Ce n’est pas en courant derrière l’âme d’un enfant que vous la capturerez. Il suffit de rester immobile pour qu’elle vienne d’elle-même, par amour.

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MessageSujet: Ce n’est pas en courant derrière l’âme d’un enfant que vous la capturerez. Il suffit de rester immobile pour qu’elle vienne d’elle-même, par amour. Sam 9 Juil - 16:33

Une ombre parmi leurs ombres
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Les premiers bruits qui montent du village achèvent de te réveiller. Tu t'étires lentement : dormir sur cette paillasse à même la pierre te fait regretter ton cocon douillet. Retourne à la forêt et laisse les bipèdes. Eux ne se soucient pas de ton existence, ton souvenir a été avalé avec celui de la bête dans les neiges fondues. Ils ne t'ont rien apportée d'autre que du tracas.
Perchée sur une proéminence rocheuse, tu mâchouilles une racine sucrée et un morceau de poisson. C'est vrai, tu pourrais retourner aux grands arbres qui t'ont abritée jusqu'ici. Dans ton autre main, tu joues avec les maillons d'une chaîne froide. Des bribes de souvenirs remontent sous ce mouvement mécanique. Avant les bipèdes, le bijou était rangé dans ta bourse et il n'en sortait guère. Depuis, tu ne cesses de le retrouver dans tes doigts, caressant les lettres gravées au dos : N.C.S. Elle te manque.

En quittant les bois, tu es repassée devant Son arbre. Tu as apposé ta main contre l'écorce et tu as caressé les inscriptions comme celle de ton médaillon. Au fond, tu t'es mise à espérer. Petite idiote. Espérer quoi ? Tu crois que parce qu'ils sont nombreux, elle peut être parmi eux ? Tu te trompes. Elle t'a jeté ici et elle est morte là-bas. Mais enfin, s'il ne te faut qu'une déception pour enfouir cette lubie...
Tu ranges le médaillon à sa place et lèche tes doigts. Tu veux en avoir le cœur net. Avec la force de l'habitude, tu t'armes de tes couteaux et passe ton arc bricolé en bandoulière. Tu les imites maintenant ? Tu enfonces cette pensée sous ta deuxième peau.



Tu étais déjà entrée dans le village lorsque la neige envahissait tout. Pour autant, tu restes sur tes gardes. Les bipèdes sont parfois imprévisibles. Certains partent toujours et reviennent tard. D'autres vadrouillent. Et il y a les petits bipèdes. Eux sont toujours au village. L'un d'eux t'a vue une fois. Tu es restée aussi à distance que le permettait ta curiosité depuis, ce qui ne l'a pas empêché de te débusquer parfois. Les bipèdes laissent-ils toujours leurs petits aussi loin d'eux ? Peut-être pourrais-tu les chasser ? Leur chair a l'air tendre... Tais-toi.

Il est encore tôt et les petits bipèdes ne sont pas sortis de leur tanière. Aux aguets, tu t'approches des premières cahuttes. Rien ne semble y bouger. Comment vas-tu savoir si elle est là ? Tu ne sais pas. Tu la reconnaîtras. Et si elle part, comme la Chasseuse ? Alors tu reviendras. Tu avais dit que tu rentrerais aux arbres ! Après. Tu progresses peu à peu vers le centre du village où se rassemblent souvent les bipèdes comme les cerfs au point d'eau. Ce ne sont que des animaux... Tais-toi !

Un pot se brise dans ton dos.




Dernière édition par Nokomis C. Shipshaw le Mar 6 Sep - 15:20, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Ce n’est pas en courant derrière l’âme d’un enfant que vous la capturerez. Il suffit de rester immobile pour qu’elle vienne d’elle-même, par amour. Ven 15 Juil - 17:24

Faire tenir l'infini dans la paume de la main, et l'éternité dans une heure
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L'été était chaud, mais pas comme Lune les aimait. Il faisait humide, si bien qu'on se noyait vite dans des vêtements lourds de labeurs, et puis on frissonnait le soir venu, parce malheureusement l'humidité ne partait pas avec les fronts froids de la nuit.

