La rosée froide se dissipe, la brume s'évapore au soleil

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MessageSujet: La rosée froide se dissipe, la brume s'évapore au soleil Mer 2 Mai - 22:35

je suis une actrice qui connaît le jeu qui ne lui fut jamais écrit
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La rosée froide se dissipe

et la brume s'évapore au soleil.



Le matin suivant mon arrivée, je m`étais réveillée avec d`horribles courbatures…Mais ce qui m`avait éveillée n`était ni quelques branches de mon pauvre abri qui m`était partiellement tombé dessus, ni le sol inégal et inconfortable, mais une poule : une petite poulette au plumage rosé et à crête verte qui était venu me piqueter l`intérieur d`une oreille. Dans la vallée, une dizaine de poules semblait chercher des vers et un coq, plus grand et plus foncé que ces congénères, se tenait bien droit et observait l`horizon avec un air fier et stupide, guettant un danger invisible alors que moi j`agrippais à deux mains la petite poule qui m`avait éveillée.

~*~

Les poules étaient parties sans se soucier de ma présence avant que le soleil ne soit à son zénith, seule celle que j`avais attrapée vaquait nonchalamment au bout d`une cordelette que j`avais attachée à sa patte et solidement liée à mon lourd panier -celui qui contenant des outils-.

Aujourd`hui je voulais construire mon abri (du moins, commencer à le construire). Ainsi, après m`être rafraichie près du petit cours d`eau non loin d`où j`avais placé mon camp, j’étais allée dans les bois et ramenait une-à-une de grandes, solides et flexibles branches afin d`installer le squelette de mon abri. Pas trop loin dudit abri, je nourrissais aussi un immense feu, pas qu`il faisait particulièrement froid, seulement je voulais faire savoir à la faune environnante que cette vallée était désormais mienne, ce message s`adressait tout particulièrement aux prédateurs qui aurait eu dans l`idée d`attaquer ma pauvre Poulette sans défense ; plus tard je devrai construire un petit poulailler afin qu`elle puisse elle aussi s`abriter.

Huit heures plus tard, alors que la luminosité commençait lentement à descendre, la base de mon abri était installée et j`étais installée à mi-chemin entre ce dernier et mon feu, assise au sol en train de coudre des peaux de lapin en une immense couverture. L`idée que j`étais en train de coudre ma maison ; je la trouvais drôle, ce n’est pas une chose qu`on fait tous les jours ; plutôt, ce n`était pas une chose qu`on faisait tous les jours avant, parce qu’ici, dans le Nouveau Monde, nous allions probablement souvent le faire…

Mais passons. Demain, que j`aie ou non mon abri, je devrai sérieusement penser à me trouver plus de nourritures ; aujourd`hui j`avais simplement fini les restes de la petite créature que j`avais prise dans un collet la veille et grignoté dans mes réserves. Cette première année allait être difficile : découvrir quelles plantes sont comestibles, découvrir quand leurs fruits ou leurs racines sont murs… Bien sûr, pour la viande, ce serait plus facile, mais il était hors de question que notre alimentation se réduise aux viandes seules malgré que l`agriculture était pour l`instant impossible puis restera difficile dans les quelques premières années à venir.

~*~

Les jours passent rapidement : j`ai toujours à faire et n`est donc pas le temps de m`ennuyer !

En une semaine mon abri était habitable même si j`y prévoyais encore plusieurs améliorations. Les peaux déjà tannées et imparablement fumées que j`avais à mon arrivée avaient été suffisantes pour entièrement le couvrir, mais il ne me restait désormais plus rein de cette maigre dote. Tous les jours je chasse dans le bois au nord du village, j`y cherche aussi des fruits, tentant d`identifier ceux que nous pourrions, dans un avenir pas trop éloigné, cultiver. Lors d`une chasse particulièrement longue où je pourchassais une espèce de renard noir très rapide, je me suis retrouvée complètement de l`autre côté de la forêt. J`avais alors découvert la mer…Enfin, ce que je croyais être la mer, car je ne l`avais jamais vu, même dans le premier monde. C`était une large baie, grande et scintillante, et je me tenais sur une haute falaise qui la surplombait tel une mezzanine. J`étais restée sur place un moment, prise dans mes pensées, avec tellement d`eau et encore aucun pécheur, cette baie devait regorger de poisson ! Je ne suis pas la meilleure pêcheuse du monde – je me débrouille- mais d`ignorer une telle ressource serait un crime ! Ou bien peut-être- pensais-je- devrais-je garder cet endroit en tête et laisser un futur habitant se spécialiser dans la pêche…

Mais cela faisait déjà des semaines que j`étais ici seule. Et si le Docteur avait eu des problèmes, avec peu importe ce qui lui permet d`envoyer des gens ici…Et si l`état l`avait arrêté ? Je pourrais me retrouver seule ici pour longtemps, peut-être pour toujours. Et puis une idée avait germé dans mon esprit, une idée pas tout à fait originale ; un truc que j`avais vu dans un vieux roman du Docteur, qui prenait place à l`époque où les États-Unis n`étaient pas encore et que des tribus autochtones peuplaient encore librement tout le continent.


~*~


J`ai donc quitté les lieux et suis retourné à mon abri, j`ai mangé, j`ai parti un grand feu lourdement garni de larges feuilles afin de fumer les fourrures et la viande de mes dernières prises, j`ai nourri de viande séchée et de petit fruit ma chère petite poulette – ma seule compagne dans ce monde vide…Et qui en plus me donne un bel œuf presque chaque matin - puis je me suis mise au boulot…

Le lendemain je suis retournée sur la falaise armée d`un panier plein de bâtons de bois et de pierre. Mon projet était simple : je m`inspirais des lignes à pêche d`hivers des anciens peuples, c'est-à-dire des lignes indépendantes. Mon idée était de mettre des bâtons en paires près les uns des autres, verticalement en en enfonçant une bonne partie des bâtons dans le sol.

Avec du fil résistant que le Docteur m`avait fourni, j`attache un dernier bâton, long et épais, puis passe les corde entre les deux autres. Enfin j`ajoute des hameçons- dont deux que j`ai sculpté au bord du feu la veille- puis des appas et jette la longe corde à l`eau, gardant l`extrémité liée au bâton près de moi ; si un poisson mord puis tire, le bâton ira se coincer entre les deux autres parallèlement enfoncer dans le sol et je n`aurai qu`à les remonter ! J`avais d`abord mis quatre lignes en pensant avoir le temps de coudre ou de gratter des peaux entre mes prises, mais je m`étais largement trompée ! Cette baie regorgeait de plus de poisson que j`aurais pu l`imaginer et je me retrouvais à remonter tellement de poisson que je dû retirer l`une de mes lignes pour pouvoir garder le rythme ! En soirée, peu importe que j`aie péché ou chassé, je passais mon temps à fumer poisson, viandes, peau, nerf et autres matières animales.


