Petit homme

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MessageSujet: Petit homme Mer 15 Avr - 12:06

Je porte les noms de trop de connards mégalomanes en même temps
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L’hiver se terminait, les lourds froids qui avaient obligé Olivier à rester au chaud, à l’intérieure, étaient de moins en moins fréquents. Vêtu de peaux cousues avec affection par sa mère, et chasser par son père, le petit était à présent bien protégé de la morsure glaciale.

De ses petits pas, il suivait le chemin fait par Pavel à force de passer à travers le champ de pierres pour aller chasser. Haut comme trois pommes, Olivier ne voyait rien mis à part les grands murs de neige qui l’entouraient ; un adulte aurait peut-être pu voir une touffe de fourrure dépasser et croire à un animal, mais le petit qui gambadait sur le chemin faisait plutôt semblant d’être un grand chasseur armé de son bâton qui imitait une lance.

Il avait pour seule surveillance le soleil. Celui-ci était ponctuellement caché par des nuages effilochés qui n’empêchaient aucunement le bleu du ciel d’égayer la journée du petit. En fait, c’est seulement grâce à cette belle température que sa mère l’avait laissé aller jouer. Bien évidemment, l’enfant inconscient s’était aventuré bien plus loin qu’il ne le croyait.

Pour le moment, le gamin pensait chasser un Porcalo immense avec des ramures bien définies. De quoi faire la fierté de son père… La progéniture de Gervideo n’était pas en manque d’attention ni même de reconnaissance, mais il aimait bien voir la fierté briller dans les yeux des gens à qui il tenait particulièrement : Ashton, Gavin, Pavel – son père-, Émilie-Anne – Sa mère -, Kaja, Théo…. Plus connus par les noms enfantins utilisés pas l’enfant : Aton, Avinne, Papa, Man, Jaja, Téo. Bien que débrouillard et plus habile que la moyenne de son âge avec son corps, il restait un enfant en apprentissage de cette langue complexe. Surtout qu’il apprenait quand même trois langues en même temps et que le tout n’était pas des plus faciles pour lui.

Tout en marchant et en faisant des petits bonds piquant la neige, une éclaire de lumière raya soudainement le ciel, faisant sursauter le petit homme. Il savait que cet évènement arrivait une fois de temps en temps, et qu’il annonçait un nouvel arrivant…la plupart du temps. Sans connaitre les détails, il savait que parfois, on ne les trouvait pas. Excité par cette arrivée, Olivier était à l’affut des bruits distinctifs de déplacement, et cherchait pour qui bien pouvait bien être arrivé.

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MessageSujet: Re: Petit homme Mer 15 Avr - 19:31

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Ses deux pieds touchèrent durement le sol gelé. En réaction au courant épineux qui traversa sa mauvaise jambe, son corps se cambra dans un élan de douleur et sa canne, trop droite, rencontra cruellement son flan penché. Finalement, le sol rencontra son corps en entier dans un nuage de vapeur et de sa bouche s’échappa un grave grondement de mécontentement, suivi de quelques feulements alors que ses mains cherchaient son mollet souffrant. Les gémissements saccadés fusèrent longtemps en empruntant à la surprise les sons, l’intonation décadente et le fait de ne pas croire par combien de douleurs son corps pouvaient être parcouru. Il lui fallut d’ailleurs quelques instants avant de même constater qu’il était atterri non pas dans un paysage vert, mais sur un tableau enseigné : la seule verdure était limitée au rond fondu sous lui, et à quelques éclats qui miroitaient par-delà les conifères gris.

Il s’empressa d’enfiler les vêtements chauds que le docteur lui avait emballés et se hissa sur ses pieds et sur sa canne. Le vent était frisquet, mais c’était supportable, toutefois, il était diantrement ardu de se déplacer dans la neige, surtout avec sa béquille.

Après quelques pas, il dévala dans une cavité un peu trop ronde pour être naturelle. Il y avait de la neige, mais le diamètre et la forme rappelaient immanquablement le trou qu’il avait lui-même formé en arrivant. Quelques traces, elles aussi atténuées par quelques centimètres de neige, devinrent son guide : Il tomba finalement sur une emprunte informe. Quelque chose comme un ange de neige, mais avec trop de bras et trop d’épaules. Sans être expert, il devina que les traces qui repartaient n’étaient pas les mêmes : plus petites, mais également plus profonde. Il ne savait pas trop comment interpréter cela.

