Un monde nouveau ... une nouvelle identité, une nouvelle vie : une nouvelle moi

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MessageSujet: Un monde nouveau ... une nouvelle identité, une nouvelle vie : une nouvelle moi Lun 12 Jan - 19:26

All grown up were first children, but few of them remember.
Féminin



Le 15 Septembre 2196
Cher Journal

Ce Doc m'a l'air complètement fou mais en voyant ce qu'il se passe dehors je me dis qu'il n'est pas si fou que ça. En fait, c'est plutôt le monde de dehors qui est fou. Après les explication du professeur Oliver, je me suis offerte une super chambre avec l'argent qu'il me restait. Je peux enfin réfléchir à ce que j'ai entendu et ce qu'il m'attends si je m'embarque dans cette aventure. Un monde nouveau ... une nouvelle identité, une nouvelle vie : une nouvelle moi ! C'est peut être la solution. Je vais y réfléchir.
Un peu plus tard: Il m'a quand même fallut 2 jours pour me décider à enfin embarquer dans son aventure. Mais j'étais décidée. Alors j'ai pris mon sac, plantée mes yeux droits dans les sien et lui ait dit : "C'est quand vous voulez, Doc." puis après un soupir, "Plus rien ne me retiens ici désormais.". Mais avant d'entrer dans le maelstrom de lumière je lui ai demandé : "Dites Doc, si jamais un certain Dean Fitzwell renverse la dictature, vous pouvez m'envoyer un message ? Ou même un signe ?" Mais avant qu'il ait pu répondre je lui souriais et le remerciais.


Ma tête tourne et j'ai la nausée. Mes jambes sont comme du coton et mes mains moites. En fait, mes premières impressions du nouveaux monde ne sont pas très positives. Je tente de me relever mais ma tête tourne si fort que je peine à me mettre en position assise. Je tente d'ouvrir les yeux mais la lumière m'aveugle. Je me repose alors sur mes autres sens : je sens la terre meuble sous mes doigts ainsi que quelques brins d'herbes épars. Le vent frais cours sur mes bras et joue dans mes cheveux. Je sens que l'hiver approche mais il n'est pas encore là. Je sens des odeurs que je croyais oubliées : l'herbe, le bois, les feuilles, la foret en général. Le soleil arrive à passer malgré mes paupières closes.
Je les ouvres. Cela fait longtemps que je n'avais pas vue un ciel si clair, sans nuages noir de particules. Le Doc m'avait prévenue que ce monde était vierge de trace humaine mais les mots ne rendent pas hommage à la nature.

Des pierres se dressaient ça et là, posées négligemment sur le sol et entourées d'une espèce d'herbe haute. Mon sac avait roulé à quelques mètres de là. Je grattais la terre et découvris des sortes de fourmis un peu difformes ... la faune et la flore du nouveau monde était unique : il n'existait rien de pareil sur Terre. Je sortis mon journal de mon sac et, à partir de l'insecte bizarre, fit une sorte de croquis assez réaliste. Si je n'avais pas été envoyé aux ODLN j'aurais aimé être spécialisée en biologie, zoologie, biochimie, biotechnologie, océanologie ou agronomie. Malheureusement, là ou j'avais grandie, on nous apprenaient plus à ne pas penser et suivre les ordres qu'autre chose. J'avais eu de la chance : le métier d'assassin laissait plus de libertés que d'autres plus contraignant. Néanmoins j'avais le sentiment d'être passée à côté de quelque chose ? Cette vie me permettra peut être de changer.

Soudain, j'entendis un bruit à peine audible. Mes réflexes de soldats revinrent en une fraction de secondes et je me concentrais, un couteau à la main. Comment avais-je pu oublié en quelques minutes ce qu'on avait mis toute une vie a m'apprendre : la prudence. Je m’accroupis dans la terre et ne pensa plus a rien a part le bruit. J'entendis le bruit des feuilles qui se frôlaient dans les arbres, le chant de quelques insectes aux alentours mais rien de bien méchant. Je me sentis aussitôt mal : c'était comme ça qu'avait débuté le règne des hommes sur la Terre : l'arme au point et je ne voulais pas ressembler à ça. Je ne voulais pas ressembler a un sauvage sans manières ni éducation. Je ne lâchais pas mon arme pour autant, il pouvait y avoir n'importe quoi ici, peut être même une sorte d'animal mi-ours mi-alligator et re-mi-ours derrière. Brrrr, cette animal me faisait froid dans le dos rien qu'a l'imaginer.