~*~


De temps à autre il m`arrivait de voir au loin, entre les arbres, le cheval cornu à robe Isabelle que j`avais vu dans la forêt le jour de mon arrivée. C`est comme s`il m’épissait, les deux autres licornes avec lui avait tout de suite eu peur de moi, mais celui-là semblait plutôt curieux. Une fois je m`étais approchée et il n`était parti qu`alors où j`aurais pu le toucher du bout des doigts en trois pas.




Ce matin il fait froid : l`air ambiante était gorgée d`une humidité froide et désagréable qui ne donne que l`envie de rester au lit jusqu`à avoir trop faim ou soif, simplement pour avoir à attendre le moins longtemps avant d`y retourner au soir. Mais je m`étais quand même levée avec le chant des oiseaux. En Dehors de mon abri, il faisait sombre et une épaisse brume m`empêchait de voir si peu loin que les collines… Pas question que je parte dans les bois ou m`approche près de la falaise dans ces circonstances : ce prendre un pied dans d`une de mes lignes camouflées dans le brouillard puis tomber à bas de la falaise n`est pas ma mort idéale, dirons-nous.

Ce brouillard n`est pas si mal au fond ! Il me force à casser l`exploration et la chasse pour prendre un peu de repos et travailler sur le village. Depuis mon arrivée ma seule idée est de préparer le village pour le possible hiver à venir, mais voilà, je suis pour l`instant seule et si cela reste ainsi jusque-là, j`ai déjà de provision fumée pour tenir une bonne partie de cet hiver ! Donc, rendons ce matin productif ! J`ai pas mal de peau déjà fumée qui aurait besoin d`un bon grattage afin d`être assouplie… Et je devrais peut-être débuter un deuxième abri, dans l`éventualité d`un nouvel arrivant. Et Poulette aurait besoin d`un meilleur abri que ma première couchette de fortune. Je pourrais lui construire un petit poulailler, peut-être attraper deux ou trois autres poules aussi, question d`avoir plus d`œufs…


~*~


J`étais tranquillement assise près de mon feu tandis que Poulette piquetait des vers non loin, une patte toujours liée à mon lourd panier d`outils. Je grattais frénétiquement une peau très épaisse d`une espèce de …d`une créature étrange avec de gros yeux que j’avais attrapés il y a quelques jours. Et là je vis ! Malgré la brume persistante – plus douce qu`au matin tout de même- je vis cette lumière étrange au loin ; c`était tel un éclaire, mais qui dura plusieurs secondes- donc trop longtemps pour vraiment en être un- aussi il n`y avait ni pluie, ni grondement sourd l`accompagnant … Le doute et l`excitation grandirent soudain en moi... Cela pourrait-il être ? Ou peut-être pas, même si ce n`était pas un éclaire traditionnelle, peut-être était-ce un phénomène naturel propre à ce monde…Mais si c`était vraiment…Surtout que ça semble être à peu près au champ de pierre- soit où je suis moi-même arrivé quelques semaines plus tôt-. Oh et après tout je me perds rien à aller voir, en plus j`avais mal aux fesses à force d`être assise en tailleur sur le sol.


~*~


Prenant tout juste le temps de jeter mes peaux dans le panier attribué à cet effet, j`entame la marche vers le champ. Seigneur, si c`était vraiment quelqu`un ? Allait-ce être un homme, une femme ? De quel nationaliste? Allait-il/elle parler ma langue ? –j`espère sinon, le docteur- mon oncle- je l`emmènerai bien sèchement- je pris alors conscience de ma solitude, je me réconfortais toujours de la présence de Poulette ou encore de la licorne en me disant que j`allais peut-être rester seule et je serais réellement déçue d`arriver au champ pour ne trouver personne.

Et de quoi avais-je l`air ? Suis-je présentable ? Ma robe est un peu déchirée…Mes cheveux sont…quand même propres; depuis que je vais au grand lac pour pécher, je descends aussi à la plage adjacente pour me baigner et laver mes cheveux avec des cendres. Mais même propres, ils doivent être mal coiffés et moches- surtout avec cette humidité- j`entreprends donc de me faire deux nattes vers l`avant tout en marchant.

Enfin j`arrive à proximité du champ. Là le brouillard est encore plus épais que dans la vallée, surtout vers le centre du champ… Je scrute l`horizon un moment, serait-il sage de m`aventurer dans cette nappe grise…Je perdrais toute visibilité, oui, je suis mieux ici…Comme ça si quelqu`un arrive, je le verrais ! Mais si la personne part dans une autre direction et se perd ? Arrg, comme c`est stressant ! Bon, la visibilité étant réduite, le son devient la meilleure option!

-HEYYYYYYYY ! Criais-je du plus fort que je le pus en direction du champ, les mains devant la bouche. Et enfin je vis ! Je ne sais pas si elle m`avait entendue ou si elle c`était seulement diriger vers moi par hasard. C’est définitivement une fille ! La silhouette ne permet pas d’erreur… Je me dirige vers elle, forçant mes yeux à focaliser davantage pour mieux la voir. De grandeur et de taille moyenne… Avec des cheveux bruns/roux/je-sais-pas-trop-qe’elle-couleur-avec-tout-ce-brouillard, attaché en queue de cheval. Elle avait un sac en bandoulière et un sac-poche canva bien remplie.

J’agite un bras dans les airs. HEYYYY ! Dis-je encore en me dirigeant davantage vers elle.



