Dialogue avec la Lune

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MessageSujet: Dialogue avec la Lune Mar 21 Oct - 17:34

Parce que rien ne demeure
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Dialogue avec la Lune
PILAR - YUI
T0+57



Assis sur une pierre plate, Valentine a laissé le reflet du feu de camp pénétrer ses yeux. Il fixe, fixe une fois de plus sans voir.

Finalement, il avait été accueilli au village ou du moins ce qui y ressemblait le plus depuis le début de ses péripéties. Rien à voir avec les buildings à trente étages, rien à voir avec les bureaux qui avaient fait partie de son quotidien il fut un temps, et surtout rien à voir non plus avec les esprits qu’il avait l’habitude de côtoyer. Le bilan de ses journées ? Il ne faisait plus rien de très intellectuel, ne se focalisant plus que sur sa propre survie. En changeant radicalement d’atmosphère du jour au lendemain, il avait perdu de sa métaphysique, celle qu’il se plaisait à effleurer et à retourner de sa pensée, consciemment ou pas, qu’il fasse jour ou nuit, tout au fil de ses réflexions. En un certain sens, ça lui manquait terriblement au point de ne plus savoir si cette course à la survie lui plaisait tant que ça. Et alors, mourir lui parait brusquement si simple, à portée de main. Et si, et si… ?

Pourtant, sans même le vouloir, la mort avait déjà glissé puis dérapé sur son destin de pauvre mortel ignorant, et cette vérité-là, il s’en été rendu compte. Il l’avait réalisé, malgré toute sa non-volonté de vouloir connaître le pourquoi du comment de sa présence ici, malgré sa volonté de se préserver d’une vérité trop cruelle à accepter, malgré l’absence d’explication préalable de la part d’Allan. Indéniablement il avait atterri quelque part, cet autre part sans nom que personne n’avait réussi à lui resituer par rapport à la position des continents, ni même de la terre. Le choc et sa transition étaient d’autrement plus lourds que Yui Valentine réalisait chaque jour l’ampleur de ce qu’il avait perdu. Evidemment il avait fallu qu’il le perde pour s’en rendre pleinement compte.
Il y avait par ailleurs cette transition qui ne collait pas ensemble lorsqu’il se recréait mentalement la frise chronologique de sa vie, cette coupure brutale entre sa vie en tant que partisan docile de l’Etat et celle de fuyard criminel obligé de se revêtir de fumeuses identités pour glisser d’un aéroport à l’autre. Dans la presse, on l’accusait du meurtre de Sonoko. Son regard s’y était figé –voire même refroidi si davantage était possible, sur ces grandes lignes de ce qu’il appellerait par la suite les détritus de la presse, celle qui arrange insidieusement les nouvelles du monde à la sauce de ses souverains. En ce temps-là, il se souvient avoir été un détritus dans un monde d’ordures et cette jonction, ce fameux chaînon manquant à l’appel, était indubitablement son passage à cette dimension parallèle. Hm bon, les nuances étant importantes, Valentine pouvait encore être qualifié de détritus, mais dans un nouveau monde. Au début, il était allé jusqu’à développer un syndrome d’ubiquité, persuadé d’être le mirage de ses rêves depuis le centre hospitalier d’Allan. Mais pour résumer plus concrètement, le pire dans tous ces moments là, c’est qu’il n’avait même pas une cigarette de merde à s’enquiller, pour se consumer lui-même lentement, très lentement à petit feu… Mais surement. Il connaissait le leitmotiv de la Terre, celui d’Allan Oliver, celui d’Ame et même parfois –il fut un temps, celui de Sonoko. Tous lui diraient que fumer est mauvais mais c’est justement parce que Yui Valentine n’était pas un être saint d’esprit qu’il le faisait. A ses heures. Surtout lorsque ce blues, cet élan de profonde mélancolie allait jusqu’à ébranler les fondements de son être. Et alors, il se rendait compte qu’il ne porterait plus ses chemises propres et impeccablement repassées, qu’il ne passerait plus d’heure à batifoler avec Ame dans une des antichambres du salon de thé, et qu’il ne rétablirait jamais la lumière sur la mort de Sonoko. Il ne discuterait pas non plus de l’intemporalité humaine avec Oliver, et ne parlerait plus pseudos-choses à ses patients… Valentine a détourné le regard et s’est massé les orbites pour retrouver une nouvelle raison d’être. Accessoirement, pour se remettre les idées en place. Une cigarette, une cigarette je vous en prie, a simplement hurlé une pensée intérieure.

Le silence n'a été que la réponse à sa requête. Et pendant ce temps, pendant que par là bas, ça boit, ça fête, ça danse.

