[EVENT] L'été des tortues

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MessageSujet: Re: [EVENT] L'été des tortues Jeu 17 Sep - 19:03

Je suis le son que personne ne fait, je suis l'ombre dans la nuit, et le vent dans tes cheveux
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Et le sol tremblait sous les pas lourds des reptiles. Au loin, où a perte de vu s’étendaient des carapaces miroitantes de soleil, on put voir approcher une procession des plus grands spécimens de tortues jamais vus par l’homme. La plus grosse, grise et ridées, était aussi haute que le plus haut des abris, et au moins aussi large.

Elles avançaient avec une rapide lenteur, avec la grâce d’un film au ralenti, et pourtant elles progressaient bel et bien malgré les carapaces que leurs pieds cornus devaient pousser, écarter, écraser. Sans agressivité aucune, elles n’étaient pas plus tendre avec les constructions humaines, surtout celles dont elles ne daignaient pas considérer l’existence.

Elles continuaient ainsi leur progression comme la plus monotone tempête lorsque soudain, deux de ces chéloniens géants s’entrechoquèrent avec un creux et sonore vrombissement. S’en suivi tout un carambolage. L’amas de tortues déstabilisées était tout fait de pattes griffues, de cous grotesques et de becs ouverts volant épars alors qu’elles essayaient pelle mêle de retrouver leur place dans la migration.

Finalement, toutes reprirent leur place, toutes reprirent le lent massacre, toutes sauf une dont la carapace s’enlisait cruellement dans le sol, dont les pattes battaient le désespoir qui l’enveloppait trop rapidement, dont le ventre fragile était désormais exposé.



Art by koyamori.
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MessageSujet: Re: [EVENT] L'été des tortues Ven 18 Sep - 0:13

Pionnier
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Encore revêtue pour la nuit et maquillée de matin, elle était belle comme une journée trop ensoleillée. Il s’exposait à elle avec réserve, restant dans l’ombre de la pudeur pour éviter d’être brulé. Ils écrivirent en silence un village qui se faisait piétiner par la nature, et où s’éveillaient lentement des protagonistes désespérés. Finalement, Émilie-Anne n’était pas son personnage, mais une extension de sa plume.

Plus tard, devant l’affolement d’Émilie-Anne, il comprit dans un grand frisson que les cris portés à leurs oreilles par la brise avaient été poussés par le petit Olivier, et sans prévenir, le vent retourné tira à son tour Émilie-Anne vers la tempête. Désemparé, la poésie envolée, le souffle court, il trébucha finalement contre une tortue, mettant fin à sa courte course. Des yeux il suivait avec impuissance la silhouette d’Émilie-Anne qui avançait avec une agilité surprenante. Quand bien même il s’était relevé, le tumulte affluant de carapaces formait des barrières vivantes qui le séparaient d’elle, qui le séparait d’eux.

Il s’avérait beaucoup plus difficile d’aller vers village, contre la vague, que de la suivre vers l’extérieur. Il voyait Émilie-Anne chercher en vain son enfant, et se mit à le chercher lui aussi.

Comme sa mère devait le faire, il imaginait déjà le pire, tout en refusant toutes possibilités de durabilité. Cet enfant ne pouvait pas mourir. Il savait exactement d’où il venait, des conditions de sa naissance. Malgré la pureté qu’incarnait sa mère, il n’oserait pas vouloir l’associé à une Immaculée Conception. Dans cet univers, cet enfant était son roi légitime, né du monarque qu’il avait pris par survie, mais surtout de la souveraine qu’il avait acceptée par affection. Il avait des projets pour ce petit. Avant tout pour défier son père, mais également pour se racheter à l’humanité, il comptait faire de lui un dirigeant honorable. Cet enfant ne pouvait pas mourir.

Comme tous les gens présents, il vit arriver au loin des tortues colossales. Sa stupeur passée, il cherchait Olivier de plus belle, seulement en étant encore moins capable d’avancer dans un flot redoublé de chéloniens agités. Le front froncé par l’impossibilité de la situation, il leva les yeux, seulement pour remarquer une jeune fille brune qui au lieu de comme lui se battre contre le courant, chevauchait des tortues pour se déplacer en surface. Une partie de son stress s’envola et il entreprit rapidement de se trouver un itinéraire : il dut finalement descendre là où les tortues étaient moins nombreuses avant de pouvoir se trouver une monture qui remonterait vers les habitations. Après quelques lents mètres, il délaissa son premier attelage au profit d’une créature plus large. En hauteur, il put saluer Orlare qui lui avait inspiré cette merveilleuse idée, puis chercha plus efficacement le petit prince.