Quelqu’un, comme lui, était arrivé, avait marché, était tombé, puis quelqu’un l’aurait trouvé. L’absence d’un corps et des traces de pas impliquent qu’on avait transporté le corps. Quelque chose comme ça. Plus tard, lorsqu’il tombera lui-même après avoir trébuché, il vient à se demander si l’autre arrivant était mort lorsqu’on extirpa son corps du champ sans fin.

Il se releva après quelques instants de répit morbide. La forêt ne lui inspirait pas confiance malgré les traces de pas qui s’y dirigeaient, et puis, au loin, très vaguement, un filet de fumé dissident contrastait à la vapeur ambiante. Plus gris, plus opaque, plus vivant. Il aimait cette description.

Il clopina pour quelques minutes encore, ou bien quelques heures, ou bien, finalement, un peu des deux avant que l’odeur du feu ne dessine un vrai espoir dans son cœur.

Il avait froid, il avait soif, mais il était sans doute dans un meilleur état que l’autre avant lui – celui qui avait laissé l’emprunte d’un ange hindou dans la vallée. À croire que le beau temps était en sa faveur.

Le parfum fumé n’était pas le seul indice qui venait chatouiller ses sens : il lui semblait entendre l’écho de gazouillements.

Finalement, il le vu : une petite bête qui avançait dans la neige. Un peu brune, un peu grise, avec des oreilles informes et une tête étrange. Il observa, figé, le petit animal se redresser, seulement pour voir jaillir de l’océan de fourrure le visage blanc et humain d’un tout jeune enfant. Il n’y avait toutefois pas de parents anthropomorphes à l’horizon.

Il n’aura pas la chance de lui adresser la parole en premier.




Dernière édition par Terrence Clément le Jeu 30 Avr - 6:20, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Petit homme Jeu 16 Avr - 17:20

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Plusieurs minutes de recherche furent nécessaires pour que le petit être aux cheveux ondulés trouve finalement le nouvel arrivant : un homme mince, chancelant et s’appuyant sur une étrange branche. De ses magnifiques yeux bleus d’enfant, il observait le nouvel homme, observant chaque trait : définitivement, il serait un nouvel oncle, mais en rien il ne devait avoir de la famille ici. Ses traits caucasiens, mais élancés, étaient assez communs pour le petit qui avait plongé ces deux saphirs dans les yeux de l’inconnu. Un océan d’innocence. L’homme aurait surement pu reconnaitre ces yeux, car il les avait déjà vus, mais pas sur ce petit bonhomme, plutôt sur une femme dévastée par la douleur et l’inquiétude. Son visage, lui, trahissait l’autre partie de son ascendance : il était le portrait craché de son géniteur Gervidéo. Bien sûr, ses traits n’étaient pas aussi définis que ceux de son paternel. Après tout, il était encore en construction sous le couvert de la jeunesse.

Le petit s’approcha comme s’il traquait une proie puis, une fois arrivé à distance suffisante, toucha le torse de l’inconnu avec son bâton-lance. Son regard rempli de fierté accompagna quelques gloussements typiquement enfantins et joyeux.

- I KILL YOU !

Riant, l’enfant lâcha son bâton et exécuta une petite dance du bonheur. L’estropier était devenu son Porcalo. Hors de l’imagination de l’enfant, on ne pouvait pas comprendre, mais les rires enfantins rassureraient quiconque serait pris dans cette situation.

Revenant à la réalité, le petit replongea ces yeux opales dans ceux ternes du nouveau venu.

Comprenait-il qui il était ? Comprenait-il que la vie de ce petit homme avait un jour été entre ces mains. Que, lui, adulte avait rassuré sa mère ? Lui permettant de garder espoir assez longtemps pour être sauvée?

- Hello! Вы are qui? Me Oïvier!

Du russe de l’anglais et du français en même temps, le petit ne les discernait pas toujours. De plus, les structures de phrase pouvaient laisser à désirer puisque chaque langue avait sa propre structure. Être trilingue de naissance apportait un lot de défi, dont celui de bien séparer chaque chose, encore loin de cette maitrise, le petit continuait à se faire reprendre par les gens du village, bien que certains trouvaient cela mignon.

