La voisine Campbell

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MessageSujet: La voisine Campbell Dim 28 Sep - 6:15

Parce que rien ne demeure
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La voisine Campbell
CAMPBELL - VALENTINE
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Sifflotement dans les airs.

Valentine a repoussé une branche basse pour se frayer un passage. Il se cartographiait les lieux faute de mieux à faire pour occuper son temps. D’ailleurs ça lui prenait tellement tout son temps qu’il ne se rendait plus tellement compte qu’il partait en repérage. Pour lui, chaque épisode une nouvelle aventure –avec son lot de mésaventures et il fallait dire que de manière générale, ça ne lui déplaisait pas tant que ça. En d’autres termes, il vivait en mode survie où le plus dur était de trouver de quoi se mettre sous la dent pour calmer cette faim en permanence. Au début, il avait testé le plus accessible –des pousses par petits échantillons, s’était intoxiqué à en perdre les boyaux, avait retenté d’autres plantes diverses, essayé à la chasse -puis s’était finalement fait chassé lui-même, et puis de fil en aiguille il avait survécu. La chance lui avait même souri en lui accordant un poisson péché à la main. En tout cas, oui, Yui Valentine était toujours en vie. Mais il commencerait bientôt à faire froid.

Depuis son arrivée son corps ressent cette fraîcheur matinale, par certains réveils plus mordante que d’autres. Bientôt, sa blouse ne suffirait plus. Laisserait-il alors une fois de plus le hasard s’occuper du reste… ? Avec sa folie de se croire à deux endroits à la fois, -le Valentine sur Terre en train de rêver et le Valentine des rêves, il avait voulu croire à ce hasard, à ce peut être, et alors qu’il était sur le point de se rendre dans le Village, il avait refusé ce choix pour s’enfoncer dans l’obscurité des branches de ces arbres dont l’âge ne se comptait même plus. Du chemin, il en avait fait depuis. Des savoirs, il en cumulait sans doute trop peu mais suffisamment pour se maintenir en vie, debout sur un fil un peu trop fin qui menace de claquer à tout instant. Pour autant, Valentine est sur ce point de vue un optimiste, préférant croire à sa vie qu’à sa mort et c’est sans doute de là qu’il tire la chance qui l’accompagne de plus ou moins près sur ces instants fragiles. Raison pour laquelle que son cerveau commence à se faire à l’idée qu’il devrait se caser quelque part, pour les quelques mois à venir en attendant de trouver mieux, ou alors en attendant de se réveiller dans sa vrai vie de l’Autre côté. Au final, à relativiser le tout, ça ne semble pas si compliqué. C’est comme se croire dans un jeu où même si tu meurs, tu ne meurs jamais vraiment. Valentine ne jouant pas, c’est du moins ce qu’il s’imaginait. Plus ou moins.
Nuances.

Les nuances c’est important.

-

Le sifflement léger entre ses dents continue sans air fixe, comme le sans domicile fixe qu’il est. Et alors qu’il avance, un léger bruit de pas se fait entendre. Dans le doute, il se retourne. Fallait pas trop se voiler la face non plus, des trucs bizarres, il en voyait quand même pas mal. Et dans sa phobie et lutte continuelle contre la mort, la vigilance reste son arme innée. Après, qui d’entre lui en blouse blanche de toubib et son allure émaciée de jour en jour ou de son vis-à-vis aurait la vision d’horreur la plus complète, ça restait à déterminer.
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MessageSujet: Re: La voisine Campbell Sam 4 Oct - 17:40

Doctor Of Broken Hearts
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1 mois et demi.

L'air sifflait dans mes oreilles et se frottait contre ma peau nue. Une peau de bête par dessus mes sous-vêtements et mes poils hérissées. Mes sens étaient décuplés tandis que je semblais flotter, mes pas étant les plus discrets possibles. Un après l'autres, mes pieds se suivent lentement jusqu'à former un rythme, une mesure, une symphonie. Les feuilles semblaient me céder le passage, les arbres semblait s'écarter à ma vue. Un pas, deux pas. La Nature avait donc fini par me respecter, elle avait compris ma supériorité. Elle m'a pris sous son aile, Elle m'a rendu agile et rapide. L'élève a ensuite dépassé le maître et me voilà Reine de celle-ci. Ma place a toujours été ici là où rien ne me dérangera, là où aucun humain viendra me trahir.

La Nature ne me trahit pas, mes sujets ne parlent pas et je peux faire ce que je souhaite. Je suis toute puissante et rien viendra me déranger. L'ère où j'étais perdue et finie. J'ai abandonné cet hymen impossible, j'ai abandonné la vie en société. Je suis mieux seule finalement, éloignée de tout ce qui pourrait me blesser. Il vaut mieux prévenir que guérir, il vaut mieux éviter que de se cogner. Tout ira mieux ainsi, j'irais mieux ainsi. C'est fini les nuits de terreur, les incompréhension, les trahisons, les faux espoirs. Ma tête a fini par se vider de toute ses futilités, les seuls choses qu'ils l'emplissent sont mes notions de survie et mes connaissances en science. Pourquoi s'accabler de toutes ces choses ? Pourquoi s'attrister ? Je ne veux plus, je n'en veux plus.

