Le réveil

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MessageSujet: Le réveil Dim 16 Oct - 9:17

Pionnier
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« Ma petite chérie… »

Ses doigts doux me caressent le visage. J’appuie ma joue contre sa paume et je regarde ses yeux. Elle a les traits tirés, comme si elle savait son temps compté. Ses pupilles sont dilatées, ses sourcils froncés. Elle recule, et sa main échappe à mon contact. J’essaye de la rattraper, mais elle garde la distance. J’avance, j’avance, et elle recule toujours plus.

Elle a un air effrayé. Elle geint. Tout à coup, le visage de ma mère se fend en un hurlement strident. Apparait alors à côté d’elle mon père, dans une mare de sang. Je ne dis rien, je suis apathique. Ma mère s’effondre, une longue lame en travers du corps. Elle rampe vers moi, m’attrape la jambe. Son visage est inhumain, il se déforme et se contorsionne. Elle grimpe sur moi, me salissant et arrachant mes vêtements. Quand sa figure atteint enfin la mienne, je ne peux plus respirer. Son aspect est terrifiant. Ce n’est plus ma mère.

Et alors ce n’est plus son visage que je vois, mais celui de Rosa.

« Fuis. » m’ordonne-t-elle.




J’ouvre les yeux sur des couleurs éblouissantes. Tout est trop clair.

Je sens l’humidité des larmes sur mes joues, que j’ignore. Mon souffle est court et je me laisse un peu de temps pour me calmer. Mon cœur bat à la chamade et mes muscles tremblent. Le petit gémissement que je pousse me surprend.

Au bout de quelques minutes, je me redresse sur mes jambes endolories et découvre ce qui m’entoure. Où suis-je ? Je suis encerclée et hautes herbes, plus hautes que moi par endroits. Certains rochers, plus ou moins imposant, percent par endroit l’étendue de verdure jaunie par le soleil. Le lieu est immense, mais je peux apercevoir une forêt au loin.

A mes pieds, je retrouve mon sac de toile. Je l’attrape et l’attache consciencieusement sur mon dos. Il est encore léger, ne contient que quelques objets de faible valeur. Je ne dois pas rester dans les parages. Je le sens, je ne suis pas en sécurité. On pourrait me voir, m’attaquer. Je ne connais pas ce monde, ni les créatures qui le peuplent, mais je n’ai aucune envie de faire leur connaissance pour le moment. Mes souvenirs des conseils du Docteur sont flous.

Je décide de commencer à marcher, le dos courbé sous les plantes, en faisant le moins de bruit possible pour pouvoir tendre l’oreille.

En marchant, je fais tourner mon bracelet d’or autour de mon poignet. Je ne regrette pas d’avoir changé de monde, pas encore. Mais je ne sais pas pourquoi je l’ai fait. Je suis seule. Encore plus que je ne l’ai jamais été, je suppose. Pourquoi avoir accepté ? Je vais sans doute mourir très rapidement, ici. Un seul faux pas et j’ingurgite le mauvais ingrédient. Un seul faux pas, et une créature inconnue arrachera mes entrailles. Je sais que psychoter ne sert à rien, mais j’ai peur. Si peur que les larmes ne cessent de couler sur mes pommettes en un flux incessant et incontrôlable. Moi qui pensais être forte et solide.

Au bout de plusieures heures de marche, j’ai l’impression d’avoir tourné en rond. Mes pieds me font mal, j’ai dû me redresser pour ne pas coincer mon dos, et je commence à avoir la gorge sèche. Je n’ai vu aucun animal ni aucune personne. Et je ne sais pas si je dois en être rassurée ou alarmée. Je dois faire une pause.

Je trouve un rocher plus haut que les autres, qui fait une grande ombre me permettant de m’installer au frais. Je m’assois sur la poussière et dépose mon sac sur mes genoux, mon dos plaqué contre la pierre. J’essaye de fermer les yeux sans pour autant m’endormir, mais l’exercice est difficile, n’ayant aucune attraction pour me retenir éveillée.

Et c’est alors que dans le silence troublant, j’entends un très léger craquement, sur ma gauche, quelques mètres plus loin. Et mon coeur reprend son rythme infernal.


