[EVENT] L'été des tortues

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MessageSujet: [EVENT] L'été des tortues Lun 31 Aoû - 22:16

Je suis le son que personne ne fait, je suis l'ombre dans la nuit, et le vent dans tes cheveux
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Tout vient à point à qui sait attendre.



Il y en avait partout. Des tortues aussi grandes que des tables aussi bien que des tortues de la taille de paniers à linge. Des tortues avec des têtes hautes, des becs pincés et des yeux anguleux. Des tortues aux bouches ouvertes, édentées, sèches qui scandaient en silence les chants d’une marche fastidieuse. Des tortues bleues, vertes, brunes, dorées. Des tortues dont les pas heurtaient le sol par fracas étouffés de poussière, des tortues dont les carapaces s’assénaient en notes vibrantes et sonores.

Des tortues.

Quelques personnes pourront prétendre les avoir vues arriver vague après vague, mais la plupart en auront seulement remarqué quelques-unes, puis beaucoup trop. En quelques heures, elles étaient arrivées, et maintenant le village s’en voyait recouvert. Des tortues sur le sol, des tortues sur les routes, des tortues dans les jardins et dans les champs, des tortues dans les huttes, des tortues dans nos vies.

Il y avait trop de tortues et si elles semblaient bien se diriger vers la plage, elles n’y allaient pas assez vite, et pour l’instant, elles ne partaient que pour céder leur place à d’autres tortues qui arrivaient encore. Encore et encore.

Il allait s’en dire que de se promener dans le village était devenu une véritable tortue.


… Torture, dis-je.



À mi-chemin entre une catastrophe naturelle et une chasse à domicile, cet éventement a pour but d’instaurer un phénomène naturel récurent : la migration massive de chéloniens. D’une part, des interventions PNJ ponctueront ce topic pour dessiner les avancements de nos amies écailleuses, d’autre part, vous avez la possibilité d’utiliser les actions ci-dessous.

Actions relatives à la chasse :

- Essayer de tuer une tortue presque aussi grande qu’un abri à l’aide d’une lance.
- Essayer de tuer une tortue taille moyenne à l’aide d’un couteau de chasse.
- Essayer de tuer une tortue de petite taille avec l’aide d’une hache.
- Renverser une tortue sur le dos et trainer-la quelque part d’où elle ne pourra pas s’échapper.
- Essayer de frapper une tortue à l'aide d'une grosse roche.


Achievement Unlocked !
Succès ! Du moment que tu participes à ce topic, tu auras accompli un défi : Participer à l'évènement L'été des tortues.
Tu pourras disposer de l'icône ci-dessus à ta guise pour afficher ta participation!


Art by koyamori.


Dernière édition par La Faune le Mar 13 Oct - 14:50, édité 7 fois
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MessageSujet: Re: [EVENT] L'été des tortues Jeu 3 Sep - 13:55

Pionnier
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La nuit était tombée sur quelques tortues touristes, et s’était levée avec les lumières qui du soleil couronnaient des centaines d’égides vivantes de reflets miroitants. Terrence avait immédiatement été émerveillé par cette harde de vieilleries mobiles qui venaient attiser le narrateur endormi. Beaucoup de villageois conspuraient avec une juste indignation, mais lui, il n’avait cure de l’état des champs, des poteries ou des abris. Il avait envie d’écrire, et il voulait tracer un exode de lézards fragiles revêtus d’élégants corsets d’écailles, guidés par le soleil vers d’autres horizons, pas une engeance désagréable de reptiles qui venaient tout détruire, seulement pour pouvoir expliquer qu’ils allaient devoir tout reconstruire ensuite. L’homme contre la nature, l’homme contre la fatalité, l’homme et l’éternel ennui du travail. Il ne serait pas le terroir d’un romantisme tribal.

Terrence nageait dans une marée tortueuse de chéloniens secs aux membres ténus. Sa canne noire se fondait dans une démarche qui dessinait sa bonne humeur, l’impérieux bâton n’apparaissant qu’à l’occasion pour dégager en douceur les reptiles hébétés qui clopinaient alors dans une direction ou dans une autre sans trop se formaliser du grand homme pâle qui leur brandissait son autorité.

Il décrivait dans son esprit comme il se noyait dans un chemin onduleux d’écailles et de cornes et de roches, et avec une énergie qu’on ne lui connaissait certainement pas, cherchait du regard le protagoniste de son histoire. Il s’inspirerait en observant les docteurs qui au loin essaieront de sauver ce qui restait de leur pauvre jardin, des chasseurs qui chercheront dans leurs armes un exutoire à leur frustration, des artisans qui pleuront leur ouvrage. Il s’inspirait déjà, bien sûr, des vétustes qu’il décrivait à loisir en passant par leurs appels silencieux figés dans des expressions heureuses jusqu’à la rapide lenteur de leur constant effort pour avancer.

