La cabane de la chasseresse

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MessageSujet: La cabane de la chasseresse Lun 26 Jan - 20:49

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Caspar Liebert - R.I.P.
... Voir l'épisode précédent.

Le temps reprenait tranquillement sa course dans l'organisme de Caspar. D'abord son cœur reprit un rythme normal, puis le sang chaud qui circulait entre ses organes relança peu à peu la machine organique engourdie par le froid. Il ne se réveilla pas tout de suite, il fallait beaucoup d’énergie pour ramener à la vie un corps entier, mais il était vivant et avait échappé au pire. Ce n'était même plus une syncope, juste du sommeil.

Preuve que son cerveau s'était remit des rigueurs de l'hiver : il rêvait. C'était un doux songe, pas de ceux qui racontent une histoire, un rêve dont les sensations et les émotions sont si fortes et réalistes qu'elles en deviennent irréelles. Caspar se voyait très haut dans le ciel, à la limite entre l'atmosphère et le vide du cosmos. Il était en train de tomber à une vitesse prodigieuse. Le problème ce n'était pas la chute mais l’atterrissage qui s'annonçait violent. Pourtant c'était agréable ... Au fur et à mesure de sa descente, le rêveur sentait l'air se réchauffer, sa peau caressée par l'ouate des nuages. Il tombait toujours et vit apparaitre la terre, lumineuse, chaleureuse, celle qu'il avait toujours imaginé dans ses méditations contre l'angoisse. Elle était si belle vu d'ici ! C'était comme si il volait au-dessus d'une foret sauvage. Sauf qu'il ne volait pas, il tombait se rapprochant inlassablement du point de chute. Pourtant il profitait de la béatitude sans s'en soucier.

Après plusieurs minutes de grace intense, l'approche de la cime des arbres commençait à se faire de plus en plus insistante. Caspar, voulu redresser sa course comme un aigle se remet d'un piqué, et c'est à cet instant que le rêve prit une autre tournure. Impossible de faire quoi que ce soit ! Le problème ce n'était pas la chute mais l’atterrissage qui s'annonçait violent. A une allure de plus en plus folle, il s'imaginait déjà empalé sur le sommet d'un pin. L'air sifflait à ses oreilles, asséchait ses yeux et déformait son visage. Des sueurs froides le parcouraient de long en large.

Dans l’abri, posé sur sa paillasse, Caspar s'agitait dans son sommeil de manière inquiétante.

Dans son rêve, il passa de justesse entres les arbres et traversa brutalement le toit de chaume d'un cabanon perdu avant d'exploser littéralement sur la terre ferme. Il n'y eu ni sang, ni craquement d'os; au même instant il se réveilla en sursaut.

Le jeune espion fut d'abord pris de panique, mais se raisonna rapidement, par habitude. Une jeune femme, qui l'avait vraisemblablement trainé jusqu'ici, se tenait à quelques centimètres de lui dans une vieille bâtisse rudimentaire et délabrée. Il y avait un feu qui crépitait dans le foyer au centre de l'unique pièce et des flocons de neiges qui perçaient à travers les trous du toit.

Caspar savait contrôler ses émotions, c'était son métier. Cependant, il ne savait absolument rien du monde dans lequel il avait été téléporté. Il en allait de sa survie d'être extrêmement méfiant à l'égard de ce qui aurait très bien put être une sauvageonne psychotique anthropophage. Il se crispa et tenta de se redresser pour lui assener un coup de pied qui lui laisserait le temps de s'armer, mais n'arriva à rien d'autre qu'à se cogner la tête contre le mur avec maladresse.

Caspar redoutait de savoir à quelle sauce il serait mangé en jetant un regard de peur mal dissimulé par de l'agressivité sur sa sauveuse.
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MessageSujet: Re: La cabane de la chasseresse Mar 3 Fév - 2:52

je suis une actrice qui connaît le jeu qui ne lui fut jamais écrit
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Mes doigts enflés par la tiédeur soudaine parcouraient maintenant une peau gorgée d'humidité avec une vigueur qui aurait pu être d’autant plus agréable en d’autres circonstances. La chair rougie répondait maintenant au mouvement, se conformant sous des mains, elles gercées par l’hiver et par le travail, mais chaudes ; la moiteur qui la gorgeait était froide, certes, mais certainement en dessous du point de congélation, ce qui était une belle amélioration.