Je suis désolé de vous avoir abandonné mais au final y a-t-il réellement quelqu'un qui s'inquiète à mon propos ? Est-ce que je manque réellement aux village ? Une maigrelette vivant au dépend des autres pourrait-elle vraiment manquer à un village ? Ils ont tout alors pourquoi voudrait-il un point mort, une charge ? Je ne leur manque pas, je ne leur manquerais pas. Je me dois de rester ici, ici je sers à quelque chose. Je ne suis plus inutile comme avant, c'est sûrement ici ma place. Je ne peux pas abandonner cet écosystème ainsi à la merci de tout prédateur. Les hommes pourraient venir et tuer mes arbres sans en replanter comme le faisait ceux de l'Ancien Monde. Ils ne tueront pas ma Nature avec leur égoïsme et leur bêtise. Ils sont trop bêtes pour comprendre la fragilité de ce Nouveau Monde, ils sont aveugles.

Je ne dois pas agir comme eux et abandonner mon essence première, l'Originel : la Nature. C'est Elle qui m'a sauvé de la noirceur, c'est elle qui m'a ouvert les yeux et m'a rendu plus forte. Dorénavant je chasse les petit mammifère, je me cache des trop dangereux et je sais quelle plante je peux manger. Je suis en symbiose avec elle, elle me sauve et moi je l'aide en retour. Nous avons chacun besoin l'un de l'autre c'est elle qui lentement retire cette étreinte, cette étreinte de l'amour mélange à la haine. Elle me libère de tout ce qui m'a trompé, tout ce qui m'a changé en ce que je n'ai jamais été. Je n'ai jamais été autant moi même, aussi libre.

Soudainement la Nature me murmure des mots, une branche qui craquèle au loin. J'harponne ma pierre taillée tâchée de sang à la pointe prête à sacrifier la pauvre bête. Je dois survivre et le soleil a bientôt atteint son apogée annonçant ainsi l'heure de mon déjeuner. Les faisceaux du soleil me guident à travers la forêt et la présence de l'animal se fait de plus en plus proche, de plus en plus inquiétante. Une silhouette immense et déformé paraît au loin. Il a la taille d'un humain mais porte une chose étrange sur le dos, une cape ou quelque chose du genre qui l'élargit. J'allais m'éloigner mais trop inquiétée et intriguée je n'ai pas écouter la Nature et une feuille réagit sous mon poids.

Un bruit, j'ai émis un bruit et la chose s'es retournée. J'ai senti son regard chercher ma présence mais j'étais trop discrète et fine pour qu'elle ne me remarque. Je me suis cachée derrière un arbre puis tapis dans l'herbe je me suis approché d'elle. Il est trop tard pour fuir désormais. J'ai prié la Nature de m'accompagner et j'ai sauté sur la chose les jambes grandes ouvertes en émettant un mugissement de bête sauvage. Mes yeux grand ouvert on croisé les siens et en réalisant la nature humaine je ne l'ai pas touché avec ma pierre puis mon souffle s'est arrêté. J'étais assise sur elle à l'encadrer entre mes jambes.
Un humain.
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MessageSujet: Re: La voisine Campbell Dim 19 Oct - 5:12

Parce que rien ne demeure
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C’est donc comme ça qu’il mourrait ? Qui a écrit cette absurdité, qui a voulu qu’il quitte la vie harponné comme un vulnérable poisson. En l’espace d’un instant, Valentine a vu tout son passé défiler devant ses yeux. Jamais il n’aura entendu un cri aussi inhumain. Mais dans quel monde de fous a-t-il ramené sa carcasse, se pourrait il qu’il ait toujours existé plus insensés que sa propre déraison… ? Le choc contre le sol est violent. Il halète, le souffle littéralement coupé. La douleur n’explose qu’ensuite.

Ces derniers temps, Valentine avait bel et bien l'impression que sa vie tanguait quand même souvent entre le plein et le vide.


- Wowo… wo !


Respiration désordonnée.

- Wo… Tout va bien.


Valentine la fixe, tentant que calmer tant bien que mal sa propre surprise mêlée à la panique, et son premier réflexe est de saisir dans chacune de ses mains, les poignées de cette femme qui le surplombe de tout son être. Assise sur lui dans une position qui aurait pu être plus plaisante si personne ne faisait fi de la situation, il remarque ses traits féminins, la peau de bête dont elle est étrangement revêtue et qu’il n’explique pas. Il reprend son souffle, son regard encore agrandi par cette brutale irréalité, resserrant son emprise par acquis de conscience. C’est naturellement le français qui glisse hors de sa bouche en guise de langue salvatrice, des mots qui essaient de nouer contact avec cette chasseuse inconnue. Ou devrait-il dire que l’inconnu se trouve plutôt en lui.
Dans les quelques secondes qui suivent cette attaque, Valentine dévisage encore sa prédatrice, du gris contre le vert de ses yeux, y cherchant un quelconque signe qui l’invite à décamper au plus vite.

- Hey, je… Il se reprend. Je ne vous ferai pas de mal. Compris? Tout va bien.

Tout va bien. Il voudrait lui-même y croire. La pierre avec laquelle elle a forcément essayé de le tuer tente encore de l’en dissuader. Repoussant la jeune femme, Yui a roulé sur le côté.

- Je passe, je ne resterai pas,
a-t-il fait, en se redressant sans se soucier qu’elle comprenne ses mots mais qu’elle en retienne au moins l’intonation.