"We think too much and feel too little."

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Dernière édition par June Tures le Mar 1 Nov - 10:50, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Le réveil Mar 18 Oct - 19:27

Une ombre parmi leurs ombres
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Tu relâches soudainement ta proie. Tu en ressens la vibration avant même que n'éclate la lumière et tu abandonnes tout pour t'élancer dans sa direction.
Tu le guettes tous les jours cet éclair et tu t'éloignes de moins en moins de ce champ de cailloux. Mais tes pensées tournent et se retournent toujours vers Elle.
Elle n'était pas au village quand ils se sont tous rassemblés autour de toi avant de te relâcher. Aucun visage ne portait ses yeux. Et comme personne ne te retenait, tu es partie. Tu n'avais rien à faire avec eux de toute façon. La forêt est ton royaume et tu aurais dû y retourner. Tu es partie depuis trop longtemps, tu vas devoir réclamer ton territoire et tu devras montrer plus que les crocs. Au lieu de ça, tu traînes ici. Tu t'attardes de trop et les proies ont fui les environs. Depuis combien de temps n'as-tu pas eu le ventre plein ?
Les bipèdes viennent de quelque part, tu les as vu. Et s'il en vient, il est possible d'y retourner. Elle doit être là-bas. Et pourquoi ne t'aurait-elle pas rejoint depuis tout ce temps ? Tu ne sais pas. Mais tu guettes la lumière depuis. Elle est imprévisible. Et tu n'es jamais prête.

Tu galopes le plus vite possible jusqu'au cercle de pierres. Mais le temps que tu arrives, la lueur s'est dissipée depuis longtemps et n'a laissé derrière elle qu'un nouveau bipède. Ses traces sont fraîches dans les hautes herbes. Il semble avancer avec précaution. Est-ce que... Tu perds ton temps. Ce n'est pas Elle, ce n'est jamais Elle. Mais tu suis tout de même les traces. Imperceptiblement, elles te ramènent au centre. Tu tournes en rond. Tu vois, ce n'est pas Elle. Retourne chasser, tu es affamée.

Tu t'apprêtes à repartir vers les grands arbres quand une odeur t'interpelle. Ta poitrine se gonfle sous l'inspiration que tu prends. La peur. Délicieux parfum. C'est une proie ! Tue ! Tu aspires l'air à nouveau, à la fois par le nez et la bouche et cette odeur se colle à ta langue. Non. C'est le bipède. Ça reste une proie... Tu n'as rien mangé depuis des jours. Souviens-toi du géant. Il s'en est fallu de peu qu'il te tue. Oui mais souviens-toi de son goût. Comme sa chair était ferme... Un borborygme t'échappe et tu humes l'air à nouveau. Une bipède. Mieux encore. Chaque bouffée que tu prends te donne plus faim encore et bientôt, la salive baigne ta gueule. Tu t'aplatis au sol, couteaux en mains, te fondant dans les herbes folles. Tu verras, ce sera facile.
.


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MessageSujet: Re: Le réveil Lun 31 Oct - 6:24

Faire tenir l'infini dans la paume de la main, et l'éternité dans une heure
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N'éveillez pas le poulet qui dort
Un long frisson traversa le corps de Lune alors qu’elle ramait. Elle était sur l’eau depuis presque une heure déjà et le temps avançait de façon aussi monotone que le paysage calme de la mer autour d’elle. Malgré l’effort physique constant qui brulait au centre de chacun de ses muscles, la sensation austère perlait sur sa peau humide et s’attisant froidement dans la brise marine.

Elle revenait tout juste de la plage isolée, son petit paradis personnel, qu’elle avait nettoyée et scellée en prévision de son absence et du froid hivernal à venir. Elle n’avait tristement pas pu en profiter autant qu’elle l’aurait souhaité pendant l'été à cause d’une blessure à la jambe droite infligée par Nokomis, l’enfant sauvage, qui avait subséquemment été capturée au village de la vallée. Selon Terrence, le médecin du village, sa blessure n’allait pas laisser de séquelles permanentes ; elle avait tout de même pris plusieurs semaines à guérir, qui plus est, elle l’avait empêchée d’entreprendre les quatre heures de marche nécessaires pour se déplacer du village à la grande plage, puis l’heure et demie de navigation supplémentaire pour atteindre la plage isolée. La veille, même si la plaie n’était pas encore totalement guérie, elle y était parvenue non sans devoir prendre des pauses fréquentes.

