Garrett E. Halsey

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MessageSujet: Garrett E. Halsey Lun 11 Aoû - 21:38

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Garrett Erik Halsey



Sexe : Masculin

Âge : 41 ans (né le 3 décembre 2155)

Origine : Anglaise

Nationalité : Anglaise

Langues parlées : Anglais



Pseudo Hors-Jeu
Luky

Avez-vous bien lu les règles ?
Il me semble... « Mon Olivine. Ma Ragamuch. »

Où avez-vous découvert Terra ?
En fait, je suis un revenant :D




Mon reflet




J’entre dans la pièce, ma main aux longs doigts encore fermement accroché à la poignée de la porte menant à cette chambre miteuse. D’un bref coup de regard rapide, je détaille la pièce. Miteuse est vraiment l’adjectif qui lui correspond le mieux. Un lit sur trois pieds, le quatrième n’existant plus, un miroir fracturé, une sorte de moquette poussiéreuse suintant des relents de pisse.

Enfin.

Je jetais mon sac, ce vieux sac qui contenait mes affaires, sur le lit. Bien que j’aie de bonnes relations avec certains agents luttant contre les rebelles, je n’avais jamais pu accepter qu’on me donne une rétribution pour les morts que je faisais au sein de leurs rangs. Je ne me considérais pas comme un martyr, mais je n’étais certainement pas un assassin et je n’aurais vu que ce mot au-dessus de ma tête si j’avais accepté leur argent.
De ce fait, je récupérais parfois les quelques biens sur les hommes que j’abattais, ou alors je faisais la manche. Il n’y a plus de honte, une fois que vous avez tout perdu.

Ce sac à dos était donc tout ce qui me restait, de ma vie d’avant comme du peu que je grappillais encore. Il ne contenait que mon journal, le médaillon de ma petite sœur, un couteau simple, une gourde d’eau en cuir, un K-way noir et un sandwich à moitié mangé dans un emballage papier.

Je pris ensuite la lourde décision de me regarder dans la glace. Non pas que j’aime me contempler, mais si je devais aller voir ce fameux docteur, demain, il fallait que je sois correct. J’en profitais pour me regarder.
Regarder ce visage défait, dont les yeux marron ne laissaient qu’une présence de vie qui s’enfuyait, inexorablement… comme si la vie n’était plus qu’un souvenir, une apparition faiblarde. Une peau rose pâle, attaquée par un début de barbe, se tenait là. C’était rassurant, d’une certaine manière, de savoir que demain, la mort en illustration ne serait pas devant la porte de ce cher docteur.

Mis à part ce visage, las et morne, je pouvais distinguer cette masse de cheveux châtains, descendant jusqu’à ma nuque, et dont quelques mèches me barraient le front. Pour le reste, j’étais affublé d’un long corps, dans le mètre quatre-vingt-dix. Ni trop gros, ni trop maigre, un corps assez élancé, quelques muscles de ci, de là. Rien d’exceptionnel, somme toute.
Les vêtements que je portais étaient également très simples. Un jean un peu grand, d’un noir terne. Un haut à manches longues gris. Qui devait être d’une couleur plus claire, mais qui a perdu de sa superbe il y a fort longtemps. Un blouson en cuir, gris poussière, qui n’est plus dans sa prime jeunesse. Une écharpe rouge délavée, offerte par eux, il y a des dizaines d’années de cela.

En somme, un physique banal dans un monde morne.



Mon histoire




Traînant comme ce qu’il est, à savoir un vieux journal usé et racorni, je caresse lentement le cuir fatigué de ce fardeau que je traine avec moi. Quand je frotte les pages et passe d’un bout à l’autre de mon histoire, je peux sentir cette odeur, une odeur d’humidité et de renfermé, une odeur qui appelle au souvenir de la vieille époque, celle des idéaux, de la fraternité… Une époque de paix, malgré une galère sans pareille. Sûrement pas la même odeur qu’aujourd’hui, teintée de vengeance, et de remords.