L’afflux de tortues semblait provenir des collines du sud et se dirigeait vers la plage au nord, mais à perte de vue ils en voyaient qui s’égaraient dans toutes directions. Il s’égarait lui aussi, délaissant le village pour le sud-ouest où l’attirait une femme flamboyante. À une distance pudique, il détaillait Émilie-Anne du regard. Il savait que s’il restait suffisamment longtemps immobile à la regarder, qu’elle lui accorderait l’attention qu’il mendiait en silence. La pureté de son visage s’abandonnait à ses yeux las alors que se s’écrivait des poèmes tordus pour faire carapace à la noirceur de sa cognition, aux secrets qu’il cachait de connivence seulement et uniquement avec elle.

L'affection qu'il lui portait avait peu à voir avec son choix de personnage, ou du moins c’est ce qu’il prétendait, et tout avec le fait qu’elle était un parfait équilibre de ces trois muses actuelles : docteur de son humanité, chasseresse des démons du passé et artisane de vies futures.

Rien que ça.


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MessageSujet: Re: [EVENT] L'été des tortues Jeu 3 Sep - 15:37

Je suis mère des terres fertiles, j'accueille en mon sein celui qui y chasse
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La veille, on avait pu remarquer quelques carapaces ici et là. On avait également pu remarquer que les tortues avaient lentement convergé vers le village. Cet étrange phénomène, loin de vraiment déranger les gens, en avait fait sourire plus d’un, mais lorsque l’aurore sa pointa, plusieurs de leurs congénères écailleux étaient venus les rejoindre, à un tel point que le village fut bien vite envahi avant même que la plupart des gens soient levés.

La roussette, nouvellement mère de jumeaux, avait dormi plus qu’à son habitude. Il fallait bien se l’avouer, les deux petits Pavel juniors n’étaient pas aussi sages que l'avait été leur ainé Olivier. La nuit, un rien pouvait les faire crier, forçant la mère dont l’instinct était peut-être un peu trop prononcé, à sans cesse vérifier s’ils étaient bien au chaud dans leurs fourrures et rassied de son lait.

Ensommeillée et au bord de renoncer à sa journée de travail pour retourner se coucher après de son magnifique blond, elle fut trop surprise de voir une tortue à sa porte. Elle se demandait tout de suite ce que ce reptile pouvait lui vouloir et d’où il venait. La veille, elle avait bien remarqué les quelques tortues qui abordaient l’autre extrémité du village, mais doutait que la bête ait eu le temps de traverser le village entier durant la nuit, et seulement pour venir rejoindre son adobe isolé.

Se frictionnant les yeux, elle vu plus loin vers le village, un groupe, un clan, non, un raz marée de tortues qui submergeaient le village. Heureusement, sa petite famille n’essuyait que l’embrun de la vague. La tortue qui se frottait à ses jambes n'était finalement pas si envahissante. Pour le moment.
Les cheveux en bataille, elle remarqua vite l’invalide dont elle était sensiblement la muse. Il était là, soutenu de son bâton dont il usait pour faire autorité sur ces créatures différentes que la rousse n’avait franchement que rarement eu la chance de côtoyer.

Les tortues et Terrence formaient sous ses yeux un bien étrange dessein : les unes détruisaient sur leur passage tout ce qui les chantait, l’autre quémandait une attention toute particulière qu’elle n’était pas nécessairement encline à donner à ce moment-là. Le portrait d’ensemble lui donnait l’impression qu’un rêve l’avait projetée dans une réalité absurde. Il fallait savoir que son subconscient était souvent un joyeux farceur qui lui ramenait des désirs inavoués en mémoire pour davantage la faire souffrir de son impuissance. Rêver de Terrence n’était pas un phénomène rare, mais... pourquoi les tortues ?

D’un seul regard, les deux êtres de secret s’entendirent. La jeune mère l’invita cordialement à s’approcher pour qu’ils contemplent ensemble les dégâts causés sur le passage de ces créatures aux tailles impossibles.