Elle avait découvert avec surprise que sa plage avait été habitée par quelqu’un d’autre pendant son absence : il manquait maintenant un filet de pêche, l’entièreté des réserves de nourriture, sans parler que trois poules sur cinq manquaient à l’appel. Elle avait vite conclu que son ou ses locataires avaient dû faire parti des mystérieux naufragés dont tout le monde parlait au village ; quoi qu’il en soit, il ou ils avaient disparus sans laisser de trace avant sa visite.

Enfin sur la grande plage, elle rangea sa barque dans l’abri à bateau et se dirigea vers le village en passant par le champ de pierres. Lune avait sur les épaules un lot de couvertures, de vêtements et de corde, un panier de trésors et de jouets appartenant à son fils adoptif Alex, ainsi que les deux poules restantes, confortablement installées dans un sac en bandoulière. Sur le chemin du retour, elle dut prendre encore plus de pauses qu’à l’allée à cause de sa charge : elle en profitait habituellement pour boire et grignoter, et pour caresser les dociles volailles.

Elle devait être à moins d’une heure de marche du village lorsqu’elle aperçut entre les herbes hautes la tête blonde d’une inconnue. Elle s’était arrêtée, foudroyée de stupeur, croyant pendant un instant voir feu Léane, une autre petite blonde qu’elle avait rencontrée presque deux ans auparavant, et à peu près au même endroit. Elle accéléra alors sa marche pour la rejoindre, la gorge serrée et le cœur battant, avant de discerner ses traits et constater l’évidence qu’il ne s’agissait pas de sa vieille flamme, mais bien d’une inconnue qui lui ressemblait.

La gorge finalement dénouée, elle s’apprêtait à l’interpeler lorsque ses yeux furent attirés par un mouvement plus loin dans les herbes. Nokomis. Elle avait immédiatement reconnu les fourrures bestiales et sa démarche animale. Tous les efforts du village l’avaient amenée à ne plus attaquer ses habitants, mais visiblement, elle n’appliquait pas encore cette équation aux nouveaux venus. Ses intentions étaient claires et faisaient naitre chez Lune horreur et anticipation.

De son coté, le langage corporel de la petite blonde témoignait de son alerte au danger, sans pourtant qu’elle ait identifié l’enfant sournoise qui s’apprêtait à lui sauter dessus.

Inacceptable.

Outrepassant la douleur qu'irradiait sa vielle blessure, elle se mit à courir dans leur direction, laissant derrière elle une trainée de vêtements et de paniers. Finalement, Lune passa tout droit à côté de la blonde pour s’interposer entre elle et l’enfant.

- Naon !

Non. Crie-t-elle à l’avis de Nokomis. Elle s’adressait à elle avec toute son autorité et son assurance de maman. En la voyant de près, toutefois, armée et prête à bondir, son cœur sauta d’effroi, et au moindre mouvement de sa part, elle saisit la seule chose qui lui restait, soit son sac en bandoulière où dormaient ses deux poules.

Les plumes et les gloussements indignés volèrent alors que la sacoche rencontrait la silhouette de l’enfant-louve.

Achievement Unlocked !
Succès ! Tu as accompli un défi : attaquer un autre personnage. Et avec un poulet, en plus.
Tu peux désormais disposé de l'icône ci-dessus à ta guise pour afficher ton accomplissement !




Dernière édition par Lune Escher le Mer 14 Déc - 16:21, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Le réveil Mar 1 Nov - 10:45

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Un craquement, rien qu’un craquement. Ça ne veut rien dire. Je n’ai rien croisé de la journée, pourquoi maintenant ? J’essaye de me raisonner, mais mon cœur ne veut rien entendre. Il continue ses battements effrénés dans mes entrailles, frappant douloureusement mes côtes.