Toujours est-il que me voilà, ruminant toutes ces conneries, comme un vieux gâteux… Quelle déchéance. Je n’ai même pas cinquante ans. Dénouant lentement le lacet de cuir qui enserre mon journal, je pose ma main, calleuse et meurtrie, sur la couverture. Aucun ornement ne s’illustre sur cet ouvrage, et nul titre ne permet de deviner la nature simple de ce que ce bouquin contient.
Avant de commencer, je relève la tête, vérifiant nonchalamment que le loquet de la porte est verrouillé, et que nul croque-mitaine confortablement installé au sein de cette chambre décrépie ne se précipite avec envie sur ma carcasse érodée.

J’ouvre.

Et je sombre dans le désespoir.


-

3 décembre 2165 (J’ai 10 ans, aujourd’hui <3)

Cher journal ! Devrais-je dire « Cher journal » ? Ça fait un peu riche, non ? D’un autre côté, avoir un journal comme un grand quand on ne l’est pas, c’est comme être riche, t’es pas d’accord ? Moi je dis que si. Mais je vais t’appeler Journal, parce que le mot « Cher », ça me rappellerait tout le temps que Maman et Papa se sont ruinés pour moi.
Journal, aujourd’hui, c’est le premier jour où j’écris sur tes belles pages jaunes et blanches qui sentent le presque neuf, le premier jour depuis que je suis né, en 2155 ! Papa dit que tu es neuf, même si je sais par Maman que c’est pas vrai. Mais tant pis, moi, je les adore et ce cadeau est le plus beau de tous, si on ne compte pas Toun et Tula. Mais bon, comparer un frère et une sœur à un journal, c’est pas logique.

Je suis trop heureux ! :) Tula est toute petite mais déjà, elle rit de mon bonheur et moi, je ris de la voir rire. C’est tellement beau une petite sœur qui rit. Et Toun… Oh, Toun est le meilleur des petits frères ! Il m’a offert un beau stylo tout bleu avec toutes les économies qu’il a fait depuis deux ans. J’ai honte, parce que je suis heureux, mais je suis heureux quand même.
Du coup, pour me pardonner à moi-même, et peut-être un peu à quelqu’un dans ce ciel ou un autre, je leur ai donné toutes mes économies depuis mes neuf ans et demi, et je les ai noyés dans un océan de bisous et de câlins.
Je sais qu’un jour, ils n’aimeront plus ça, alors autant en profiter maintenant.

Aujourd’hui, ça va. On a bien mangé, aujourd’hui. Comme on rassi aune (Je sais pas comment ça s’écrit), j’ai donné la moitié de mon assiette à Toud, sachant que mon père et ma mère font la même chose pour ma petite sœur.
Ça ne me sert à rien de manger, je suis déjà un grand. Toun et Tula doivent grandir, et pour ça, je dois être le grand frère qui les protégera et qui se sacrifiera pour eux.

Pour que jamais ils ne soient malheureux.


-

Tiens… La page suivante est humide, d’une humidité récente. Pourtant, je suis au sec, et rien ne coule au travers de ce plafond. Je renifle bruyamment. C’est juste moi. Moi et mon stupide corps, mes stupides glandes lacrymales qui s’évertuent à se relâcher, comme si mon corps n’était que sentiments et regrets.

Stop.

Putain, stop, j’ai dit !

Il n’y a rien à faire. Le bonheur de mon enfance est comme une plaie tracée au fer rouge, incrustée dans mon cœur. Cette phrase, je l’ai toujours trouvée bête, jusqu’à ce qu’elle me concerne. Désormais, je la considère comme la plus honnête des vérités, au sein même du panthéon des aveux.

Pourtant, affaibli par mes souvenirs, je ne peux me résoudre à abandonner ma lecture, et je continue. Je tourne les pages plus vite, quand je m’arrête soudainement sur un passage, plus écorné que les autres.

Un petit origami s’y tient, représentant un cygne.

-


23 avril 2171

Quelle galère, ma vie, des fois… Bon, je vais pas me plaindre, hein. Le fait que je me fasse tabasser par des mecs en revenant de l’école, c’est que dalle, par rapport à la fatigue des parents face à cette vie de merde qu’ils ont.
N’empêche que si je pouvais les éloigner, ou même les battre, comme avec des pouvoirs spéciaux, je serais trop heureux. Surtout sur ce petit connard de Medley. Une vilaine tête de gnome, méchant comme une teigne, roux comme un renard, et qui lâche une odeur pestilentielle sur son passage.