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MessageSujet: Re: [EVENT] L'été des tortues Ven 11 Sep - 15:13

Faire tenir l'infini dans la paume de la main, et l'éternité dans une heure
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Son éveil fut long et doux. Bien que déjà sortie de la douce inconscience onirique, elle était restée étendue sur sa couche, visionnant mentalement la résonance des rêves qui l’avaient consumée. Des éclats lumineux reflétés sur une chevelure soyeuse qui lui donnait l’impression de flotter, des yeux rêveurs qui lui donnaient envie de prendre le large, de virer son dos à la terre, de divaguer sur des marées dénuées de nuances, de s’abreuver à sa source, de se noyer dans un flot d’étincelles.

Elle ne s’attendait pas, en sortant enfin de son abri, à voir des marrées délirantes de paillettes reflétées sur des carapaces. Un gamin brun dans les bras, elle considérait de l’embrasure de son abri le spectacle étonnant. Son effarement porta d’abord ses yeux sur toutes les tortues qui l’entouraient, s’attardant sur chacune des créatures les plus proches, puis sur la masse dans son entièreté.

Contre sa gorge, Alex, encore à demi endormi, regardait en silence avec elle. Il tournait la tête dans tous les sens, gémissant finalement alors que son esprit anticipait l’étendue de cette mascarade écailleuse. Elle fit quelques pas prudents, et ne percevant pas d’agressivité, déposa enfin le petit dans un espace qui n’était pour le moment pas trop encombré.

Elle ne savait pas quoi faire. Elle ne savait pas s’il serait seulement possible de faire quoi que ce soit contre ce tsunami vivant, mais elle savait qu’elle ne trouverait pas de possibles solutions toute seule. Du regard elle balayait la surface du village dans l’espoir d’apercevoir d’autres gens, et en espérant surtout qu’ils ne partageraient pas tous son expression de complète stupéfaction et d’impuissance.

Elle aperçut au loin la tête flamboyante d’Émilie-Anne, et près d’elle, la silhouette sombre du nouveau docteur. Elle était surprise de ne pas voir d’autres gens pour le moment. Il était somme toute beaucoup plus tôt qu’elle l’avait cru, et elle comprit conséquemment que la plupart des villageois avaient encore à découvrir ce phénomène improbable. Malgré son effort pour essayer de trouver un dénouement, son esprit se refusait toute autre tâche que les constations évidentes de ce qui se passait : il y avait des tortues partout. Partout. Partout. Des grosses tortues, des petites tortues. Partout.

Finalement, le mouvement d’une porte d’abri qui s’ouvrait la tira de sa contemplation. Elle sursauta hors de son immobilité et saluait déjà vivement la personne qui se dévoilerait bientôt, pressée de ne plus être seule au milieu de cette catastrophe pour le moins étrange.


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MessageSujet: Ven 11 Sep - 17:31

Pionnier
Féminin

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Quelques nuits avaient passé depuis mon arrivée. Je ne saurais dire combien, puisque mon sommeil ne suivait pas le cycle circadien régulier. J'avais toutes les connaissances pour m'énumérer les dommages au cerveau que causait un manque de sommeil chronique, mais je ne pouvais fermer l’œil une fois la nuit tombée. Lorsque la lumière sous la porte de l'abri qu'on m'avait temporairement attribuée diminuait, mes démons se levaient. Le jour, Anna m'accompagnait et ne me lâchait pas. Elle emplissait mon coeur de sa présence et me défendait d'avoir des idées noires. La nuit, lorsque la lumière déclinait, elle me quittait. Elle me disait qu'elle devait se reposer, que sa présence à mes côtés l'épuisait, mais je ne pouvais m'empêcher d'être chaque nuit convaincue qu'elle ne reviendrait pas au matin. Anna m'avait quitté une fois, elle pourrait le faire une deuxième fois.

Ce matin, Anna ne se présente pas comme à son habitude. Elle n'apparait pas à mes côtés lorsque j'ouvre mes yeux après les quelques heures de sommeil que j'ai réussi à trouver, top épuisé pour même garder les yeux ouverts. Elle n'est pas là et je sens qu'elle est loin de moi. Si loin. Lourde, je m’assois dans ma couche, en sueur. Il fait chaud à l'extérieur, alors dans les abris on n'en parle même pas. À genou, je m'approche de la porte que j'ouvre avant de glisser mon nez à l'extérieur. La lumière m'aveugle et il me prend quelque temps avant de distinguer les contours des abris qui m'entourent.

... Et des reptiles qui ont submergé le village. Je cligne plusieurs fois des yeux, puis forcée de constater que je vois bien des dizaines et des dizaines de tortues, je m’assoie en indien dans l’entrebâillement de la porte. Je savais que la privation de sommeil pouvait causer des hallucinations, mais je ne pensais pas que ça se présenterait à moi avec autant de réalisme, mais surtout pas sous forme de tortues. Je secoue la tête, perturbée.