Dernière édition par Lena M. Oliver le Mer 26 Juin - 23:30, édité 12 fois
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MessageSujet: Jeu 3 Mai - 0:59

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La nature qui m’entourait grouillait de vie, et un instant je me surpris à penser qu’il n’y avait pas de place pour un humain ici. Ceux de mon monde avaient tout détruit, avaient pillé les trésors de notre terre, saccager nos richesses et c’est en voyant cet endroit que je compris tout ce que l’on avait gâché. Malgré la température fraîche et le brouillard, je devinais un monde où les animaux étaient maitres. C’était ainsi que mes parents m’avaient toujours décrit le paradis. Des champs, des forêts, des animaux à perte de vue, la douceur du vent sur la peau et le repos éternel. J’eus une petite pensée pour eux qui devaient à présent évoluer dans un univers aussi charmant. Puis, mes pensées se mirent à se bousculer pour se frayer un passage jusqu’à ma conscience. Je pensai d’abord à mon mari, et une pointe de tristesse se fraya un chemin dans mon sang jusqu’à mon cœur. Il était resté là-bas, lui, dans le premier monde, et il me manquait déjà. J’avais découvert les rebelles grâce à lui, j’avais découvert Terra grâce à lui, et j’étais finalement partie. Je m’en voulais, je me sentais coupable, encore plus maintenant que j’avais ce spectacle devant les yeux, mais je ne regrettais pas.


Puis, je pensai à Alan. Ce bon Alan, ce docteur qui m’avait permis de m’évader de ma prison. Cette opportunité, je la lui devais. Je lui devais tout. J’étais bien consciente que bien peu de gens avaient la chance de quitter ce monde pourri, et encore moins d’en bâtir un nouveau. L’image de mon meilleur ami que je ne reverrais plus jamais flottait devant mes yeux, me narguant. Je ne lui aurai jamais assez dit merci, même si je le lui avais répété des milliers de fois, ainsi que durant tous les préparatifs à mon expédition. Je me devais de rendre son rêve possible, autant pour moi, pour lui et pour l’humanité tout entière. Je le remerciai encore une fois, à voix basse, alors que je câlinais le félin lové dans mes bras. Je pensai finalement au monde que j’allais aider à rebâtir, aux valeurs que je voulais implanter dans la nouvelle civilisation, aux mœurs qui me semblaient appropriées et à toutes les personnes à qui je communiquerai l’œuvre de ma vie. J’imaginais un petit village de fortune solidaire même les jours d’orage, en harmonie avec la nature, ne chassant pas plus que nécessaire. J’imaginais un peuple comblé et heureux, s’autosuffisant sans ne jamais demander rien de plus. Je rêvais peut-être trop, mais n’était-ce pas toujours les rêveurs qui bâtissaient de grandes choses ?


Revenant subitement à la réalité, je constatai qu’on semblait m’appeler. Une voix humaine, une onomatopée humaine. Il y avait encore de la vie sur Terra ; je ne serais pas seule, et elle non plus. On allait pouvoir s’entraider mutuellement et bâtir un bon refuge pour les suivants. J’avançai vers la voix, marchant maladroitement dans ces herbes hautes coquines qui aimaient me chatouiller le mollet et ainsi me faire sursauter. Plus j’avançais et plus je distinguais une forme et cela me donnait la force d’aller de plus en plus vite. Au final, je courrais presque, alimenter par la curiosité et l’impatience de découvrir ma compagne de fortune. Mon cœur battait la chamade et en plus de le sentir douloureusement sur mes cotes, je le sentais dans mes tempes, alors qu’il pompait du sang à toute vitesse pour mes muscles qui se contractaient de plus en plus vite. J’étais essoufflée, autant par l’effort physique que par l’engouement de la situation.


Elle était là, me regardant en souriant. Elle m’attendait, et c’est en voyant ses vêtements et son allure que je me souvins que cela faisait plus d’un mois qu’elle était toute seule ici. Je me pris immédiatement d’amitié et de compassion pour cette jeune femme qui semblait à peine plus jeune que moi. Ses longs cheveux noirs attachés en natte me paraissaient en piteux état, et sa peau hâlée me semblait avoir besoin de douceur. Je lui souris, amicalement, parce que je venais en paix, mais surtout parce que c’était naturel chez moi. La jeune femme m’inspirait confiance, et je lui tendis la main qui ne tenait pas le petit fauve ébranlé par ma course. J’étais à bout de souffle, voilà pourquoi je ne parlais pas, préférant attendre quelques secondes de retrouver ma respiration normale. J’espérais que mon sourire et mes manières amicales suffiraient à la convaincre de mes bonnes intentions. C’est alors que je découvris oh combien mes sacs me pesaient sur les épaules et à quel point j’avais soif.


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MessageSujet: Re: La rosée froide se dissipe, la brume s'évapore au soleil Jeu 3 Mai - 4:40

je suis une actrice qui connaît le jeu qui ne lui fut jamais écrit
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    Plus elle s’approchait et plus je pouvais la détailler. Ces cheveux ne sont certainement pas naturels en tout cas ! Pas étonnant que je n`arrivais pas à en identifier la couleur dès le début : ils sont multicolores ! En parti brun, en parti rouge, avec quelques mèches blondes et d`autres noirs… C`est rare des cheveux teints, quand même ! Surtout des cheveux avec des couleurs ou des mèches voyantes! Elle est visiblement de type caucasien, je ne sais simplement pas encore si elle est de l’Europe ou des Amériques. Elle est bien vêtue, oh, mais ça ne durera pas! Les premiers jours c`est stressant : la paranoïa s`empare de nous et nous faisons attention à nos moindres mouvements…Mais malgré tout il y a des morceaux qui brulent, déchirent, étirent et pendant un moment c`est frustrant ! Puis on en vient à se rendre compte que c`est inutile, que ça va déchirer et s`user de toute façon et qu`il veut mieux nos vêtements que nos peaux. Puis il y a l`ultime étape où l`on prend les vêtements pour ce qu`ils sont vraiment, c`est à dire du tissu servant à nous protéger du froid ou des branches et où la nudité semble une idée totalement naturelle si la température et l`environnement immédiat le permet. Ou peut-être ce cheminement de pensé est-il uniquement provoquer par la solitude et que la compagnie d`autres éveillerons ma pudeur le jour où les critères plus haut cités se présenterons.

    Pour en revenir à elle : elle a de –très- grands yeux d`un bleu clair et est de taille moyenne. Voilà qui fait pas mal le tour de la question ! Ses sacs semblaient lourds et elle semblait tenir quelque chose aux creux du coudre…Elle me tendit une main, pendant un moment je restai immobile, fixant ca main, confuse. Puis je compris et serra timidement. Aussi impatiente de ne plus être seule fus-je, d`avoir eu le taciturne et peu sain d`esprit Docteur- mon oncle- comme seule compagnie pendant les neuf dernières années n`a pas pu faire de moi quelqu’un de très à l`aise avec les autres.