Et pourquoi il me frappe ? Juste parce que Lina est venue me dire que son père pourrait avoir besoin d’un coup de main, moyennant finance. Quelle merde…

Dans les histoires d’Avant, c’est pas vers 15-16 ans que les héros découvrent leurs supers pouvoirs ? Moi, si j’en avais, malgré ce que je dis, ce serait même pas pour moi. Je m’en servirais que pour que Toun et Tula soient heureux. Juste pour eux, au début, puis pour les parents. J’aime mes parents, hein, attention, Journal. Mais mon frère et ma sœur, ce sont mes deux raisons de vivre sur cette terre et dans cette vie.
Quoi que je pense de plus en plus que si je suis aussi bien avec eux, par rapport à d’autres fraternités, je veux dire, c’est parce qu’on est 3 âmes liées entre elles. Ça peut pas être autrement. Et moi, je suis le grand frère, celui qui prend les coups à la place des autres, et qui les rassure, même quand c’est moi qui en aurais besoin.

Enfin…

Je peux pas balancer, mais si je retrouve Medley seul, je le jette tête la première dans les chiottes du Vieux Charles. On dit qu’il est tellement malade qu’il passe sa vie à chier. Ça doit pas être trop pénible, d’un autre côté, comme vie. Le premier mec qui vit pleinement sa vie sur le trône, quoi.

Allez, je te laisse. J’ai caché ma blessure en mettant de la terre dessus. Tula pense que je suis tombé par terre, ce que je ne contredirais pas. Elle est si gentille. Pour me rassurer, elle m’a offert cet origami.

Il est superbe.


-

L’origami, aujourd’hui, est aussi jauni que les pages qui l’enserrent. Pourtant, il n’a pas perdu de sa superbe, et demeure magnifique, presque plus rayonnant sous forme de papier qu’avec de véritables plumes.

Les pages continuent, noircies de peur, de peine, d’amour, de haine, de fatigue et d’espoir. Sur une page froissée aux bords déchirés, marquée par une écriture enragée, est écrit :


« Salopard de père, juste bon à boire !! Maman est morte, et il nous abandonne au profit d’un siège de bar crasseux, et d’une pute dans le même état ! »

C’est dur de se rappeler comment j’étais, dans quel état je me trouvais. À l’époque, je me pensais cerner, incapable de retrouver une vie normale. Pourtant, je m’évertuais à croire, pour Toun et Tula, qu’un monde plus beau, une vie plus facile, nous attendait à un tournant de notre vie.

-


8 novembre 2176

Je suis à moins d’un mois de mon anniversaire, et pourtant, l’arrivée prochaine de cet évènement me marque autant qu’une piqûre de moustique. Quoi que. Même la piqûre du moustique me paraitrait plus importante. Il faut dire que je suis sans le sou. C’est terrible de voir à quel point la misère est plus pesante quand on est directement touché, et qu’on doit tenter de s’en sortir par tous les moyens.

J’essaie de garder mes principes, mais il n’y a rien à faire. Ou du moins, il n’y a rien à faire me permettant de garder ces principes et avec un peu d’argent dans les poches.

Alors j’oublie tout. Je me lève à 4h, le matin et je vole des voitures. J’enchaine ensuite vers la Soupe populaire, ou l’équivalent local, je ne connais même pas le nom. Je récupère du pain, bien souvent rassis, et je fourre ce qu’on veut bien me donner pour le ramener aux petits. Je n’ai pas besoin de cette nourriture. J’ai lu un jour qu’un homme peut vivre 1 mois sans nourriture du moment qu’il boit. Je laisse donc la nourriture, et aussi l’eau propre. Moi, je m’approvisionne personnellement en eau via la bouche d’égout avoisinant la case en tôle que je partage avec mon frère et ma sœur.

Une fois les rations prises, je file dans une usine. Il faut actionner les brûleurs pour réduire en cendres les objets appartenant à des gens d’ailleurs, des gens plus riches. Les vapeurs libérées par les flammes nous inondent de leur puanteur, et de leur nocivité. Mais on s’y fait. On se fait à tout, finalement.
De temps en temps, je récupère une petite décoration, ou un fauteuil en piteux état que j’achemine tant bien que mal vers la dépanneuse de Jorge, un collègue de l’usine qui les amène à l’entrée du bidonville où je loge. Quand je termine le taf, vers 18h, je file dans les rues du Sombrevent. C’est un quartier malsain dans lequel traine quelques gros bras et autres dealers. Ici, le couvre-feu, c’est une douce blague. Moi, c’est pas mon trip, ce coin, mais c’est celui qui paye le mieux. Il faut juste suivre la cargaison de drogue à une usine du coin, ou à un mec avec son propre labo.