Elle n’a pas l’air d’avoir plus que la trentaine, fine. Il sonde et sonde encore, alors qu’une douleur le détourne de son étude. Il passe une main sur l’arrière de son épaule engourdie et la ressort pourpre. Il a heurté une racine sortie de la terre au moment de sa chute et c’est une réalité qui lui paraît contre toute attente secondaire, contre la priorité de fuir. Simultanément, son cerveau réalise que fuir ne lui laisse pas non plus le temps de défendre sa peau si elle commence à le matraquer à coup de pierres. C’est que Valentine, lui, ne se verrait pas lui en jeter en retour, par pure éducation. Il a dégluti. Il n’a jamais vu quelqu’un accoutré de cette manière autre que dans les reportages d’une histoire aussi primitive que révolue. Se pourrait-il qu’il ait fait un saut dans le temps… ? Peut être qu’Allan Oliver aurait pu avoir une réponse à lui fournir, peut être qu’Ame la serveuse de thé aurait pu aussi. A moins qu’il les ait tous deux rêvés ? D’où commençait sa réalité et jusqu’où elle le menait, c’était une douleur sourde entre ses entrailles qui avait commencé à le gruger ces derniers jours, lorsqu’il mesurait l’étendue de sa méconnaissance. Et quelque part au fond, il espérait encore se réveiller dans son lit de la clinique d’Oliver.

- Vous parleriez anglais avec moi? s’est-il quand même risqué en changeant de langue, chassant ce désarroi en grimaçant.
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MessageSujet: Re: La voisine Campbell Lun 10 Nov - 17:43

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Un humain.

Mon cœur semblait transpercer ma poitrine et je me sentais coupable d'avoir senti une quelconque émotion à son égard. Un humain, j'ai attaqué un humain et au lieu d'être fière et faire face ma couardise me reprend. J'ai mal, comment ais-je pu croire à cette chimère ? Ils me manquent, leur idiotie et leur bêtise me manque. Malgré tout ça je ne peux pas retourner auprès d'eux … Je ne peux pas faire comme si je n'avais rien promis, comme si rien ne m'était arrivée. Toutes ces futiles pensées vont revenir, toutes ces choses auxquelles je ne veux plus penser : l'amour, les autres, notre survie.

N'ais-je pas le droit d'être égoïste ?

Je voudrais agir comme si celui-ci était un animal, lui faire peur et repartir. Fuir. Désolé la Nature, je ne peux pas fuir, pas cette fois-ci. Je ne peux pas fuir son regard rempli d'émotions, je ne peux pas fuir de son emprise sur mes poignets. Je ne pourrais que regretter si je pars maintenant. Je voudrais que les autres sachent que je vais bien même si cela n'a pas dû inquiété grand monde. Je ne veux pas encore regretter. Je regrette déjà plein de choses, je regrette déjà la moitié de ma vie passé aux côtés d’hypocrites souhaitant ma mort.

Ses mains serrent mes poignets et son regard semble effrayé comme si j'étais la Mort personnifiée. En ais-je vraiment l'air avec mes cuisses frêles et mes bras maigrelets ? Je ne fais pas réellement peur. Des mots sortent de sa bouche, une langue étrangère. C'était du français, j'aurais adoré apprendre le français un jour. J'aurais adoré savoir une quelconque langue seulement je n'ai jamais été doué à pour cela et on m'a rapidement mis avec les scientifiques...

Une chose à rajouter sur ma liste de regrets. Une de plus, une de moins il ne faut pas chercher la différence, il faut accepter et se complaire dans les regrets et la défaite. Il suffit d'oublier. Oublier une moitié de sa vie passé à se cacher de ceux avec des poings, de ceux avec des mots tranchants. Une moitié de sa vie dans l'ombre de ceux qui savent user des mots, du comportement humain. Une moitié de sa vie obnubilé par un pauvre scientifique mégalomane et magnifique. Oui, j'aimerais oublier mais ça ne suffit pas d'oublier parfois.

Je sentais son coeur battre et ses membres tressaillaient seulement je ne voyais pas en quoi je pourrais lui inspirer de la crainte. Je me suis lentement relevé en même temps que lui. Il continuait à parler français, ne voyait-il pas que je comprenais pas ? Je fronçais les sourcils et ne lui répondait pas pourtant. Il m'a peut-être pris pour une idiote. Ai-je vraiment l'air d'une idiote dans cet accoutrement ? C'est vrai que ce n'est pas de meilleur goût mais j'ai un minimum de pudeur.

- Vous parleriez anglais avec moi?

J'ai relevé mon regard vers lui. ENFIN ! Il semblait avoir compris que le français ne m'arrangeait pas réellement. Mon dieu sa main... Elle est rouge, toute tâché de sang. Je pris une teinte blafarde, c'est de ma faute ? C'est de ma faute, c'est de ma faute. Un humain, sacrilège. j'étais juste censé leur faire peur par leur faire mal. Oui, me voilà encore à regretter, à me mordre la lèvre inférieur, à me répéter que je n'aurais pas dû. Bête que je suis à avoir espérer vivre seule, sans regrets, sans obligations. La vie me rattrape toujours. Elle me frappe au visage jusqu'à que je ne sente plus rien, jusqu'à que je ne veuille plus jouer mais nous sommes obliger de jouer éternellement.

Je pose l'arme à même le sol et m'approche délicatement de lui. Je l'observe et essaye de voir d'où provient le sang et se situe la plaie. Sur son épaule mon dieu, une plaie qui me semblaient béante. Il faut que je me calme, c'est moi la scientifique. De l'objectivité, j'ai besoin d'objectivité. Désole Nature je vais devoir sauver un de mes compères et un de tes ennemis. Je passe instinctivement ma main sur son dos puis je réalise que je n'aurais peut-être pas dû.