Au bout de quelques minutes je me rendis à l'évidence : il n'y avait personne ici a part moi. Je me relevais, époussetais mon pantalon et chercha un point assez haut d'ou je pourrais voir le paysage dans son ensemble. La foret offrait de bonnes prises mais personne ne me verrais (si jamais on venait me chercher). En revanches certaines pierres semblaient assez hautes pour que je puisse avoir un meilleur point de vu. "Il faut gérer une situation globale et non un seul point" me rabâchait mon sergent-instructeur, "Plus vous aurez les connaissances de votre milieu, plus vous serez avantagés". Ce n'était pas le plus intelligent des hommes mais c'était celui que je respectais le plus.

La pierre était lisse et froide mais je réussi à grimper dessus. Autour de moi, il y avait des nuance de couleurs que je n'avais jamais eu l'occasion de contempler : la forêt allant du vert à l'ocre jaune en passant par le rouge, la plaine verte prairie, au loin la mer bleue-paon, bleue cobalts et même le Lac avait un couleur tirant sur le bleu acier dans cette fin de journée. Alors que sur Terre tout avait été bétonné et peint en gris, il régnait ici une impression de calme très certainement du a toutes ces couleurs. Je balayais des yeux le paysage, me remplissant d'images à réaliser dans mon journal lorsque j'aurais un semblant de peinture. Je remarquais alors seulement un nuage de poussière cachant une silhouette. Serais-ce un animal ou un habitant du nouveau monde ? Amis ou ennemi ? Que devais-je faire ? C'est amusant comme dans une situation inédite, notre cerveau a du mal à penser correctement ou même à donner des ordres aux autres muscles du corps.

Je décidais d'attendre.
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MessageSujet: Re: Un monde nouveau ... une nouvelle identité, une nouvelle vie : une nouvelle moi Lun 19 Jan - 21:22

je suis une actrice qui connaît le jeu qui ne lui fut jamais écrit
Féminin


Le regard haut, me voilà qui m’assurais du bon fonctionnement du village avant de partir en chasse. Il y avait Gavin qui tressait un tapis d'un air serein ; et Mia, enceinte jusqu'aux oreilles, qui assemblait un vêtement d'hiver pour son enfant à venir ; à côté d'elle, Félicie travaillait du cuir de chapin en chantonnant l’air le plus maternel qui pouvait être chanté par une femme nullipare. Tout se passait bien. Ou presque. Dans mon ombre traînait Ashton qui venait me susurrer des mots à l'oreille, me sommant, entre autres, de venir jouer avec lui et Ève qu'il avait dans les bras. Le fait que la population villageoise entière me saluait moi, en l'ignorant lui, amplifiait mon aliénation ; comme s’il était dans mon ombre une petite voix m'appelant au désordre et que moi seule pouvais entendre. Je l'ignorais au mieux ; nous avions tant de choses à faire et l'hiver approchait à grands pas.

À peine apaisée par les charmes d'un Sacha papaesque, l'irritation montait. Monta, jusqu'à ce que finalement, je n'en puisse plus et que je lui cède. En quelque sorte.

Une main rencontra un mur, Ève était désormais contre lui et contre mes seins, et lui entre la hutte et mon ombre. Ses yeux mi amusés, mi intimidés léchaient mon visage qui l’appelait à l’autorité. Il était plus grand que moi, mais j'étais au moins aussi forte, et plus rapide, et plus agile.

- So you want to play, Honeycrisp ?