Je m’en fiche, tant que je peux y trouver mon compte, et surtout, mon argent. Je rentre aux alentours de minuit, heure à laquelle j’installe le matériel récupéré à la déchetterie, et où je m’assois, soupirant, fatigué de cette nouvelle longue journée de galère.

Je me lève alors pour voir mes deux anges confortablement installés dans le grand lit de fortune que j’ai essayé de fabriquer. Ils grandissent. Trop vite pour se satisfaire d’un seul lit. Et d’une seule pièce.

Je dois trouver de l’argent. Encore. Toujours.


-

Je n’en peux plus. Je me lève, la tête qui tourne, trop mal dans ma peau pour émettre le moindre son. Je sens que ça va venir, ce moment où mon esprit refuse cette réalité horrible, ce moment de crainte et de désespoir, de pénombre. Je cours vers la salle de bain sale, et dégobille dans la cuvette, comme si j’extirpais de mon corps, la noirceur des souvenirs que je ne vais pas tarder à retrouver.

Parce que là est tout le problème : Je ne peux pas échapper à cette terrible malédiction. Comme un condamné, je scrute l’objet, matérialisation de mes peurs, et n’y pouvant plus, me replonge dans ce bain de ténèbres…

-

12 mars 217…. (Phrase incompréhensible)

La Résistance ! On dit que ce groupuscule fournirait des vivres, un toit, et une entraide digne des plus grandes légendes. Je dois y entrer. Toun a été accepté dans une grande école à condition de fournir une avance monétaire d’inscription, avance que j’économise en volant des portefeuilles, et en ne me nourrissant que de miettes, et de bonbons écrasés sur la chaussée.
Tula, quant à elle, avance comme une reine dans les entrelacs de la domination intellectuelle, à son niveau. Bon, je l’avoue, ma phrase ne veut pas dire grand-chose, mais sa réussite n’en est pas moins époustouflante.

Maman serait tellement fière d’eux. Moi, en tout cas, je le suis, et chaque fois qu’ils me racontent leur journée, je suis sourire et joie. Peu importe le reste de la journée, je peux bien être heureux pour eux et leur montrer.

Bon, pour la résistance, c’est bon, je crois pouvoir leur montrer que j’existe, que nous existons. Fred (un des gros bras de Sombrevent) bosse pour eux et m’a dit qu’il m’avait remarqué et qu’il passerait le mot. Je ne l’ai pas trop cru sur le coup, mais je l’ai vu, un soir, discuter avec un type à visage couvert, portant un bandeau vert sombre. Il m’a semblé qu’il s’agissait de ce fameux contact, et même si c’est juste une représentation de mon esprit naïf, je tente quand même, tant bien que mal, de m’y raccrocher, afin de pouvoir endurer encore ce qui nous attend.

Att…… Je reviens !!


-

À chaque fois, ce passage me gêne. D’une part parce que ce « Je reviens » n’est absolument pas logique dans la narration de mon histoire, et d’autre part, parce que cette même expression, je ne la reverrais que sept ans plus tard, quand, après l’arrestation, la garde à vue, et la fin de ma vie, je retrouverais le courage d’ouvrir ce journal.

Ce qui n’y est pas indiqué surgit alors de mes rêves, de mon esprit.

Je revois ce passage où deux hommes, visiblement poursuivi pour rébellion (J’ai considéré qu’ils étaient des résistants, à l’époque) et où je me suis interposé, espérant secrètement que la Résistance saura s’occuper de ma famille. Ce même passage au long dégradé, qui tout doucement, m’amène à la blessure éternelle, la mort de mon âme.

La mort de Toun et de Tula, emportés dans les sombres flammes de la perfidie, et du mensonge.