    -J`avais peur que vous vous perdiez en allant de l`autre côté… À cause du brouillard, il faudrait penser à mettre des directions sur l`une les pierres ou faire des pancartes… Dis-je vaguement, les yeux rivés sur…Oh, mais… ça bouge son truc ! Le truc au creux de son coudre ! Le docteur lui aurait permis d`emmener un animal ? J`en doute, il m`a dit ne pas vouloir le faire par peur de déranger l`équilibre de la faune du Nouveau Monde ! Mais cela fait moins d`une heure qu`elle est ici et n`a pas quitté le champ, le petit était dans le champ…Mais où est donc la mère ? Y aurait-il des fauves dangereux dans le champ de pierre ? Toutes ces interrogations se bousculent dans ma tête et des peurs – raisonnable et logique- se forment dans mon esprit tandis que je reste figé, les yeux rivés sur la boulle de poil.

    -Nous devrions nous mettre en marche. Dis-je finalement ne pesant bien mes mots, il y a une vallée a moins d`une heure de marche par-là, il y a tout mon stock de nourriture, mon abri et Poulette. Il y a de l`eau plus loin, c`est paisible comme endroit et idéal pour s`installer. Non, l`idée de me présenter ne me vient pas du tout à l`esprit, c`est trop socialement correct pour moi, je suis beaucoup plus du type technique.

    Je croise son regarde, lui accorde un léger sourire puis abaisses les yeux, inconfortable.

    -C`est une bonne balade, je peux prendre l`un de vos sacs si vous voulez… Finis-je timidement.



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MessageSujet: Ven 4 Mai - 0:31

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Je détaillais ma compagne qui semblait faire de même. Timide, pensais-je, mais alors je me souvins que cela faisait plus d’un mois qu’elle était seule ici. Ses habiletés à communiquer devaient en avoir pris un coup, ainsi que sa voix qui me semblait légèrement brisée. Depuis combien de temps n’avait-elle pas parlé ? Mon sourire s’élargit. Elle était brave d’être demeurée seule ici aussi longtemps, et juste à imaginer ce que cette solitude devait créer comme sentiment me fit grimacer de douleur. Mais c’était terminé maintenant, elle ne serait plus jamais seule. Et alors je me souvins qu’en plus d’avoir dû supporter la solitude, la jeune femme devait avoir survécu par ses propres moyens. Impressionnants! C’était maintenant à mon tour de démontrer une aussi grande force qu’elle, et ensemble on allait pouvoir amener Terra dans la bonne direction.

Sa main serra finalement la sienne alors que je devinais son malaise. Sa peau était rugueuse, signe qu’elle avait très peu chômé ses dernières semaines. Ses ongles, je le remarquais, semblaient plutôt sales, et autant je trouvais dommage de gâcher d’aussi belles mains, autant j’avais hâte de travailler à mon tour. Les premières années de ma vie me revenaient en mémoire, alors que je travaillais la terre et m’occupait des animaux. Mes extrémités fourmillaient, j’avais tant envie de m’activer, de sentir mon corps travailler durement, de me sentir enfin vivante. Ce que toutes ces sensations avaient pu me manquer ! C’est la voix de ma compagne qui arrêta l’inspection que je faisais de mes sensations corporelles et je regardai l’animal blessé au creux de mes mains. Elle semblait beaucoup s’intéresser à lui.

« La fumée de ton feu est assez efficace.. »

Dis-je simplement, ne réalisant pas que c’était mes premières paroles que je lui adressais, ni que je la tutoyais déjà comme on le fait avec une grande amie. Je pointai ensuite la trainée de fumée de ma main valide, tenant toujours mon petit compagnon au creux de mon coude, collé contre mon ventre. Je pouvais sentir sa chaleur même au travers de mes vêtements, alors que ses tremblements se calmaient, mais étaient toujours bien présents. D’ailleurs, la jeune femme fixait vraiment mon petit animal et me semblait apeurée. Je comprenais pourquoi, mais alors que je l’avais blessé et que sa mère me semblait nulle part, je l’avais adopté. Je n’aurais qu’à le libéré lorsqu’il ira mieux. Je haussai les épaules même si ce mouvement s’accorde à un discours intérieur.

Je regardai le soleil qui me semblait plutôt bas, donc signe qu’il était assez tôt, mais vu la longueur du trajet, je pouvais comprendre qu’elle avait hâte de rebrousser chemin. Je devais d’ailleurs m’installer pour la nuit – dans le pire des cas, je dormirais à la belle étoile cette nuit. Ça m’avait tellement manqué les nuits à la belle étoile ! - et ces sacs pesaient de plus en plus lourd sur mes épaules. D’ailleurs, elle m’offrit d’en porter un. C’était tellement gentil, et alors je me débarrassai du plus léger que je lui tendis timidement. Je n’aimais pas me reposer sur les autres, mais je devrais m’habituer à l’entraide. Et c’était aujourd’hui que ça commençait.

« Je me nomme Félicie, et toi ? »

Nous commencions tranquillement à nous diriger vers le camp de fortune de ma compagne. Il n’y avait aucun empressement pour moi alors que je ma boule de poil commençait à se mouvoir entre mes bras. Je le caressai un peu pour le calmer, ce qui eut un effet immédiat. Je l’aimais déjà, ce petit chaton, et espérais pouvoir le garder avec moi. Du moins, jusqu’à ce qu’il aille mieux.. Je sentais de plus en plus la caresse du soleil sur ma nuque, alors que le brouillard semblait se dissiper à mesure que la journée avançait. Bientôt nous atteignirent une roche d’une grandeur asse époustouflante et nous arrêtions quelques instants. J’étais légèrement essoufflée et avait besoin de repos. Je m’assieds sur une roche plus petite, à l’ombre, déposant le félin sur mes genoux.


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MessageSujet: Re: La rosée froide se dissipe, la brume s'évapore au soleil Ven 4 Mai - 5:32

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    « La fumée de ton feu est assez efficace.. »

    La fumée de mon... Feu? Mais de quoi parlait-elle, nous étions encore loin du camp et le feu n`étais en vu il… Au même moment je remarque qu`effectivement, malgré le brouillard persistent, au loin se démarquait une longe, vaporeuse et tourbillonnante bande de fumée claire.