Nous étions à l'abri des regards concentrés, mais visibles à quiconque nous chercherait des yeux. Ève attrapa mes cheveux en gazouillant alors que mes yeux embrassaient le visage d’Ashton. Ceux-ci retombaient sur elle, après quoi je l'entourai de mes bras et l'extirpai de ceux de Sacha dans un haussement d'épaules. Je fis quelques pas en la hochant gentiment contre ma gorge... Et la posai dans les bras surpris d'un John Clark qui apparaissait de derrière la hutte en revenant d'on ne sait où. John remercié, toute mon attention revient à Ashton et à ses bras vides. Ma main vient repousser son flanc contre la maisonnette, l'y emprisonnant sans grande force. '' Why don't we go for a swim. ''. Mes lèvres vinrent humidifier le creux de son oreille avant de s’évader dans une comptine fredonnée jusqu’à ma hutte, puis jusqu’à la plage.

Je savais qu’il me suivrait. Ashton était un arbre que je savais faire fleurir.

Mon arc sur l’épaule, un panier sous un bras et un Ashton sur les talons et dans la tête, la route vers la plage fut plutôt longue, et l’eau fraîche sur ma peau fut d’autant meilleure. Je ne sais pas s’il s’attendait à faire autre chose que de ramasser avec moi des crabes et des coquillages, mais à quelques écarts près, c’est tout ce qui se passa ; et c’est ainsi que nous reprîmes le chemin du village, les bras chargés et les cheveux humides dans le vent d’automne.

Au loin, la lumière qui déchira le ciel changea soudainement l’énergie impétueuse qui circulait entre nous. Après un long regard, mais sans un mot, je lui lâchai mon panier dans les bras, et je détalai vers le site d’arrivée. Nous n’étions pas bien loin, et je mis moins d’une vingtaine de minutes à rejoindre une zone aplatie dans les herbes hautes. Mais il n’y avait personne en vue.

Je jurai dans ma barbe. Trois ans plus tard, je maudissais encore le fait qu’on n’ait pas encore placé des indications quant à comment rejoindre le village... Bref, les pistes encore fraîches me conduisirent vite à une perplexe conclusion : le nouvel arrivant s’était dirigé vers nous, et logiquement, nous aurions dû le croiser. Et pourtant, pas.

Je criai une salutation qui échoua dans le vide, puis une autre encore. Ce n’était pas sage, et j’aurais dû le savoir. Le grondement d’un animal répondit finalement à mon adresse et me refroidit : une satanée panthère rose. Je ne la voyais pas, mais je l’entendais mi grogner, mi ronronner, et surtout j’entendais des craquements autour de moi. Courir serait trop risqué, par contre, je rejoignis vite une pierre pas trop basse et y grimpai, puis rejoint une autre pierre un peu plus haute encore.

Mon arc bandé, je cherchais la panthère des yeux lorsque je rencontrai avec stupeur la petite silhouette perchée sur un rocher non loin. Je la saluai d’un hochement de tête, mais je restai surtout concentrée sur la toison de verdure qui grouillait de vie.

Rien. Plus un son. Plus rien.

Et Ashton risquait de suivre mon chemin jusqu’ici. Mon cœur se serra à cette idée.

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MessageSujet: Re: Un monde nouveau ... une nouvelle identité, une nouvelle vie : une nouvelle moi Jeu 22 Jan - 18:31

All grown up were first children, but few of them remember.
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Jour 1, Terra.

Cher Journal,

Je me souviendrais toute ma vie de ce jour là : celui ou j'ai atterri à Terra. Tout est si beau, si pur, comme si personne n'avait souillé ce petit paradis. Cette terre ressemble à s'y méprendre à celle de mon ancienne vie lorsque l'on regardait des photos "d'avant". Avant que l'homme ne détruise tout.