Anna ne m'est toujours pas apparue. Peut-être s'est-elle fait engloutir par ces tortues? Ces tortues qui me sont soudain maléfiques. Démoniaques. Leur apparition le matin même où ma Anna ne revient pas de son repos quotidien ne peut pas être une coïncidence. Deux évènements aussi importants ne peuvent pas arriver au même moment sans être liés d'une façon ou d'une autre. Je me lève maladroitement dans ce corps que je n'ai pas vraiment étiré depuis longtemps.

« Anna » que je murmure. Je ne peux pas dévoiler aux tortues que j'ai compris leur méfait. Qu'ils sont ici pour kidnapper ma sœur et qu'ils y sont arrivés pour l'instant. Mais je ne les laisserai pas s'enfuir avec elle, oh non! Puis j’aperçois quelqu'un qui me fait de grands signes pas très loin de moi. Une villageoise au teint foncé qui se tient non loin d'un bambin. Je la salue timidement au loin et tente maladroitement de la rejoindre pour faire face au fléau qui nous assaille. À deux, nous serons définitivement plus fortes.
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MessageSujet: Re: [EVENT] L'été des tortues Ven 11 Sep - 22:22

Je suis le son que personne ne fait, je suis l'ombre dans la nuit, et le vent dans tes cheveux
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Alors que les adultes seraient pour la plupart désemparés et paniqués, les enfants du village semblaient pour leur part trouver le spectacle amusant et merveilleux. Inconscients des dangers, on verra occasionnellement certains d’entre eux chevaucher les monstres d’écailles. Ce juste avant d’en être arrachés par leurs parents inquiets, bien sûr.

La plupart des tortues ne semblaient pas dérangées par la présence de ces petits êtres qui s’amusaient de leur parcours vers la pérennité, aussi la grande majorité d’entre elles ne leur accordaient pas plus qu’un regard sec et ennuyé.

Arriva certaines tortues, toutefois, cornues, pointues et aux abords tranchants. Un cou ludique s’étira trop lentement, trop longuement, et manqua de justesse les doigts d’un bambin qui pleurait désormais, plus effrayé que blessé, et qui courut rejoindre les genoux rassurants d’un adulte. L’alerte était sonnée, certaines tortues étaient dangereuses. Les adultes cherchaient désespérément leurs petits.

Olivier Ivachko, toutefois, n’était plus un petit. Diantre, il était le plus grand, le plus vieux de tous les enfants! Ainsi, Olivier cherchait ces amis parmi les grands, au grand damne de sa mère qui le cherchait lui.

Un cri strident attira instantanément des regards inquiétés sur la silhouette en trombe du gamin qui s’arrachait en pleurant d’une mâchoire refermée sur son oreille.


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Dernière édition par La Faune le Jeu 17 Sep - 2:44, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [EVENT] L'été des tortues Sam 12 Sep - 1:05

Je porte les noms de trop de connards mégalomanes en même temps
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Des tortues par dizaines, puis par centaines ! À perte de vue, il n’y avait que ces grandes carapaces qui effaçaient le paysage régulier du village. De formes et de tailles diverses, certaines tortues dépassaient largement la grandeur du valeureux petit, alors que d’autres étaient suffisamment petites pour tenir dans la paume de sa main. Toutefois, ce n’était pas le phénomène comme tel qui fascinait surtout le petit Olivier, mais la découverte de chaque nouvelle espèce. Depuis aussi loin qu’il pouvait se le rappeler, il avait vaguement pu imaginer de telles créatures grâce aux histoires de sa mère et il en avait longtemps inventé et dessiné avec des peintures primitives, ces monstres en armures. Le petit ne pouvait croire qu’autant d’entres elles se manifestaient devant lui. Certaines ressemblaient beaucoup à ce qu’il avait pu réaliser, d’autres défiaient son imagination, seulement pour l’inspirer encore plus.

Les adultes qu’il pouvait observer semblaient agités et il en conclut bien vite que l’arrivée des tortues pourrait être dangereuse. Olivier savait dès lors qu’il se devait de trouver ces petits amis pour les mettre en sécurité. Sans se préoccuper de l’avis de sa mère ou de son père sur le sujet, Oliver disparu dans la harde de reptiles.