Et si, et si.
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MessageSujet: Re: Dialogue avec la Lune Sam 25 Oct - 20:45

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    Ce soir pour cette nouvelle fête de la lune, Pilar était loin d'être la dernière à s'amuser, infatigable et profitant toujours à fond des bons moments qui lui étaient présentés. Sautillant autour du feu, elle profitait de la douce chaleur des flammes, repensant à tout ce qui s'était passé depuis son arrivée.

    Elle n'avait pas compté les jours depuis son changement de vie. Le temps lui semblait long, malgré les longues journées de travail.

    Au début, il y a eu la construction de son abri. Il lui a fallu de nombreux jours de travail pour arriver au résultat qu'elle souhaitait. Finalement, elle avait réussi à se faire quelque chose de plutôt réussi et en était plutôt satisfaite. Elle s'était installée au pied des collines, près du lac.

    Pendant le temps de la construction, il fallait aussi s'occuper de trouver à manger. Assez dépendante des autres aux départs, elle avait finalement réussi à se trouver assez de nourriture toute seule, même si ce n'était pas très varié. Elle avait vu plusieurs fruits et légumes qu'elle pourrait planter. Egalement, elle avait été heureuse de voir des animaux semblables aux moutons. En théorie, elle serait en mesure de faire des vêtements chauds, des couvertures. Même si elle s'était toujours contentée de promener les moutons de la famille, elle connaissait les différentes étapes du travail de la laine et pensait réussir à les reproduire ici. Bien que cela prendrai du temps, pouvoir remplacer ses vêtements chauds usés par des nouveaux deviendrait tôt ou tard une nécessité.
    Avec encore de nombreux projets en tête, la vie ici n'était finalement pas si mal. Du moins, Pilar l'avait acceptée assez vite essayant de ne pas regarder en arrière. Et puis ce n'était pas si différent d'avant. Elle finirait par se faire un grand potager et s'occuper de son troupeau de moutons, comme si rien n'avait changé.

    Mais, c'était dans ces moments de fêtes ou à la nuit tombée seule dans sa petite cabane, qu'elle savait que, pour elle, le plus important lui manquait : une famille. Malgré le bon accueil reçu et même si elle appréciait quelques habitants, elle se sentait assez seule ici, loin de sa famille. Elle avait l'impression de ne pas l'avoir vu depuis tellement longtemps. Son passage dans le nouveau monde n'était pourtant pas si lointain. Elle se savait coincée sans possibilité de retour même si cette situation ne l'attristait plus vraiment aujourd'hui. En fait, Pilar avait surtout peur de ne jamais retrouver le plaisir de prendre de repas avec une famille, ou même se disputer.

    Elle souriait face aux flammes dansantes du grand feu de camp, et ne voulant pas passer la soirée seule, elle chercha Théodore ou bien Gavin des yeux. C'est là qu'elle l'aperçut assis sur une pierre, le regard aspiré par le feu. Il était arrivé un peu après elle dans le monde, ils s'étaient déjà croisés une ou deux fois. Ils avaient dû s'échanger seulement quelques mots mais pas assez pour que Pilar arrive à remettre la main sur son nom.
    Sans doute était-il un peu triste, ou alors était-il seulement perdu dans ses pensées ? Les moments de mélancolies, c'était - à ce qu'il semblait - être le lot de tout le monde ici. Mais aujourd'hui, ce n'était pas un jour pour se morfondre dans ses mauvais souvenir ! La fête de la lune était faite pour mettre ses problèmes de côté et apporter un peu de joie à tout le monde même si la vie était loin d'être facile tous les jours (remarque dans celui d'avant non plus).

    C'est décidé à apporter un peu de gaité à celui dont elle ne se souvenait plus le nom qu'elle s'avança vers lui, déterminée. « Hey ! » Pas la peine de parler espagnol, de toute façon ici, presque personne ne le parlait. Heureusement ces parents avaient pris la peine de lui apprendre l'anglais et étant près de la frontière française, le français s'était aussi imposé assez naturellement dans ses apprentissages linguistiques. « Tu parles français je crois ? » disait-elle avec toujours le même fort accent espagnol qui ne semblait pas vouloir la quitter. « Tu veux peut-être danser ? ... Ou peut-être pas. ». Depuis son arrivée, sa frange avait bien poussé, cachant un peu ses yeux de manière inégale. Elle s'était attachée plus ou moins bien la quantité de cheveux qu'elle avait sur la tête, mais des bouclettes venaient encore lui encadrer le visage. Maintenant assise à côté de lui, elle le regardait souriante. Et comme à son habitude, elle parlait sans laisser trop le temps à son interlocuteur de répondre. « Tu es arrivé un peu après moi je crois, tu as réussi à bien t'installer ? » enchaina-t-elle sans interruption. « C'est une belle nuit pour la fête de la lune je trouve, non ? » Finit-elle par dire, le regard tournait vers le ciel.
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MessageSujet: Re: Dialogue avec la Lune Dim 26 Oct - 18:33

Parce que rien ne demeure
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Le monde de ses pensées se fissure et disparaît lorsqu’une voix, plus forte, plus présente et plus matérielle l’extirpe de là. Hey. C’est l’effet qu’on lui tire la tête en arrière hors de l’eau, d’un coup.