Je me relève sur mes jambes flageolantes, serrant la hanse de mon sac fermement au creux de ma paume. Ce n’est sans doute rien, mais je ne tiens pas à rester ici tout de même. Mon instinct me dit de courir, mais je reste là à scruter l’endroit d’où j’ai entendu venir le bruit. Je ne vois rien d’anormal, ou du moins rien de différent que pendant toutes ces heures de marches effectuées dans ces friches. Je fronce les sourcils et avance d’un pas…

Soudainement, un hurlement strident retentit derrière moi.

- Non !

Je ressens comme de la peur dans ce mot unique. Je me retourne vivement et vois cette femme courir vers moi, une trainée d’objets dans son sillage. Elle s’arrête dans une position défensive à mes côtés, et je la regarde de travers. Elle a la respiration courte. Elle fixe un point dans les hautes herbes sans me jeter le moindre coup d’oeil, attrapant le cabas qu’elle porte sur l’épaule. En quelques millièmes de secondes, elle l’a déjà lancé dans une confusion de caquètements affolés.

J’ai à peine eu le temps de faire quelques pas en arrière pour m’éloigner de la folie de cette situation. Qui est-elle ? Que me veut-elle ? Que voit-elle ?

J’ai l’impression que ma cage thoracique va exploser. Je sens une goutte de sueur froide dévaler mon dos. J’avale ma salive et me prépare à fuir, les yeux toujours dirigés vers l’inconnue aux poulets.


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MessageSujet: Re: Le réveil Sam 3 Déc - 8:20

Une ombre parmi leurs ombres
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Tu réduis la distance. Tu t'amuses. Chaque brindille qui craque affole son coeur, aiguise sa peur. Tu n'aurais pas si faim, tu la ferais courir. Tu t'apprêtes à bondir.

« Naon ! »

Tu reprends tes esprits. Entre toi et ta proie se dresse la bipède que tu as attaquée au village. Tu aurais dû la tuer. La peur qui l'habite, tu la créée. Profites-en ! Elle est faible, ce sera rapide. Tu n'auras pas à chasser pendant des jours... Tais-toi. Tu t'ébroues et ce mouvement l'effraie. Désespérée, elle te jette la seule chose qu'elle possède : une sacoche. Oh, quelle peur ! Tais. Toi.

Le sac s'envole, se tortille, caquète. Des plumes s'en échappent, attirent ton attention. Tu as à peine le temps de le saisir en plein vol qu'une poule terrorisée en tombe. Tes pupilles s'étrécissent et tu plaques la volaille au sol d'une patte, refermant tes griffes sur le tissu pour contenir l'autre. Tu oublies jusqu'à l'existence des deux bipèdes qui te fixent. Tu as tellement faim. Deux mouvements te suffisent pour briser la nuque du bruyant animal. Affamée, c'est à peine si tu prends le temps de le plumer que tu mords déjà dedans. Tes crocs percent sa chair et tu en arraches avec avidité le premier morceau que tu avales aussi sec. Le sang jaillit et te barbouille le visage avant que tu n'étanches ta soif à la source.
Un glapissement ramène ton attention sur les bipèdes.

Tu relèves les yeux vers elles, le menton dégoulinant de sang. Tu es leur pire cauchemar pour des nuits et des nuits. Tu es un prédateur, le prédateur. Qu'elles ne l'oublient jamais. Tu te lèches consciencieusement les babines et les doigts avant de sortir la seconde poule du sac. Elle s'étouffe de peur et s'agite avec l'énergie du désespoir. Tu caches sa tête sous son aile, la calmant immédiatement, et récupère sa congénère morte au sol. Tu jettes négligemment le sac désormais vide vers elles et, t'efface à reculons dans les hautes herbes, tes prises sous le bras.
.


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MessageSujet: Re: Le réveil Mer 14 Déc - 16:21

Faire tenir l'infini dans la paume de la main, et l'éternité dans une heure
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Lune vue les plumes s’envoler, puis s’échouer ; elle les sentit frôler sa peau, senti l’odeur fauve des volailles terrorisées, puis celle, plus chaude et âpre, de leur sang et de leur chaire comme un cri odorant, plus bruyant encore que leurs cris qui s’étouffaient lentement. Maintenant, les poules étaient tutes et tout ce que Lune percevait étaient les gesticulations primales de Nokomis et le silence flottant de June.