Il put voir une grande dame noire, belle comme ou bouchée d’air frais, l’entrainer dans ses bras.
Il fut témoin du carambolage, sans vraiment s’en soucier. Ce qui l'importait était qu'Olivier criait, pleurait, et qu'il en était d’autant plus vivant.

Lune rejoignit vite Robin, puis elles furent rejointes par Orlare. Les trois femmes protègeraient les enfants bien mieux qu’il n’aurait pu le faire. Il était soulagé et il était en bonne voie pour les rejoindre.

- Émilie-Anne ! Cria-t-il d’une voix forte, puis il lui pointerait l’emplacement de son petit.


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MessageSujet: Re: [EVENT] L'été des tortues Sam 19 Sep - 21:40

Frostbitten Requiem to a Forgotten Elegy
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L’ÉTÉ DES TORTUES.

STEP TWENTY-ONE.
« She was a lithe thing, petite and ever smiling, the perfect caricature of what my parent would have wished for me to settle down with. Although she did not stay – none of them ever did – we twirled and mated for a few months before parting and my father could only ever contemplate what was wrong with me. As it was, they migrated and I stayed. Oh, how I stayed.
»

-

« BE CAREFUL, EVERBLOOM ! »

Il y avait eu mille-et-une chimères croassant derrière des barreaux de prières, des monstres difformes qui n’avaient servi qu’à souligner d’autres entités plus tangibles. Elles s’étaient échappées de mes lèvres, tremblotantes, leurs articulations fléchissantes et se tendant au rythme de mes pensées. Elles avaient contemplé ces jumelles terrestres et non identiques qui avançaient, par douzaines, écaillées, rocailleuses, anciennes, trainant leurs armures au travers des pousses d’herbes. Leurs corps s’étaient cambrés d’effroi, et elles s’étaient déchaînés sans que leurs serres et leurs crocs ne parviennent à trépasser les carapaces des autres monstres.

Le souffle m’avait manqué, les chimères s’étaient dissipées et Aleksander avait miaulé, piétinant nerveusement l’herbe de ses pattes.

Les tortues, elles, avaient continué à avancer.

Les enjambées chevrotantes qui m’avaient conduit jusque dans la clairière où nous avions érigé les premiers symboles de notre humanité ne m’avaient pas suffi à intelliger la danse migratoire qui s’endiablait sous mes yeux. Le chemin qui m’avait bercé durant les dernières heures, les pentes escarpées des montagnes aux relents chocolatés, se détachait de mes rétines pour laisser place à un spectacle qui s’avérait tout aussi stupéfiant que terrifiant.

Je m’étais figé, quelques secondes, devant la nuée, tétanisé par le pouvoir féroce d’une nature que nous ne pourrions jamais dominer. Le bruit chaotique de centaines de pattes fracassant simultanément le sol m’avait cloué. Ce n’était qu’à l’ouïe d’un cri trop familier que j’avais repris mes esprits, mon sang s’échauffant dans l’apposition d’une inquiétude meurtrière qu’on n’arrêterait qu’en imposant une conclusion à cette situation. Le bal aurait pu être si joli, si simplement renversant, dans l’occasion où le sang d’Olivier ne serait pas venu tacher les herbes folles de la clairière.

Dans un souffle d’anxiété vicieux, je m’étais élancé dans la cohue, serrant mes doigts autour du matériel de la laisse de ma chachèvre pour l’entrainer à ma suite. Les sentinelles d’écailles continuaient leur marche, peu perturbées par la friction de nos espèces. Elles avançaient et, maintenant, je les enjambais et les contournais, une chachèvre feulant sa peur couvrant mes arrières. De nombreuses têtes du village s’étaient rassemblées autour d’un même point, nul doute la silhouette terrifiée- potentiellement blessée – d’Olivier Ivachko, et formaient une barricade de chair face à l’assaut impromptu des chéloniens. J’allongeai mon cou, cherchant à observer ce qui se tramait sous le corps sombre de Lune, sans toutefois réellement courser dans leur direction. Mon but était tout autre, se traduisait par les mèches folles et indomptables d’une petite fille que quelques cris et un peu de sang ne stopperaient pas. Eve ne connaissait pas la peur et je ne fus pas surpris – quoiqu’adéquatement horrifié – de la trouver sur le dos de l’une des tortues, ses mains à plat contre les écailles et ses yeux pétillants d’une découverte qu’il lui tardait certainement de m’expliquer.