Sur la plage isolée, seule avec les enfants, Lune avait pris l'habitude de se promener la poitrine nue, avec une culotte à mi-chemin entre un short et une jupe, se couvrant rarement et préférant la chaleur sèche du feu à tout vêtement. Au village, elle gardait une certaine pudeur, bien qu'elle se dénudait considérablement de semaines en semaines. Aujourd'hui, malgré la chaleur étouffante qu'il s'annonçait, elle se revêtit d’un pagne d'inspiration africaine, soit un tissu coloré couvrant ses hanches et abordant le dessus de ses genoux, ainsi qu'une brassière rudimentaire de couleurs assorties.

Elle était levée si tôt que son enfant dormait encore, ce qui était une situation inhabituelle. Comme elle comptait travailler sur ses filets au centre du village, à distance de vue de l'entrée de sa maison, elle décida de le laisser dormir, sure qu'il trouverait son chemin jusqu'à elle par lui-même.

Elle sortit de sa hutte en tenant dans ses bras un lourd ensemble de cordes, de laine brute à corder, d'une gourde remplie d'un liquide putride qu'elle utiliserait pour les rendre imperméables et d'un contenant en terre cuite où reposaient de pesantes pierres rondes qui seraient traillées pour ajouter du poids au filet. Son matériel était très lourd, alors elle le laissait s'enfoncer contre sa poitrine pour que son dos et ses jambes contribuent à l'effort. Elle était si encombrée qu'elle devait s'aider de son menton pour tout tenir, tournant sa tête dans un angle inconfortable, et son regard, vers le haut plutôt que rivé vers où elle avançait.

Elle connaissait déjà le chemin et s'aidait en observant défiler les toits. Ce qu'elle n'avait pas mémorisé, et qu'elle ne pouvait pas prévoir, c'était les cailloux et les branches qui jonchaient sa route. Par deux fois, elle avait presque perdu l'équilibre, mais avait su continuer, non sans ajouter du stress aux muscles de son dos. C'est la troisième fois qui fut fatidique : après avoir valsé pour quelques secondes, ses chevilles emmêlées rencontrèrent un nouvel obstacle qui la projeta vers le sol. Elle lâcha tout son matériel en plein vol afin de libérer ses bras desquels elle amortit sa chute.

Si la gourde avait survécu au choc, les cordes et la laine étaient maintenant embobinées ensemble, et le pot avait éclaté en morceaux, rependant les pierres à demi-travaillées partout sur le sol.

Lune s'exclama en se redressant sur ses coudes endoloris. Après avoir glissé son regard sur le fouillis qu'était désormais sa journée de travail, elle passe sur le reste du village jusqu'à rencontrer les yeux sauvages de Nokomis qui l'observait avec un étonnement réciproque.

Silence.

La bête bouge, et Lune pousse un cri de surprise.
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MessageSujet: Re: Ce n’est pas en courant derrière l’âme d’un enfant que vous la capturerez. Il suffit de rester immobile pour qu’elle vienne d’elle-même, par amour. Mar 6 Sep - 15:47

Une ombre parmi leurs ombres
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Ton premier réflexe, bondir. Tue ! Tue ! Mais au premier regard, tu ne vois rien dans l'amas de lianes et cailloux qui sont au sol. Sur tes gardes, tu lèves les yeux au ciel, cherchant le prédateur qui t'a lamentablement raté. Mais rien ne bouge.
Jusqu'à ce que se relève une forme des lianes. La peau plus sombre que la tienne encore, la bipède se démêle de son fatras. Tes poils se hérissent. TUE ! Tue avant qu'elle ne te repère ! Tu hésites avant de reculer d'un pas, reniflant une odeur qui t'agresse les narines. C'est alors qu'elle relève la tête et te voit. C'est alors qu'elle crie.

Dans ta main jaillit un couteau et tu te places en position de défense. Tu jauges ton adversaire rapidement : assez grande, élancée, pas du tout sur ses gardes. Tue-la... Tu te tends. Déjà tu sais où tu vas frapper à travers la peau multicolore de la jambe. Cela sera suffisant pour prendre la fuite. LA FUITE ? Tu as abattu un géant qui te menaçait et tu vas fuir devant cette femelle ? Tu aurais dû te faire dévorer par la bête. Tu resserres tes griffes. Bientôt tout le village sera réveillé et en alerte et tu auras de la chance si la Chasseuse n'est pas là. Tu t'élances, lacères le tissu, mords la peau du fil de ton couteau avant de bondir en arrière. Un nouveau cri déchire le silence. Tes pensées s'agitent, tournent autour d'Elle encore mais tu n'as plus le temps. Prenant entre les cahuttes au hasard, tu cours vers le centre du village dans le sens opposé à ton abri, tu ne peux pas les mener à ta cache !
Cours ! Tu les prendras de court. File ! Oublie les bipèdes et retrouve la forêt. Ta vie est là-bas, il n'y a rien pour toi ici !