Elle observait l’enfant sauvage ensanglantée avec des yeux enflés par toute la répulsion qu’elle lui inspirait. Le sang ne l’effrayait pas. Ce n’était pas ça. Après tout, elle avait vu Lena ou Lola revenir au village plus barbouillées que ça. Ce n’était pas les morts subites et horribles des poules non plus ; après tout, elle en avait elle-même abattu. Et ce n’était même pas le comportement sauvage de Nokomis. Non, ce n’était pas ses actes, mais son attitude. Oui, c’était les intentions derrière ses actions qui étaient horrifiantes.

Lune avait la certitude que Nokomis savait exactement ce qu’elle faisait. Et qu’elle le faisait avant tout par plaisir. C’était ça qui la terrifiait par-dessous tout. Et le fait qu’au village, on s’obstinait à essayer de l’intégrer.

Sans quitter la petite des yeux, les bras ouverts en position défensive, elle encadrait la petite blonde avec la courbe de son dos. Même après que Nokomis ai disparu entre les herbes, elle resta sur le qui-vive. Prêtant l’oreille et étirant le cou, elle le cherchait encore du regard.

Après quelques instants de clame parfait, elle énonça d’une voix puissante :
- Tu vai’ te rendre malade se’ tu manges la viande crua !

Elle l’avait dit un peu comme une menace, un peu comme une blague, et même, un peu parce qu’elle s’en inquiétait vraiment.

Elle se retourna finalement en angle vers June, non sans rester tendue et attentive au moindre bruit.
Lune lui sourit, d’abord de façon forcée, exagérée, puis pincée, traduisant de son malaise. Elle glissa ses yeux sur elle sans savoir quoi lui dire. C’était tout nouveau pour elle de ne pas savoir quoi dire… Pas à cause d’une barrière linguistique, mais à cause du contexte improbable.

- … Um….Nós tentons de la domasticar’er…Domestiquer ? Um.

Son sourire avait disparu et ses yeux bougeaient de gauche à droite comme si elle cherchait les mots justes pour expliquer la situation.
Elle fut interrompue par un grand vent automnal qui balaya cruellement les herbes hautes dans un angle aigu.

Elle resserra son châle sur ses épaules sans manquer de remarquer que la nouvelle venue était encore moins couverte qu’elle. Soudain ses traits s’illuminèrent.

- Veux-tu un vestu’ment chauuuuud ? Le dernier mot s’étirant alors qu’elle cherchait derrière elles l’emplacement de ces affaires éparpillées. Elle voyait déjà des couvertures et les reflets de bijoux nacrés à découvert qu’il faudrait ramasser.



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MessageSujet: Re: Le réveil Ven 16 Déc - 17:46

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L’inconnue au poulet fixe toujours l’endroit vers lequel elle a jeté son cabas. Précautionneusement, je détourne les yeux vers une masse mouvante qui réduit les poulets au silence. Je déglutis.

Où suis-je tombée ?

J’entends les os craquer et la peau se déchirer, et la bile me monte à la gorge.
L’inconnue recule vers moi, m’encadrant de ses bras, et je ne peux que paniquer à l’idée qu’elle me veuille encore plus de mal qu’aurait pu me faire la masse dans les hautes herbes. Je respire rapidement en réfléchissant à un moyen de fuir.

- Tu vai’ te rendre malade se’ tu manges la viande crua ! crie-t-elle alors.

Je sens une nouvelle fois la tension dans sa voix, comme une peur sous-jacente, ou un soulagement, un dégout ou une émotion que je ne saurais décrire.
Elle se tourne vers moi, exposant ses dents dans un sourire forcé qui ne peut que me mettre encore plus mal à l’aise. J’ai à la fois envie de lui demander qui elle est et de partir en courant très loin de la folie de la situation. Mais son visage me parait doux et protecteur, malgré son regard hésitant et ses canines toujours dévoilées. Alors j’attends, tendue sur mes jambes.

- … Um….Nós tentons de la domasticar’er…Domestiquer ? Um.