Le chemin fut pour le moins tortueux. Ses petits pieds devaient éviter les grosses pattes ou encore contourner les carapaces géantes, parfois, même, il posait les pieds sur des cuirasses et se hissait par- dessus les bêtes. N’importe quel adulte pourrait voir que sa quête s’était, malgré ses bonnes intentions, transformée en jeu. Pour lui, le village n’était plus envahi par de potentielles créatures dangereuses ; le village était devenu un champ ludique encore plus amusant qu’à l’ordinaire : une course d’obstacle vivante.

Soudain, une petite tortue avec une carapace brun foncé marcha droit vers les braises encore chaudes du feu de la veille. Olivier ne pouvait pas laisser une créature innocente souffrir à cause de son ignorance. Vaillant protecteur, il accourut pour éviter toute brulure à la bête qui d’un seul regard, avait séduit le cœur innocent du gamin. L’entourant d’abord dans ses bras pour la guider dans une autre direction, il comprit bien vite que le reptile pesait bien son poids. Déséquilibré par la charge, il tomba sur le dos, recevant du même fait la tortue sur le ventre, ce qui lui coupa instantanément le souffle. Peu émue dans la généreuse tentative de l’enfant, la tortue essaya de mordre tout ce qu’il y avait autour d’elle, et elle trouva bien vite la chair tendre de l’enfant. Le coup de mâchoire vient rapidement arracher, laissant un vide et faisant couler du sang au long de la joue du gamin : une bonne partie de l’oreille du jeune Ivachko venait d’être sectionnée.

Un hurlement franchit aussitôt ses lèvres et il repoussa tant bien que mal la tortue dans les braises rougeoyantes. Entendant son cri, Émilie-Anne délaissa Terrence pour chercher d’un regard affolé sa progéniture. Sans la moindre hésitation et avec une force diluvienne, elle partit à la recherche de son fils ainé.



PS. Je n’ai pas précisé si Émilie-Anne trouvait Olivier, alors libre à vous de le trouver avant elle ♥
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MessageSujet: Re: [EVENT] L'été des tortues Sam 12 Sep - 17:16

Faire tenir l'infini dans la paume de la main, et l'éternité dans une heure
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Lune fit quelques pas dans la direction de Robin, seulement pour s’arrêter net en entendant Alex crier. Plus de peur que de mal, heureusement. Son enfant fuyait une vilaine tortue brune en l’appelant par des plaintes. Elle accourut à sa rencontre où il se réfugia contre ses jambes. Elle l’accueillit dans ses bras, puis l’installa sur sa hanche droite. Il s’agrippait comme un petit singe agité, ses mains délicates, intactes, refermées sur ses tresses, ses petits pieds ayant trouvé refuge dans les ourlets de ses vêtements. Elle était son arbre, solide, inatteignable, rassurant. Elle ne resta toutefois pas enracinée bien longtemps sur place. Elle voulut rejoindre Robin pour la deuxième fois, seulement pour entendre, cette fois, les pleurs déchirants d’un autre enfant. Elle comprit avec horreur que si les adultes étaient pour la plupart encore couchés, des enfants s’étaient faufilés un peu partout et demeuraient invisibles dans la myriade turbulente.

Les pleurs incessants la guidèrent vers le feu central où elle découvrit Olivier recouvert de sang, de larmes et de morve. L’enfant gardait sa petite main sur son oreille blessée, mais le sang coulait entre ses doigts minuscules. Le sang qui s’imbiberait désormais dans le tissu de la robe beige de Lune après qu’elle l’ait à son tour hissé sur sa hanche gauche.

Ses pleurs contagieux invitèrent vite Alex à pleurer de concert avec lui. Noyée dans les enfants, elle s’était laissé border par les vagues de leurs larmes. Ses oreilles remplies des mots incompréhensibles, de pleurs, de gémissements. Lune était devenue un bateau dans une tempête. Pour ces petits matelots affolés, elle se frayait désormais un chemin dans les tortues, faisant fit du fait qu’elle n’était elle-même pas à l’abri de toutes intempéries. Elle voulut rejoindre Émilie-Anne et déposer à son port son enfant, mais une grande tortue épineuse d’un coup de mâchoire lui fit changer sa course. Partout entre elle et la jeune femme rousse se dressaient ses récifs écailleux. À bâbord, à tribord, leur menace l’empêchait d’avancer et elle n’eut d’autre choix que de rebrousser chemin.

Elle rejoignit finalement Robin parmi les tortues pacifiques, et à ses pieds, elle déposa maladroitement Alex en la suppliant du regard de l’aider. Elle ne connaissait pas du tout Robin qui était arrivé seulement quelques jours auparavant, mais dans un tel cas de crise, lui accordait toute sa confiance. Peut-être trop de confiance.