« Eve ! »

Elle releva la tête, vivement, comme un animal qui reçoit un signal favorable de sa proie. La récognition mit quelques secondes à rejoindre ses yeux, mais foudroya ses prunelles avec une candeur qui picora mon cœur de chaleur. Loin était le canevas souillé qu’Alan avait enfermé dans une boîte, ma Eve rayonnait l’enfance sauvage et éhontée qui la voyait grandir. Elle domptait le chaos qui faisait tanguer la réalité du village, quittant son perchoir en s’élançant d’un bond sur un autre pour venir à ma rencontre. Elle ne réfléchissait pas, se contentait d’agir sur ce monde qu’elle avait toujours connu comme sien. Ce qui m’avait longtemps apparu comme une prison serait le berceau de sa floraison.

– Et je n’en aimais que davantage ces terres, et je n’en détestais que davantage Oliver –.

Je l’attrapai au vol de mon bras libre lorsqu’elle fut à portée, suspendant l’un de ses bonds dans l’acte, enserrant sa taille et l’écrasant contre mon torse. Ses petites paumes s’accrochèrent à l’une des mes épaules, portant son visage au niveau du mien.

« Sacha. », déclara-t-elle presque solennellement, cherchant mon regard de ses orbites d’enfant, frottant son nez contre le mien en guise de salutation. Elle ne savait pas que, plus loin, Oliver avait été affecté de manière irréparable par cet évènement qui, elle, l’emplissait d’émerveillement. Elle ne savait pas. Pas encore.

Je la hissai sur mes épaules de mon bras valide, Aleksander entortillant l’autre dans sa laisse dans une tentative vaine d’éviter les tortues qui nous percutaient paresseusement. Il y avait de la beauté dans cette valse ensommeillée, une beauté qu’un cri avait bariolée et que la perte avait tachée. Une beauté féroce.

Une beauté inévitable.

Les doigts d’Eve se crispèrent contre mon cuir chevelu lorsque les chéloniens titanesques percèrent son champ de vision. Énormes et grisâtres, ridés et ancestraux. Mon cœur gagna en battements et mon souffle s’accéléra. Leurs pas seuls suffisaient à faire vibrer mes veines d’appréhension.

Elles s’entrechoquèrent, ces immenses tortues, et j’entendis le craquement de fondations humaines jusque dans mon estomac, le bois se fendant, les peaux se déchirant. J’espérais, égoïstement, que mon havre ne serait pas trop abîmé, mes yeux écarquillés cherchant à ingurgiter toute l’information qui leur était envoyée. Les tortues virevoltaient dans une chorégraphie qui n’avait plus rien d’orchestré, s’entrechoquaient et se culbutaient entre elles, insouciantes, persistantes, cherchant simplement à poursuivre leur interminable périple. Il n’y avait pas d’agressivité outre mesure, simplement cet instinct de plomb qui les poussait à avancer.

« Dwagon ? », demanda Eve, enchantée, ignorante aux secousses qui avaient failli nous propulser par terre, à la merci des reptiles insouciants, à une mort quasi certaine.

J’inspirai une goulée fiévreuse, agitée, soupesant l’air qui se logea sur ma langue, mes yeux délaissant les chérubins de Mère Nature pour observer ailleurs, passant sur le groupe qui s’affairait toujours près d’Olivier, au loin, jusque contre l’horizon dans lequel je ne voyais que davantage de tortues s’agglutiner les unes contre les autres.

« Non, Everbloom. Ça, ça ne vole pas. »

Où était Lena ?





I'll Always Strive to Shine for You.
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MessageSujet: Re: [EVENT] L'été des tortues Dim 20 Sep - 3:25

Je suis mère des terres fertiles, j'accueille en mon sein celui qui y chasse
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Une autre obsession que Terrence vint hâter Émilie : Olivier, son fils. Elle devait à ton prix le retrouver. Il n’était plus son unique fils depuis que Fred et George, deux petits roux nés de son union avec Pavel, et baptisés suite à l’insistance de Sacha Ashton, avaient vu le jour voilà déjà plusieurs semaines. L’arrivée de ses deux nouveaux bébés ne changeait rien à l’amour qu’elle portait à son ainé, même que… Elle se le cachait bien, mais le jeune Anghel demeurait encore son préféré et le resterait surement pour toujours.