- Bonsoir… a-t-il à peine le temps d’esquisser avant qu’elle ne lui reprenne la parole.

Il lève les yeux vers la jeune femme qui se dessine devant ses yeux, le temps de revenir sur la terre ferme. Il a simplement hoché de la tête en l’entendant parler français. On en sait des choses, sur lui. Son regard se fixe un instant sur ce sourire, trop grand, trop franc. Il la laisse parler, parce qu’à tout dire, il ne sait pas quand elle est arrivé. Peut être l’a-t-il brièvement aperçu au village et sa mémoire fouille, fouille sans parvenir à retrouver la bonne archive. C’est toujours plus simple de retenir un arrivant qu’un village tout entier. Un silence s’est imposé et Valentine a aussi levé le regard vers le ciel. La vue qu’il en a lui plait si bien qu’il s’en allonge sur le dos pour mieux contempler et laisse la priorité de répondre devenir secondaire. Un léger sourire a tiraillé ses lèvres.

-Si tu t’allonges, tu verras mieux les étoiles, a-t-il finalement fait sans cesser cette nouvelle contemplation et lui seul sait qu’elle vaut encore mieux que celle de la danse du feu. Hm bon. Il n’y a pas les mêmes constellations mais ça reste quand même une belle nuit.

A cet instant, il n’existe plus que cette étendue de ciel, dont il a l’impression que ses orbes scintillants lui sont à portée de main tout en ayant la sensation qu’il n’aura jamais assez de regard à donner pour voir ce qui lui est justement donné de voir. De son existence, Yui Valentine ne se souvient pas d’avoir pris le temps de s’attarder sur ce genre de choses. Ces derniers temps, à vouloir sauver sa vie à tout prix, il en venait à profiter pleinement des instants comme celui-là. Et ça lui donnait l’impression de respirer la vie, dans sa forme la plus primitive.

-M’installer, répète-t-il tranquillement, se rappelant de ses questions qu’elle lui a balancé d’un lot. Et sans doute qu’elle continuerait, il s’y ferait, comme il se faisait à ses patients. Je vais devoir le faire sans doute… Je ne sais pas encore où. Je loge chez un des villageois en ce moment mais je ne sais pas si je dois rester ici. Tu t’es déjà installée toi ?

Ce disant, Valentine réalise qu’en fin de compte, il ne sait pas –plus grand-chose. Plus de contraintes si ce n’est une infinité de choix, plus de lois, plus de restrictions. Et donc plus de fuite, ni d’homme en cavale. C’est le genre de liberté à l’état pure, celle qui l’aveugle encore de par son étendue, celle dont il n’imagine sans doute pas les recoins et les tréfonds les plus reculés. Ses yeux se perdent une fois de plus dans l’infinité au dessus de sa tête.

-Je veux bien danser, mais uniquement là-bas.


Il a pointé l’index vers là haut. Bien trop haut et si haut sur cette lune, qu’une fois arrivé là bas, il pourrait alors s’oublier.

-Tu faisais quoi avant, je veux dire... Là-bas ?


Là bas, la terre d’où je viens. Le là-bas avant ici.
Ce n'était peut être pas le moment de poser la question, venue peut être un peu trop tôt ou peut être même un peu trop tard. Mais cette soif de démêler la vérité avec soi-même...

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MessageSujet: Re: Dialogue avec la Lune Dim 26 Oct - 21:27

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    Un silence s'installa quelques instants. Peut-être voulait-il vraiment rester seul ?

    Finalement, il s'allongea face aux étoiles pour lui répondre enfin. L'invitant à faire de même pour mieux les contempler. Elle s'allongea du coup à côté, s'attardant sur certaines d'entre elle, à la recherche de constellations communes. Finalement, s'il n'était pas dans le même ciel, ou pouvait-il bien être ? Pilar n'avait pas pensé une seconde à poser plus de questions à ce sujet à Alan avant de partir, trop obnubilée par son chagrin. D'ailleurs, elle n'en avait pas vraiment posé du tout. Finalement, accepter de venir ici était une décision totalement irréfléchie, mais de doute façon, encore qu'elle n'avait pas réellement eut le choix.