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MessageSujet: Re: Petit homme Ven 17 Avr - 14:20

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Lorsqu’il l’aperçut enfin, l’enfant fit halte. Réciproquement, Terrence prit une pause. Le bambin, même armé d’un bâton, ne lui inspirait pas grand effroi, mais il jugeait tout de même être sage de lui donner de l’espace. Ce qui l’effrayait le plus, c’était de lui faire peur et qu’il s’enfuit en courant, auquel cas, il ne risquait pas de pouvoir le rattraper.

Contre toute attente, l’enfant se mit à courir vers lui, et avant même que Terrence ait pu faire deux pas vers l’arrière, s’élança avec son bâton et le toucha à la poitrine. Heureusement, le coup n’était pas très fort, et son réflexe de recul avait amorti le choc. Il fit encore quelques pas en arrière après l’impact, ce qui résultait seulement à une meilleure vue de l’enfant dansant et chantonnant, toute hostilité volatilisée dans ses éclats de rire.

Afin de se descendre à sa hauteur, l’homme s’accroupit douloureusement en s’aidant de sa canne. Il n’avait pas compris un traitre mot de ce que l’enfant lui avait demandé, et pourtant il en connaissait, des langues. Un peu plus tôt, il avait toutefois reconnu des mots anglais, malgré l’accent indéniablement canadien-français qui les avait accompagnés.

Un creux s’effondra soudainement dans son ventre en songeant qu’il y avait sans doute très peu de francophones dans ce Nouveau Monde, et soudainement, il observait l’enfant agité d’un œil nouveau. Les enfants avaient la capacité d’apprendre très vite et très bien.

Il aurait du pain sur la planche.

- Olivier, is it? Where are your parents ? Olivier, où sont donc tes parents ?

Il parle d’abord en anglais, puis traduit instinctivement en français. L’enfant est de nouveau immobile, ou presque. Terrence l’observe avec tous les talents d’analyse que sa profession lui avait apportée. Des yeux curieux et d’un bleu troublant, avec une figure impossiblement familière, ainsi qu’un nom qui évoquait clairement le scientifique un peu dément qui les avaient envoyés ici. Enfant paradoxe qui lui inspirait autant un sentiment de culpabilité et d’autorité : deux choses qu’il n’avait d’ailleurs jamais mélangées auparavant.

Ses yeux glissent lentement sur les traces que le petit avait laissées dans la neige. Un sentier plus défini que celui qu’il avait lui-même laissé derrière lui trahissait son itinéraire.

- Olivier, crois-tu pouvoir me guider vers tes parents ?

Sa voix était douce et calme. Malgré son expertise dans l’art de la conversation, l’emploi d’une grammaire simplifiée propice au dialogue avec un enfant de trois ans n’était pas un concept que Terrence avait appris. Sans parler du fait qu'il ne savait même pas si l'enfant parlait déjà français.



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MessageSujet: Re: Petit homme Mar 12 Mai - 18:12

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Le petit Olivier avait doucement tourné la tête sur le coté : après tout, le vocabulaire du grand homme était très compliqué pour ce petit être et il du prendre du temps nécessaire au décryptage de toutes les syllabes qui constituaient chaque mot. Le fils secret du tyran compris finalement que le grand lui demandait l'emplacement de sa famille.

Machinalement, il lui pointa la direction du village. Il n'y avait rien d’impressionnant à l'horizon, et puisque le petit venait tout juste de cette direction, le sentier déjà emprunté par les vas et viens répétitifs des chasseurs, notamment Lena, Pavel et Théodore, était d'autant plus frais et visible. Le petit s'approcha doucement de l’important et trouva sa main : un contacte chaud et humain pour l’ancien geôlier.

Doucement, Olivier guida le boiteux sur le chemin de la sécurité, de la nouvelle civilisation en approche. Sa mère, Émilie-Anne, ne lui avait jamais appris à ne pas parler aux inconnus, et surtout à ne pas leur faire confiance. Après tout, le groupe était si petit que tout un chacun se connaissait plus ou moins bien. La jeune femme qui l'avait mis au monde croyait sincèrement qu'il n'avait rien à craindre, considérant qu'ils avaient tous soigneusement été sélectionnés par son cher docteur, homme dont Olivier avait d'ailleurs hérité du prénom.