Elle vivait donc sa rencontre avec les tortures sur une énorme montée d’adrénaline. Passant à travers ce trafique monstre de carapace, elle cherchait désespérément la chair de sa chair. C’est finalement Terrence qui lui indique l’emplacement du sang de son sang. L’estropier avec lequel elle partageait de vieux secrets avait réussi, malgré son handicap, à trouver son précieux prince. Il l’aura sauvé une fois de plus. Fessant fi de la douleur causée par des accrochages avec les monstres aux longs cous et évitant encore par-ci par-là des morsures, elle arriva finalement près de son rejeton.

Entouré de gens, certains connus, d’autres nouveaux, le petit était en larmes seulement pour mieux appeler ses instincts maternels. Non sans bousculer quelques personnes sous l’effet de la panique, elle se retrouva enfin à genoux devant Lune. Elle ne voulait pas brusquer son petit, mais regardait scrupuleusement la jeune femme noire qui, finalement, semblait bien s’occuper de son enfant. Désormais, l’Africaine avait une observatrice sévère : Anne regardait et jugeait tout ce qui se passait entre ses mains et le corps chétif de son pauvre petit. Sans rien enlever à cette femme qui aura su vite réagir dans les circonstances, elle aurait préféré que Gavin, le docteur qui aura suivi Olivier tout au long de son croissant, soit là à sa place pour lui prodiguer les soins dont il avait besoin.

Folle de rage, mais impuissante, la mère avait besoin de se défouler. Terrence arrivé à leurs côtés, elle lui communiqua d’un regard – un code secret instantanément né entre eux deux – la demande, non, l’ordre, de veiller sur son enfant pour elle.

Animée d’une flamme violente, elle se saisit d’une hache rudimentaire composée d’un manche de bois et d’une tête en pierre taillée, et commença en vain à frapper contre des carapaces un peu plus loin. Cet exercice défouloir consuma doucement ces peines et son anxiété passée. Étant de nature habituellement calme, personne ne l’aurait jamais imaginée dans un tel état. Hache à la main, sa silhouette aurait pu figurer dans un film d’horreur particulièrement sanglant. Sans particulièrement viser, son arme ricochait souvent sur les carapaces, et parfois les coups déviés coupaient des bouts de pattes, des bouts de queues, voire même de têtes. Elle frappait aveuglément et sans relâche, comme si ses muscles ne pouvaient se fatiguer.




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MessageSujet: Re: [EVENT] L'été des tortues Mer 23 Sep - 18:20

Pionnier
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    Comme souvent, Pilar s'était levée avant même que le soleil fasse son apparition. Dormir était une bien trop grande perte de temps pour la jeune femme, alors elle ne passait que peu de temps dans son lit, de toute façon pas très confortable.

    De bonne heure, elle avait rejoint les collines qui bordaient son abri, croisant au départ seulement quelques tortures qui avançaient toutes étrangement dans la même direction. Elle ne s'en inquiéta pas vraiment, du moins au début, ne réalisant pas tout de suite la direction qu'elle prenait. Après tout, c'était loin d'être le premier truc étrange qui se passait ici.

    Mais le nombre de tortues ne faisait qu'augmenter … et certaines étaient bien plus grandes qu'elle. Finalement, se mettre à l'abri semblait être une bonne idée. Puis, Pilar réalisa qu'elle prenait toute la direction du village. N'osant pas imaginer les dégâts qu'elles pourraient causer, l'Espagnole voulut le rejoindre en courant pour les prévenir, mais les premières tortues devaient déjà y être depuis longtemps.

    Des tortues pointues, des tortues tranchantes, firent leur apparition dans ce tsunami à carapace écorchant au passage une des jambes de Pilar. Tentant de fuir le raz de marrée tortuesque, elle grimpa sur un rocher lui permettant de s'abriter. Du moins des plus petites. Voyant bien qu'elle ne sortirait pas facilement de ce flot qui semblait sans fin, le passage d'énormes tortues lui donna une idée pour rejoindre le village, sans manquer de se faire écorcher ou pire encore écraser.