Après cette arrestation où je vécus une nuit froide et stressante de mon point de vue, mais aussi en songeant à mon frère et à ma sœur, je fus finalement libéré. Il me semblait que la police était très clémente pour me relâcher ainsi, mais je décidais de ne pas demander mon reste, et je courus vers la maison.

Le bidonville était en flammes. Les gens demeuraient couchés sur le sol, dans des postions parfois étranges, nageant dans des mares d’eau rouge sombres et collantes. Les cases étaient ravagées, parfois explosées, comme si une tornade avait fracassé de sa colère divine les myriades d’habitations vétustes qui demeuraient ici même.

Ma maison n’était pas dans le même état de délabrement, et pourtant, je sus avant même d’y entrer que l’intérieur devait être cent fois pire.

Mais l’horreur l’emporta sur la raison. Deux corps étaient installés dans le grand lit, serrés. Ils étaient tous les deux carbonisés, et rien n’aurait pu me permettre de déterminer avec sûreté qu’ils s’agissaient d’eux. Ce ne fut que l’éclat d’un médaillon, seul bijou que ma sœur portait - au sein duquel se trouvait une photo de chacun de nous - qui me convainquit de cette possible vérité.

Toun et Tula étaient morts.

Ma rage déferla, autant que ma peine, et les quelques pompiers volontaires qui voulurent bien éteindre les flammes subirent mon ire. Je frappais, criais, mordais, et si j’avais pu, j’aurais tué le plus de monde possible.
Mais je ne pus rien faire d’autre que de m’évanouir, sous le coup de l’accablement, de la peine et de la faim.

-

Plus tard, je me suis réveillé, absent de toute forme de pensée. On m’indiqua que les hommes qui avaient brulés le bidonville étaient des rebelles, souhaitant détruire la société. Je pense que je savais au fond de moi que c’était faux. Pourtant, quand un certain contact m’enjoignit à combattre la résistance, j’acquiesçais sans mot dire.

Il n’y avait plus aucune autre place pour moi que la haine, et le besoin de me venger de cette cause qui avait laissé injustement périr mes âmes sœurs.

-

Refermant le journal, je me recouche sur le lit. J’avais aujourd’hui 41 ans, et j’avançais sur ma quarante-deuxième année. Et toujours ce même besoin de vengeance.

Mes pensées se brouillaient. La tâche de sang qui maculait mon T-shirt s’agrandissait. J’avais suivi un résistant sur un bon bout de chemin alors que je le pistais depuis deux jours. J’avais finalement pu le coincer mais je ne m’étais rendu compte de sa témérité au couteau qu’au moment où il me l’avait planté dans le ventre.
Désormais, je n’avais qu’une idée, maquiller ma blessure de façon à faire croire à un accident, comme par exemple, la possibilité que je sois tombé sur un bout de verre. Bon, le bout de verre devrait être énorme, mais c’était juste pour sauver les apparences. Et une fois que ce serait bon, je filerai vers le docteur, situé à deux pas, un certain Oliver…

Et après, ça, je ferais tout pour réaliser mon but ultime :

La destruction de la Résistance.






Mon caractère




Je me suis parfois demandé ce que les hommes, après mon évanouissement, avaient pu bien établir comme conclusion sur mon état mental de l’époque. J’avais retrouvé, des années après, une vieille feuille griffonnée à l’encre noire. On m’y décrivait comme quelqu’un de bestial, plein de colère, et comme habité par un fantôme, à moitié présent et à moitié… ailleurs.
La première fois que je vis ce papier, je restais perplexe devant ces mots. Qui pouvait donc les avoir écrit ? Forcément quelqu’un m’ayant vu lorsque je me tenais encore devant… devant eux.

Force est de constater que malgré tout, ils n’avaient pas tout à fait tort sur mon état. Pourtant, avant, j’étais plus doux. Surprotecteur, attentionné, loyal, il me semblait que tout ce que je faisais les aiderait à s’en sortir. Le nom d’un de mes collègues était affiché sur le papier, et un commentaire de sa part se trouvait dans une note tracée au bas de la page. Il indiquait que malgré une faible capacité à parler de moi et à m’exprimer sur ma vie, je faisais preuve d’une bonne dose de détermination, même si celle-ci était entachée par une tendance à la dévalorisation de moi-même.

