Hold my hand

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MessageSujet: Hold my hand Ven 22 Mai - 17:47

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Grayson Sheppard - R.I.P.

Un instant il était dans le laboratoire, la zone secrète, du Dr. Oliver, et le suivant il trébuchait sur une pierre minuscule, retenant Alex de justesse pour ne pas qu'il s'effondre. Un éclair de lumière le fit se retourner mais il s'était déjà évanoui, le laissant perdu au milieu d'une étendue improbable de vert, de gris, de bleu et de beaucoup de choses qu'il n'avait jamais vu en aussi grande quantité. Effrayé, le petit garçon se pressa contre sa jambe, lâchant sa main pour se cramponner à sa chemise et au haut de son pantalon, sa figure enfouie contre le pan de sa veste. Le poids du sac lui sciait les épaules mais il sourit quand même, les lèvres entrouvertes sur un mot gentil, un mot réconfortant. Seul un son étranglé en émergea. La réalisation qu'il n'avait toujours pas inspiré se fit et la panique le gagna. Se raidissant instinctivement, il inclina la tête vers l'arrière comme si ça pouvait l'aider à attraper l'air, à le capturer. Il força l'oxygène à passer, la bouche ouverte comme un poisson hors de l'eau. Et l'air entra en sifflant, gagna sa poitrine et il eut l'impression d'avoir invité l'hiver dans ses poumons. La sensation, piquante, terrible, lui fit redouter la prochaine fois et celle-ci se présentait déjà. Luttant pour respirer, affrontant la sensation que sa poitrine était comprimée, enfoncée vers l'intérieur. Et ça brûlait jusque dans sa gorge.

Alex leva la tête vers lui, ses grands yeux pleins de peur et d'attente et de besoin de réconfort.

- Ça va aller, croassa-t-il en français.

Il bloqua un toux, tenta vraiment de la coincer en espérant qu'elle passerait mais elle força le passage jusqu'à sa gorge et il se détourna du gamin pour tousser dans sa manche. La quinte le plia en deux et il s'essuya discrètement les lèvres sur sa manche heureusement noire avant de relever la tête, éviter au gosse de voir le sang. Les enfants ne devraient jamais voir d'autre sang que celui qui suinte d'un genou à peine écorché.
La tête lui tournant, il s'assit lentement, pliant d'abord les genoux avant de poser les fesses sur… l'herbe. Un sourire béat lui échappa et il attira Alex dans son giron. L'enfant se pelotonna derechef contre lui, son visage fourré dans son cou pour ne pas affronter l'inconnu.

Prenant de profondes et lentes inspirations, la bouche ouverte, haletant presque, Grayson attendit d'être sûr qu'il ne provoquerait pas de nouvelle toux s'il reprenait la parole. Seulement alors il tourna le visage jusqu'à ce que son nez ne rencontre la tignasse désordonnée du gosse et chuchota :

- Montre l'exemple à Doudou.

L'enfant secoua la tête en un « non » et Gray émit un son bas, amusé. Il détourna le regard du garçon sans pour autant détendre son étreinte. Son regard rencontra du vert. L'herbe était haute et sentait bon, le vent était frais et l'odeur… l'odeur ! S'il n'avait pas craint que sa poitrine se fende en deux s'il s'y risquait, il aurait inspiré à fond pour se gorger de l'odeur. Il n'y avait pas le parfum désagréable et agressif de la pollution lourde et agressive, pas non plus l'odeur de l'asphalte ou du macadam mouillé. Juste… c'était indescriptible mais ça sentait bon. Il dissimula un sourire dans la tignasse d'Alex, bien plus heureux qu'il n'aurait voulu l'avouer. Il en aurait pleuré de soulagement s'il n'avait pas l'impression que quelqu'un était actuellement occupé à creuser à la pioche dans sa poitrine. Petit à petit, morceau par morceau. Il y avait un raclement dans sa respiration, il le savait. Comme il savait que ça passerai à l'instar de la douleur, jusqu'à ce que cela puisse être relégué au second plan. Pas oublié, mais il pourrait feindre de l'ignorer.
Il remua et Alex protesta en geignant, refusant manifestement d'affronter ce qui se trouvait autour d'eux. Il ne s'attendait pas à ce que l'enfant prenne bien la chose mais il ne s'attendait pas non plus à devoir s'exprimer longuement avec l'impression qu'un mineur s'attaquait à ses poumons.

- Écoute, baby boy, on va boire un peu parce que j'ai soif.

Nouveau hochement de tête négatif. Grayson leva les yeux au ciel et avec une pensée d'excuse, arracha un long brin d'herbe qu'il glissa dans le cou de l'enfant. Celui-ci glapit en sursautant et éclata de rire, un son cristallin que l'ancien Assassin n'avait pas entendu depuis longtemps. Trop longtemps.

- Dis voir, petite peste, tu serais pas en train d'essayer de me forcer à te porter ?

La petite peste leva vers lui une bouille innocente, de grands yeux et un sourire timide. Sheppard marmonna un juron en anglais et sourit malgré lui. Fouillant dans le sac, il en tira une petite bouteille d'eau qu'il tendit au môme.

- Bois, petit diable, on verra après si ta tentative d'attendrissement à fonctionné.