    Attendant patiemment que l'une des géantes passe suffisamment près des grands rochers, elle fit le saut le plus haut qu'elle pouvait pour s'agripper sur une des carapaces et s'installer sur sa nouvelle monture. Ce n'était peut-être pas la plus grande ni la plus grosse, mais elle l'était déjà bien plus que Pilar.

    Elle avançait maintenant lentement vers le village, apercevant petit à petit l'agitation qui s'y trouvait. Ainsi en hauteur, Pilar avait une bonne vue des ravages causés, mais son regard fut vite attiré par la chevelure flamboyante d'Emilie-Anne s'agitant en tout sens, une hache à la main attaquant tout ce qui passait à porter de son bras.

    L'Espagnole fit de grands gestes vers ce petit groupe, qui semblait rassembler autour de quelque chose … ou plutôt de quelqu'un. Elle cria en accompagnant ses mouvements « Hééé ! » avant de se réagripper très vite à la carapace. Une chute maintenant était une très mauvaise idée.

    « J'ai capturé une tortue ! » cria-t-elle au village. Bien qu'elle était totalement incapable de descendre, de stopper, ou de faire quoi que ce soit d'autre sur le dos de cette tortue, à pars peut-être tenter de sauter sur une autre carapace. Ce qu'elle ne préféra pas tenter maintenant.

    Finalement, elle avait même certainement besoin d'aide, mais apercevant enfin Olivier en sang dans les bras de Lune, Pilar ne pouvait se résoudre à leur en demander, condamnée à suivre le même chemin que sa tortue. Au moins, elle comprenait mieux pourquoi Emilie-Anne s'agitait autant contre les tortues.

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MessageSujet: Re: [EVENT] L'été des tortues Sam 26 Sep - 4:27

Doctor Of Broken Hearts
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Le soleil était encore engouffré dans les entrailles de la Terre , embrassant son centre chaud et ardent. Le vent se levait, malicieux et fugace, il caressait les flots, traversait entre les brins d’herbe jusqu’à parvenir à mes chevilles. La sensation vint me réveiller de mon sommeil léger et de mes tourments. Ce cauchemar n’en finissait pas même réveillé et je me demandais où est la limite entre ma réalité et mon cauchemar, tout me parait si floue. J’ouvris mes paupières avec peine et je ne sus discerner l’heure. Enfin, je le savais bien quelle heure il est, il est l’heure où les enfants aux paupières lourdes rêvent de fables, l’heure où les oiseaux s’échauffent pour donner leur récital dans quelques heures, l’heure où l’homme serein observe le ciel. Il est l’heure où un silence paisible est la seule chose qu’on entend… Des mèches rebelles me tombaient sur le visage et je décidais, comme tous les jours, d’aller me rincer un peu le visage à la source d’eau. Je marchais donc d’un rythme doux et j’appréciais la quiétude de l’endroit si particulière. Au loin une tortue semblait perdue, fait étrange qu’elle soit par ici, pas surnaturel, mais étrange tout de même. Le bruit de mes pas dans l’herbe fraiche et mouillée était revigorant, c’était la sensation étrange d’un calme perdu depuis longtemps, la sensation d’être libre et de n’avoir aucun regret. C’était bien l’heure où l’homme oublie pendant un instant les débris d’un passé dur à supporter. Les étoiles brillaient de mille feux et il était dur de se dire que ce n’était que des boules de gaz surement morte et éteinte depuis des années. Cependant ma logique s’était éteinte, anéantie par ma béatitude devant la beauté du monde, elle avait disparu dans l’abysse de ma niaiserie.

L’eau était pâle, éclairée par quelques rayons de lune et des clapotis au loin. Je regardais droit devant moi et j’étais pris d’un sentiment plein d’émotion. Je rêvais, mon être sans sommeil ne pouvait que rêver. Ce décor, cette vie tout cela n’était qu’un rêve. Je ne savais plus si c’était un bien rêve ou un cauchemar, la solitude de mon être ou bien la beauté intacte de ce mode de vie. Mon ombre me suivait, accroché à moi et je me disais que de toute manière rêve ou réalité rien n’a plus d’importance. Mes vêtements glissèrent peu à peu et je m’enfonçais dans l’eau sous le plus simple appareil. Tout disparait dans la lumière pâle et douce de la lune, un jour nouveau s’annonce.