« Je parle anglais. Désolé pour mon accueil et ta blessure. Voudrais-tu bien que j'y jette un coup d’œil ? »

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MessageSujet: Re: La voisine Campbell Sam 15 Nov - 5:26

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L’effet de surprise s’estompant peu à peu, Valentine a cillé. Son regard s’habitue à la silhouette pendant que sa conscience tente déjà de rationaliser ses chances de mourir. Ces derniers temps, des jours qui se sont étalés puis convertis en semaines, ces probabilités improbables se sont montrées si fréquentes que son être a développé une stratégie d’anticipation proche de la paranoïa –pour ne pas dire que c’en est bel et bien. Un esprit constamment en alerte, des sens décuplés par la peur de ne plus revoir la lumière du lendemain et une fatigue exacerbée qui frise le mur d’une douce folie… Yui se fige dans ces quelques instants encore, ou son regard se plante dans celui de cette femme comme celui d’un animal qui ne se souvient plus qu’un jour, il a été domestique. Et elle, légère malgré son accoutrement sordide, elle l’approche l’obligeant à se raidir au contact de sa main sur son dos… Et brusquement, c’est un monde qui bascule.

Des mots s’élèvent, des mots qui atteignent le champ de sa compréhension. Il se retourne d’un coup pour refaire face à cette inconnue, se rassurant qu’elle n’est pas issue de sa propre démence, comme la dernière fois qu’il a ingurgité une pousse dont il aurait dû se méfier l’aspect banal. Il fait volte-face, attrape soudain cette main qu’il a instinctivement serrée entre ses phalanges, le pourpre de son sang s’étalant entre ses doigts… mais ce n’est pas ce qui compte. Il ferme les yeux et relâche cette brusque étreinte.

- D’accord… d’accord. En anglais.

Valentine est le naufragé qui dans les dernières secondes de sa vie, trouve un bateau au loin à qui agiter un fanion blanc. Il a trop de choses à dire à la fois, si bien que le néant vient à se faufiler de nouveau. Vouloir tout et rien exprimer, c’est quand même une sensation bizarre. Se laissant écrouler de tout son poids, il s’assied sur un sol plus stable que le socle de ses pensées en lutte.

-Bordel. Je ne croyais plus refaire une conversation un jour,
souffle-t-il.

Ses propres mains striées finissent par alerter son attention et sa vue se brouille une fraction de seconde face à cette nouvelle peur sourde qui cherche à jaillir d’entre ses côtes. Cette peur-là est une machiavélique. Respire, respire. Il a un jour, appris en théorie à dompter ses faiblesses pour ne pas péter un câble à chacune d’entre elles. Et quelle faiblesse… Il ferme de nouveau les yeux, pour les rouvrir avec un léger décalage, chassant cette Mort qui cherche à lui embrumer le cerveau de ses calomnies. Objectivement pourtant, il a conscience qu’il n’est pas en train d’échapper à la vie.

- Je vous en prie.

Il la laisse s’enquérir de ce qui lui fout honteusement une panique aussi absurde que disproportionnée. Une panique qui, à son état le plus épuré, ne paraîtrait jamais sur les traits de son visage; c'était la seule chose qu'il était parvenu à maîtriser. Pour autant, si cette femme avait été le docteur Oliver, il lui aurait encore répété sa question devenue favorite dans le temps, Dites-moi plutôt si je vais mourir, derrière son masque désintéressé. Monde d'illusions pour sauver les derniers restes de de sa fierté virile. Yui se retourne et en profite pour essuyer ces traces rouges sur ses mains, à défaut de pouvoir ouvrir le robinet et se les laver trente fois pour ensuite les passer frénétiquement sous un puissant désinfectant. En réalité, Yui Valentine est un homme grugé par ses démons, un homme qui a pour seul but dans la vie, de les fuir. Un lâche.

Il a secoué imperceptiblement la tête, plongé dans le besoin de parler pour se concentrer sur autre chose, fixant un point dans la clairière qui ne semble être visible que de ses yeux. Parle, Valentine, parle.

- Je suis Valentine, a-t-il esquissé à mi voix, avant de poursuivre machinalement sans but, …Valentine, et je suis là depuis 25 jours.

Vous recevez...?, résonne une voix dans sa tête, en écho à un des films qu’il avait vu des années plus tôt. Ça se passait dans l’espace. Etait-il réellement dans cet espace, celui qui n’était vraiment plus celui gravitant autour de la Terre ? Pour la première fois, il n’a pas su quoi rajouter. A la place, sa conscience localise les coups sourds à l’endroit où son dos à tapé, mais à en juger sur l’échelle de la douleur, ça ne lui semble pas bien grave... bien que les fantômes de sa conscience cherchent à camoufler cette réalité.

-Enfin peu importe. Je ne voulais pas vous effrayer non plus.
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MessageSujet: Re: La voisine Campbell Jeu 25 Déc - 17:34

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Un contact.