    C'est vrai que s'arrêter un instant pour regarder les étoiles, elle ne l'avait pas encore fait depuis son arrivée. « Je me demande si quelqu'un ici a déjà eu l'idée d'en nommer certaine » se disait-elle plus à elle-même.

    Le sol étant frais, elle s'était emmitouflé dans sa fourrure, ne laissant dépasser que son visage, ce qui était largement suffisant pour pouvoir parler. Quand il lui demanda si elle s'était installée, Pilar pensa fièrement à sa petite cabane qu'elle avait mis beaucoup de temps à construire. Elle avait réussi à se faire quelque chose d'assez confortable par rapport au peu de moyens qu'elle avait. « J'y ai passé du temps, mais j'ai fini par faire quelque chose. Je suis près du lac et près des collines ... comme ça, je me sens comme chez moi. » Lui répondit-elle pensive sans s'attarder pour le moment sur le sujet.

    Elle tourna la tête vers lui quand il lui indiqua du doigt un point loin au-dessus de leur tête. Laissant échapper un petit rire. Qui sait ? Après tout, il y a quelques temps encore, elle ne se serait jamais doutée un seul instant qu'elle se retrouverait dans un endroit totalement différent. Alors, peut-être qu'un jour, pourrait-il aller encore ailleurs. Peut-être qu'un jour, il trouverait un moyen de prendre le passage dans l'autre sens. Mais le ferait-elle si elle le pouvait ?

    « Avant ? » Elle hésita un instant avant de répondre. Sa vie était si simple, parfois elle avait du mal à imaginer ce que les autres avaient pu vivre avant de venir. Après tout, elle n'avait jamais souffert de la faim, elle avait été finalement assez bien éduquée, elle avait grandi avec sa famille. En résumé, une vie très belle. Pouvait-elle se plaindre d'avoir perdue tout ça alors que certain n'avait jamais connu une vie aussi agréable ? « Avant, je vivais dans l'exploitation familiale. On cultivait et on avait un grand troupeau de moutons. » Lui rappelant le plaisir qu'elle prenait à se réunir chaque soir avec ses proches pour manger, ses longues lectures tardives le soir avant de s'endormir, le travail souvent difficile qui l'attendait le lendemain mais qu'elle effectuait avec plaisir. Elle souriait en repensant à ses souvenirs pour cacher la colère qu'elle avait pour ses parents d'avoir gâchés leur vie. Peut-être fallait-il mieux être en colère que triste.

    Chassant ses pensées, elle s'appliqua à changer de sujet : « Tu sais, tu peux t'installer où tu veux. Mais je te conseille de ne pas trop éloigné ... pas seulement à cause du danger qu'on peut croiser. » Elle repensa à sa rencontre avec Gavin où elle avait fini à grimper sur un arbre, bien qu'elle se garda de raconter cette anecdote ; ou encore aux escargots géants. « Mais surtout pour ne pas rester seul, je crois que ça n'apporte rien de bon pour personne ». Elle s'assit à nouveau en disant cela. « Tu peux t'installer un peu à l'écart sans aller trop loin non plus. Si tu veux, je pourrai t'aider un peu. » Elle se voulait chaleureuse en disant cela. « Et toi, que faisais-tu avant ... ? » Pilar hésita sur sa fin de question, voulant l'appeler par son prénom, se rappelant qu'elle ne s'en souvenait pas, ou peut-être ne l'avait-elle jamais su finalement.


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MessageSujet: Re: Dialogue avec la Lune Mar 28 Oct - 18:25

Parce que rien ne demeure
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Ça scintille, c’est vaste, c’est puissant. La de suite, ça ne le dérangerait presque pas que tout demeure comme tel.

…Ou que tout s’arrête ainsi.

- Tu vois, celle-là là bas, a-t-il fini par faire, en pointant une étoile d’apparence fragile mais bien présente. Elle s’appelle désormais Sonoko.

Valentine s’est aussi redressé parce que le froid lui mord les os. Il n’est pas frileux mais la pauvre couche de vêtements synthétiques ne fera bientôt plus du tout le poids contre la nature. Il s’est rapproché du feu, puisque ce que c’est la seule chose que cette dernière lui offrait sur le moment présent. Prêtant une oreille à la jeune femme, il rapproche ses mains des flammes. La perspective de se construire un abri avec les matériaux les plus rudimentaires le laisse sceptique. Pourtant, il devrait s’y plier s’il voulait voir ses jours se poursuivre dans cette vie de primitif. Jusqu’à maintenant, il s’était plus ou moins arrangé en se trouvant un coin passablement suffisant pour passer ses nuits jusqu’à ce qu’il profite du luxe d’une habitation qu’on lui offrait généreusement depuis quelques jours. Pour autant, il ne pourrait pas affirmer qu’il s’y sentait comme chez lui.
Et elle, qu’avait-elle utilisé pour avoir son chez soi, du bois, de la boue, des feuillages ? Il a tu cette question, se remettant entièrement au hasard. Il trouverait son chez-lui un tôt ou tard et alors, il laisserait ce hasard s’occuper du reste.