***

Il était encore tôt quand je croisais Lena dans la forêt en train de chasser. Je m’étais revêtue afin de me balader dans la forêt, chasser les petites bêtes à l’aide de mon petit couteau ou encore cueillir quelques baies ou fruits. Les rayons de la lune se glissaient entre les feuilles telle une pluie d’argent. J’avais croisé en chemin plus de tortues qu’à mon habitude et cela m’intriguait. Il est rare qu’elles s’aventurent par ici, mais ces bêtes ne me dérangeaient pas plus que ça. Elle m’obsédait presque cependant, était-elle juste ici ou bien... Oserais-je m’y aventurer ? Je me mis donc à faire les salutations de base avec Lena avant de lui demander rongé par la curiosité :

“ Je souhaiterais aller au village ce matin, tu pourrais m’accompagner si ça te dérange pas ? J’ai un pressentiment. “

***

Le soleil s’était déjà levé, régurgité des abysses du monde. La plaine était remplie de ces bêtes et plus on s’avançait plus je me demandais quelle peut bien être la situation au village. Rien de tel n’était jamais arrivé depuis mon arrivée. On s’approchait doucement du campement quand des formes étranges se détachaient du paysage, des spécimens gigantesques de tortues parfois plus grandes que les abris. Elles écrasaient sur leur passage, avec une quiétude horrifiante, tout ce qui pourrait bien se trouver sur leur passage, il fallait céder et laisser passer. Avancer devenait de plus en plus difficile une fois arrivé vraiment aux abords, il était dangereux de s’approcher trop de certaines, assez agressives. Puis nous arrivâmes sur place et un tumulte dantesque et effroyable s’y déroulait. Une silhouette fine déchiquetait avec sa hache tout ce qui se mettait sur son passage, les yeux fermés comme si ce n’était qu’un jeu. Une autre était montée sur une tortue et je restais debout, abasourdie, incapable de réagir face à cette cacophonie. Des cris, des silences, des pas et ce village que j’avais connu n’étaient que le théâtre d’une tragédie apocalyptique. C’était bien un jour nouveau et le calme de ce matin précédait la tourmente de cette journée. Je ne savais qui aller avoir, qui aller aider et je ne pus articuler qu’une chose mettant en doute tout ce projet, toute cette réalité, tout ce cauchemar.

“ Qu’avons-nous fait ?“
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MessageSujet: Re: [EVENT] L'été des tortues Lun 28 Sep - 3:43

Je suis le son que personne ne fait, je suis l'ombre dans la nuit, et le vent dans tes cheveux
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Près de la grande tortue qui sur le dos, battait toujours l’air de ses pattes informes, une autre grande tortue s’était arrêtée. Loin de s’intéresser à sa sœur désespérément enlisée sur le dos, elle était plutôt captivée par le nouvel abri qu’on construisait lentement. C’était un abri rond, mais original avec un toit fait en pierres de rivières et avec des murs tressés avec du bois souple et des fourrures. Un abri qui de certains angles, peut-être, aurait pu être confondu dans la masse de chéloniens, d’autant plus qu’il était plus petit que certains, notamment que celui qui venait de s’y appuyer le front.

La tortue mordit d’abord une poutre de son bec sec, puis s’y frotta maladroitement le cou. À nouveau, elle vient déposer le plat de sa tête contre les pierres chauffées par le soleil avant de recommencer au grand complet son étrange rituel. Un observateur attentif remarquerait son ardeur répétée… et surtout ce qui se tortillait sous sa carapace.

Finalement, le chélonien escalada non sans mal le versant du petit abri pour lui témoigner toute son admiration sans un concert de feulements étouffés. C’était un spectacle à la fois amusant et déroutant ; une tortue de bonne taille en train de faire l’amour à une porte de fourrure.



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MessageSujet: Re: [EVENT] L'été des tortues Lun 28 Sep - 12:41

je suis une actrice qui connaît le jeu qui ne lui fut jamais écrit
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Chasser pour manger, pour survivre, mais aussi pour savourer le silence de la forêt, cette aimable solitude.

Entre ses lèvres l’eau captive du ruisseau s'affolait, par terre, tremblait entre ses doigts pour ne pas rester prisonnière, pour suivre le courant. Lena suivrait ce ruisseau vers le sud pour étouffer ses pas dans le sol meuble et humide. À son camp de chasse, deux moyennes bêtes pendaient déjà à l’abri des charognards, mais aujourd’hui, pour sa dernière journée dans les bois, elle visait une bien plus grosse prise : un cerf à queue de cheval majestueux muni des bois énormes et d’une crinière chatoyante.