Ton cœur bat trop vite, tu perds ton souffle, tu as oublié ce que c'est d'être une proie. Tu as peur ? Tant mieux. Tu mérites d'être attrapée.
.




Achievement Unlocked !
Succès ! Tu as accompli un défi : Traiter du fait de frapper ou de te battre avec un autre personnage.
Tu peux désormais disposé de l'icône ci-dessus à ta guise pour afficher ton accomplissement !
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MessageSujet: Re: Ce n’est pas en courant derrière l’âme d’un enfant que vous la capturerez. Il suffit de rester immobile pour qu’elle vienne d’elle-même, par amour. Ven 30 Sep - 22:55

je suis une actrice qui connaît le jeu qui ne lui fut jamais écrit
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Un petit cri de surprise. Un grand cri d’horreur. De la hutte d’Ashton, Lena avait également entendu le pot se briser, et ressenti la vibration causée par le choc contre le sol. Aussitôt, elle s’était redressée d’entre les fourrures et les bras qui l’enlaçaient. Ensuite, chancelante, elle s’est levée en presse malgré les mèches de cheveux emmêlées qui étaient restées coincées entre les replis chauds et confortables du nid qui gisait maintenant derrière elle.

Dehors, le soleil était aveuglant. Malgré tout, ses yeux étroits cherchaient douloureusement la source de toute cette commotion. Au loin, elle vu tout d’abord Lune sur le sol, blessée, puis en suivant l’effroi que l’Africaine irradiait, la silhouette sombre qui s’enfuyait. Elle était petite, mais toute l’essence sauvage du Nouveau Monde lui collait aux talons.

Bientôt elle passerait près d’elle pour rejoindre la forêt.

- Oh hell no! No you don’t.

Elle attendit qu’elle soit à sa latitude pour décoller à sa suite, pieds nus, puis elle bondit pour l’attraper et la plaquer contre le sol. Entre ses mains, l’enfant coulait comme un liquide ; dès qu’elle la saisissait, elle se défaisait en se tortillant ou en glissant hors de ses multiples strates de fourrures. Couche après couche, la petite créature devenait minuscule. L’enfant se redressa sur ses genoux, puis sauta sur ses pieds, alors que Lena était sur le dos, mais peu de temps après, sur ses pieds également, et dos à la forêt.

Elles étaient immobiles, mais chacun de leurs muscles était crispé et attentif. Lena put pour la première fois constater que la créature était une toute petite fille dont elle reconnaissait les traits malgré la grimace menaçante qu’ils dépeignaient : c’était l’enfant qui avait guidé les aventuriers de dehors de la caverne de la bête pendant l’hiver noir. Après cet évènement, elle s’était enfuie, tout comme elle essayait présentement de le faire.

Jusqu’à un certain point, Lena se reconnaissait dans sa posture, son expression, et son besoin de fuir. Elle y répondait parfaitement, genoux pliés et bras béants, prête à l’intercepter à nouveau dès qu’elle bougerait.
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MessageSujet: Re: Ce n’est pas en courant derrière l’âme d’un enfant que vous la capturerez. Il suffit de rester immobile pour qu’elle vienne d’elle-même, par amour. Sam 15 Oct - 17:30

Une ombre parmi leurs ombres
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Une ombre se jette sur toi et tu n'as que le temps de la reconnaître avec horreur que tu te retrouves plaquée au sol. C'est la Chasseuse ! Le choc te coupe définitivement l'air des poumons et la panique s'efface. Tu as toujours voulu te mesurer à elle. Tu veux voir ce qu'elle vaut vraiment ?
Tu grognes. Ses mains t'agrippent mais tu te tortilles, tu t'effaces. A chaque fois que sa poigne se resserre, tu glisses d'entre ses doigts, quitte à y laisser des couches. Ta peau de louve craque, te libérant de son étreinte et tu t'échappes.