Ce fut un geste anodin, un geste de tous les jours. Un autre n’aurait pas fait attention, un autre aurait ignoré ceci mais pour moi cette action a tout un sens, toute une portée. Ne m’étais-je pas juré de vivre recluse de la société ? Je ne suis qu’une menteuse, quand tiendrais-je donc mes promesses ? Ce geste est bien un geste de tous les jours et c’est de là que vient sa portée. C’est un contact mes amis, un contact humain, une transmission de chaleur corporelle. Dis comme ça cela semble être la pire trahison possible et c’est vrai. J’ai trahi la Nature, je me suis trahie tout ça pour retourner vers ceux qui m’ont trahi.

Ils m’ont déjà blessé, ils m’ont déjà trahi. Mon cœur porte encore les cicatrices de tous ce que les hommes m’ont fait subir. Il ne sait plus comment guérir, il est épuisé et me voilà à me jeter à nouveau dans la gueule du loup. Ne suis-je donc pas satisfaite ? Je ne pense pas être masochiste mais là je me pose des questions. Je ne devrais pas, je devrais l’abandonner. Oui, ce contact anodin revient à signer mon arrêt de mort. Je l’ai oublié, lui et ce foutu amour à sens unique. Cet hymen, cette passion je l’ai oubliée et je ne veux pas encore me retrouver perdue dans mes propres émotions, je ne veux pas encore m’oublier et me perdre. J’ai envie de faire comme si rien ne s’était passé, retourner me cacher et me terrer jusqu’à qu’on oublie mon existence. J’aurais aimé parfois être une autre.

- Bordel. Je ne croyais plus refaire une conversation un jour

Mon regard qui croise le sien et ses paroles… J’ai l’impression que je lui donne de l’espoir. Cette impression fausse et mensongère que j’ai un sens, une utilité. Une fraction de seconde dans laquelle je suis moi et que j’aime être moi. Oui, un instant volatile et rapide dans lequel je ne regrette rien. C’est seulement un regard, seulement une parole mais d’une certaine manière c’est de ça qu’on vit. On survit par rapport aux émotions que nous adressent notre entourage : l’amour, la joie, l’espoir… La tristesse. Nous vivons dans un monde régulés par ce que pensent les autres, où la peur du regard des autres est quelque chose dont il est normal de s’inquiéter.
Maintenant c’est officiel, je ne peux plus faire machine arrière. Je l’observe comme on observerait un animal étranger, je l’observe d’un nouvel œil. Oui, cela doit bien faire quelques minutes que nous sommes là mais j’étais trop inquiété à propos de moi-même. De ses traits, de ses lignes qu’on appelle morphologie il me semble reconnaître la mienne. Il me semble que je partage avec lui ce qui me caractérisait : ce corps maigre, squelettique et trop grand par-dessus le marché. Étions-nous reliés d’une certaine manière ? Plus j’y pense plus je me dis que ceci est une épreuve à passer qui a été organisé par plus puissant que moi. Pas un Dieu, non c’est trop farfelu. Seulement le destin, ce foutu destin.

- Je vous en prie.

Il s’est laissé tomber à même le sol. Il avait l’air fatigué ainsi assis à même le sol. J’ai essayé de me remémorer la procédure à effectuer lors d’une hémorragie. Ça faisait partie de la formation de toute personne travaillant pour l’Etat : on pouvait être assiégé nous répétait-il. D’une certaine manière ça s’avère utile maintenant. Je n’aurais jamais cru l’utiliser dans ce genre de situation… Je me suis accroupi pour me mettre à son niveau. La blouse ne m’aiderait pas vraiment, une couche de vêtement suffira. Il faut mettre la victime en position horizontale seulement avec une plaie dans le dos c’est un peu difficile… Il faut aussi que la victime compresse elle-même la blessure ou bien que je le fasse avec du plastique… Haha, je suis scientifique pas sauveteuse c’est officielle. Qu’est-ce que je vais faire ? Punaise, c’est fichu, je vais le tuer. Si ça continue il va mourir et ce sera de ma faute, je l’aurais tué.

- Je suis Valentine …Valentine, et je suis là depuis 25 jours. Enfin peu importe. Je ne voulais pas vous effrayer non plus.

Je dois rester calme, pour lui comme pour moi. Je dois rester calme pour Valentine, ce Valentine qui est là depuis 25 jours. Bon, tout d’abord on va essayer de sortir de la forêt, c’est déjà quelque chose. Ensuite je dois avoir du miel, le miel est un bon désinfectant et on sera prêt d’une source d’eau ce qui peux toujours servir. C’est décidé on va faire ainsi. Je vais lui répondre avec une voix calme et on va respecter ces foutus instructions et il va survivre.

« Je suis Lorenna et je suis là depuis un moment, au point où je n’ai pas compté les jours. Je vais essayer d’enlever le tissu autour de ta plaie et ensuite on va marcher jusqu’à mon abri. Ça va te demander de l’effort mais c’est nécessaire … »

J’ai délicatement enlevé la blouse pour raison médicale, on aurait pu penser à une situation plus délicate si on il n’y aurait pas ce sang sur mes mains. Je ne pense pas que ce soit la situation pour sortir des phrases du genre " bébé t’es bon " ou bien des " t’es sexy toi ". Déjà ce n’est pas mon délire et de deux il est en train de mourir. Enfin bref, j’ai ensuite délicatement agrandi l’entaille de son haut au niveau de la plaie comme ça le tissu ne risque pas d’entrer en contact avec celle-ci…

On va survivre, on va survivre.




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MessageSujet: Re: La voisine Campbell Mer 11 Fév - 18:56

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HJ:
 


Des heures passent, des jours passent. Voire plus.
Voire moins.