Une hésitation a ensuite laissé place au crépitement du bois consumé.
Valentine en profite pour maintenir ce feu en vie, rajoutant d’autres brindilles à portée de main. Ce rapport au temps, de cette priorité capitale au dernier de ses soucis, Yui commençait à en perdre son décompte temporel. Il se gardait en tête un ordre de grandeur –se pourrait-il qu’il ait compté un jour en double… ? en triple ? Mais au final, est ce si important à ses yeux puisqu’au fur et à mesure du temps, plus rien ne demeure.
Il finit par jeter un regard vers la jeune femme, pensif. Ce qu’elle lui dit lui paraît hors de sa réalité à lui, habitué à un schéma urbain et faisant quotidiennement face à des enfants ou à des ados en proie d’un mal être causé par un modèle éducatif sans compassion. Pour lui, les jeunes ont tous un problème, et le problème c’est à lui de le diagnostiquer. Et à elle, il est où son problème si elle a vécu parmi les moutons ? Cessant cette inquisition muette du regard, Valentine s’est reporté sur le feu.

- Je ne comprends toujours pas pourquoi on se retrouve ici.


Au final, pourquoi elle, pourquoi lui. Pourquoi tous ces autres villageois et individus croisés lors de son périple. Un pourquoi qui ne cesse de se répercuter entre quatre murs internes.

-Mais tu souris, a-t-il rajouté sans chercher à en interpréter la raison.

Elle a changé de sujet, il a haussé des épaules.
Oui, il semble bien que le choix lui appartient désormais mais à savoir où poser les bonnes limites en devient un challenge. Et en deçà, elle rajoute le facteur danger. Esprit anticipateur…

-Tu crains le danger alors qu’il n’est pas encore arrivé ?, a-t-il simplement renvoyé sans se retourner, avant de poursuivre, Merci.

Bien qu’il ne sache pas quoi mettre derrière ce merci. Il ne sait pas où et quand il comptera se mettre au compte de sa propre survie mais il ne construirait pas quelque chose pour de suite. Quelque part, il voulait encore voir du pays avant qu’il y ait une chance infinitésimale qu’il rouvre les yeux à la réalité dans l’autre monde. Si seulement elle pouvait exister.

-… Valentine, termine-t-il la phrase puisqu’elle cherche son nom.

Il a cherché son regard pour lui renvoyer la même question. Histoire de.

-Je servais du thé dans le Michigan.

Et puis avant ça…

-Et puis avant ça,
a-t-il continué en même temps que sa pensée. Avant ça je crois que je soignais les esprits.

Tout dépend ce qu’on s’illusionnait derrière le mot soigner. Il en avait peut être remis certains en route, mais avait tué le destin de tous les autres en les déclarant inapte à l’éducation qui leur était destinés. Et tous ces autres là, il ne préférait pas savoir ce qu’ils étaient devenus ou non.
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MessageSujet: Re: Dialogue avec la Lune Jeu 6 Nov - 20:48

Pionnier
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    Sonoko, sans doute le nom d'une personne de son passé. Pilar ne préféra rien demander à ce sujet. Après tout, elle savait très bien qu'il était douloureux de repenser à ses proches, alors qu'on ne pourrait plus jamais les revoir. Il se rapprocha du feu pour se réchauffer. Les nuits continueraient sans doute à se rafraichir de plus en plus, ça l'a conforté dans son idée de la nécessité à travailler la laine. Heureusement, elle était venue avec une grande fourrure qui lui tenait bien chaud.

    Il semblait encore se questionner sur sa venue ici. Pilar ne réfléchissait pas vraiment à ce genre de choses. Habituée à sa vie très terre à terre. Mais surtout parce qu'elle connaissait la cause de sa venue ici : ses parents avaient tout risqué en participant à la résistance et aussi tout perdu. Pour sa sécurité, elle n'avait nulle part d'autre où aller. De toute façon, jamais elle n'aurait pu vivre en fugitive, jamais elle n'aurait pu reprendre le combat de ses parents. Après avoir passé son enfance à vivre une vie simple à rêver de ses lectures, finalement, peut-être qu'elle était parfaitement à sa place ici.