Un coup de vent emporta sa petite capuche de fourrure, laissant paraitre ses cheveux bruns, presque noirs, exposés au froid de cette fin d’hiver. Les belles boucles étaient menées à mal; le vent jouait agressivement avec ces dernières, les étiraient, puis les repoussaient dans sens inverse, mais tout était normal : l’hiver se mourait à petit feu et crachait ses derniers souffles sur la grande plaine, emportant avec elles des petites vagues de poudreuse.

-Maman, là-bas!

Un français québécois, l’accent légèrement anglais. On aurait pu remarquer les traces laissées par son père d'adoptons s'il avait prononcé un mot contenant un R ou un G guttural. Effectivement le petit roulait ses R et accentuait les G, imitant ainsi Pavel, soit son modèle. Il croyait sincèrement que l’homme était son père. Sa mère ne désirait pas le d’illusionner tout de suite. Certaines personnes dans le village semblaient même croire que c'était vraiment le cas puisque Pavel s’était installé très vite dans la maison de la jeune fille. Seul morceau qui ne collait pas : la couleur trop foncée de ses poils crâniens.

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MessageSujet: Re: Petit homme Mar 23 Juin - 13:02

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Cela faisait longtemps qu’il avait entretenu un contact humain qui n’avait été ni utile ni horrible. Suivre un enfant sur le sentier du renouveau avait quelque chose de poétique, mais aussi de totalement logique. Après tout, la poésie ne devrait jamais être négligée. La poésie devrait toujours avoir raison, car la vie serait plus belle ainsi.

Tout en étant indéniablement reposante, il n’aurait pas pu totalement qualifier la situation comme étant relaxante: il faisait quand même froid, il avait tout de même mal, et il avançait tout de même vers l’inconnu. L’enfant était visiblement candide et peu craintif, mais il n’en serait pas nécessairement de même avec les parents. Quoi qu’après tout, il leur arrive, frêle et boiteux, un médecin dans un monde sauvage où personne ne pourrait voir le sang sur ses mains, ou du moins savoir qu’il n’était pas véniel.

Une silhouette flamboyante se dessina au loin. Brouillée par la distance, la femme semblait petite, ronde, rousse. En s’approchant, Terrence put constater qu’elle n’était pas ronde, mais plutôt fluette et enceinte. La révélation que l’humanité renaissait bel et bien goutait douçâtre dans sa bouche : ça le rassurait et l’effrayait en même temps. Il se demandait combien d’enfants il y avait en tout. Au moins le petit dont il tenait la main, et bientôt celui qui germait dans le ventre fertile de sa mère.

- Mama !

Et l’enfant couru vers sa mère, ses doigts fuyant la main de Terrence lorsqu’essoufflé et crispé, il échoua à suivre son rythme. Les yeux rivés vers son but, il clopina doucement vers la petite famille. Il vu de loin le regard de la jeune mère se poser sur lui. Il la vue reculer, chancelante, et agripper son vendre plein. Il fit hâte.

Cane perçant la neige, ses pieds foulaient des risques sur la glace traite : il manqua de tomber dans un élan peu gracieux, mais ce ressaisi juste à temps, non sans douleur.

Le visage perturbé de la jeune fille fit sonner dans sa tête tout un tas d’alarmes. De la surprise, de la peur. Avait-elle peur de lui, ou bien était-ce son état, ou bien un peu des deux ? Sans être certains, des souvenirs s’enlignaient à mesure où il avançait. Son cœur s’effrayait devant le fantôme de son passé, chavirait dans le vide de l’incertitude.

Décidément, la poésie avait un noir sens de l’humour.

C’était impossible.

Et pourtant.


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MessageSujet: Re: Petit homme Jeu 2 Juil - 2:09

Je suis mère des terres fertiles, j'accueille en mon sein celui qui y chasse
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Lui. Comment aurait-il bien pu venir ici ? Bourreau des temps modernes, mais qui fut à la fois une lueur d’espoir pour la jeune mère en devenir. Lui qui avait toucher sa chaire purulente et souillée, laver cette chaire gonflée par la venue indésirable de l'enfant qui fut la source de tant de souci, mais finalement de tant des joies également. Fascinant comment le sort l'avait poussé, lui, à croiser son chemin une deuxième fois.