Domestiquer ? Domestiquer cette chose, la masse ? Domestiquer ce qui a fait taire les poulets ? Cela me parait de plus en plus improbable. Peut-être suis en train d’halluciner. En tout cas je l’espère.

Ses yeux fuient les miens et je me rends compte que je la fixe sans doute d’une drôle de façon. Elle resserre le vêtement autour d’elle alors que le vent semble lui donner des frissons. L’adrénaline m’a fait perdre la sensation de froid et de soif.

- Veux-tu un vestu’ment chauuuuud ? me demande-t-elle alors, comme frappée par la meilleure des idées.

Je mets quelque temps à répondre, le regardant examiner l’étendue des dégâts qu’elle a causé à son matériel en arrivant.

- Je… Oui. Merci.

C’est tout ce que je trouve à dire, intimidée. Devrais-je partir tant qu’elle fait attention à quelque chose d’autre ? Elle a l’air bienveillant, mais elle a tout de même balancé des poulets sur cette chose. Je ne sais pas comment l’aborder.

- Qui… Qui es-tu ?


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MessageSujet: Re: Le réveil Jeu 5 Jan - 11:12

Faire tenir l'infini dans la paume de la main, et l'éternité dans une heure
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Avec ses fourrures, Nokomis était une petite masse menaçante de poils et de dents. Sur sa figure, le sang épais et foncé avait giclé comme une fleur qui s’ouvre. Somme toute, elle n’avait pas l’air humaine, et encore moins enfant, aux yeux de quiconque ne savait pas à où trouver son visage dissimulé et ses petites mains sales.

Lune comprit que ce n’était, justement, pas le cas de l’inconnue pour qui l’idée de domestiquer cette créature infernale devait sembler risible, stupide, découlant de la folie. Elle se sourit à elle-même avec désistement…Ce n’était probablement pas le bon moment pour pousser ses explications, d’autant plus qu’elle ne savait pas exactement quoi dire. Personne ne savait vraiment ce qui était arrivé à Nokomis, mais certains disent que c’est souvent ce qui arrive aux enfants lorsqu’ils sont laissés trop longtemps seuls dans la nature sauvage. À cette pensée, Lune revoit Alex, son petit garçon à elle, même pas âgé de 5 ans, seul, debout dans les hautes herbes. Qu’est-ce que qui lui serait arrivé si elle ne l’avait pas trouvé ? Si la mort ne l’avait pas trouvé en premier, il serait peut-être lui aussi devenu une petite créature hargneuse…

Cette possibilité lui donnait mal au ventre.

Elle trouva vite un lot de couvertures serrées ensemble et en extirpa une non sans devoir utiliser un peu de force. Sans jamais la lâcher, elle la fit finalement voler dans les airs dans un mouvement victorieux, puis la tendit à la jeune fille qui lui demanda, au passage, son nom. Elle lui tend alors la main.

- Lune ! E’ toi ?

Il y a quelques gouttes de sang sur ses doigts, probablement à cause des poulets sanglants brassés par Nokomis. Lune s’en rend compte et son geste se fige pour quelques secondes, mais elle fini le prolongé.

- Je suis a’ci depuis … cinq ans ? Je venho du village.

Le village qui est situé à approximativement deux heures de marche, un peu moins en pressant le pas.

Lune retrouve ensuite les couvertures et resserre le nœud qui les gardait ensemble. Un peu plus loin, elle retrouve le panier renversé qui contenait les jouets, les perles et les coquillages de son fils. Dans un grommèlement alarmé, elle commence à en ramasser le contenu, mais en sachant très bien qu’elle ne pourrait jamais tout récupérer. Trop de petits morceaux perdus entre les vastes herbes folles. Elle savait déjà qu’il n’en serait pas content ; il était toujours très pointilleux avec ses trésors, même si ceux-ci pouvaient sembler insignifiants aux yeux des adultes. Marquant à fin de sa recherche, elle retrouve avec un soulagement marqué d’un soupire heureux un petit hochet-tambour de bois. Elle l’agite un moment, faisant danser les perles de bois contre les faces plates sur un rythme simple. Elle se retourne alors vers l’inconnue avec un sourire radieux.

- C’est le favorito de mon’ fils.



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