Des flammes dansaient timidement dans l'âtre de pierre, et nos survêtements, ainsi que de grandes couvertures abandonnées, séchaient et s'imbibaient d'une douce chaleur. Un vieux chaudron de terre cuite avait été rempli de neige, et celle-ci, fondue, bloubloutait maintenant lentement, léchée par des flammes timides qui s’agitaient au rythme de la brise filtrée par les effondres.

Il émergea de l'inconscience comme on sort de l'eau : avec une remontée lente, mais se terminant par un fracas, une volition violente en réponse à son instinct de vivre. J'évitai l’impact de justesse seulement en glissant sur la pointe des orteils et en forçant du ventre, mais pas le pied qui se déposa maladroitement juste sous mon nombril et que je sentais bien froid par-dessus ma tunique de lin. Je m’étais reculée un brin sans me formaliser de l'attaque, trouvant plutôt charmant le fait qu'il puisse ainsi s'animer dans son état, tout comme sa méfiance qui aurait bien pu être justifiée.

L’instinct de survie était un atout indispensable pour survivre ici, et la capacité de l’exercer d’autant plus.

En le voyant se cogner, un éclat de surprise ronronné s’échappa de mes lèvres et se perdit dans un filet de buée qui se dissipa vite. Je restai ensuite debout un instant, puis m'accroupis – Bien hors de la portée de possibles coups, toutefois. Une main vient trouver mes lèvres en mimant le silence et en appelant au calme dans un murmure expiré.

- You’re safe for now.

J’avais tout juste prononcé le dernier mot que soudain, plusieurs choses arrivèrent en même temps : l’eau par écume bouillante s’évada de son asile et s’évapora bruyamment en rejoignant les pierres ardentes du foyer. Dehors, le cri grotesque d’un hurlevent retenti, et dans l’abri, de nulle part sortie une poulette verdâtre effrénée, enragée par tant de commotion. À vrai dire, j’étais quelque peu surprise de ne pas l’avoir vu auparavant : il était en effet bien connu que cette grosse poule tout particulièrement agressive s’était établie peu après la disparition de Isaac. Comme toute personne habitant ici depuis un moment, le cri du hurlevent ne me dérangeait plus particulièrement, quant à l’eau, elle bouillait encore, mais ne débordait plus après s’être ainsi vidée sous la pression. La poule courut en labourant le sol gelé de ses pâtes cruelles, et nous frôla dans un éclat de plumes effritées et dans un concert de gloussements offusqués. Elle fonça contre un mur fragile qu’elle perça, seulement pour revenir aussi vite qu’elle en était sortie, hystérique et enneigée, et elle repassa devant nous et retrouva sa cachette sous un établi.

On devinait à la vue de deux petits orbes brillants dans le noir, son regard nous regarder avec hargne.

** Le hurlevent est un petit oiseau qui habite la forêt de la falaise et dont le cri ressemble aux hurlements d’un humain à l’agonie.


Dernière édition par Lena M. Oliver le Mer 25 Mar - 5:07, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La cabane de la chasseresse Lun 23 Mar - 19:26

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Caspar Liebert - R.I.P.

HS:
 

-You’re safe for now.
La ton était calme et rassurant, Caspar se laissa aller à un peu de confiance. Il s'assit fébrilement, gardant l’œil sombre de la méfiance. Un léger râle embrouillé s'échappa de sa gorge gelée. Ce n'était pas l'incongruité de la situation qui le laissait sans voix. Il fit signe à son hôtesse qu'il avait soif. Emmitouflé dans ses peaux, il se remettait de plus en plus surement de sa petite sieste en plein air. Cette mission s'annonçait plus rude que tout ce qu'il avait connu jusque là, comme le laissait présager son baptême de neige.

