. À peine quelques mots pour confirmer ce qui tombait sous le sens : oui, on allait s'amuser. Je me laissais pénétrer par l'ambiance qui montait, par cet instant de vraie solidarité entre les gens. Piotr avait commencé à jouer du violon. L'air entraînant s'éleva et vint emplir chacune des âmes autour du feu. C'était un air joyeux qui donnait envie de bouger et de danser sans se soucier du tiers comme du quart du reste du monde. Je sentais les vibrations m'envahir, raisonner contre mes organes et mes os. Les ondes sonores me dansaient sur mon épine dorsale, comme pour l'inciter à se laisser aller.

Pour la première fois depuis très longtemps je retrouvais l'esprit de camaraderie dans lequel j'avais baigné toute mon enfance, voire toute ma vie. Se sentir proche des gens avec qui l'on travaille, avec qui l'on partage le village, c'étaient des valeurs qui m'étaient chères. Cependant, ici, bien que toutes les actions étaient faites pour la communauté avant tout – du moins, la plupart des actions – les gens restaient solitaires ou créaient des duos, des cercles fermés, et personne ne connaissait vraiment personne. C'était dommage, triste même. Mais là, un bras sur l'épaule, ma main solidement accrochée à un verre plein et les yeux tombant sur des gens qui se rapprochaient pour soulager leurs craintes des flammes, là, je touchais de nouveau ce qui manquait tant à ma vie dans ce monde. Du rhum, des femmes, de la bière* ! Certes, nous n'avions pas vraiment tout cela, mais c'était la première fois que l'on s'en approchait le plus.

Mais alors que je m'apprêtais à quitter mes comparses, une silhouette féminine me ramena sur la terre ferme. Elle s'était avancée vers Théo mais s'était adressé à nous tous dans une langue que je ne comprenais pas vraiment. Pourtant, il me sembla déceler un mot compréhensible : avait-elle dit alcool ? Sur son visage, on pouvait lire une pointe de soupçon, ou plutôt, d'interrogation. Alors, plein de malice, je m'empressai de rassurer la belle à frange :

« No alcohol, only fruits ! »


Je me suis bien évidemment gardé de jeter un quelconque regard vers mon asiatique, histoire de ne pas attirer les méfiances de la jeune femme. Et en parlant d'attirer, je ne pouvais m'empêcher de remarquer combien le français, malgré la brûlure sur son visage, attirait toutes les femmes de la communauté comme le miel attire les abeilles. C'était un peu désespérant... Je me disais que les cicatrices les faisaient sûrement fantasmer, ou quelque chose comme ça. Je me promis alors d'ôter ma chemise plus tard dans la soirée afin d'exhiber, moi aussi, les cicatrices qui avaient élu domicile sur mon torse au fil des ans. Eh quoi, nous n'avions pas fait tout ça uniquement pour nous soûler ! Il fallait bien un peu débrider les femmes pour qu'elles tombent, sans s'en apercevoir, dans les bras de prédateurs déguisés en agneaux...

Cependant, les villageois restaient encore très calmes. Il fallait donc tout faire ici ! Jun moi avions tout fait pour rendre la soirée mémorable, et eux ils restaient tous sages ! Je ne pouvais pas laisser cette soirée retomber. Quitte à être les maîtres de la soirée, autant assumer le rôle jusqu'au bout. Je quittai mes compagnons en leur laissant au passage de grande claques amicales dans le dos et me suis rapproché du feu de joie central. Alors, de manière naturelle, et même presque instinctive, je me mis à danser au rythme du violon. Je dansais comme les marins, usant peu d'espace mais ne cessant de sauter, de frapper dans les mains ou de les claquer contre mes genoux et mes jambes. J'agrémentais évidemment le tout de chants que je connaissais, ou seulement d’onomatopées répétées inlassablement sur le même rythme. Allez tout le monde, venez vous défouler ! Il fallait qu'ils me suivent, il fallait qu'ils dansent. Plus ils danseraient, et plus ils auraient soif... Nous avions créé le cercle vicieux parfait.

Je tournais, sautais, frappais. C'était presque plus fort que moi, je ressentais tous les souvenirs de longues soirées en mer qui remontaient. Je revoyais ces moments dans des tavernes plus qu'infréquentables sur les docks... Je me sentais plus marin que jamais en remuant la poussière à mes pieds, en m'approchant puis m'éloignant du feu, en vidant totalement mon esprit...

***

Au bout d'un moment – était-ce quelques minutes ou des dizaines – je me mis à chercher des yeux la brune qui nous avait abordé plus tôt. Il était temps pour ne plus jouer solo. Il était temps de faire valser les femmes. Je la retrouvai parmi la foule et, le plus simplement du monde, lui ai tendu la main :

« Dance with me ».


Spoiler:
 
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