    C`était donc la fumée qui l`avait guidée dans le bon chemin ? Alors peut-être cette brume est-elle une bonne chose, sans elle j`aurais été dans les bois, je n`aurais peut-être pas vu la lumière et même si je l`aurais laissé allumé, le feu n`aurait jamais fourni autant et Elle aurait pu prendre une autre direction, se perdre et mourir – oui parce que même sans avoir l`air particulièrement coquette, elle ne semblait pas être le genre de personne à pouvoir survire seule…Ça doit être les cheveux-. Nous commencions lentement à marcher – enfin, non, je pressais quand même assez-beaucoup- le pas- en silence, j`avais l`un de ses sac : c`était vraiment léger, j`aurais pu porter plus, j`ai l`habitude, mais ce fut son choix…Et après tout, quand on porte beaucoup, une simple livre de plus c`est énorme…J`imagine.

    Une peur me prise soudain, concernant le cheminement de pensé de plutôt...

    -Le… Avais-je commencé à voix basse, mais elle avait aussi parlé, au même moment, plus fort que moi.

    « D’ailleurs, je me nomme Félicie, et toi ? » Oh oui, se présenter, c`est sûr que c`est un bon début si l`on songe à tout le temps qu`on allait passer ensemble, peut-être seules, ensembles : qui sait combien de temps le Docteur prendrait-il cette fois, pour envoyer d`autres gens ? Qui sait si mes craintes qu`il soit pris et arrêté ne se réalisent pas du jour au lendemain. Peut-être même était-ce pour cela qu`il n`avait pas envoyé d`autre avant aujourd`hui : parce qu`il était surveillé…Ou peut-être encore l`avait-il fait, envoyer d`autres gens, et peut-être, comme je le redoutais présentement, peut-être ceux-là c`étaient-ils perdus…

    -Le Docteur vous a-t-il confié avoir envoyé d`autres gens avant vous ?
    Elle m`avait tutoyé… Seul le Docteur -mon oncle- le faisait, mais toujours avec une étiquette parfaite. Mais le Docteur fut aussi mon seul contact…Moi je l`avais toujours vouvoyé, j`ai toujours vouvoyé tout le monde…ou non, J`ai bien dû tutoyer mes parents, jadis, mais je n`en garde aucun souvenir clair…Je la regardais intensément, attendant nerveusement une réponse…Mais face à quelques secondes de silence que j`avais trouvé interminable, je baisse les yeux.

    -Mon nom est Lena Oliver, Le Docteur m`a élevée…

    Maintenant, je regarde droit devant moi, vers le chemin ; le champ de pierres était loin derrière, désormais, et nous étions dorénavant sur un sentier à peine tracé à la lisière de la forêt. Ici le brouillard était moins dense et nous voyons clairement devant nous. La fumée au loin semblait aussi lentement s`amaigrir : il aurait été temps d`alimenter le feu.

    ~*~

    Enfin nous arrivâmes dans la vallée ! Au loin, vers le centre, on voyait clairement mon large feu encadré des grosses pierres, avec une façade de mâts légèrement diagonaux soutenant des peaux et des morceaux de viande. Et encre plus loin vers le fond, ma hutte, ronde et recouverte- avec une certaine élégance- de cuire et de fourrures- c`était provisoire, je prévoyais essayer de faire une partie des murs en vannerie serrée-. En focalisant bien, j`apercevais même Poulette qui picotait le sol non loin du feu !

    -Bienvenue à la maison. Dis-je à voix basse, sans prendre la peine de la regarder.



Dernière édition par Lena M. Oliver le Lun 10 Juin - 5:21, édité 5 fois
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MessageSujet: Sam 12 Mai - 22:19

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Nous approchions du camp, et la nervosité me gagnait à nouveau. Voir l’endroit qui serait mon refuge pour le restant de mon existence me rendait anxieuse. Et si tous mes espoirs avaient été vains et que je ne retrouvais pas le bonheur en Terra ? Et si j’avais le mal du pays ? Que ma terre me manque, ainsi que mes arbres et mon soleil. C’était une possibilité, et je n’y avais jamais songé jusqu’à maintenant. C’est en voyant le sommet de la hutte au loin que je compris que serait dur d’oublie mon passé pour mieux avancé, mais j’imaginais que le travail qui m’attendrait m’occuperait l’esprit. Tant mieux ! D’ailleurs, ma nouvelle compagne s’activait déjà à faire de mon esprit une chose occupée. Elle me parlait, alors que la hutte et le feu grandissaient sous mes yeux, d’autres envois sur Terra. Je secouai la tête sans émotion, les sourcils un peu froncés. Peut-être aurait-elle préféré trouver quelqu’un d’autre dans ce brouillard ? Peut-être attendait-elle quelqu’un ? Avait-elle été déçue en me voyant m’avancer vers elle ? Je me sentis tout à coup de trop.

« Non, je suis officiellement la deuxième personne envoyée sur terra », lui annonçai-je sans grande conviction.

J’avais parlé au même moment où Léa (ou un prénom du type) se présentait. Je lui souris même si je me sentais toujours mal à l’aise, surtout que maintenant j’avais en plus besoin de lui demander de répéter. Mon air était ébahi, je le avais, et j’aurais trouvé la situation amusante si je n’avais pas eu peur de briser le cœur de ma compagne.

« Pourrais-tu.. S’il te plait.. Répéter ton prénom ? »

Je rougissais… Ce qui était rare. Je tortillais mes doigts dans la sangle d’un de mes sacs alors que je réalisais que je n’avais effectivement pas compris le bon prénom. C’était encore plus embarrassant, et ce même si elle ne pouvait pas le savoir. J’avais l’habitude d’être à l’aise et d’avoir de la facilité à communiquer avec les gens, mais pour l’instant ma nouvelle amie restait un mystère pour moi.

Arrivée au « village » qui commençait à se former au centre de cette magnifique vallée, je fus estomaquée de voir à quel point la construction de Lena s’accordait bien avec la nature. Il me semblait que notre place nous avait été réservée et que ce monde nous avait toujours attendu. Je souris et sentis mon anxiété descendre légèrement alors que nous approchions vraiment du feu. Il serait temps de l’attiser, ce feu, si on voulait le garder haut et fort. Mais ce n’était pas ça qui attirait mon attention pour l’instant. La hutte de Lena attisait ma curiosité et je choisis de m’y rendre en premier, la dépassant. C’est à cet instant que je me retournai, lui offrant mon sourire le plus chaleureux.

« Merci Lena. ♥»

Me doigts effleuraient le cuire de la hutte alors que je remarquais maintenant la petite poule qui piquait le sol à la recherche de vers. Je souris et réalisai que j’avais toujours le chaton dans mes bras. Il s’était pour l’instant endormi et, revenant au feu, je m’assieds en tailleur et le déposai au sol, l’examinant doucement.

