Le cimetière blanc

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MessageSujet: Le cimetière blanc Dim 18 Jan - 21:45

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Caspar Liebert - R.I.P.

Lorsqu'il pénétra dans le cylindre métallique du docteur Oliver, Caspar n'était pas sur de comprendre ce qu'il faisait là. Il était ouvert d'esprit et pour avoir côtoyé des scientifiques, savait à quel point il était possible de repousser les limites de ce que le commun des mortels percevait comme la réalité. Pour l'instant, il avait juste l'impression de vivre une scène de mauvais film de science-fiction des années 90.

Le chercheur américain lui avait expliqué sans trop entré dans les détails que son appareil lui permettrait de voyager instantanément dans un lieu très éloigné et encore sauvage où quelques rebelles avaient déjà été envoyés avant lui. Il n'était pas très loquace alors Caspar avait préféré ne pas se montrer trop insistant. L'excitation de voir enfin de ses yeux ce qu'il n'avait toujours fait qu'imaginer, mêlée à son sens du devoir exacerbé le poussait simplement à poursuivre l’expérience jusqu'au bout pour revenir plus tard faire son rapport.

A ce moment, le jeune espion ne savait pas encore qu'aucun retour n'était permis. Quoi qu'il en soit, il était trop tard pour faire marche arrière. Les parois de sa cellule technologique grésillaient déjà. De vifs arcs électriques bleutés claquaient tout autour de lui hérissant ses cheveux sur sa tête, puis toute sa peaux fut parcourue d'un léger frisson. Quelle angoisse ! Caspar essayait de garder son calme, il resta droit et fière comme un militaire, pourtant ses yeux roulaient dans tous les sens, à l’affut d'on ne sait quoi ...

Aux alentours, rien que le chrome de la machine vibrant d'une note stridente, brillant d'un bleu de plus en plus lumineux. Il venait de perdre tous ses repaires, plus de haut ni de bas, rien que la sensation de ses molécules se désolidarisant au gré de l'électrostatique. Il tourna la tête et aperçu brièvement une étendu blanche constellée de taches grises éparses et grossières. Un froid mordant lui remonta le long de l'épine dorsale et lorsqu'il regarda de nouveau devant lui, une gigantesque plaine blanche s'étendait tout autour de lui.

S'en était trop pour un seul homme. Le voyage interstellaire n'était pas une expérience des plus reposante, il tomba un genou à terre.

Après quelques instants d'une léthargie aussi bien physique que mentale, Caspar reprit doucement ses esprits. Il se redressa timidement au centre d'un cercle de deux mètres de diamètres dans la neige fondue. Il n'avait pas encore vraiment froid, mais cela ne tarderait visiblement pas, car, à perte de vue, c'était l'enfer blanc qui régnait, ponctué ça et là de menhirs sombres répartis aléatoirement. Dans quel monde étrange et inhospitalier avait-il atterri ?

Ce n'était pas le moment de flancher. Certes, il ne s'était pas attendu à cela, mais maintenant qu'il y était, le tout était de survivre assez longtemps pour mener son enquête au bout et revenir sur Terre chargé d'informations juteuses pour l'état-major. Il enfila rapidement les vêtements les plus chauds de son équipements, en espérant qu'ils lui permettent de tenir assez longtemps pour trouver une source de chaleur convenable. Après plusieurs longues minutes de marche harassante dans la poudreuse, aucune forme ne se dessinait dans la brume glacée. C'en était fini de lui, il était dans un cimetière sans fin et l'une de ses pierres dressés allait assurément lui servir de stèle funéraire ...
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MessageSujet: Re: Le cimetière blanc Sam 24 Jan - 4:31

je suis une actrice qui connaît le jeu qui ne lui fut jamais écrit
Féminin


Le ciel pleurait des larmes blanches sur une civilisation gercée, figée dans l’hiver. La vie existait lentement pendant la saison blanche ; elle prenait le temps de se réchauffer et elle ne s’activait pas plus que nécessaire. D’une part, peu de gens osaient s’aventurer hors du village par ce froid, omis quelques chasseurs, ou quelques marginaux.

J’étais hors du village et j’avais froid.

Nous manquerions bientôt de nourriture, ainsi la survie m’obligeait cette excursion solitaire. Beaucoup de gens pensaient que la nature allait bientôt se calmer que nous allions alors pouvoir reprendre de l’activité. Plusieurs de ces personnes m’ont timidement conseillé d’attendre avant de me lancer dans l’enfer blanc qui battait dehors. Une personne en particulier a imputé cet élan sur mon besoin de bouger et sur mon obsession à faire avancer le projet. Soit. L’inactivité me rendait bel et bien chachèvre, et le froid était, effectivement, un danger à ne pas sous-estimer. Toutefois, mon expédition avait peu à voir avec l’ennui, et beaucoup avec mon instinct et la conviction que d’attendre n’était pas une solution, qu’au contraire, qu’attendre ne ferait que nous épuiser par la faim et rendre la tâche plus difficile plus tard.