Désormais accroupie, elle tira Olivier contre son ventre. Elle l’observait en grimassent, pinçant des lèvres en approchant ses mains timides de son visage. Une partie de son oreille avait été sectionnée, mais en dehors du sang qui inondait son canal auditif, la blessure ne devrait pas menacer son audition comme telle.

Elle se retourna vers Robin. Elle n’avait aucune idée de si elles connaissaient des mots en commun.

- Tissu ? Pano ? Cloth ?

Elle la suppliait du regard de comprendre qu’elle avait besoin d’une étoffe pour faire cesser le flot de sang. En attendant, elle pencha la tête de l’enfant sur le côté pour éviter que le liquide poisseux ne s’assèche et bouche son audition. Elle se battait doucement avec lui qui essayait sans cesse de porter ses mains contre la plaie alors qu’elle s’efforçait de la nettoyer avec les moyens de bord.
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MessageSujet: Re: [EVENT] L'été des tortues Sam 12 Sep - 19:07

All grown up were first children, but few of them remember.
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Cher Journal,

Je ne sais pas tellement si c’est courant dans ce monde-ci, mais il se passe des choses vraiment étranges. Tiens, aujourd’hui par exemple ! On a eu une invasion de tortues. Oui monsieur, des tortues ! Petites, grosses, jolies ou plutôt moches, mais toutes se déplaçaient avec une langueur monotone …


Je n’arrivais pas à dormir. Tout ici était différent de l’Ancien Monde : l’air semblait plus pur, l’eau plus claire et le bruit des animaux plus distinct. Cela faisait quelques jours déjà que j’étais arrivé sur cette nouvelle terre, mais je n’avais pas chômé : je m’étais construit un abri assez rudimentaire, mais tout à fait solide avec l’aide de certains villageois (dont j’ai oublié les noms) non loin d’un ruisseau à côté de ce qui semblait être une sorte de bibliothèque/imprimerie.
Il était donc tard (ou tôt me dirons certain) et je ne dormais toujours pas. Je me tournais et me retournais dans mon petit futon d’herbes séchées. Demain je m’en construis un nouveau … avec une armature qui le surélève … Oui, ce serait mieux.

Après une heure de tergiversions j’entendis quelques voies venant du centre du village. Curieuse, je sortis ma tête de mon abri de fortune après avoir enfilé un teeshirt et un short et découvrit une scène qui ne m’avait jamais été donnée de voir : des centaines et des centaines de tortues, de toutes tailles et de toutes couleurs s’entassaient, essayaient tant bien que mal de se frayer un passage vers … l’autre bout du village pour ce que j’en savais. Vu d’ici, je ne voyais pas assez pour définir si oui ou non ces chéloniens nous vouaient quelque chose à « nous » précisément ou si elles voulaient juste passer. De loin j’aperçus quelques villageois qui regardaient le raz de marée vivant qui envahissait le village. Certains restaient immobiles, les yeux fixés sur cette étrange marche alors que d’autres tentaient une approche.

J’essayai tant bien que mal de traverser le peu d’espace qui me séparait du reste de mes compagnons, mais impossible de mettre un pied devant l’autre : les tortues ne laissaient pas de place à autre chose qu’a elles-mêmes. Finalement je me lançais et atterris sur une tortue plus grosse que moi. Cependant, au lieu de … je ne sais pas … ruer, peut être ou même de faire autre chose elle ne fit rien. Cette tortue de la taille d’un petit cheval ne fit même pas attention à moi et continua son petit bonhomme de chemin à travers ces congénères, comme si je n’étais pas gênante le moins du monde. Ces créatures étaient fascinantes : elles pouvaient porter une humaine comme moi sur leur dos sans même s’en apercevoir.

Soudain, un cri perçant traversa l’air. Je n’avais pas vu la personne qui poussait ce cri, mais perçu à peu près ou elle se trouvait. Malheureusement les tortues ne pouvaient aller plus vite et je me surpris à m’énerver de mon inaction. Alors dans un espoir de faire réagir l’animal sur lequel je me trouvais je sortis un de mes couteaux et essayai d’asticoter l’animal pour qu’il se hâte. Sans succès.
J’arrivais alors sur les lieux de l’accident un poil trop tard après avoir sauté de la tortue en marche : une adulte nettoyait, avec ce qu’elle avait sous la main, la plaie ouverte d’un enfant qui pleurait. À coté, une autre jeune femme et un autre enfant, sain et sauf celui-ci. Je proposais aussitôt mon aide :

- Tell me what you need …

Puis devant son visage qui trahissait une petite incompréhension j’ajoutais :

- Help ?