Après avoir avalé douloureusement quelques gouttes d'eau, la parole lui revint. Qu'allait-il bien pouvoir en faire. Son esprit brumeux n'aidait pas son tempérament calculateur sur ce coup.
- Who are you ? lacha-t-il sèchement.
Le frémissement de l'eau sur le feu jouait son bruit de fond dans la froide atmosphère du gite quand un autre cri, plus aigu cette fois, ce fit entendre à travers la foret. La jeune femme ne sembla pas s'en émouvoir et le volatile faisait lourdement peser son regard sur l'assistance. Caspar essayait de définir d'où venait ce cri sinistre. Et celui-ci reprit de plus bel.
- Where am I ? What is this place ? demanda-t-il toujours aussi inquiet de son sort. I come from earth for the Terra Project.

Vu l'état de ce cabanon, ravagé, perdu dans la forêt, infesté de vermine et cerné de cris d'agoni, Caspar s'imaginait le pire. On était probablement assez loin des doux rêve du docteur Oliver, et quoi qu'il ait pu se passer dans ce lieu maudit, le jeune espion n'en sortirait pas indemne. Ce n'était pas qu'un pressentiment : une simple évaluation de la situation dans laquelle il s'était fourré sans même en avertir ses supérieurs. Seul et faible, il osa une dernière question :
- What happend here ?
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MessageSujet: Re: La cabane de la chasseresse Mer 25 Mar - 20:20

je suis une actrice qui connaît le jeu qui ne lui fut jamais écrit
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Ma voix l’apprivoisait, mais l’environnement lui inspirait visiblement méfiance.

- My name is Lena and I just saved your ass despite the fact that your arrival may just starve my village to death. Dis-je d’une voix douce, tout juste consciente de l’écart important qui séparait l’intention première de tisser un premier contact de confiance, et le sens pourtant trop vrai des mots choisis.

- Don’t tell me that the crazy bastard didn’t explain a thing to you . . . Supposais-je d’abord.

L’eau bouillante avait englouti le bol de bois et fumait désormais en son sein. Je le tenais précautionneusement entre mes mains rougies par la chaleur du chaudron, et soupirait dessus à en faire onduler l’eau et friser la vapeur volatile. J’en pris moi-même une gorgée, autant pour m’assurer que la tiédeur que pour m’hydrater, avant de porter le bol à ses lèvres. J’ignorai quelconque réflexe qu’il ait pu avoir de saisir le bol et lui versai l’eau qu’il demandait, puis remplis de nouveau le bol pour, cette fois, le laisser refroidir sur une table de fortune.

J’acquiesçai en l’entendant mentionner le projet. Le fait qu’il connaissait son sort venait dissiper un poids énorme. Le village vivait un émoi impossible chaque fois qu’une pauvre âme devait faire son deuil de l’Ancien Monde et accepter de vivre sur Terra après avoir été propulsé de force.

- This used to be the home of a lone hunter. We’re not quite sure what happened to him… Loners usually don’t last long once winter is all over us. But anyways, we sometime use this abandoned shack as a resting point while hunting since we’re quite far from the main village. En somme, tout un tas d’informations pêlemêle et j’espérais que l’une ou l’autre des réponses lui conviendrait.

Dehors une bourrasque violente provoqua un concert de craquement. Le hurlevent, visiblement très près de l’abri, scanda son indignation et agita ses ailes dans un récital des petits cris et de froissement de plumes, trahissant à l’auditeur averti son état d’oiseau. Le vent n’épargna pas la modeste cabane ; une vague de froid inonda la pièce. Mon propre survêtement trempé étant au bord du feu, mes épaules et mes jambes dénudées se couvrirent de frissons agressifs. Encore plus découvert que moi, il devait également avoir senti le courant frais passer. Je saisis la couverture de fourrure chauffée par le feu et la revêtis comme une très longue cape touffue, puis pris place près du nouveau venu en lui laissant la possibilité de tirer quelques longueurs de cette seule couverture sèche et disponible.

- No human is eternal, especially here. Once we die, our things just crumble and fade into nothingness. Finis-je pensivement.