- I prefer to be wrong and cold, then to be right and dead. Ce fut le silence dans la hutte. Si quelques chasseurs trouvaient l’argument convaincant, j’eus refusé leur compagnie. Je reviendrais épuisée avec de la nourriture, ou bien seulement épuisée. La seule chose qui était certaine était que je reviendrais et peu importe comment, le butin ne serait pas gras et il serait inutile d’avoir plus d’un chasseur harassé ; les autres devaient se ménager pour plus tard, quand la température s’adoucirait. Idéalement, mon expédition allait leur rapporter de quoi se faire des forces, et en cas d’échec, ils ne seront au moins pas étouffés par une cachexie violente causée par le froid. Je ne pourrais malheureusement pas chasser dans la forêt de la falaise : tous les chasseurs de Terra savaient que par ce froid, les bêtes l'auraient fuis pour rejoindre la forêt rocheuse qui était non seulement beaucoup plus couverte, mais tout bonnement plus chaude grâce à la géothermie. Le plan était de me rendre au camp de chasse situé dans l'est, et je devais pour cela traverser le champ de pierres qui était parcouru par des vents froids et impétueux : je ne pouvais pas faire ce long trajet d'une traite. Ce serait du suicide. Mon premier but était donc de me rendre à l'abri abandonné à la limite de la forêt de la falaise, de m'y réchauffer, puis de traverser le champ au plus vite. Je pourrai ensuite facilement m'abriter sous le couvert des sapins et des rochers et me rendre à mon rythme au camp.

Il me fallut plusieurs heures avant d’être bien réchauffée. L’abri était pourvu d’un petit foyer, mais l’abandon le détériorait de saison en saison. La nuit tombait déjà, et la tempête battait encore, ainsi je décidai de dormir et d’attendre l’insolation. Dehors, on pouvait voir la lune pleine vivre et mourir à la fois ; elle s’endormait sous une nuit qui tombait bruyamment, et au rythme du vent qui vagissait contre un paysage déshabillé.

Au matin, il ne neigeait plus, mais un brouillard poudreux régnait partout. Les braises de la nuit étaient encore chaudes lorsque je m’élançai dans la neige, en suivant les rafales hurlantes.

Chaque bourrasque était vêtue de neige et me giflait de froid. Le champ prendrait quatre heures à traverser, tout au plus, et j’en parcourus une bonne partie en rêvant d’y monter un abri pour l’année suivante. Un trou béant dans la neige me fit faire halte malgré le vent qui me soufflait dans le dos comme pour m’encourager à continuer mon chemin. Des traces de pas balayées étaient encore visibles au sol et me convainquirent de faire demi-tour.

Je découvris un corps recouvert de poudre blanche, tellement que j’avais peine à deviner la couleur de ses vêtements ou de ses cheveux, mais sa peau était blafarde sous la neige, et ses lèvres blanches et gercées. Je fus surprise de le découvrir vivant, croyant d’abord avoir trouvé un cadavre… Je l’ai hissé avec peine sur mes épaules, m’aidant seulement d’une couverture que je traînais avec moi et j’avançai vers la forêt de laquelle je venais pourtant de sortir. Il était lourd et mon corps me sommait de prendre une pause, malheureusement, le climat ne l’aurait pas permis. Je gémis et jurai jusqu'à destination, un chant que les arbres eurent écouté, et auquel ils ont répondu en crissant.

Le vieil abri abandonné était déjà froid, mais beaucoup moins que l’extérieur duquel on venait de rentrer. Sans grande délicatesse, j’avais laissé tomber le jeune homme dans un concert de craquement, et il était vaguement atterrit sur la vieille couchette de paille qui jadis appartenu au maître des lieux. J’accueillis le feu timide comme un miracle malgré la morsure de sa chaleur sur mes doigts rougis. Quant au jeune homme, la neige qui le couvrait avait fondu et libéré des éclats de chevelure foncée. Ses survêtements froids et humides furent difficiles à enlever et cachaient des membres rougies et blanchis, brulés par le froid, il avait quelques ecchymoses, mais heureusement rien qui semblait se nécroser pour le moment.

Ma bouche frôla à quelques reprises son épiderme glacé alors que mon souffle le réchauffait un peu, le temps que la chaleur s’épand dans l’abri. Je n'osai trop le toucher : sa peau étant encore tendue et rigide, j’avais peur que de la friction puisse lui causer plus de lésions. Bref, je venais peut-être de lui sauver la vie et il ne restait qu’à espérer que ce ne soit pas en vain. Ma chasse tombait à l’eau : mon calcul de base risquait ma santé pour des vivres et je n’avais jamais compté cette variable qui résulterait par une bouche de plus à nourrir.

traduction:
 


Pardon du retard, et aussi du fait que je reste finalement très technique/pratique pour commencer le Rp. Autrement, je propose qu’on poursuive Rp dans la section appropriée, c’est-à-dire ici.
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