Mais n’attendis pas son approbation pour arracher proprement une partie de mon teeshirt et lui tendre pour qu’elle essuie le visage sanguinolent du gamin.

Traductions:
 
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MessageSujet: Re: [EVENT] L'été des tortues Jeu 17 Sep - 18:45

The Pirate King
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Le début du Rp se déroule sur l'îlot



L'air frais du petit jour me réveilla. Le souffle léger vint caresser les parties de ma peau qui n'étaient pas couvertes par le plaid dans lequel je m'étais enroulé pour dormir. L'automne se rapprochait, on pouvait le sentir dans ces nuits plus fraîches et ces journées plus supportables. La chaleur ne me réussissait pas toujours, aussi j'accueillais avec plaisir ces jours moins torrides. Je descendis du hamac dans lequel j'avais passé la nuit et me fis un petit-déjeuner frugal ; des fruits se trouvant sur l'îlot et une gorgée de l'alcool artisanal de Jun. Ce dernier avait réitéré son expérience dès l'été revenu, et les résultats allaient en s'améliorant. Aussi, je ne partais jamais loin du village sans une petite gourde remplie de ce breuvage. Mais la gourde était vide. Il était temps de rentrer.

Quand l'été avait commencé, j'avais pris l'habitude de venir pêcher les satanés poissons agressifs qui pullulaient autour de l'îlot. Proies faciles, chaire plutôt bonne, l'endroit était parfait. D'autant plus qu'il était d'un silence agréable, et qu'une fois la flore et la faune identifiée, la vie sur ce petit caillou était des plus agréables. Je venais ainsi plusieurs jours, loin de tout, loin de tous...

Cependant, toute plaisante que soit cette île miniature, je m'y étais aussi retrouvé prisonnier. Les fortes chaleurs de l'été avaient fait éclater orage sur orage plusieurs jours d'affilé, tous d'une violence rare. Incapable de pouvoir naviguer vers la terre ferme par un tel temps, j'étais resté là, abrité par un toit de feuilles et de branches de fortune, trempé jusqu'aux os, entouré d'eau mais mourant de soif. Car l'eau qui tombait alors du ciel n'était pas bonne, elle m'arrivait chargée en sable, en boue, avec des débris de branches et d'autres grumeaux que je n'avais pas pu identifier.

Cette fâcheuse expérience m'avait cependant donné une idée : créer un moyen de récupération et de filtrage de l'eau de pluie. Elle était meilleure que sur Terre, moins polluée, mais en ruisselant elle devenait vraiment atroce. Alors, peu à peu, en plus du matériel de pêche je m'étais amené du matériel pour me livrer à diverses expérimentations.

Il m'avait tout d'abord fallu trouver un endroit adéquat pour poser plusieurs coquilles géantes qui accueilleraient l'eau coulant depuis les feuilles des arbres. Heureusement, l'îlot regorgeait de lieux de la sorte, assez stables pour que la coquille reste en place, et assez découvert pour qu'elle recueille le plus d'eau. Cependant, une race d'insecte inconnue et du genre piquant a trouvé plutôt miraculeux ces eaux stagnantes, et l'eau contenue a vite été envahie de toutes sortes de bêtes raffolant de ma peau. Inutile de préciser combien j'ai souffert en vidant ces coquilles... Il me fallait trouver un moyen de laisser suffisamment d'ouverture pour que l'eau rentre. Seulement l'eau.

Je n'ai jamais autant apprécié les chasseurs terrestres qu'à cette étape : les cornes de certaines bêtes, trouvées ou arrachées à l'animal tout juste tué, convenaient parfaitement à mes desseins. Leur cuir aussi était utile, il me permettait de faire une fermeture presque hermétique et relativement étanche. J'espérai simplement que Théo ne m'en veuille pas trop de lui avoir subtilisé certains de ses trophées. Mais le temps venu, je lui expliquerai.