« Je l’ai frappé avec mon pied en arrivant. Il était seul et je l’ai blessé. Je l’ai donc ramené avec moi. »

Dis-je en me tournant vers Lena.


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MessageSujet: Re: La rosée froide se dissipe, la brume s'évapore au soleil Dim 13 Mai - 3:57

je suis une actrice qui connaît le jeu qui ne lui fut jamais écrit
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    « Non, je suis officiellement la deuxième personne envoyée sur terra… » Elle semblait étrange en disant cela, comme triste ou déçue, non, je crois que c’est autre chose mais n’arrive pas à savoir quoi…mais peu m’importe ; moi je suis soulagée ! Mes traits s’adoucissent et je pousse un long soupire combiné d’aise et de soulagement dès ses mots entendus.

    -Je suis restée ici longtemps, seule, je commençais à craindre qu’Il ait envoyé d’autres gens, mais que je ne les ai pas vus et qu’ils soient morts. Dis-je à voix basse, distraite en survolant la –notre- vallée du regard alors que nous nous approchons : rien d’anormal à signaler. Félicie s’approcha de mon campement avec une aire tout heureuse, me souriant à pleines dents, me remerciant –me remercier pourquoi, d’ailleurs?- et disait mon nom que cette fois elle avait compris : Lena, Léa, pour moi ce n’est pas très, très important, surtout que je ne suis même pas certaine que ce soit mon vrai nom – il me semble que oui, mais mon dernier souvenir quant à mon nom est celui où Il –le Docteur, mon oncle- m’appelait, alors que j’étais cachée dans le garde-manger de mes parents. - . Enfin oui, l’important c’est qu’on arrive à se comprendre et communiquer. Après avoir fait le tour du campement des yeux, la jeune femme va s’asseoir près du feu en caressant la boule de poil et me dit l’avoir trouvé, seul, après l’avoir frappé.

    -Oh bien, commençais-je en récupérant de mon grand panier les peaux que j’étais en train de travailler avant son arrivée ; elles allaient être d’autant plus utiles maintenant que nous aurions à lui construire un abri à elle aussi. J’espère seulement qu’il – ou elle- a de mauvais parents qui ne tenterons pas de venir le -la- récupérer.- et sinon, si elle tient vraiment à le garder, j’imagine qu’ils -les parents- nous feront de beaux tapis-. Relevant la tête des peaux que je venais de correctement placer devant moi, j’ajoute : je n’ai jamais encore vu de félins de ce genre …Mais peut-être ont-ils plutôt tendance à sortir d’été – même si nous n’étions qu’au mi-printemps par rapport au calendrier conventionnel- enfin, quand le temps devient chaud… A l’aide de mon grattoir, je recommence lentement à gratter le cuir…

    -Demain matin…Il faudrait aller dans les bois chercher de quoi vous faire un abri… Dis-je lentement, d’une voix calme et passablement douce. Depuis que je suis ici il n’y a pas eu une goutte de pluie, j’espère qu’il en restera ainsi jusque-là…et Hum…vous savez coudre ? Finis-je par demander et pour une fois j’avais relevé la tête pour attendre sa réponse. Peut-être devrais-je être plus amicale ? Elle vient quand même d’arriver…Mais d’un autre coté (1) moi à mon arrivée, je m'étais suis tout de suite mise au travail -mais j'étais toute seule aussi-(2) qu’es qu’on pourrait bien faire d’autre? Faire un diner de bienvenue ? Avec quoi, que de la viande ? Ah ouais…


    -Si vous avez faim, j’ai pas mal de réserve de viande et de poisson... Dis-je dans une tentative d’être un minimum accueillante. Je n’avais pas vraiment de fruits et de légumes : lorsque je trouvais des petits fruits dans les bois j’en grignotais en chemin, parfois j’en ramenais pour la poule qui en était friande ; il faut dire que pour l’instant, le but principal était de s’installer et de trouver une ressource de nourriture viable et façile à conserver…mais, des petits fruits, après deux ou trois jours, c’est déjà plus bon.

    Passons sur la nourriture, comment autrement pourrais-je être accueillante ? En m’intéressant à elle? Oui pourquoi pas et en plus elle doit bien avoir une histoire spéciale pour être ici…

    -Donc he…Comment…Comment avez-vous rencontré mon oncle ? Demandais-je, toujours d’une voix basse, les yeux rivés sur le giratoire que je mouvais doucement sur le cuire de plus en plus doux et souple.






Dernière édition par Lena M. Oliver le Lun 10 Juin - 5:22, édité 7 fois
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MessageSujet: Mar 29 Mai - 18:44

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Lena semblait avoir souffert de la solitude durant ces temps difficiles passés seule ici. Pas qu’elle me semblait malheureuse ou triste - l’état du village m’indiquait qu’elle n’avait pas pris le temps de s’apitoyer sur son sort – mais plutôt que ses facultés à socialiser semblaient en avoir pris un coup. Ça allait revenir avec le temps, me disais-je, souhaitant qu’on devienne de très bonnes amies. Je souriais sans vraiment m’en rendre compte et plongeai ma main dans l’énorme sac à dos que je transportais. Je cherchai quelques instants avant d’en sortir une enveloppe contenant du papier, puis suivirent une plume et de l’encre. C’était plutôt old school comme matériel, mais c’était ce que le doc avait décidé de nous envoyé. Ce qu’il pouvait être étrange parfois. D’ailleurs, je me demandais quelle relation il entretenait avec cette jeune femme. Il l'avait vraisemblablement élevée, mais était-elle sa fille ? Dans ce cas, Alan avait-il eu une femme ? Ou peut-être en avait-il toujours une ? le voyant toujours seul, je l'avais toujours cru célibataire, et j'avais toujours cru qu'il était fait pour ce tipe de vie.

« T’inquiètes, tu as très bien fait ton travail de première arrivante. L’abri est superbe ! Le feu aussi ! » Souriante, je regardais autour de moi alors que je nommais les différentes composantes de l’endroit. Et alors je tendis mon attirail à Lena, me souvenant qu’il est dans mes mains. Comme elle semblait plutôt se demander ce que c’était, je déposai le tout sur un petit recoin de ses genoux dénués de peau d’animaux qu’elle travaille.

« Je crois que c’est pour écrire. Peut-être qu’une carte des environs serait utile. Tu connais probablement les environs par cœur maintenant, mais ça me faciliterait grandement la tâche… et aux futurs nouveaux aussi, d’ailleurs. »

Puis, je repris l’exploration du poil de ma petite bête, alors qu’elle me regardait légèrement apeurée. J’aimerais regarder ses blessures, mais comme elle est sur la défensive elle risquerait de me mordre. Je préférais installer un climat de confiance entre nous avant de l’examiner.