    Oui, elle souriait. C'était elle, sourire, avancer, toujours croire en l'avenir, savoir apprécier les moments présents. Même si en ce moment, c'était parfois difficile.

    Elle marmonna dans sa langue natale l'espagnole : « Alors qu'il n'est pas encore arrivé ? ». Elle se rappelait très bien le jour où elle avait été obligée de grimper en haut d'un arbre avec Gavin et y rester le temps de pouvoir redescendre en toute sécurité. Ou encore des escargots géants. Sans doute y avait-il encore plein d'autre chose super dangereuse qu'elle n'avait pas encore croisée ! Un frisson l'a parcouru rien que d'y penser. Le temps passé ici ne lui avait pas vraiment donné beaucoup plus de courage.

    Elle se releva finalement aussi pour le rejoindre, ouvrant ses mains à la chaleur du feu. Elle lui répondit « Pilar » à son nom, encore plus souriante qu'avant à cause de le fait qu'elle souriait.

    « Soigner les esprits ? » le questionna-t-elle. « Alors, vous aidiez les gens ? » Elle le regardait un peu surprise, ce n'était pas le genre de réponse qu'elle attendait venant de lui. « Et comment passe-t-on de serveur à soigneur ? » demanda-t-elle tout en rigolant un peu.

    Pourtant, Valentine ne semblait pas être le genre à avoir eu une vie facile, comme elle. Elle essaya de l'imaginer servant du thé et ensuite dans un rôle de 'psychologue'. Finalement, la deuxième solution convenait peut-être mieux que la première.

    Ayant finalement peur de poser des questions déplacées, elle reprit aussitôt : « Mais le passé importe peu maintenant non ? ». Pilar ne voulait surtout pas attristé encore plus son interlocuteur, qui ne lui semblait déjà pas très joyeux en parlant trop de leur anciennne vie. Pour être heureu, il fallait savoir aller de l'avant. Du moins c'est ce qu'elle pensait.

    Et elle finit finalement par répondre à une phrase dite plus tôt dans la conversation : « Si on est là, c'est pour construire un monde meilleur ... différent de l'ancien. » En disant ça, elle se demandait vraiment si des personnes aussi marquées par leur vie d'avant pouvaient vraiment réussir à construire un monde meilleur ici. Elle voulait croire que oui.
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MessageSujet: Re: Dialogue avec la Lune Mar 18 Nov - 19:23

Parce que rien ne demeure
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Pilar, c’est comme ça qu’elle s’appelait. Elle sourit et il revoit ce sourire derrière lequel elle paraît fraîche, dans un amalgame déséquilibré où lui, avec son air apathique donne l’impression d’avoir été usé avant son temps. Il a secoué imperceptiblement de la tête. Pourtant, la tristesse n’a jamais été un état qu’il a vraiment ressenti tel quelle, parce qu’elle n’a simplement jamais eu le temps ni d’exister ni de se développer durant ses années de formation. Alors Valentine, au final est ce que tu as vraiment soigné où est ce que tu t’es contenté de faire? Un demi sourire s’est étiré sur son visage.

-Je ne sais pas si on passe de serveur à soigneur, a-t-il repris. Quant à l’inverse… tu passes de soigneur à serveur quand tu finis par ouvrir les yeux à la réalité. Quand tu arrêtes de te trahir.

Et il a scruté longuement sa voisine comme pour l’étudier derrière sa simple apparence, avant de s’accouder sur ses genoux. Un bruit de pas se fait alors entendre et c’est un des villageois qui leur propose de quoi manger et boire, avant de repartir sur un pas de danse imaginaire. Tout en le laissant s'éloigner, Yui songe que le village se met en transe pour la fête de la lune dont la finalité lui paraît abstraite. Cela dit, depuis qu’il est arrivé au village, il ne fait plus vraiment attention à la composition de ce qu’il se met sous la dent, estimant que c’est encore une chance d’avoir de quoi vivre. Il a saisit un morceau qui ressemble à un fruit sec, ne le regarde pas deux fois et mâchonne déjà, non sans avoir poussé le panier en direction de Pilar. Il grimace.

-Ya mieux… comme il y a pire,
a-t-il commenté en reprenant un autre morceau. Et puis cette faim constante magnifie les choses.

Le feu crépite et poursuit sa danse endiablé sous un ciel qui surveille un autre monde en construction.

-Comment est ce qu’on fait meilleur si on oublie le passé, tu le sais toi ?

Une question sans prétention. Valentine est de toute façon un être de questions. Il a alors attrapé ce qui fait office de pichet pour sentir son contenant.

-Tu sais ce que c’est ?

Reniflant une nouvelle fois, il a finit par se boire une gorgée.