Enfin vint le temps du filtrage. Je crois que je n'ai jamais été aussi malade de toute ma vie que pendant la période où je testais tout et n'importe quoi. Le gars qui a dit qu'on apprend en essayant n'avait pas tout à fait tort, mais il n'avait sûrement dû jamais essayer des choses pénibles. Mais j'avais finalement trouvé quelque chose de satisfaisant. De très satisfaisant même. Dans un linge, je versais du sable fin, puis, je posais ce linge sur l'ouverture d'une coquille vide et je procédais à un transfert de liquide. Le sable, pour des raisons qui m'échappaient, filtrait plutôt bien les fins débris et autres particules dégoûtantes contenus dans l'eau de pluie. En fait, le vent m'avait pas mal aidé sur le coup en envoyant des volées de sables pendant que je transférais l'eau. J'ai tout d'abord pensé qu'il passerait à travers le tissu et la rendrait croquante en plus d'être dégueulasse ! Mais non... Comme quoi, tout arrivait ! Enfin, je faisais bouillir le tout. Le feu tuait les microbes d'après ma tante. Je ne pouvais m'empêcher de me dire que le côté pyromane et psychopathe de Jun ne pourrait qu'apprécier cette affirmation.

L'eau ainsi faite n'avait pas un goût génial, mais elle paraissait pure, presque plus que celle tout juste sortie d'une source. J'avais disposé deux coquilles pleines et soigneusement fermées sur l'îlot, à moitié enterrées dans le sable pour les garder au frais. J'étais fier de moi, fier de cette découverte que j'avais fait seul. J'envisageais de créer plusieurs coquilles et de les stocker au village dans la cave construite par Émilie-Anne. Cela pourrait toujours nous servir en cas de grosse chaleur, si le ruisseau devenait trop frêle... J'avais envie de créer une mode, ou plutôt une habitude chez tous les habitants. Après presque deux ans passés sur cette nouvelle terre, j'avais eu assez de preuves que l'on n'était jamais assez prévenant.

Je ne pouvais m'empêcher de sourire en pensant à ma fabuleuse initiative.

Alors que le soleil pointait à peine, j'avais déjà chargé mes prises des derniers jours et les quelques affaires que j'avais emportées dans la barque. Même s'il n'y avait que moi qui venais sur cette île, j'aimais laisser l'endroit immaculé. À chaque fois que j'y accostais, j'avais ainsi l'impression de découvrir une terre qui n'avait jamais vu d'hommes. Et puis, j'étais sensible à la beauté de ce petit caillou, de ces arbres suffisants pour vous abriter, mais pas assez nombreux pour vous menacer. Et leurs branches regorgeaient d'oiseaux aux chants jolis qui vous envolaient. Je dis au revoir à mon petit Eden, le cœur battant, et poussai le bateau dans l'eau.

Quand je fus non loin de la rive, je me suis demandé un instant si je n'avais pas abusé de l'alcool de Jun. Je voyais des rochers, de gros rochers qui se déplaçaient vers la plage, sur la plage, qui sortaient de la forêt de la falaise ou qui venaient du champ de pierres ! Les roches déambulaient avec lenteur, mais je pouvais jurer sur les cinq océans qu'elles déambulaient ! J'ai lâché les rames dans un accès de stupeur et suis resté ébahi pendant quelque temps avant de comprendre ce dont il s'agissait : ce n'était pas des pierres, mais des tortues. De grosses tortues. De très très grosses tortues. L'eau me monta soudainement à la bouche ; j'adorais la soupe de tortue ! Et avec celles-ci, il y avait de quoi régaler le village pendant un bon moment. Je me remis à ramer avec prudence vers la plage, observant du coin de l'œil les succulents reptiles.

Quand je ne fus plus qu'à quelques mètres du rivage, je sautai dans l'eau froide pour rejoindre la plage et amarrer le bateau à l'un des poteaux que nous avions implanté le long de la plage. Je laissai une bonne longueur de corde : d'aucune façon il ne fallait que ces sales bêtes détruisent Lorelei ! Trempé et frigorifié, je tombai à genoux sur le sable, le souffle bref et le corps animé par de trop violents frissons. Même si je me focalisais sur mon souffle, j'entendais le bruit que faisait les géantes. Il y avait un côté terrifiant... Mais l'idée de croquer un bout de leur chaire fit rapidement passer les quelques craintes qui s'insinuaient dans mon esprit. Quand, après quelques minutes passées à haleter, je me sentis de nouveau bien, je me mis à courir en direction du village. Dans ma barque, je n'avais que des hameçons... Pas réellement efficace contre ces géantes. Il me fallait des armes, des vraies. Des armes de chasseur. Des armes de tueur. Enivré, je me voyais déjà abattre une de ces colossales créatures.

Alors j'ai couru, couru, couru.... J'ai couru comme détale l'antilope, comme fond l'aigle sur sa proie, comme souffle le vent*.

Spoiler:
 

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