Mais pour véritablement exprimer qui je suis, je laisserai ces quelques phrases de mon petit frère, inscrites un jour sur une page au fond de mon journal me décrire :


« Garrett est gentil. Parfois, il dit des choses bizarres comme « Je vais vous protéger » et du coup, on a juste foi en lui parce qu’il a toujours été comme ça. Mais mis à part ça, c’est quelqu’un de bien. Il n’est pas toujours très patient, peut s’énerver d’un seul coup ou bouder comme un petit, mais au fond de moi, je sais que ce n’est pas pour toujours. Il est le genre de frère qui vient te réconforter, qui te surveille quand tu vas mal, qui te réchauffe quand tu as froid. Le genre de frère qui ment pour te protéger, ou te protéger parce que tu as menti.
Un jour, on m’a demandé qui était la meilleure personne que je connaisse. Alors, je savais plus, parce que j’en connaissais plein. Mais si j’avais dû choisir, j’en aurais pris plusieurs, comme Garrett, Tula, John, Patrik. Mais surtout la famille d’abord. C’est ce que Garrett répète sans cesse. La famille d’abord.
»

J’avais pleuré, la première fois que j’avais lu ces mots.

Aujourd’hui, je pleure encore, surtout parce que je ne me reconnais plus dans les mots qui m’étaient destinés. J’étais un être froid, parfois violent. Je ne me maîtrisais plus beaucoup. Un médecin que j’avais ausculté avait parlé de paranoïa. Et l’envie de lui tordre violemment le coup indiquait peut-être que c’était vrai.
Néanmoins, je sais surtout qu’à ce jour, ce que j’ai perdu, c’est le sens des réalités. Je sais que je leur parle, même s’ils ne me répondent pas. Je sais que ce n’est pas NORMAL. Mais c’est comme ça.



Dernière édition par Garrett E. Halsey le Ven 15 Aoû - 17:57, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: Garrett E. Halsey Mer 13 Aoû - 14:00

je suis une actrice qui connaît le jeu qui ne lui fut jamais écrit
Féminin

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Yo!

J’ai tout lu. C’est bien écrit, intéressant. Dans l’ensemble, c’était très bien et je n’ai vraiment pas grand-chose à dire : rien sur le profil, ni sur les descriptions ( autre que l’inventaire) !

Tu m’as déjà MP que tu allais ajouter l’inventaire, et en même temps, je vais te demander de réviser un petit détail, ainsi qu’en ajouter un autre.

Vers la fin, tu as écrit « On m’indiqua que les hommes qui avaient brulés le bidonville étaient des rebelles, souhaitant détruire la démocratie. ». C’est l’usage de ‘’démocratie’’ qui me gêne. Tu vois, ils ne sont pas dans une démocratie et je doute même que beaucoup de gens connaissent encore ce mot. Penses-tu pouvoir trouver un autre mot plus approprié ? :P

sinon, je n’ai aucun problème quant au fait que ta rencontre avec Oliver soit narrée dans ton post d’entrée, néanmoins, j’aimerais beaucoup que tu ajoutes quelques détails quant à comment ton personnage est venu à le rencontrer! Savait-il pourquoi il allait le voir à la fin de l’histoire ? Si oui, comment a-t-il eu vent du projet (en considérant que peu de gens sont au parfum), et sinon, pourquoi allait-il le voir à la base ?

J’ai bien hâte de voir ce personnage validé et en jeu, en tout cas, ça va mettre du piquant dans le Nouveau Monde ! o/ Bref. Bonne continuation !

À bientôt,

Leova
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MessageSujet: Re: Garrett E. Halsey Ven 15 Aoû - 23:10

je suis une actrice qui connaît le jeu qui ne lui fut jamais écrit
Féminin

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Coucou !

L’inventaire est nickel !

Autrement, je trouve qu’il manque quelques détails au niveau de la rencontre avec Oliver, mais je vais te laisser la détailler dans ton premier Rp comme tu souhaitais le faire… Mais je crois que tu comprends qu’on pourrait te demander de le modifier un peu si on trouve ça OOC de côté du Docteur. :P

Sur ce, tu es validé ! Je ne vais pas t’indiquer comment te repérer sur le forum, parce que depuis le temps, tu devais le savoir :P

Bon jeu !

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MessageSujet: Re: Garrett E. Halsey


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Garrett E. Halsey

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