Alex se fendit d'un énorme sourire et prit la bouteille d'eau. Gray la tint afin d'éviter qu'il ne se fasse avoir par le goulot trop grand pour lui et s'assura qu'il buvait correctement. Une fois fait, ce fut à son tour et l'eau fraîche fit du bien à sa gorge douloureuse mais ça ressemblait à passer un glaçon sur une brûlure au troisième degrés. Sa poitrine sembla lui faire encore plus mal si c'était possible. Il savait qu'il serait incapable de porter Alex et le sac. Le trajet avec le chargement suffirait déjà à le mettre sur les genoux. Sa respiration était pénible même si régulière, l'air, l'oxygène, l'atmosphère, tout était trop différent et son système respiratoire était endommagé par des années de vie dans un endroit malsain où l'air même était vicié.
Même pour couvrir une courte distance, il aurait à faire de nombreuses pauses pour s'assurer de ne pas être épuisé et s'effondrer comme ça lui était déjà arrivé. Parfois la fièvre le clouait au lit et il espérait atteindre un quelconque endroit civilisé avant que ça n'arrive. Le Dr. Oliver lui avait assuré que de nombreuses personnes étaient déjà passées avant lui. Qu'il y avait une communauté. Il espérait seulement qu'elle n'était pas trop loin.

Baissant les yeux sur Alex, il le vit dévorer le paysage avec de grands yeux. Il n'exprimait ni émerveillement, ni curiosité, ni impatience. Il regardait avec attention, décortiquant l'environnement sans trop savoir s'il devait avoir peur ou non. Pour être honnête, Grayson l'ignorait également.
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MessageSujet: Re: Hold my hand Dim 31 Mai - 15:01

Je suis le son que personne ne fait, je suis l'ombre dans la nuit, et le vent dans tes cheveux
Féminin


Le vent porte sur sa brise un oiseau qui d’une aile légère parcourt la plaine, et qui d’un sifflant murmure ébranle les gerbes dorées. L’air court dans les herbes hautes, rit entre les feuilles. Il entoure et pénètre tout à des milles à la ronde. Celui qui se serait dispersé autour du nouvel arrivant se faufile maintenant dans ses vêtements, dans ses cheveux, dans sa gorge, dans ses poumons.

La gorge se resserre, mais l’air veut quand même entrer. Alors que le jeune homme halète pour trouver de l’oxygène, l’alizé revêtu de pollen et de particules autochtones se force un chemin dans des poumons qui se ferment douloureusement devant cette menace. L’air se viole finalement une voie brulante dans la poitrine du jeune homme et le vent déverse ses larmes dans les poumons de sa pauvre victime.

Grayson se noie.

Il prend Alex sur sa hanche et essaye de faire quelques pas, puis tombe. Il ne peut plus respirer.

L’enfant pleure.



Art by koyamori.
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MessageSujet: Re: Hold my hand Jeu 9 Juil - 13:54

Faire tenir l'infini dans la paume de la main, et l'éternité dans une heure
Féminin


Dans un grain de sable voir un monde,

et dans chaque fleur des champs le Paradis. Faire tenir l'infini dans la paume de la main, et l'éternité dans une heure.


Heureuse d’un printemps chaud, Lune s’évadait souvent du village pour trouver la mer, mais également pour profiter de la brise tiède, des herbes chatoyantes, des douces odeurs parfumées. Elle avait appris à aimer la forêt, le champ de pierres. À ne plus en avoir peur.

Elle s'y était évadée ce matin-là pour aller chercher des insectes : des vers, des sauterelles, ou un peu de tout ce qu'elle pourrait accrocher aux hameçons, car elle comptait s'installer au bord de la mer pour quelques jours afin de pêcher beaucoup et longtemps. Car malgré tout, c'était les lacs et les mers qu'elle aimait le plus. Éternellement.

Après un hiver de famine, elle comprenait d'autant plus l'importance de faire de grandes réserves, et elle voulait plus que tout avoir du poisson fumé pour l'année suivante. Le poisson fumerait lentement et serait bon longtemps, pas jusqu'à la fin de l'hiver, mais elle voulait en quelque sorte faire de premiers tests : essayer différentes techniques et observer lesquels goutaient les meilleurs et restait les meilleurs.
Elle était motivée, elle était heureuse, elle était paisible.

Le champ de pierres se dessinait, vert sur bleu, des trous de roche qui perçaient un ensemble organique. Elle avait sur elle un sac qu'elle remplirait de terre pour les vers, et une cage pour les autres bestioles. Tout comme le tissu de son filet, la cage était composée du prototype miniature d'un filet de pêche réalisé de ses propres petites mains.

Elle était en train de pourchasser une grosse sauterelle dodue lorsque les pleurs d'un enfant l'alertèrent. Près d’un gros rocher, elle trouva finalement le petit, ainsi que le corps raidi de sa figure paternelle auquel il était désespérément accroché. La vision étonnante et inattendue provoqua dans son ventre un lourd sentiment de malaise et d'alarme. Elle voulut prendre l'enfant dans ses bras, mais une fois que ses mains eurent trouvé sa taille, elle ne savait pas du tout comment le prendre. Il y avait simplement trop de bras, trop des larmes, trop de trop. Quant à lui, il ne semblait pas être prêt à abandonner son père pour rejoindre son sein.

Accroupie, elle finit par le guider vers elle en gardant une distance raisonnable, se leva comme un parasol au soleil, et l'entraina avec elle. C'est seulement lorsque l'enfant se mit à tirer sur son bras pour retrouver le cadavre qu'elle osa le prendre dans ses bras et qu'elle le remmena au village avec de plus en plus de hâte.

Plus tard elle dirait aux autres qu'il faudrait enterrer une nouvelle personne et faute de volontaire, garda l'enfant chez elle. L'enfant avait pleuré, mais n'avait pas dit un seul mot.

La citation en haut de la page est de William Blake.

Achievement Unlocked !
Succès ! Tu as accompli un défi : Traiter de la mort d'un personnage.
Tu peux désormais disposé de l'icône ci-dessus à ta guise pour afficher ton accomplissement !


Achievement Unlocked !
Succès ! Tu as accompli un défi : Traiter de l'adoption d'un enfant.
Tu peux désormais disposé de l'icône ci-dessus à ta guise pour afficher ton accomplissement !

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