La jeune fille ne pouvait avoir de doutes : cette jambe ballante, ce regarde vide de vitalité, las, comme si rien ne l’animait, comme s'il n'avait aucun désir propre, aucun but et aucune autre certitude que le doute où la mort ne serait point le bon chemin.

Olivier couru vers sa mère et l’enlaça de tout son amour enfantin, appréciant la vie à chaque moment, pour chaque bonheur. Inquiète, sa génitrice l’envoya tout de suite vers chez Gavin.

Olivier, avec l'insouciance propre à son âge, parti simplement rejoindre le médecin d'occasion. Chez la mère, des interrogations qui surpassaient la méfiance adulte s'approfondissaient. L’impotent était irréfutablement nouveau dans cette vie de liberté et de paix et elle doutait peut-être du fait qu'il puisse s’adapter malgré son passer et son handicap.

Un éclair traversa le corps de la jeune femme. Enceinte de plus de huit mois, elle pouvait accoucher à tout moment, même que les contractions commençaient à être de plus en plus fréquentes et douloureuses. Un juron s'échappa de sa bouche et, légèrement pliée, elle hésitait encore a lui montré cette faiblesse. Une petite voix lui disait pourtant qu'il méritait une chance, ne serait-ce qu'au nom du flambeau dont il avait jadis créé la première étincelle. Sa vie, elle la connaissait, car il la lui avait racontée lorsqu’il lui avait montré merci, ainsi elle savait tout au fond qu'il n'était pas seulement qu'un bourreau, mais pas loin d'être lui-même une victime.

Terrence semblait autrement lui aussi surpris de voir un fantôme resurgir de son passer. On croit que le destin est une ligne droite dont il est impossible de dévier, mais les leurs semblaient faites de courbes croisées de retrouvailles incertaines.

Le ventre énorme de la mère se contracta de nouveau, plus violemment, plus rapidement. Elle était certaine désormais : son enfant allait venir au monde. Maintenant. Pourquoi ce moment ? Pourquoi pas aux côtés de Pavel qui était encore et toujours parti à la chasse… Le village lointain n’entendrait pas ces cris de douleur, aucun écho de ce supplice nécessaire à la vie. L’accouchement. Son seul espoir reposait sur Terrence, dans l'espoir toutefois qu’il s’y connaissait en anatomie féminine autrement que ce que sa relation avec Ségolène lui imposait comme base.



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Dernière édition par Émilie-Anne Larose le Jeu 15 Sep - 10:02, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Petit homme Jeu 2 Juil - 19:42

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- Émilie-Anne !

En la voyant chanceler encore, il se hâta davantage, bravant la neige et la glace avec une fluidité nouvelle et surprenante. C'est seulement lorsqu'il arrive tout près d'elle, hésitant à la toucher, à la soutenir, que le poids de ses pas se mit à rire de ses jambes. Le sol était relativement stable, mais sa cane mince s'enfonçait tout de même sous son poids.

Tout un tas de souvenirs se frayaient un chemin, ce qu'il avait fait, mais aussi ce qu'il n'avait pas fait : il lui avait démontré de la gentillesse, de la douceur, de la grâce. Il ne l'avait pas tuée, mais il ne l'avait pas libérée non plus. Il avait glissé un mot à Benjamin sur sa situation, mais il n'avait jamais pris de nouvelles d'elle ensuite. Il l'avait franchement pensée morte depuis longtemps, et pourtant, pourtant elle était là, devant lui. Il l'avait laissée dans une petite chambre cruelle, enceinte de quelques mois, et il la retrouvait si longtemps plus tard enfin prête à mettre au monde l'enfant pour lequel elle avait tant souffert.