Le Doc m'avait prévenu qu'il y a avait déjà des occupants sur cette nouvel ElDorado mais lorsque j'arrivais enfin sur la terre ferme, après un tumultueux voyage à travers l'espace temps, personne n'était là. Et aucunes indication de quoi que ce soit ne m'a aidé à trouver mon chemin. Je me souviens avoir attendus un moment avant d’apercevoir un indice de présence humaine : lorsque cette femme est arrivée


Le nuage de poussière grossissait à vu d’œil et de loin, j'arrivais à distinguer une silhouette humaine. Je soupirais de soulagement : quelqu'un arrivait à mon secours. J'aurais pu me débrouiller toute seule mais je n'avait envie que d'une chose : me tenir dans un endroit à moi et m'y sentir en sécurité. Mes pensées divaguèrent vers un avant : lorsque j'étais enfant et que je dormais encore dans un bon lit dans la demeure de Mr Valioce. Ensuite j'avais connue les lits plutôt durs des ODLN que j'avais d'abords détestés mais appris à aimé au fil des années. Ce n'est que lorsque je me suis mise a vadrouillé que le confort d'un simple plancher de paille me rendais heureuse. Je secouais la tête pour chasser ces pensées : pensons positif ! Je démarre une nouvelle vie avec un nouveau lit !

Le nuage de poussière avançait encore et révéla une silhouette plutôt féminine malgré la cadence soutenue de celle ci. Ces gens étaient-ils comme moi ? D'ailleurs n'y avait-ils que des femmes ou bien des hommes et des femmes ? Des enfants ? Depuis combien de temps étaient-ils ici ? J’avais eut un aperçu de la diversité de la faune et de la flore légèrement différente de celle sur Terre, mais comment se nourrissaient les colons ? Et celui qui venait vers moi était-il leur chef ou juste un représentant lambda ? Comment devais-je me comporter en leur présence ? Y avait-il un code de conduite ?
Au fil de mes pensées je me suis rendus compte que je ne savais rien de ce monde. Tout ce que m'avait dit le Doc c'est que ce serais "une aventure formidable" et "inoubliable". Merci Doc pour vos infos !

En parlant de ne rien savoir ... qu'es ce que c'est que cette chose ... ici ! C'est rose ! Et c'est quelque chose de grand. Ça ressemble à ... une panthère ?! ROSE ?! Malgré moi je pouffais : une panthère rose. Ce n'était pas drôle, enfin si un peu, mais un félin de plus de 70 kilos se tenait a quelques mètres de moi. Je ralentis aussitôt mon rythme cardiaque : de 43 il descendit à 28, comme lorsque je m’endors. J'avais appris la méditation auprès d'une jeune recrue aux ODLN mais jusqu’à présent je n'avais jamais eu a y recourir. Perché sur mon rocher, je m’astreignais au calme. La silhouette était devenue une vraie personne : une femme à la chevelure brune, se déplaçant à la manière d'une chasseuse mais je n'eu pas le temps de noter quoi que ce soit d'autre.

La jeune femme cria et révéla par la même occasion, sa position à la panthère qui s'aplatit sur le sol, prête à bondir sur sa "proie". Je ne pouvais risquer de lui répondre et faire de même. J'attendis donc. La terrarienne se figea soudain. Peut être avait-elle vue l'animal ? Impossible puisqu'elle se trouvait dans son dos. J'en conclus qu'elle devait l'entendre mais non la voir. Quel sentiment de nudité lorsque l'on devenait une proie alors que l'on était habituée à être le chasseur. Pour avoir pas mal cavaler, je savais a peu près ce que ressentait la femme et je ne souhaitais cela a personne. Néanmoins, elle réagit avec calme en analysant la situation et en utilisant la même technique que moi : prendre de la hauteur.

Arrivée en haut d'un rocher, à peu près à la même hauteur que le mien, elle sortit son arc et le banda en scrutant les hautes herbes et l'ombre des rochers. Je ne la quittais pas des yeux et au bout d'un moment, elle me vit, me fit un simple signe de la tête auquel je répondis tout aussi sobrement. L'heure n'était pas aux effusion de sentiments : c'était celle de la chasse. La nature sembla soudain beaucoup plus calme qu'un instant plus tôt, comme si elle voulais faire de la place au spectacle macabre qui allait s'y dérouler.