« Je n’ai pas vu d’autres félins de ce genre depuis mon arrivée. Mais bon, il y avait beaucoup de brouillard et je ne suis pas ici depuis très longtemps. Avons-nous quelque chose pour nous défendre ? » Je ne pensais pas me battre, mais comme on ne sait jamais ce qui peut arriver, je préférais prévoir le coup. Lena devait comprendre mon questionnement, puisqu’elle semblait beaucoup plus inquiète que moi. Peut-être y avait-il des choses que je ne savais pas sur Terra et qui pourrait alors me faire redouter l’endroit ? J’allais attendre pour ce genre de question. Lena ne semblait pas encore tout à fait à l’aise avec moi. Mais elle continue de parler de ces félins, concentrée sur son travail, alors que je caresse le bébé et fixe le feu qui s’éteint tranquillement. J’acquiesçai à ses paroles, heureuse qu’elle continue de discuter avec moi. Elle en semblait pas tant me détester.

« Je sais parfaitement coudre. Aurais-tu quelque chose à me faire travailler ? » Dis-je en me tournant vers Lena et tendant mes mains. J’avais hâte de me mettre à la construction de mon abri, et ce même si je tenais à dormir à la belle étoile cette nuit. Avec un peu de chance, le petit félin dormirait collé contre moi ! Cette image faisait fondre mon cœur tellement ça me semblait mignon. Puis Lena me parla de nourriture et je sentis mon ventre grogner en pensant à manger quelque chose. Ce que j'avais faim !

« Huuuum, oui, maaanger !!!!!

Puis, les prochaines paroles de Lena furent couvertes par le grondement du tonnerre. Je levai mes yeux au ciel et crut voir au travers du brouillard qu’il était très foncé. J’eu à peine le temps de me faire cette réflexion que l’eau me tomba dessus de plein fouet, sans avertissement autre que ce grondement. En quelques secondes, le feu fut éteint, Lena et moi complètement trempés, mon félin et la poule paniquée et une éclaire déchira très nettement le ciel. Puis, Lena fut debout et moi aussi, empoignant tout ce que je pouvais et le mettant à l'abri dans la petite hutte faite par Lena. Mes sacs, les peaux que ma compagne grattait ; tous devaient y rentrer. Puis, ce fut notre tour de nous y entasser. Il ne restait plus beaucoup de place et nous dûmes nous coller légèrement pour complètement entrer. À ma droite se trouvait Lena, et de l’autre côté j’étais collée contre un sac à dos.

« Ouf, c’est fou cette pluie ! » m’écriai-je au dessus des tonnerres. « Ça arrive souvent ? » dis-je en essorant mes cheveux et mes vêtements du mieux que je pouvais avec notre espace restreint. Puis je réalisai. « Mon félin ! Où est mon félin ?!?! » Paniquée, je criais et tentais de me relever.


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MessageSujet: Re: La rosée froide se dissipe, la brume s'évapore au soleil Sam 2 Juin - 0:40

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    La pluie était tombée très soudainement. Il n’y avait eu qu’un long grondement sourd puis ce fut l’averse, pas n’importe quelle pluie : celle qui mouille jusqu'à l’os en seulement quelques secondes. Moi et Félicie n’avions même pas eu le temps de comprendre ce qui se passait : nous étions là, immobiles, déjà trempées jusqu’à la moelle ; nous échangeâmes un regard d’affolement avant de nous lever d’un seul bond et nous avons rapidement commencé à rentrer, en toute vitesse, toutes nos possessions dans mon abri. Poulette, après un moment d’affolement, c’était immobilisé, le cou en l’air avec un air d’extrême intelligence, le bec ouvert sous les grosses gouttes qui lui avait aplati toutes les plumes au ras du corps. Moi et Félicie nous étions engouffrées dans ma modeste hutte, dans notre empressement nous avions tout chamboulé : tout était de part et d'autre sur le sol, sans ordre, prenant bien plus d’espaces qu’un rangement stratégique aurait épargner. Du panier de fourrures propres le plus proche, je sortis deux petites peaux bien fournies : j’en jette une aux genoux de la nouvelle venue, commençant à me sécher la peau et les cheveux avec l’autre sans un mot, ni de sa part, ni de la mienne. Nous étions drôlement bien trempées : après avoir placé quelques paniers les uns sur les autres pour me laisser circuler jusqu'à ma couche et mes effets personnels, j’avais – non, la pudeur n’est vraiment pas mon truc, avec ou sans gens près ou loin- enlevée ma robe blanche d’un geste circulaire et précis, la laissant ensuite retomber sur le sol dans avec un slat humide ; enfilant une nouvelle robe blanche, presque pareille à celle que je venais d’enlever, mais moins usée - que je portais d’ordinaire pour dormir-


    « Ouf, c’est fou cette pluie ! […] Ça arrive souvent ? »

    Ne venais-je pas dire, seulement quelques minutes plus tôt, qu’il n’était pas tombé de moindre goutte d’eau depuis mon arrivée ? Oui, j’en suis pas mal certaine ! Pensais-je en m’approchant et jetant ma robe noyée d’eau en dehors de la hutte : elle ne pouvait pas devenir plus mouillée qu’elle ne l’était déjà et mieux valait garder l’intérieur sec. Je la tordrai et la ferai sécher au feu une fois l’orage terminé… Elle- Félicie- devrait faire pareille : garder des vêtements trempés, même par un temps si chaud, n’était pas une bonne idée! Il devait bien y avoir des microbes et des virus à qui un coup de froid ouvrirait les portes…et nous n’avions malheureusement pas le loisir de pouvoir tomber malades avec tout le travail que nous avions.

    -Non, c’est la première fois. Répondis-je quand même en m’asseyant en tailleur au sol, près de la jeune- plus vielle que moi- femme.

    « Mon félin ! Où est mon félin ?!?! » Hurla-t-elle soudain. J’avais eu un mouvement de recul lorsqu’elle me l’avait crié dans l’oreille : pas besoin de hurler, hein ! Je t’entends très bien et ton chaton ne te comprendra pas, de toute façon ! Elle était affolée, la pauvre, elle s’était relevée pour le chercher, déjà sortie dehors avant que je puisse lui dire que je doutais qu’il soit resté dehors, je l’avais suivie dans la tempête et en quelques secondes ma robe toute propre s’était inondée comme la première.