Elle descendit donc le petit courant d’eau vers le sud avec son arc solidement tenu dans une main de fer et des flèches dans son carquois d’écorce. Le cervidé était nerveux, et visiblement, ne sortait que rarement du couvert des buissons. Lena le traquait depuis plusieurs heures déjà en suivant les empruntes profondes laissées par ses sabots, et les marques niellés sur les arbres par ses cornes imposantes.

Lorenna se tenait au détour d’un sentier naturel. Sa posture était droite, mais sa silhouette était voutée par ses vêtements informes. Lena l’avait reconnue sans trop de mal, réalisant de la même occasion qu’elle était effectivement entrée sur son territoire, près du complexe d’étangs. Les cheveux en bataille, le visage bruni par la terre, l’ermite lui demanda finalement de l’accompagner au village. La première impulsion de Lena aurait été de refuser, mais depuis le temps qu’ils essayaient de convaincre Lorenna de revenir au village, ne serait-ce que pour quelque temps… Elle n’allait certainement pas lui refuser cette courtoisie maintenant qu’elle le demandait enfin. Ainsi, elle passa son arc sur son épaule en soupirant avant d’ouvrit la marche d’un pas souple.

En dehors de la forêt ombrageuse, le ciel s’allumait doucement et posait sur le champ un regard embué. Il illuminait les gerbes qui frémissaient sous la brise, et dessinait en reflets dilués ses passages alizés. Il reflétait également des éclats singuliers, ternes ou brillants, et des ombres mouvantes, rondes ou saillantes. Plus elles avançaient vers le village, plus les ombres devenaient solides, et plus son cœur tremblait. Le dessin d’un village inondé par des carapaces lui inspirait un rire franc, mais nerveux. Maintenait, elle voyait au loin des silhouettes immobiles, et puis un peu plus tard, les visages angoissés. Lena aurait préféré faire une chasse fructueuse et revenir au village sans découvrir toutes ses tortues, mais elle était nantie d’un grand sentiment de responsabilité et soulagée d’être arrivée avant qu’un drame ne se soit vraiment produit.

Elle entendit tout juste Lorenna murmurer quelque chose alors qu’elle s’élançait contre un tortueux contrecourant et rejoignit assez rapidement le petit groupe. Inquiète, elle vu Ashton et Eve, au loin, et se rasséréna. Encore essoufflée de sa course, elle vu la douce Émilie-Anne massacrer à grand coup de hache des tortues nonchalantes, puis Olivier, blessé, dans les bras de Lune et observé par la moitié des gens présents. L’émoi la rendait mal à l’aise, aussi elle s’inspira d’Émilie-Anne et chercha du regard une proie, seulement pour voir l’énorme bête qui gisait sur le dos avec impuissance.

Décidée, elle rejoignit non sans détour son abri, y déposai son arc et ses flèches et se saisit de lances.
Elle repassa brièvement près du petit groupe pour déposer ses armes, mais s’arrêta finalement un peu plus longtemps.

- Usually, when food try to kill you, you just have to kill it first.

Dit-elle en tendant une lance à qui la prendrait, et s’arrêta finalement devant Orlare, soit la seule qu’elle savait personnellement capable d’utiliser efficacement cette arme. Elle partirait ensuite vers la bête en évitant soigneusement de s’attarder sur l’appendice improbable qu’une autre tortue enfonçait sans timidité dans l’ouverture d’un abri.


Traduction:
 
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MessageSujet: Re: [EVENT] L'été des tortues Mar 29 Sep - 17:16

All grown up were first children, but few of them remember.
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Cher Journal,

Le village ressemblait à une scène de guerre. Les humains essayant tant bien que mal de préserver leurs maigres ressources contre ces envahisseurs inhabituels ...


Le petit garçon n'allait pas se vider de son sang, c'était déjà ça. Par contre sa mère allait peut être finir par se faire mal à force de frapper sur ces carapaces aussi dures que du béton. La tortue retournée ne faisait pas la fière face à la rage incontenue de la maman. J’hésitais entre lui demander d’arrêter de frapper contre ce mur de chéloniens ou me joindre a elle. Toutes ces tortues autour de nous avaient quelque chose d'angoissant maintenant que la surprise était passée.