Mes deux petits couteaux bien en main, j'attendis un mouvement de la part de l'une ou l'autre. Mais rien ne se produisit. Jusqu’à ce que la panthère fléchisse et se mette a chasser l'air de sa queue. Toute l'action se déroula au ralentis : j'entendis, plus que je ne vis, une flèche traverser l'air, je bondis dans la direction de l'animal en contractant mes muscles pour l’atterrissage. La panthère rose avait aussi bondit dans ma direction si bien que la collision entre nous fut brutale : deux de ces griffes se plantèrent dans mon bras avant qu'une flèche l'atteigne.

Elle gronda en s'écroulant et je lui enfonçais un de mes couteaux au niveaux de ce que je supposait être le cœur : elle avait fini de souffrir. La chasse était terminée. Nous nous étions mis à deux et nous avions été plus fortes. Je me relevais et adressais un remerciement aux esprits de ce monde quels qu'ils soient. J'avais besoin de ce rituel. Je n'aimais pas tuer pour le plaisir. Je repris conscience de notre monde et de celle sans qui j'aurais peut être plus que deux plaies.

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Un monde nouveau ... une nouvelle identité, une nouvelle vie : une nouvelle moi Ven 23 Jan - 15:05

Frostbitten Requiem to a Forgotten Elegy
Masculin


IT NEVER WAS A BEGINNING FOR ME.
Just a mean to escape my mistakes.

Didn’t fucking work, I’ll tell you that.

STEP EIGHTEEN.
« L’inhérence de la logique semble être quelque chose qui a toujours jugé amusant de se soustraire à ma vie. William la prônait, mais n’a jamais été rien d’autre que son antipode. Lawrence s’en moquait, sourires et regards détournés révélant ce que ses lèvres ne disaient pas. Kohaku Joshua, lui, en possédait sa propre forme, sa propre version, grotesque et trop souvent dangereuse. Mon père était probablement le seul qui la possédant et, quand je pense à ce qui lui est arrivé, je me dis que . . .
Non. Rien.
»

-

Septembre. Septembre et son souffle d’automne qui s’était annoncé comme un murmure belliqueux soufflé sur les lèvres de Lena, à maintes reprises, comme désireux de la porter loin de cette chronologie désastreuse dans laquelle le village existait. Bien sûr, j’avais conscience qu’il lui était impossible d’adopter le même mode de vie que moi, qui m’emmurais trop souvent derrière les remparts neufs d’une maisonnette à visée éducative, et que ce quotidien qui m’apparaissait à défaut comme monotone établissait les balises de notre survie commune, mais cela ne m’empêchait pas de l’inciter à appuyer sur le bouton ‘pause’. Métaphoriquement parlant, car Terra ne brillait pas d’une technologie particulièrement florissante ou électrique.

Eve dans les bras, je me faufilais près la chasseresse, traçant de mes chausses en cuir l’ombre laissé derrière par ses pas. Je gazouillais, gamin au possible, de concert avec ma petite chérie, accueillant avec facilité l’absence de salutations des autres villageois à mon intention, m’accrochant à Lena sans la toucher. Viens jouer avec nous, susurrais-je sans user réels de mots, babillant taquineries et sottises phonétiquement boiteuses à l’air libre. Je la sentais défaillir un peu plus avec chaque minute qui filait, la belle effigie d’Oliver, imaginant les fissures qui se multipliaient sur la surface de sa carapace et ce jusqu’au retentissement du ‘crack’ final.

Craquement qui s’annonça sous la forme de sa main se plaquant contre le bois d’une hutte et de son corps repoussant le mien jusqu’à ce que mes omoplates cognent contre le mur. Je ne pus que lui sourire, espiègle et terriblement satisfait, barbouillant son visage de mon amusement, de mon appréciation. Une anticipation folle circulait dans mes veines, portant mon corps à un état crispé, impatient, qui appréhendait le possible châtiment que Lena m’infligerait. Elle ne me ferait jamais vraiment mal, non, et la possibilité malchanceuse de quelques coups ou tâches forcées me semblait valoir le prix d’un bris de notre routine à tous les deux.