Elle se relève aussitôt, rempart entre toi et ta forêt, ton refuge, prête à t'affronter. Tu découvres les dents et fonces. Mais là où le vide t'offrait un échappatoire, elle est désormais là. Ses mains te frôlent, agrippent quelques cheveux. Et chaque nouvelle tentative de fuite marque un échec. Tu te retrouves à esquiver et reculer. Mais bientôt, tu seras au pied du mur, coincée. Tu croyais réellement que ce serait simple ? La confrontation est inévitable alors attaque ! Chaque seconde est un piège qui se referme sur toi.
Un son guttural quitte ta gorge et tu empoignes tes couteaux. Tu te tailleras un chemin s'il le faut mais tu passeras. Tu bondis. Mais tes lames ne lui font pas peur. Parfois, tu touches et elle tressaille mais jamais ne recule. Elle sait. Tu ne veux que fuir et ça ne l'impression pas. Tu roules dans la poussière, tu jaillis. Mais chaque coup manqué t'angoisse un peu plus. Derrière toi, tu sens venir d'autres bipèdes. Tu dois vivre ! TUE !

Tes pupilles s'étrécissent et tout ton corps se tend. Tu sens dans tes veines le sang affluer et refluer. Ta respiration se calque sur les battements de ton cœur étrangement calme. Vouloir fuir ne suffit pas. Tu vas devoir changer de tactique.
Tu bondis. Alors que tu ne cherchais qu'à trouver le trou dans sa défense, tu feintes. Et ta fuite se transforme en une attaque frontale. Tu ne l'évites plus, lames, griffes et dents dehors dans un feulement sourd. Tu te projettes de tout ton poids contre elle, la forçant à perdre l'équilibre. De tes lames, elle se protège de son bras et tu les abandonnes sous le choc, te saisissant de tout ce que tu peux pour rebondir de sa masse. Là-bas, la forêt te tend les bras, elle t'appelle...

« NOW ! »



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MessageSujet: Re: Ce n’est pas en courant derrière l’âme d’un enfant que vous la capturerez. Il suffit de rester immobile pour qu’elle vienne d’elle-même, par amour. Dim 30 Oct - 7:10

Faire tenir l'infini dans la paume de la main, et l'éternité dans une heure
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La bête bondit, sa longue griffe d'argent brandie. Lune cri lorsqu'elle s'enfonce dans sa jambe, pas de douleur, mais encore une fois de surprise : l’approche de la créature avait fait sauter son cœur dans sa poitrine, et l’attaque, son sang dans ses veines.

Après l’assaut, une chaleur intense l’irradia de la tête au pied et animait ses instincts. Elle s’était relevée en serrant sa jambe blessée à deux mains, seulement pour découvrir avec surprise qu’elle n’avait pas mal malgré la plaie béante qui se vidait entre ses paumes.

Elle assista avec stupeur à l’intervention de Lena et à son combat à mains nues avec la créature. Elle voulait aider sa comparse, mais après seulement quelques pas dans leur direction, tout le côté droit de son corps fut foudroyé d’une vive douleur prenant orage dans sa blessure. Sous le choc, elle s’échoua sur son flanc, resserrant ses doigts autour de sa cuisse pour essayer d’étouffer la douleur soudaine, limitant par la même occasion l’averse rouge qui inondait déjà son pagne.

Lune regarda autour d’elle, son champ de vision limité par les abris démesurés par la perspective ; elle ne vu personne, pas même Lena et la bête. Elle redirigea alors son attention à sa jambe qu’elle serrait plus fort que jamais… elle devait vite trouver quelque chose à faire de plus que rester immobile au sol, surtout que ses bras commençaient déjà à faiblir. Se tortillant, gémissant et s’exclamant, elle parvint finalement à dérouler sa jupe drapée, puis, le plus rapidement possible, à s’en servir pour bander sa cuisse.

Enfin assise, alors qu’elle entreprenait d’améliorer son garrot à l’aide de la corde récupérée de son butin éparpillé au sol, elle constata avec surprise que Lena confrontait maintenant une toute jeune fille, quoique pas moins agile et féroce.

Elle appela à l’aide : presque timidement au début, puis avec plus de force. Pour elle ou pour Lena, peu importe, mais de l’aide.
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MessageSujet: Re: Ce n’est pas en courant derrière l’âme d’un enfant que vous la capturerez. Il suffit de rester immobile pour qu’elle vienne d’elle-même, par amour.


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Ce n’est pas en courant derrière l’âme d’un enfant que vous la capturerez. Il suffit de rester immobile pour qu’elle vienne d’elle-même, par amour.

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