La jeune femme se plia en deux, suite à une contraction, et instinctivement, il trouva son épaule pour la soutenir. Il la sentit trembler sous sa main, mais ne la lâcha pas maintenant qu'il avait osé la toucher. Toute son attention était tournée vers son ventre tremblant. Sa main nerveuse vint même frôler la fourrure étirée. Non. Quelque chose ne fonctionnait pas : trop longtemps s'était écoulé depuis le jour où il avait proposé de terminer ses souffrances. Dans années. Toute une vie, ou plus précisément toute la vie de l'enfant qu'on pouvait encore voir courir au loin. Après l'avoir enfin vu se perdre dans la blancheur hivernale, il vint lui-même s'égarer avec un calme nouveau sur son visage rougi par le froid et l'effort.

Lui, il était calme, il était sérénité.

- Vous aurez finalement pris la bonne décision.

Dit-il tout doucement, confiant qu'elle comprendrait ses paroles. Sous sa main le ventre s'animait, faisant sursauter de douleur la petite femme. Et dans un moment perdu où il flattait des yeux ses courbes énormes, il vu sur le cuir qui la recouvrait des formes se dessiner par sillons foncés. C'est seulement à ce moment-là que la gravité de la situation s'enregistra sur ses traits.

Il fut d'abord surpris, mais pas pour très longtemps. Après tout, c'était cette petite femme qui avait planté la graine de son humanité, qui l'aurait finalement conduit ici, et il lui semblait plutôt logique qu'après tout ce temps, qu'il soit enfin seul avec elle pour la mettre à terme. Il devrait finalement l'aider à survivre, à accoucher, mais son enfant ne serait pas le seul à naitre. Renaitre.

Ça ne lui semblait pas trop compliqué.

- La rupture du sac amniotique signifie que vous devez avoir dépassé les premiers centimètres.

Autour d'eux, il n'y avait ni village, ni abri, ni personne, mais il faisait soleil et de moins en moins venteux.

- J'ai espoir que vous arriviez à me prêter foi pour la durée de votre accouchement. Il prononça ces derniers mots avec la confiance qu'il volait à des savoirs théoriques depuis longtemps enfuis dans sa mémoire. Il avait surtout espoir que ces savoirs allaient être suffisants, mais il savait d'autant plus qu'il ne devait pas lui montrer la moindre crainte.


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MessageSujet: Re: Petit homme Ven 3 Juil - 13:10

Je suis mère des terres fertiles, j'accueille en mon sein celui qui y chasse
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Le vent se calmait, comme s’il avait pressenti que le temps de sa mort était venu, la mort révolue. Il ne fallait pas rendre la chose plus difficile qu'elles l'étaient pour la vie qui arrivait. Un être allait bientôt naitre sur cette terre vierge et comme tous les enfants, il serait le futur de ce monde. Comme si la nature semblait en accord avec cette destinée, qu'il fallait préserver ces enfants, les aimer et les choyer, la nature était douce.

Le liquide amniotique se frayait un chemin entre les cuisses de la génitrice, descendant jusqu'au manteau blanc de Gaia, transformant ce dernier en une petite flaque qui commençait déjà à se refroidir, devenant lentement une plaque de glace. Le signe était clair : la semence avait germé et elle était maintenant prête à éclore au grand jour. L'homme qui avait permis à Anne l'espoir de vivre jusqu’à la délivrance, de pouvoir vivre son bonheur actuel, allait maintenant l'aider à accoucher de ce deuxième enfant, celui-là fait avec amour et par choix. Ça aussi c'était poétique et entièrement logique, en quelque sorte .

L'agricultrice s'appuya sur l'ancien geôlier pour s'accroupir et enleva avec peine sa cape pour la mettre sous elle afin que l'enfant ne subisse pas la froidure de la neige. Dans cette position, l'enfant à naitre aurait une aide précieuse pour sortir : la gravité. En plus des multiples contractions douloureuses, celle-ci le ferait descendre dans le canal vaginal et favoriserait l'expulsion.

La terreur et la douleur bien visible dans son regard, la femme connaissait trop bien les risques de l'accouchement : déchirure, naissance en siège ou encore le piège du cordon, du bébé bleu, mais en vue de la situation, le pire selon la mère était le froid. Elle avait espéré accoucher près du feu avec l'aide de Gavin, pas en plein milieu du champ de pierres avec Terrence. Sa présence était si innatentude et étrange... Si ce n'avait pas été de la douleur, elle aurait pu croire à un cauchemar. mélangeant ces anticipations et les fantômes de son passé.