Eve eut une exclamation joyeuse, ses minuscules phalanges s’entortillant dans les mèches sombres de Lena. Cette dernière la considéra quelques secondes avant de l’extirper à mon étreinte. L’absence du poids devenu familier de la fillette me laissa en proie à une brève, mais vive, impression de vide comme pour mieux me rappeler que j’avais passé les derniers jours à me l’accaparer joyeusement, refusant de la céder à John ou à qui que ce soit d’autre.

Lena revint vite vers moins, presque joueuse, apposant le cadre d’une cadence qu’elle désirait assurément que je suive, suggérant son rythme à mon oreille. Un frisson me parcouru, suivit de l’ébauche ravie d’un gloussement. J’avais gagné.

La suite se brouilla dans notre périple jusqu’à la plage, dans l’eau contre mes paumes et dans le sable sous mes ongles. Un panier rempli de coquillages pendant de l’une de mes mains et l’agréable sensation de se trouver loin de la torpeur contemplative du village. J’avais tracé, du bout de l’une de mes bottes, tout en ramassant des mollusques, des fleurs de sable à même la berge. Je n’avais pas besoin de papier pour dessiner sur la plage et, bien que mes talents furent minces, l’activité m’enchantait. J’étais immature, j’étais paisible.

Puis, l’éclair retentit, sur le chemin du retour, et je levai les yeux, considérant que cette vision arriverait toujours, peu importe les circonstances, à m’affliger d’une lassitude profonde, superposant à mon humeur une pellicule grise et fade.

Alan avait encore frappé. Et Lena détalait déjà vers le cimetière, mariée au succès du Projet Terra plus encore que son oncle lui-même ne pouvait prétendre l’être. Je soupirai, hésitant à la suivre, balançant son panier jusque dans ma main préalablement libre, puis me ravisant, presqu’à contrecœur, entamant une course mesurée qui ne menacerait de faire tomber les crabes.

Je débouchai, beaucoup trop tard, sur une scène vaguement sanglante et un élan d’inquiétude vint me tordre les entrailles. L’odeur de l’hémoglobine se mêlait à la brise de l’automne. Je captai d’abord la carcasse immobile et dégoulinante de la panthère, puis ensuite, je vis ce qui ne pouvait être que la dernière victime des lubies déjantées d’Olicon. Tâchée de rouge de manière à ce que je ne puisse réellement savoir si elle était blessé ou simplement teinté du décès de la bête, je pouvais néanmoins confirmer qu’elle était vivante et consciente. C’était déjà ça.

Mon regard se déposa sur l’animal, mort, songeant que la dernière fois que j’avais pu observer ce spécimen de si près datait de ma propre arrivée. Le temps passait, l’automne s’estompait.

« Are you alright ? »

Je ne m’attardais pas vraiment sur la nouvelle arrivante, posant la question de manière machinale, tout en laissant mon regard sautiller tout autour pour trouver Lena, une sensation froide rampant le long de ma colonne vertébrale. Je savais que mon inquiétude n’avait pas lieu d’être et qu’elle bravait des dangers nettement plus féroces lorsqu’elle s’aventurait, arc tendu, dans les territoires boisés abritant une faune à la fois connue et inconnue. Je le savais.

C’était illogique.

Elle ne devait pas être loin.

Je relevai donc mon regard sur la rescapée des âges modernes, le chargeant malgré moi d’une condescendance insolente, d’une sévérité impérieuse.

« . . . getting attacked so soon. You sure are out of luck. »



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I'll Always Strive to Shine for You.
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MessageSujet: Re: Un monde nouveau ... une nouvelle identité, une nouvelle vie : une nouvelle moi Dim 22 Fév - 21:03

je suis une actrice qui connaît le jeu qui ne lui fut jamais écrit
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La jeune femme était au moins autant en sécurité que je pouvais l'être, ainsi toute mon attention voguait sur l'étendue verdoyante. Je cherchais la panthère, et je cherchais Ashton. Peut-être même davantage le dernier que son prédateur potentiel, bien que ce ne fût peut-être pas le meilleur ordre de priorités... Après tout : une panthère morte réglerait le problème de sa sécurité, et même de la nôtre.