    Le félin n’était nul part en vue et je doutais encore qu’il ait pu aller bien loin avec sa petite constitution et cette pluie battante. Le feu était déjà mort et l’herbe était gorgée d’eau : chaque nouveau pas produisait un nouveau splat. La pluie devint très rapidement de plus en plus forte : chaque goutes, immenses, se sentaient distinctement, le vent poussait la pluie dans une direction, puis dans l’autre de manière imprévisible, nous empêchant de rester à contre pluie. Il faisait déjà sombre, mais cette pluie torrentielle tuait toute visibilité et la force du vent rendait les déplacements délicats. Mais elle s’obstinait ! Elle le cherchait son chaton ! Trop c’est trop : avec cette visibilité, elle avait plus de chance de lui marcher dessus et de le briser que de le voir et le ramener…Et même en passant juste à côté, elle risquait de ne pas le voir du tout. Sa recherche était futile, voir dangereuse : qui sait jusqu’où elle s’aventurerait dans cette vaine tentative de le retrouver ? Elle pourrait se perdre ou se faire mal. Même sans aller loin, c’était de se risquer un mauvais rhume que de patauger ainsi dans la pluie.


    L’attrapant par un coude, j’entrepris de la trainer jusqu'à ma hutte, ignorant toutes protestations : de toute façon, j’étais visiblement bien plus forte qu’elle ! Ce n’est que devant la hutte que je la lâchai. Mouillées comme nous étions, nous inonderions l’abri en y mettant un seul pied.

    Ne me préoccupent plus de Félicie – oh, j’avais fait mon effort en la ramenant, si elle y retourne, moi, j’irai la retrouvée une fois la pluie calmée- J’enlevai tout de suite ma robe puis, rabattant les peaux servant d’entré par-dessus ma tête, je défi rapidement mes nattes …En commençant à les tordre, un bruit attira mon attention : une plainte aiguë, un petit Meow timide. Mon œil capât aussitôt le mouvement venant du panier de fourrure qu’elle – Félicie- m’avait aidé à mettre au sec : le petit avait alors dû s’y glisser. Poussant un soupire, faisant un pas dans la hutte, je sortis une large fourrure du panier pour me couvrir un minimum, je pris le petit, glissant son ventre au creux de ma main et je m’étais retournée vers l’extérieur en espérant que Félicie n’était pas déjà repartie tenter ses recherches inutiles.



Bambi…Mon abri il n’est pas si petit que ça, tu sais : Lena l’a fait assez grand pour qu’elle puisse tenir debout dedans et quand même assez large pour mettre tous les trucs et être confortable… C’est un abri, pas un placard.

Mais bon, je gère.


Dernière édition par Lena M. Oliver le Lun 10 Juin - 5:22, édité 5 fois
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MessageSujet: Jeu 28 Juin - 12:15

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Mon petit chaton sans nom était introuvable et, bien que Lena tenait vraiment à me ramener à la hutte, je ne pouvais pas abandonner mes recherches. Il m’avait semblé si petit, si frêle et si terrorisé, tous seul au milieu de la nature alors que ses parents l’avaient abandonné. Je l’associais même à mes propres instants noirs ; lorsque mon père avait préféré mourir que de rester s’occuper de moi, que je m’étais retrouvée seule et fragile au milieu de la vie. Ces moments revenaient à ma mémoire alors que Lena me ramenait de force à son abri. Je m’étais d’abord débattue, mais voyant bien que sa poigne était solide et que j’étais plus faible qu’elle, je m’étais laissée entraînée.

L’eau bouchait ma vue, m’obligeant à n’ouvrir mes yeux qu’à peine, alors que je cherchais mon chaton. Je ne pouvais pas faire comme les autres et l’abandonner à son sort, je m’en serais tellement voulu de ne pas l’avoir aidé. Quand quelqu’un de plus vulnérable que vous dépend de vous, vous n’avez d’autre choix que de l’aider, non ? Lena, elle, ne semblait pas comprendre ça. Elle me tenait très fort l’avant-bras droit et, arrivant devant la hutte, me laissa plantée là. Mouillée comme jamais, j’avais l’impression qu’un poisson aurait pu vivre dans mes souliers. Cette sensation était horrible, et je les enlevai pour les lancer un peu plus loin, alors qu’ils firent un horrible bruit en tombant dans la boue. Vint ensuite ma jupe qui tomba au sol, suivi rapidement par mon haut qui le rejoignit, me laissant en culotte et en soutien-gorge.

« Petit minou. Minouuu !! » Criai-je contre la tempête, scrutant les alentours alors que je voyais à peine le bout de mes doigts. Je faisais des bisous avec ma bouche pour appeler l’animal qui, je l’espérais, viendrait à moi malgré la noirceur.

Lena, elle, semblait se changer et tordre ses cheveux. Je rêvais de me retrouver au chaud et regrettai les quelques instants plus tôt autour de ce feu qui, maintenant, était totalement éteint. Je doutais même que l’humidité reste trop longtemps pour le repartir avant un moment. Pour l’instant, ce n’était pas le plus gros problème. Mon petit chat manquait toujours à l’appel, et j’avais peur qu’il lui soit arrivé du mal. L’idée qu’il m’en arrive à moi ne m’effleurait même pas. Le vent redoubla d’intensité, et je tombai à la renverse, me retrouvant à quatre pattes et décidant que c’était une bonne idée finalement. Je m’avançai dans l’obscurité à quatre pattes, tâtant le sol et appelant mon petit chat.

« Chaaaton ! Chaaaaaton !!!! »

J’étais maintenant rendue au feu éteint, que je contournai, avant de m’aventurer un peu plus loin. Je sentais l’herbe mouillée sous mes mains. À chacun de mes avancements, je sentais l’eau qui gorgeait l’herbe monter sur ma main. Je détestais cette sensation, mais je devais trouver l’animal qui, je le savais, devait attendre de l’aide, quelque part non loin. La pluie m’empêchait d’aller aussi vite que j’aurais aimé. Mes genoux commençaient à me souffrir, alors que j’avançais à quatre pattes dans la pluie en sous-vêtements. Quelle situation cocasse, dirons-nous. Plus tard je trouverais le temps d’en rire, mais pas maintenant. Je devais trouver mon petit animal de compagnie.

[Une chance que tu gère Loeva !!! Parce que moi je suis un boulet T___T J'arrive pas à faire mieux, je suis pas dedans, désolée T___T]


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