Pavel aurait une belle surprise quand il reviendrait de la chasse, il aurait devant lui sa progéniture, sa chaire et plus seulement un bâtard adopté par amour pour la mère. Elle espérait seulement qu'il ne serait pas déçu du sexe encore inconnu de l'enfant. Se demander lequel il préférait était presque suffisant pour s'égarer et oublier la poussée de douleur qui passait, au moins jusqu'à la suivante.





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MessageSujet: Re: Petit homme Mar 4 Aoû - 20:40

'' J'allais pas laisser Pavel en suspens au dessus d'une rousse même pas majeure ''
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Pavel sifflotait avec entrain alors qu’il revenait de sa chasse fructueuse. Un preux des clairières bien dodu sur ses épaules, il marchait d’un pas léger vers sa douce maisonnée, celle qu’il partageait avec la délicate Emilie-Anne. Ils avaient bien avancé dans la vie ensemble, et les choses semblaient faites pour durer. Lui, apportait un protecteur et un amant fidèle à la jeune femme, tandis qu’elle parvenait à mettre un peu de calme dans la vie de l’ancien pion du Régime. Ils se complétaient parfaitement, et s’aimaient d’un amour sincère. Que demander de plus, dès lors qu’il avait pour être heureux ? La vie d’agriculteur ne lui réussissait peut-être pas, mais la chasse lui prodiguait cette félicité qu’il avait du mal à retrouver parfois. Comme si l’ancien Pavel était encore au plus profond de lui, tel un démon inextricable, mais nécessaire. Rien ne pouvait remplacer cela.

Et sur le chemin du retour, il se demandait où il pourrait placer la tête de sa nouvelle proie. Une si belle bête avec de si belles cornes était assez rare, mais l’abri était déjà rempli de bons nombres de trophées impressionnants. Emilie-Anne avait déjà chicané pour quelques hures de porcalos mal placées, à quoi s’attendre à présent ? Il finirait sûrement par les mettre dehors. Oui, c’est ça, une bonne idée ! Les mettre au-dessus de l’entrée, et sur les murs ! Ça aurait sûrement plus d’allure si c’était les porcalos qui étaient au-dessus de la porte. Oui, ce vieux mâle de 12 ans. Un vrai salaud, coriace jusqu’au bout. Et une partie de chasse mémorable.

Alors qu’il réfléchissait à cette nouvelle configuration de la bicoque, il réfléchissait également à un cadeau à faire à Olivier. Il avait déjà fait cette flûte dans un os animal, mais quelque chose de plus amusant devrait égayer le quotidien du jeune enfant. A défaut de pouvoir l’emmener à la chasse, car sa mère se ferait un sang d’encre, il fallait trouver un moyen de l’occuper sans qu’il aille chercher noise auprès des autres, spécialement d’Ashton. Pavel n’avait jamais apprécié cet homme désagréable. Son excentricité était bien loin des préoccupations assez simplistes du Russe. Et puis, très sincèrement, il le trouvait assez bizarre.

Déboulant depuis la forêt rocheuse, il tomba sur une scène qui le rendit tout d’abord perplexe, puis qui lui glaça le sang. D’un seul coup, il lâcha la bête morte qui trônait sur ses épaules, et regarda les deux silhouettes dans le champ de pierre, là où les personnes arrivaient dans le Nouveau Monde. L’une d’elle était Emilie-Anne, qui était à terre et souffrait le martyr. Une vision d’horreur pour Pavel, qui la chérissait plus que tout. Et à côté d’elle, un inconnu. Un homme. Un ennemi. Un assassin. Un sale enfoiré qui allait bientôt se faire planter un couteau dans la gorge. Sans prendre la peine de comprendre, seulement animé par cet instinct qui avait été sa marque de fabrique durant ses années de service, il se saisit de son kukri, et se lança à corps perdu en direction de l’hostile étranger.

Il ne fallut pas longtemps au Russe pour arriver au contact. Sa présence semblait pourtant avoir été remarquée, mais il n’avait pas fait grand effort pour la cacher. Tout ce qu’il faisait à présent, c’était brandir son couteau à un mètre de l’homme et le regarder froidement dans les yeux.

« You. Get away from her. Or I’ll make a mess of you so bad that your mother will not recognize you anymore ! »


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