Des herbes balayées par un éclat rose affûtèrent mon attention. La voilà. Mon arc était prêt, mais je ne voulais pas la manquer, car une flèche manquée ne ferait que l'enrager. Je voulais son cœur, sa gorge, ou ses yeux, bref : une cible mortelle. En cas de besoin, d'autres flèches qui reposaient dans mon carquois pourraient être enchaînées en seulement quelques secondes.

La panthère avançait langoureusement dans les herbes hautes. Si on avait pu croire, avec sa queue ballottant, qu'elle était détendue, je savais qu'elle était au contraire en plein jeu : en somme, ça annonçait une mort lente et tourmentée à la merci de longues morsures et d'énormes coups de patte.

Je sus que ma première flèche ne fut pas mortelle avant même qu’elle ne trouve cible, mais je n’avais pas encore ajustée la seconde à mon arc quand je vis que la jeune fille s’était jetée sur la panthère. Leur rencontre fut brutale, tout autant que les coups qui battaient dans ma poitrine en regardant ce spectacle morbide. Contre toute attente, aidée par ma flèche, c’est miraculeusement la fille qui prit le dessus malgré l’effusion de sang qui rayait de son bras.

Ashton apparut quelques secondes après l'impact ; le rouage du temps semblait trop parfait, trop contracté, comme si quelqu'un quelque part pressait l'histoire de s'enchaîner. Bref, il s’adressa vite à la jeune fille blessée. Alors qu’il se dévoilait toujours devant moi revêtu d’une insolence enfantine, il m’arrivait d’oublier quel vieux connard grincheux il pouvait être avec les autres. J'étais émue de le voir bien portant, mais quelque peu erratique. Un sentiment d'alarme criait encore. J'avais eu peur pour lui, et le voilà fidèle à lui-même, pas même conscient de la mort qu'il avait évitée de quelques instants à peine. À son tour il me cherchait des yeux, sans toutefois penser à les lever vers le haut. La jeune fille savait où j’étais et elle me lança peut-être quelques coups d'œil en voyant Ashton me chercher, mais mon expression priait son silence. L'air affûté soudainement crissa sous mes bras ouverts et mon ventre se vida de son air dans ma chute. Mes doigts trouvèrent les replis de ses vêtements, puis les recoins de ses côtes, avant même que mes jambes s'emballent à son torse et mes bras à sa gorge. Il n'y eut pas un bruit avant l'impact, seulement l'expression mimée de mes dents qui, en frôlant son épaule, pouvait faire écho dans ses sens au rugissement de la bête.

- And you’re dead again. Susurrais-je doucement à la chaleur de son oreille. Et j’ai gagné, continua une petite voix logée au creux de ma tête. Again - encore, parce qu’il mourait souvent dans mon imaginaire, tout comme chacun des autres pionniers, et que c’était là une inquiétude omniprésente qui m’alourdissait la vie.

Je glissai de son dos avec une aisance condescendante en me redressant face à la jeune fille, mais ne perdis finalement pas de temps avant de plonger vers son bras lacéré.

- You’re lucky.
Lui dis-je finalement en levant les yeux vers son visage, contredisant Ashton. Ça aurait pu être pire - ça aurait également pu être mieux, mais la vie suivant son cours , il était inutile de s’attacher à de bonnes possibles alternatives tout en ignorant les bien plus mauvaises. La blessure n’était pas trop profonde : assez sérieuse pour lui faire mal longtemps et pour s’infecter et mal tourner, mais pas suffisamment pour être un danger imminent à sa vie. Elle était chanceuse, certes, mais bien entraînée également. Elle avait une bonne stature, une musculature fine, mais ferme, et surtout, elle avait sauté sur la bête alors que tout instinct de survie lui aurait dicté de faire exactement l’inverse. L’audace est aussi un muscle qui se travaillait et qu’elle a visiblement travaillé.

Je lui souris sobrement après avoir brièvement étudié son visage, et continua d’une voix posée :
- You’ll probably have a scar, but at least it’s gonna look pretty badass !