Il ne le sait plus.

-Je perds le décompte du temps, a-t-il un jour fini par lâcher alors que Lorenna est une fois de plus penchée sur son épaule.

Un avertissement, un murmure.
De la poussière.

-


-Dites-moi plutôt Alan. Est ce que c’est aujourd’hui que je vais mourir ?
-Non Valentine, non. Toujours pas

Valentine a encore vu Alan Oliver regarder son calepin d’un air absent, non sans l’avoir dévisagé d’un air dubitatif auparavant.

-Je sais ce que vous pensez Alan.
-Quoi donc ?

Un silence s’est interposé.

-Hm. Et bien que je suis un genre de fou, par exemple.

C’est un autre silence couplé d’une lueur presque amusée qui passe sur les traits du docteur. Il est parti sans répondre alors que Valentine, alité sur son lit d’infirme, est simplement certain que ce dernier l’a réellement pensé. Ce n’est qu’une fois délaissé seul, qu’il en a ricané : ce que pense le monde de sa personne, c’est l’effet que ça lui provoque, cyniquement. Après tout, que lui reste-t-il dans ce monde si ce n’est justement ce cynisme déplacé. Que reste-t-il réellement hormis le visage de ces enfants en train de sévir, sévir pour ne pas l’être. Anéantir pour ne pas le finir soi-même. Un monde peut-il renaître de ses cendres après être tombé en pourriture… ?


Pourtant ça continue, et puis un jour,


Le Jour se lève.


Le visage bouffi de sommeil, il a instinctivement tourné son regard vers la source de lumière qui l’a un instant ébloui de son intensité. Ses yeux se sont posés sur ce blanc épuré que même la lumière du soleil peine à égaler.

Il a neigé.

C’est dans un corps engourdi réveillé par la fraicheur matinale que Valentine finit par émerger. Un corps lâche qui n’a pas été son meilleur allié depuis son atterrissage ici, mais la seule bouée de sauvetage qui lui a quand même permis de survivre avec les moyens du bord. Ou alors que d’autres ont infatigablement tiré vers le haut pour en empêcher la capitulation.
S’il avait su, Yui aurait demandé une formation spéciale survie au Docteur. Mais alors, si Alan Oliver lui avait informé sa destination finale, Valentine n’aurait jamais accepté de partir. L’ancien psychologue infantile n’était pas un utopiste et se serait jamais vu partir dans le but de recréer le monde de ses mains ; ce genre d’idée grandiose ne faisait pas partie de ses envies, ni ambitions. Et pourtant aujourd’hui, c’était ce qu’il faisait à plein temps.

Il s’est assis, sentant un tiraillement derrière l’épaule, lui rappelant encore qu’il a échappé de peu à une infection. Quelle chance, jubile platement son esprit. Entre le sarcasme et la lassitude, Valentine finit par abandonner les deux. Poussé par la faim, il a fini par sortir, une peau d’il ne sait quelle bête sur le dos. Le silence pesant trahissant l’absence de Lorenna, il s’est arrêté sur le seuil jetant un regard circulaire aux alentours. Tout lui semble d’un coup beaucoup trop simple, tout se dissimule derrière ces tons épurés et cette buée fraiche qui fume devant des yeux.

Il y en a-t-il d’autres …?

Des comme eux, des rescapés, des réfugiés.
Des oubliés.

-Lorenna ?

Jusqu’à quand lui serait-il donné de pouvoir avoir l’impression d’avoir son reflet dans le regard d’autrui. Il n’a pourtant jamais songé à vivre aux dépends des autres mais se savoir seul là de suite, est un sentiment de solitude qui lui parait pendant un instant, interminable.
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MessageSujet: Re: La voisine Campbell Ven 6 Mar - 17:37

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Un voile blanc recouvrait dorénavant le sol et mes yeux peinaient à s'habituer à cette lumière divine et maléfique. Elle nous abasourdit, nous rend heureux, émerveillé au point d'en oublier la douleur, le froid. Incrédule, on en oublie la faim, l'abattement, les sauts d'humeur et cette insinueuse dépression. Damn. Je hais l'hiver et pourtant ce jour là je me disais que celui-ci ne serait pas si terrible. Je ne cessais de me répéter que celui-ci ira bien. C'était une étrange sensation pour une personne qui tient autant de rancœur et de préjudice envers cette apogée du froid. J'étais généralement languissante à l'idée que le soleil revienne, seulement oui cette fois-ci c'était bien différent. Je n'étais pas seule comme dans mon enfance... L'hiver lorsque j'étais enfant était dur à supporter. L'Orphelinat ne nous mettait pas beaucoup de chauffage et il était fréquent de se faire voler sa couverture. Je passais donc mes nuits, mes journées dans le froid seule essayant de me réchauffer à l'aide de mon souffle seulement mon souffle s'était frigorifié aussi... Je peinais donc à survivre lors de cette saison et personne n'avait de couverture à me prêter, j'avais donc à ramasser les pièces oubliées et piétinées jusqu'à que mes doigts s'engourdissent ainsi je pouvais m'acheter une breloque capable de me réchauffer un instant.