-C’est fort.

C’était peu dire.

-Pas majeur, pas d’alcool, a-t-il rajouté.

Et il a souri.

-Soigner, c’est un grand mot, ce n’est pas comme si j’avais toujours soigné et je récupérais les gamins anéantis par leurs études.


Anéantis, c’était en revanche petit par rapport à la réalité, mais cela, il s’est abstenu de le préciser. Il était des fois où Valentine avait l’impression de recevoir l’ombre de ces derniers et non un vivant. Et la suite, elle était moins glorieuse. Ceux n’ayant pas réussi à poursuivre leur voie étaient dès lors déclarés inaptes et inutiles par définition aux yeux du système. On les lui envoyait dans l’espoir soit de les remettre sur pied, au mieux les rediriger et au pire… Valentine même n’en connait pas réellement la nature. Il doute qu’il le voudrait. Mais en ce temps là, ça lui paraissait normal.

-Où est ce que tu as étudié ?

Il n’aurait sans doute pas posé la question s’il en connaissait l’ampleur. Lui, il a grandi dans ce que tout le monde appelle l’éducation, l’institut, la caste fermée des orphelins de la nation et c’est un environnement qui lui semble encore basique.
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MessageSujet: Re: Dialogue avec la Lune Sam 21 Fév - 7:56

Pionnier
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    Il restait assez difficile à déchiffrer. C'est ici qu'elle avait vraiment vu à quel point son ancien monde pouvait être vraiment dur avec certain. Pilar avait sans doute eu une vie vraiment facile par rapport à la plupart de ceux qui avaient accepté de venir sur Terra. Pourtant, ni les Pyrénées, ni la vie à la ferme étaient cléments, mais au moins, elle n'avait jamais vraiment connu la faim, ni la solitude, toujours entourée par sa famille.

    Il l'a scruta longuement alors elle tourna son regard vers les flammes dansantes attendant qu'il reprenne la conversation. On leur rapporta à manger et à boire et ça tombait à pic ! Elle le regarda gouter au repas et prit également un fruit : « Le plus important c'est d'avoir de quoi manger ». Après l'avoir englouti en une bouchée, elle reprit : « Et puis la nourriture ici n'est pas si mauvaise que ça ».

    Pilar ne répondit pas à sa question suivante, n'étant pas vraiment sûre qu'il attendait réellement une réponse de sa part.

    « Sans doute du jus de fruit » lui répondit-elle quand Valentine lui demanda ce que c'était. « C'est fort ? » Elle prit également le pichet pour sentir également la boisson qu'on leur avait apportée. Ah oui, ça ne devait pas être juste du jus de fruit finalement. Elle n'était pas grande amatrice d'alcool, mais prit également une gorgée et fit une petite grimace : « Je suis majeure et de toute façon ici, ça ne compte pas ! »

    Finalement, il avait fini par sourire, sourire qu'elle lui rendit plein de bonne humeur. Etait-il enfin prêt à s'ouvrir un peu plus ? Il relança à nouveau la discussion. Alors, il s'était occupé d'orphelin de la nation anéantis par leur étude ? Pilar n'imaginait pas vraiment ceux qui avaient pu leur arriver, après tout c'était un milieu qui lui était totalement inconnu. Peut-être que si elle s'était un peu plus intéressée aux actions et aux idéaux de ses parents, peut-être en aurait-elle appris un peu plus. Peut-être qu'elle aurait pu comprendre pourquoi ils prenaient tant de risques.

    « Étudier ? » Et elle rigola un instant à cette question. « Je ne crois pas avoir beaucoup étudié, à pars dans la bibliothèque cachée de mes parents. Je suis allée un peu à l'école, comme tout le monde, c'est tout. Je ne crois pas qu'on y apprenne grand-chose, aujourd'hui, je m'en rends vraiment compte ... Mais avant, ça m'était égal. »

    Et finalement, elle se risqua à demander : « Que leur était-il arrivé ? »
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MessageSujet: Re: Dialogue avec la Lune Sam 7 Mar - 18:23

Parce que rien ne demeure
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-Sans doute.

C’est vrai.
Mieux valait vivre le ventre plein que le ventre vide, un fait que jamais Valentine n’aurait considéré dans le monde d’antan. Dans sa vie à lui, la nourriture ne manquait pas ni la pseudo-éducation qui, à ses yeux était dispensée à tous. Un modèle de vie que tout le monde suivait tel des moutons de panurge sans réellement se poser de questions …à moins que lui, ne se les soit jamais posé.
Il a fini laisser un pouffement de rire en entendant sa voisine lui rétorquer sa majorité avant que sa curiosité ne l’emporte. Plus le temps se distordait depuis son arrivée ici, plus ce recul face à lui-même se faisait sentir ; dès lors, il pouvait passer des heures durant à remettre le fondement de sa pensée en doute. C’était en soi, désagréable. Un pli soucieux a marqué son front. Comme tout le monde …?