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MessageSujet: Re: Un monde nouveau ... une nouvelle identité, une nouvelle vie : une nouvelle moi Ven 4 Sep - 14:03

All grown up were first children, but few of them remember.
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Cher Journal,

J’avais l’impression que la scène avec la panthère s’était déroulée au ralenti et lorsqu’elle se finit, les choses allèrent trop vite, beaucoup trop vite.


Je ne pris conscience de l’homme que lorsqu’il arriva au niveau de mon champ de vision. Il m’adressa une simple formule de politesse sans vraiment chercher à savoir quoi que ce soit. Son regard ne cessait de balayer l’espace à la recherche de …la fille ! Mais pourquoi ne se montre-t-elle pas ? Je lançais un regard dans sa direction mais me ravisa : son expression …

J’analysais la situation dans mon esprit : la panthère rose gisait à terre, sans vie, la fille qui m’avait aidée était encore perché sur son rocher, aux aguets et l’homme lui tournait le dos. Connaissait-elle cet homme ? Ou y avait-il différant groupes de personnes et ces deux là ne s’aimaient pas ?

L’homme m’avisa alors avec un air de « papa ». J’avais vraiment l’impression d’être une petite fille qui se faisait gronder par un adulte mais il avait raison. Je me retins de lever les yeux au ciel comme une gamine de 14 ans … je me sentais déjà assez petite comme ça. J’avais un manque de chance assez extraordinaire qui relevait presque du génie. J’étais venu dans ce monde pour essayer de laisser toutes ces « magouilles » derrière moi mais ma vie d’avant semblait me poursuivre à travers l’espace temps.

Il y eu un instant de flottement ou j’aurais du m’excuser de ma bêtise mais je n’eu que peut de temps pour le faire. La femme qui m’avait aidée sauta du rocher où elle se tenait pour finir sur le dos de l’homme qui m’étais apparut. La scène se déroulât en un fragment de seconde si bien que l’homme n’eu pas le temps de réagir et, alors que je reculais, redoutant un affront entre ces deux personnes, la femme ne fit rien d’autre que lui parler a l’oreille et l’homme ne bougea presque pas.

Je n’y comprenais plus rien. Ils se connaissaient ? Mais alors pourquoi ce regard ? Pour une blague ou un avertissement ? Après être descendue du dos de l’homme elle fondit sur moi, ou plutôt mon bras qui saignait encore. Oui j’étais chanceuse, mais je ne savais pas quoi répondre a cette affirmation alors je me tue. Je n’avais pas toujours été chanceuse dans la vie mais là, avec cette panthère j’avais fait un petit pied de nez au destin : j’avais réussi à m’en sortir alors que ce n’était pas gagné d’avance. Alors qu’elle étudiait vaguement ma blessure, je fis de même : elle avait raison, rien de grave. Je pris quand même note de bien soigner cette vilaine plaie et de la surveiller de près : il ne s’agirait pas que j’ai à me couper le bras a cause d’une blessure aussi idiote.
Son commentaire me fit sourire. Badass ?! Probablement ! Mais ça va mettre du temps …

- It is thanks to you that my arm is not shredded. Thank you.

Mon regard passait de la jeune femme a l’homme derrière. Celui-ci n’avait pas émis un seul son depuis qu’elle était descendue de son dos mais il ne l’avait pas quitté des yeux. En fait dès qu’elle bougeait, il faisait de même, de façon a être près a toutes éventualités. Leur relation devait être très fusionnelle … Je fronçais les sourcils.

- I'm sorry but ... I have so many questions. You know each other ? We are well on Terra, right? This ... this panther was naturally pink or ...? And there are other people or you are only two?

Les questions se bousculaient dans ma tête, trop pour que je puisse toutes les poser en même temps ou même les finir. J’espère qu’ils vont pouvoir m’aider …

Traductions:
 
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MessageSujet: Re: Un monde nouveau ... une nouvelle identité, une nouvelle vie : une nouvelle moi Aujourd'hui à 16:05


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