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MessageSujet: Re: La cabane de la chasseresse Ven 3 Avr - 0:42

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Caspar Liebert - R.I.P.

Satisfait de ce flot d'information, Caspar se détendu un peu. Le froid gagnait la cabane ; fichue saison ! Il accepta la couverture avec plaisir et s'allongea sur le côté, face au mur. Ce n'était toujours pas la grande forme, le silence s'installa, comme le froid, accompagné des craquements provoqués par l'ardeur de l'hiver. Le hurlement aussi était de la partie, il était louche, on s'en accommodait comme du chant des oiseaux à la fin de la nuit. C'était rassurant, à l'instar de la philosophie de la chasseresse.

Aucun homme n'était éternel ... Les traces s'effaçaient ... Ce n'était pas la joie dans le coeur de cette fille. Apparemment, Caspar était aussi sur le point d'apporter la mort sur son village; elle ne croyait pas si bien dire la bougresse ! Trêve de plaisanterie, c'était la famine qui menaçait les siens, sans doute. D'où le refuge de chasse. L'espion n'était qu'une bouche de plus durant la saison des gelées. Caspar était confiant, il saurait gagner sa place dans la communauté, c'était le meilleur moyen de la comprendre et de la compromettre.

- You were going to hunt, isn't it ? brisa-t-il la glace. I'm sorry to come in a moment like this. I don't want to be a burden for your people. Let me help you to bring some food !

Dans la froidure, la glace avait tôt fait de reprendre ses droits. Après un craquement de branche et un coup de bourrasque, il reprit :
- A good long night before. Please ... And tomorrow, we'll see ...

Il ne s'endormit pas tout de suite, encore tout étourdi, de ce brutal voyage, mais ne dit plus rien jusqu'au lendemain matin.
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MessageSujet: Re: La cabane de la chasseresse Sam 11 Avr - 16:21

je suis une actrice qui connaît le jeu qui ne lui fut jamais écrit
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Une brise froide frôla l’épaule nouvellement dénudée. La couverture venait de glisser, et sans feu, le froid était mordant. À côté, le nouvel arrivant dormait toujours d’un sommeil presque trop calme.

Mes pieds rebondirent sur le parterre glacé, jusqu’à l’âtre du feu éteint où j’attisai les braises tout en grelotant, en sautillant ou en serrant des cuisses. Peu de temps après que le feu soit monté haut dans le foyer, je vus que mon compagnon était à son tour réveillé. Au menu, nous eûmes chacun une maigre tranche de pemmican parfumée aux baies d'azure et quelques fruits secs provenant de mes provisions, ainsi que quelques noix et quelques lanières déshydratées de cerf à queue de cheval qu'on conservait dans l'abri en pareil cas de besoin. Un tel trésor, mais plus imposant encore, reposait dans le camp de chasse de la forêt rocheuse. Et heureusement, parce qu'il ne me restait désormais qu'une brique de pemmican pour toute l’expédition.

- Lisen up. I have to go. I could explain to you how to find the village on your own, but the storm would be a challange since you don't exacly know where to go or what to look for. Or you could stay here for a while.... Thier is enough rations for one person to last a couple of days. Hopefully, the storm will go down before I come back, otherwise i'll guide you then.

Je l’observe en mâchouillant pensivement un morceau dur de viande séchée.

- Or you could come with me. Ajoutais-je enfin, et je me rappelai simultanément qu’il avait justement proposé de le faire la veille, alors que le sommeil nous gagnait. Il ne semblait pas armé de sorte à pouvoir chasser, mais nous pourrions sans doute lui improviser quelque chose une fois camp, et sinon il serait tout de même d’une grande aide pour ramener la viande au village.

Dehors, la neige poudreuse et l'air glacé entreraient douloureusement dans nos gorges. Le couvert de la forêt serait supportable, mais le plus dur serait encore à venir. Le champ de pierres serait lieu d'un triste rendez-vous : la plage aride d'une mer de givre, parcourue de vagues sifflantes. Il faisait heureusement un peu moins froid que la veille, mais plus venteux, et d'un vent cruel.


Pardon pour le retard. ; ___;

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