Finalement, une chose plus impressionnante que les autres arriva : une tortue aussi grosse (voir un peu plus) que nos abris fut prise d'une crise de démence. Démence ? Non. Après réflexions, tout le village contemplait ce chélonien géant s'accoupler avec une de nos maisons en pierre. Finalement, je décidais de me diriger vers Emilie-Anne pour tenter de la calmer un peu. Le fait qu'elle perde son sang froid devant une grosse partie du village nous mettait tous dans l’embarras. Son petit Olivers était sain et sauf et elle n'était pas en mesure de se battre seule contre une armée colossale de ces tortues.
Je me dirigeais vers elle lorsque Léna sortie de nulle part avec, a la main, des armes : des lances.

- Usually, when food try to kill you, you just have to kill it first.

Ce n'est pas faux, on dirait que c'est l'instructeur Melvin qui parle. Cette pensée me fit sourire, presque nostalgique de la Terre. Cela faisait moins d'une semaine que j'avais "atterris" sur Terra et j'avais l'impression d'avoir changé ma façon de vivre, mais lorsque Léna se planta devant moi et me tendit la lance, je m'en emparais aussitôt. On ne peut effacer en une semaine ce qu'on a mis longtemps à construire. Les vielles habitudes reprennent le dessus.

D'un coup d’œil je compris ce qu'elle voulait dire. Je la laissais se diriger vers la tortue retournée et pris la direction du chélonien géant que tout le monde regardait avec une certaine crainte. Peut être que si j'arrivais a détourner la plus grosse tortue, les plus petites suivraient.
Je pris le risque de partir de cette hypothèse et, en sautant de tortue en tortue, j'arrivais a "La Géante". Lorsque je me retournai, je vis Lena et la tortue retournée, les villageois , immobiles qui attendaient de voir ce que je faisais, et quelques un qui me suivaient pour m'épauler en cas de besoins. Je leur en étais reconnaissante.

Mon rythme cardiaque ralentit alors que j'observais l'animal géant.

10 ... 9 ... 8 ...

Il avait les pattes avant sur la toiture en pierre fine que certains terrariens avaient construite et qui maintenant, menaçait de céder face au poids de l'animal.

7 ... 6 ... 5 ...

Ces pattes avant relevées dévoilaient une chair plus tendre sous ce qui semblait être le coude.

4 ... 3 ... 2 ...

Je sentis que mon cerveau tournait à plein régime, faisant abstraction de tout ce qui se passaient a l’extérieur : les autres chéloniens, les terrariens autour ainsi que le cinquième membre de l'animal géant rentré dans la porte de la chaumière.

1 ... 0 ...

Je m'élançais vers la tortue et, lance en avant, l'enfonça dans la chair tendre de l'animal. Dans un râle, ce dernier se dégageât de sa position impropre à la défense en arrachant quelques tuiles et un bout de ma lance qui restât dans la plait de son coude. Je m'accroupis en me protégeant la tête et en observant l'animal se débattre. Son coude saignait abondamment, mais je ne l'avais pas tué. En nous voyant, il sembla s'énerver et me chargea ...

- Poussez-vous !!

J'avais crié pour que ceux de derrière aient le temps de se sortir du chemin du pachyderme alors que je sautais sur le côté. Lorsque je relevai la tête, je vis le chélonien géant partir vers le village puis la plage sans trop faire de dégâts, mais créant la panique parmi les citoyens de Terra.

Action -- Essayer de tuer une tortue presque aussi grande qu’un abri à l’aide d’une lance.
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MessageSujet: Re: [EVENT] L'été des tortues Mar 29 Sep - 17:52

Je suis le son que personne ne fait, je suis l'ombre dans la nuit, et le vent dans tes cheveux
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Vous avez essayé de tuer une tortue presque aussi grande qu’un abri à l’aide d’une lance :

Votre lance s’est contre toute attente plantée dans le cou titanesque de la bête. Celle-ci s’affole, mais cela ne semble pas l’avoir sérieusement blessée malgré le sang poisseux qui s’immisçait lentement dans les niellures du bois.


Votre tentative d’abattre une tortue géante n’a pour l’instant visiblement pas fonctionné. Incapable d’extirper votre lance d’entre ces écailles, vous ne pouvez rien faire de plus contre elle pour l’instant, surtout qu’elle fonce déjà vers l’horizon avec une célérité qu’on ne lui aurait jamais devinée.


Art by koyamori.
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MessageSujet: Re: [EVENT] L'été des tortues


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[EVENT] L'été des tortues

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