Le froid semblait m'attirer à l'extérieur, il était encore tôt et Yui ne s'était pas levé. Je ne m'attendais pas à ce qui se lève de si tôt, il me semblait souvent fatigué et je ne savais distinguer si c'était sur le plan psychologique ou bien physique. Cela me poussait donc à travailler deux fois plus ces derniers temps : les journées me paraissaient trop courtes et les nuits trop longues. Avec un zèle absolue je partais aux aurores recueillir de quoi nous nourrir, nous ressourcer et autres ressources plus ou moins essentielles. J'avais réussi à faire trois manteaux en fourrures et une couverture avant que tout animal parte hiberner ce qui me paraissait plutôt satisfaisant. La nuit je restais au chevet de Yui, je m'occupais de sa blessure, je faisais le "repas" et j'essayais de tenir une discussion plus ou moins minime. Le sommeil ne me venait généralement pas ou bien très tard et les rayons du soleil ne tardait pas à éclairer la petite tente. Ainsi le cycle continuait et je m'habituais à sa présence.

Cependant le cycle devenait de plus en plus dur à tenir. J'appliquais la même diligence afin de respecter mes obligations cependant les denrées se faisaient rares et je rentrais généralement un peu plus tard. La Nature vile et vengeresse a du se réjouir de me voir ainsi peiner dans ma besogne. Je rentrais éreintée, fatigué mais Yui ne semblait pas en accorde une quelconque importance. Ce n'est pas comme si je m'en plaignais ou bien que j'essayais de le montrer. Loin de moi l'idée de le mettre mal à l'aise, je m'habituais vraiment à lui et sa présence semble m'être nécessaire. Savoir que je ne dormirais pas seule m'aidait à me reposer. J'avais peur d'un jour me perdre dans la forêt et ne pas savoir retrouver mon chemin. J'avais peur, oui peur, de mourir ainsi loin de tous, loin de tout. Je ne survivrais pas. Je mourrais perdue et isolée tel une aliénée rejetée de la société. Pire que la mort physique, la mort dans les mémoires de tous. Yui au moins aurait un souvenir de moi, je l'espéré. Je vivrais d'une certaine manière et ça me réjouissait au point où mourir n'était pas devenue si grave. Je m'habituais doucement à l'idée de mourir... Ici la menace de la Mort planait toujours sur moi au point où elle en était devenue mon ombre : chaque fois que je vais en forêt, que je m'aventure là où je ne me suis jamais aventurée. C'était elle qui me faisait survivre, la Mort me faisait vivre.

Je pris donc ma peau de fourrure épaisse afin d'affronter le froid et jetait un dernier coup d'œil à mon compagnon de survie. Il m'arrivait le matin d'avoir peur qu'il s'échappe, s'enfuit. Je ne l'ai pas kidnapée ni séquestrer au contraire j'ai essayer de le soigner et lui éviter toute aggravation dû à sa blessure... Cependant depuis mon ancienne vie la menace d'être abandonner de tous et trahi par ceux que je chérissait me hantait. Je sortais donc et m'approchais du lac afin d'observer le soleil couchant mais j'entendis quelqu'un m'appeler. Je courus donc dans le sens inverse, vers l'abri qui se trouvait à distance égale de la forêt et du lac. Je vis Yui, ou Valentine dehors en forme correcte et je ne pus m'empêcher de sourire... Il allait mieux.

« Bonjour Valentine, tu as l'air d'aller mieux. »
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MessageSujet: Re: La voisine Campbell Sam 25 Avr - 17:28

Parce que rien ne demeure
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C'est un soulagement de voir qu'elle n'a pas disparu quand il pense que la terre s'est dissout sous sa conscience quelques mois auparavant. Comme ça.

- Merci.


Valentine ne sait pourquoi c'est ce mot qui lui traverse l'esprit. Sans doute un peu de tout à la fois. Sans doute parce qu'elle lui a sauvé la vie. Sans doute parce qu'ils ont survécu.

-Un docteur et un psychologue pour rétablir l'équilibre des mondes... On aurait pu faire pire.

Il a souri.
Ça allait mieux. Cela dit, il restait encore cette question qui lui brûlait les lèvres, celle de savoir si ils étaient réellement seuls dans ce monde-là. Si au final, le but de sa vie consistait à repeupler cette terre primitive, pour fuir cette solitude où on les avait enfermés.

-

Le temps que l'hiver passe, Valentine récupère et apprend sur le tas. Il accompagne Lorenna où elle va, découvre et annote ses jours sur les pages de la mémoire. Il s'approprie la géographie de ce qui entoure le refuge qu'il emprunte, reprend les voies qu'il connaît et en réinvente d'autres pour recréer des jonctions dans sa tête. Parfois, il lui arrivait de se laisser se perdre un moment pour retomber ensuite sur ses pieds en suivant une pseudo boussole selon la position du soleil; petit à petit, survivre devient alors, un métier à temps plein.

-Parfois j'ai l'impression qu'Allan nous a fait faire un saut en arrière dans le temps, fait-il un jour, mentionnant pour la première fois un pan du passé. Mais il ne demandera pas à voix haute si ses choix de cobayes sont les plus appropriés a la mission.

-Ou étais tu, sur la vraie Terre?, demande-t-il plus tard, accroupi au dessus d'une plante, occupé à inspecter les rainures de ses feuilles. Il se mit à creuser doucement autour de la plante, pour en observer la racine. Ce nouvel environnement, une fascination qui commençait à prendre le pas sur la terreur de l'inconnu. Peut être parce que survivre était devenu un must sans en connaître la véritable raison. Conscient du silence environnant, Yui à levé le regard, cherchant Lorenna des yeux.