- Dans mon monde à moi, tout le monde allait à l’école Pilar,
a-t-il fini par répondre intrigué, avant de poursuivre lentement, Je… on ne se cache pas pour étudier. Je veux dire… on devait étudier, c’était un fait.

Presque un devoir.
Une obligation? renvoie soudain une de ses pensées silencieuses. Il y a des choses qui lui échappent, et de loin. Pour autant, n’y avait-il rien appris comme venait de le dire la jeune femme ?

-Tu n’aurais pas pu étudier une filière que tu aurais été replacée sur une autre. Et alors,
a-t-il enchaîné, ce qui leur est arrivé ? Et bien ça dépend. Certains ont réussi dans leur nouvelle voie, après un certains temps. Les autres quant à eux, ils n’étaient plus vraiment aptes à continuer et alors, ils disparaissaient.

Ainsi allait donc la normalité, vue de ses propres yeux. Aurait-il pu prétendre le contraire, plongé dans un quotidien commun à tout son entourage direct ?

- Tu sais j’y ai appris les bases de la médecine, les fondamentaux de la psycho… enfin, ce genre de choses. Dans quel genre de monde est ce que tu viens pour qu'on t'ait empêché d’apprendre ?


Il a froncé les sourcils. Et alors qu’il meurt d’envie de comprendre, il finit par lâcher un soupir en secouant la tête.

-Je suis désolé, je pose beaucoup de questions, il y a des choses que je ne comprends pas; mais au final est ce que c’est si important,
a-t-il fait en se levant tout en lui tendant la main, je vais aller faire un tour, si tu veux venir. Est ce que tu connais les alentours?


Insouciance.
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MessageSujet: Re: Dialogue avec la Lune Jeu 2 Avr - 17:31

Pionnier
Féminin

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    Etudier … étudier … Il y avait bien que les orphelins de la nation pour étudier longtemps. Et encore, quand elle observait certain habitant de Terra, Pilar se demandait bien ce qu’il pouvait étudier ! Sans doute avait-elle était chanceuse de ne pas avoir cette vie là. Mais surtout la jeune femme fut étonnée de la simplicité dont il disait les choses. Certains disparaissaient ? Comme si, pour lui il racontait quelque chose de tout à fait banal. Juste un léger pli avait barré son front … Peut-être au moins l’avait-elle poussé un peu à réfléchir.

    Elle l’écoutait raconter ce qu’il avait bien pu étudier, silencieuse. En vivant ici, Pilar commençait à comprendre ses parents. Il suffisait peut-être juste d’ouvrir les yeux pour voir le monde tel qu’il était, et elle n’avait jamais vraiment voulu le regarder vraiment. Et puis finalement, elle se sentit même vexée de la façon dont il disait les choses, certainement sans raison. Lui savait peut-être les bases de la médecine, les fondamentaux de la psychologie … Et bien elle au moins en travaillant dur, elle était sûre de pouvoir faire s’occuper d’un champ assez grand pour nourrir tout les habitants de Terra pendant la bonne saison, ou bien elle pouvait aider tout le monde a moins souffrir du froid de l’hiver parce qu’elle connaissait les rudiments du travail de la laine. Au moins, elle n’avait participé à la disparition de personnes à pars la sienne !

    Finalement, heureusement qu’il décida de changer de sujet. Avait-il vu qu’il avait presque réussi à la mettre en colère ? Et ils disparaissaient ! Au final, le naturel avec lequel il l’avait dit lui faisait froid dans le dos. Mais elle était aussi en colère contre elle-même d’avoir toujours fermé les yeux sur ce qui se passaient à l’extérieur de sa ferme, de toute façon, qu’aurait-elle pu faire ?

    Elle prit sa main tendue et se leva sans la lâcher. Pilar était toujours bien emmitouflée dans sa fourrure pour s’abriter de la fraicheur de la nuit, mais malgré tout sa main était froide. « Oui, un poco … » Faire un tour jusqu’où aussi ? Pilar n’irait pas jusqu’à dire qu’elle était un peu froussarde mais de nuit, elle ne s’était encore jamais risquée en dehors du village. « Où veux-tu aller ? » Son ton n’était pas très rassuré, mais elle se voulait tout de même souriante, oubliant ainsi sa colère. Après tout, ce qui comptait maintenant, c’est la vie qu’ils allaient réussir à construire, tous ensemble sur Terra.
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Dialogue avec la Lune

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