Dernière édition par Yui Valentine le Sam 13 Juin - 18:40, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La voisine Campbell Ven 22 Mai - 15:34

Doctor Of Broken Hearts
Féminin

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- Merci. 

Un sentiment étrange, il me rongea les os, entrava mes poumons et puis mes côtes... Elle se serraient, je me noyais. Ce mot était pour moi nouveau, On ne me l'avait jamais dis et je n'ai jamais été une grande sentimentale. Ce que je ressentais pour le Docteur pouvait être résumer en quelques mots, c'était artificiel, des paillettes pour remplir mon quotidien ennuyeux tandis que je ne pouvais pas affubler de nom au sentiment qui venait de m'envahir. Il était nouveau et inconnu. En tant que scientifique j'aurais pu résumer ça par quelques réactions chimiques et une augmentation du pouls, j'aurais pu mais je ne suis plus la scientifique que j'étais.
Je suis une sentimentale, une citoyenne parmi les autres dorénavant. Mon arrivée ici m'a obligé à m'adapter que je le souhaite ou non. On ne te reconnais plus, tu ne te reconnais plus. Ce n'est plus moi, c'est quelqu'un d'autre. Perdue dans les méandres de mon esprit j'hésite. C'est une fille sociale, affective et à qui il arrive même de sourire et pourtant ce cœur qui bat c'est bien le mien. Ces oreilles qui bourdonnent ce sont les miennes. C'est bien mon crâne qui se bourrent de pensées absurdes, de réflexions indignes d'une scientifique méprisante, indifférente aux malheur des autres. Je devrais me renier mais je refuse, j'aime celle que je suis devenue.

- Un docteur et un psychologue pour rétablir l'équilibre des mondes... On aurait pu faire pire.

Il sourit tandis que je me noyais.

***


Le froid s'était envolé emportant avec lui son lot de malheur. Les journées se rallongeaient tandis que ma fatigue s'estompaient. Ce fut des journées étranges qui suivirent celle du rétablissement de Yui, je ne sus si ce fut des journées passionnantes ou désespérantes. Il apprenait en m'accompagnant, rapidement il atteignit mon niveau mais cela n'était pas si étonnant puisque l'ombre de la mort ne cessait de planer sur nous et la survie était un atout indispensable. J'étais heureuse pour lui cependant j'étais craintive. La peur de le perdre s'était accroit au fur et à mesures des jours, j'avais développé une certaine affection envers lui et sa présence m'était devenue indispensable. Je savais pourtant que nous ne pourrions passer éternellement nos jours ainsi, il fallait bien qu'il parte. J'avais décidée de vivre un moment ainsi, loin des autres afin de savoir celle que je suis. Je ne sais toujours pas et cette quête m'avait éreintée. Le changement me semblait inéluctable et imminent. Ce n'était peut-être qu'une illusion mais je ne pus vivre sereinement. J'étais un animal apeuré, roidie et tétanisée.

***


-Parfois j'ai l'impression qu'Allan nous a fait faire un saut en arrière dans le temps

Yui n'était pas quelqu'un de très bavard, bien sûr il nous arrivait de débattre sur certains faits divers mais rarement nous parlions de choses personnelles. Alors je buvais ses paroles comme si cela m'était vitale. Il semblait avoir le regard ailleurs tandis que des mèches tombaient sur son front pâle. A-t-il toujours eu les cheveux comme ça ? Je n'oserais pas lui poser cette question et troubler ces pensées. Ce visage calme le ravissait, son nez fin pointé vers le ciel et le regard ailleurs... Trêves de rêveries, il faut bien survivre.

***


-Ou étais tu, sur la vraie Terre?

Il fallait bien qu'un jour nous faisions connaissance et ce jour semblait être arrivé. Je ne savais pas grand chose sur Yui et lui ne savait pas grand chose sur moi. Ma vie était assez inintéressante, je ne vécus pas de grands drames ni de grandes aventures, elle était fade et platonique. Ma vie était remplie d'amertume et de solitude. Je n'étais pas aimé de tous, loin de là, j'avais un cercle assez fermé et mes loisirs étaient rares. J'ai bien aimé l'art étant jeune mais mes affectations dans divers centres ne m'avait point laissé le temps de m'y adonner. La science m'avait dévorée et jamais relâché faisant de moi une personne inhumaine, rationnant tout ce qui l'entourait et enfin elle m'a relâchée et je me suis retrouvée dans ce monde... Dans ce château de carte nommé réalité qui semble pouvoir s'effondrer au moindre bruissement, au moindre changement.
L'air vibra dans mes oreilles et je réalisait soudainement que j'avais laisser vagabonder mes pensées sans même lui répondre. Ma bouche s'apprêta à s'ouvrir quand soudainement mon regard croisa le sien. Mon visage pris alors une teinte écarlate, je croisais rarement le regard de Yui et encore moins dans un silence comme celui-ci... Je détournais rapidement les yeux et mes épaules s'affaissèrent dans un élan de timidité. Son regard semblait m'étouffer peu à peu, comment pouvait-il tandis que le docteur non ? Je suis la seule qui souffre ici, c'est bien moi la perdante. C'est comme cela que marche une relation, celui qui aime le plus souffre le plus et ici c'est moi.

- En Angleterre, je travaillais avec le Docteur...
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MessageSujet: Re: La voisine Campbell


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La voisine Campbell

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